EP.II – ISE 2010 – Amsterdam

Non classé — publié le 1 avril 2012
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Joe kane c’est fait connaître du grand public via son disque de calibration Digital Video Essentials. Plus largement, il est considéré comme un “guru” (dans les sens américain du terme) de la gestion de signal vidéo et de la colorimétrie dans le monde du cinéma et de la télévision américaine. De nombreux producteurs de films font appel à ses conseils à l’étape du mastering vidéo.

Plus récemment, JK Productions a sorti un nouveau disque de calibration DVE HD Basics et s’est lancée dans le partenariat audio-vidéo avec Samsung et Da-lite. Nous avions déjà pu rencontrer Joe Kane en Janvier 2009 pour la présentation US de l’écran Affinity. Nous l’avons rencontré à nouveau à l’ISE 2010 pour le lancement européen de cet écran via le distributeur Procolor.

L’interview est en anglais. Cependant, pour les plus anglophobes, vous disposez d’un traduction complète:

HCFR :
Joe, peux-tu nous présenter ta société ?

Joe Kane :
Bonjour, je suis Joe Kane de la société Joe Kane Productions. Mon business, ce sont les stan¬dards d’affichage. Nous expliquons aux gens comment obtenir les meilleures images à partir d’appareils d’affichage électronique. Et notre valeur ajoutée est aussi dans l’art d’assister les personnes qui créent des programmes ou racontent des fictions.

HCFR :
Pourquoi avoir créé un projecteur et ensuite un écran ?

Joe Kane :
Dans le cadre de notre processus de travail avec des fabricants pour essayer de produire de meilleurs appareils d’affichage, Samsung nous a invité à faire partie de l’équipe de conception de leur projecteur DLP. On a pu intervenir dés le début du process de conception du projecteur, donc, on a pu expliquer aux ingénieurs ce qu’ils devaient faire avant même qu’ils ne commencent à travailler sur le projecteur. Puis, nous avons pu vérifier la qualité de leur travail à toutes les étapes de la fabrication. Enfin, une fois que le projecteur a été terminé, c’était le premier projecteur “vidéo” ou au moins un des tous premiers projecteurs qui faisait réellement de la vidéo (NDLR : c.à.d. conforme aux normes vidéo). Bien sur, c’était notre but. Mais on avait du mal à montrer de quoi le projecteur était capable car le matériel de l’écran (la toile) ajoutait sa propre signature visuelle à l’image. La toile d’écran nous mettait des bâtons dans les roues dans notre capacité à présenter aux mieux le projecteur qu’on avait développé. Alors, après une période de 2 ans à regarder tous les matériaux d’écran qui étaient disponible sur le marché, on a décidé de se mettre à la recherche d’un fabricant qui pourrait produire pour nous le matériau adéquat. On a alors approché DA-Lite et on leur a expliqué ce qu’on cherchait et les propriétés que devait avoir la toile. En fait, elle devait être “invisible” et juste montrer ce que le projecteur était capable de faire. Donc, on a demandé à DA-Lite de fabriquer un écran spécialement pour le projecteur qu’on avait développé. Ils sont alors revenus vers nous avec la ligne “Affinity” qui comprends des écrans à gains différents de 0.9 à 0.6 et bientôt un gain de 1.1. On a maintenant une gamme complète d’écran de qualité pour aller avec notre projecteur et proposer la plus belle image qu’on ai jamais vu.

HCFR :
Un projecteur, un écran et après, quels sont vos futurs projets ?

Joe Kane :
Ce qui vient après ça, nous espérons, c’est une plus grande définition. Tout le monde a enten¬du parler des formats 2K et 4K, mais nous pensons que le 1080p pourrait déjà être bien meilleur qu’il ne l’est aujourd’hui. En ce moment, la vidéo grand public est un système sur 8 bits ; ce qui veut dire qu’il n’y a que 256 intervalles entre le noir le plus sombre et le blanc le plus lumineux. Dans un système à 10 bits, il y a bien plus d’intermédiaires possible avec une résolution bien plus fine donc nous voudrions mettre en place un tel système et échantillonner les informations de noir/blanc et de couleur à la même fréquence. Nous avons vu la différence sur notre projecteur qui travaille en 10 bits au format 4/4/4. Et quand on lui envoie un signal de ce type, l’image est bien meilleure que toutes celles que nous avons pu montrer en démons¬tration ici ! Nous savons qu’il y a des gens qui travaillent sur l’optimisation de la compression vidéo pour passer de la vidéo 4/4/4 au même débit (bitrate) qu’un blu-ray qui travaille en 8 bits 4/2/0. Avec le débit d’aujourd’hui, dans un futur proche, on pourra véhiculer une image de bien meilleure qualité. C’est pour ça qu’on veut élever la barre au niveau des systèmes de reproduction.

HCFR :
Joe, quel est ton avis sur l’entrée de la 3D au cinéma et chez les particuliers ?

Joe Kane :
Ma position sur la 3D est que ça doit être totalement compatible avec la 2D. Ca doit être très facile de passer de la 2D à la 3D. Ca ne doit pas être plus compliqué que de retirer le disque 2D du lecteur pour mettre à la place le disque 3D. Donc notre approche de la 3D, c’est de la passer sur le meilleur système 2D possible car on croit que, pour encore un bon moment, la majorité de ce que les gens vont regarder, c’est de la 2D. Quand on met le disque 3D, on doit pouvoir continuer à utiliser le meilleur système 2D car tout compromis comme un écran métal¬¬¬lisé n’est pas acceptable car ça revient à avoir des écrans différents pour la 2D et la 3D. Donc, nous visons un système 3D qui soit entièrement compatible avec la 2D. En résumé, ma position sur la 3D, c’est que je serais très heureux de l’avoir à la maison tant que ca ne me fait pas faire de compromis sur la qualité de mon image 2D.

HCFR :
Certes, le passage de la 2D vers la 3D doit être simple. Mais comment gérer la perte de qualité due aux lunettes 3D ?

Joe Kane :
Les approches qu’on a vues jusqu’à maintenant, qui utilisent n’importe quel système avec des lunettes, altèrent sensiblement la qualité de l’image. On vise bien sur un système qui n’altère pas la qualité de l’image. D’abord avec un système prévisible : même s’il y a une altération pour être acceptable ça doit être un décalage fixe et pas une altération aléatoire. Mais on reste persuadé que le mieux serait de trouver un système dans lequel il n’y a aucune altération au niveau colorimétrique entre la 2D et la 3D. Donc, parmi les choses pour lesquelles nous nous battons au niveau de la compatibilité entre 2D et 3D c’est : pas de changement dans la colori¬métrie. On ne veut pas non plus de filtre que ce soit polarisant (vertical ou en diagonale) ou des filtres colorés.

HCFR :
Joe, un dernier mot en guise de conclusion ?

Joe Kane :
La chose la plus importante pour moi dans toute ma carrière a été de porter l’art que repré¬sente le fait de raconter des fictions aux consommateurs. Le logo de la compagnie décrit cela : toute la technologie que nous demandons aux gens d’accepter et d’utiliser n’est là que pour que les artistes puissent parler à leur public et toute la philosophie de ma société c’est de proposer une palette et une toile (de peintre) qui doit être aussi bonne et diversifiée que nécessaire pour que l’histoire soit racontée. C’est çà notre vrai business : donner à ceux qui racontent des histoires les moyens de faire passer leurs idées.

La suite de cet article sera un reportage photo sur l’ensemble du salon.

Rendez-vous dans l’ EP. III …