Edito : Réflexion autour du lancement de l’UHD Blu-ray

Edito : Réflexion autour du lancement de l’UHD Blu-ray

Alors que la sortie des nouveaux supports physiques de films UHD Blu-ray est imminente, les débats n’ont jamais été aussi nombreux. Réflexion autour de ce lancement tant attendu. 

uhd

 

SAMSUNG 

 

Par SnipizZ

Le 6 mars dernier, PP Garcia, journaliste freelance spécialisé postait sur sa chaîne YouTube une vidéo au titre évocateur et et un brin provocateur “Les Blu-ray Ultra HD/4K : grosse arnaque ?!”

[youtube width=”600″ height=”337″]https://www.youtube.com/watch?v=5Bny2io-JjU[/youtube]

Il me semblait nécessaire de relativiser les propos de PP Garcia.

Bien que je n’ai pas assisté au lancement des précédents supports physiques, les plus anciens membres du forum, à commencer par Laric ou Jacko nous diraient que l’histoire se répète pour la énième fois. En effets ils vous diront que lors de son lancement, le DVD faisait moins bien que le laser disc, ou que les premiers HD-DVD et Blu-ray ressemblaient plus à un simple upscale  moins performant que les traitements appliqués à un DVD. Le pire dans tout cela, c’est qu’ils n’avaient pas tord. Sauf qu’au fil du temps, les choses se sont largement améliorées.

Mais objectivement, peut-on en dire de même concernant les UHD Blu-ray ? Je ne pense pas. Explications…

 

L’apport fondamental du HEVC, H265

Les nouveaux codecs d’encodage des UHD-BD constituent un apport majeur pour ce nouveau support physique, par rapport au H264 du Blu-ray 1080p. C’est d’ailleurs ce qui permet à un film UHD H265 de pouvoir être stocké sur le même type de disque double couche qu’un film 1080p H264, tout en proposant un gain qualitatif important. Schématiquement, le H265 permet d’obtenir en équivalent un bitrate bien plus important qu’en H264 et donc plus de détails dans l’image.

 

L’Imagerie à grande gamme dynamique ou HDR (high dynamic range imaging) en bonus

Ce procédé, particulièrement connu dans le monde de la photographie, est également un apport majeur pour l’UHD-BD. En effet, la HDR permet l’obtention d’une image particulièrement contrastée et détaillée dans les hautes et basses lumières. Les caméras HDR peuvent ainsi capter une image jusqu’à 16 bits par couleur, soit 65536 nuances. Toutefois, et c’est là que le bât blesse, il s’avère qu’à l’heure actuelle peu de téléviseurs ou projecteurs sont capables d’afficher ce type de signal. L’apparition récente de la certification Ultra HD Premium est une première étape permettant d’identifier les produits compatibles, mais le fait que différentes normes HDR existent (Dolby Vision et Technicolor entre autre) et demandent des puces de traitement spécifiques laisse supposer des problèmes de compatibilité.

Bref, si la HDR constitue un apport majeur, toutes les conditions ne sont pas encore réunies pour l’exploiter pleinement et il va encore falloir attendre avant que cette technologie n’arrive à maturité.

 

Le choc des masters 4K, masters 2K, CGI 2K… 

Il est étonnant de voir sortir ce vieux loup de mer à quelques jours de la sortie des premiers disques. Pourtant, on sait pertinemment que la captation en numérique n’est pas encore, du moins sur le papier, au niveau de la pellicule (70mm IMAX, mon amour). Même si les caméras sont aujourd’hui capables de filmer en très haute définition, jusqu’en 5K (il existe même des prototypes 8K), la post-production est généralement effectuée en 2K et c’est sans parler des CGI produits en 2K (seul Gone Girl possède un traitement intégral en 4K).

Mais quel intérêt d’acheter un film dont le master est 2K ou même un master 4K mais avec des CGI en 2K en UHD-BD me direz vous ? Il faut savoir que la définition 2K (2048×1080)  est supérieure au 1080p (1920×1080). Même si ces quelques pixels en plus ne constituent pas une différence fondamentale, ce critère à son importance lorsque l’image est étirée en 4K. Ajouté à cela les arguments précédents avec le fameux encodage HECV/H265 ainsi que la HDR et vous obtenez à coup sûr une meilleure image que nos Blu-ray 1080p.

Étonnamment, un master 4K issu d’un film tourné en pellicule, notamment en 70mm, proposera une image somptueuse en UHD-BD. Et comme de nombreuses remastérisions 4K existent déjà, nous devrions être particulièrement gâté en terme d’image dans ces conditions.

Alors, à cet instant, peut-on dire que l’UHD-BD est une arnaque et qu’il ne faut pas investir ? Certainement pas, même si toutes les caractéristiques ne sont pas forcément à la hauteur de nos attentes (à quand ce bon vieux 4.4.4. ? ^^). Simplement, il faut garder à l’esprit que cette nouvelle technologie prendra du temps à maturer, et que nécessairement nous assisterons à une évolution qualitative dans le temps. Peut-être est-il préférable de ne pas se précipiter tout de suite sur la technologie. Cependant, les conditions de lancement semblent bien plus favorables que ce que nous avions connu dans le passé.

En attendant, sachez que notre lecteur UHD-BD de test est en route, nous vous donnerons nos premiers ressentis sur la technologie dans les jours à venir.

Pour commenter cet édito, rendez-vous sur le forum…

 

SnipizZ

 

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