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Toutes les enceintes HiFi

PRIX ABUSIF EN FRANCE DES ENCEINTES TOTEM

Message » 21 Aoû 2010 19:05

Conso92 a écrit:Bonjour Nautil
Tu devrais essayer les Sonusfaber Toy Tower (1690 euros) ou les Mulidine New Allegetto V4 (2490 euros).
Avec un encombrement minimum et une musicalité surprenante il y a la Neat Motive 2 à 1490 euros (76x16x20 cm) ou la nouvelle Motive 2 SE avec un tweeter à ruban EMIT.


Salut Conso92, alors, finalement, tu as acheté quoi d'autre que les Totem ?
Comme tu vois, je cherche encore....
Les Neat sont peut-être les seules aux dimensions me convenant (pour remplacer des B&W CM7), mais difficiles a écouter, il faut aller à Reims, je crois...
1500E, des Arro, 2000 Les Sttaf.... Vs 1355 pour les Motive 2...

A t'on quelqu'un qui aurait acheté des Totem hors France ici ? pour savoir ou ... :roll:
Merci
Nautil
 
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Message par Google » 21 Aoû 2010 19:05

Publicite

 
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Message » 21 Aoû 2010 19:14

Bonsoir Nautil,

Comme je l'ai précisé dans ce post j'ai conservé mes anciennes Cabasse Sampan
Conso92
 
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Message » 21 Aoû 2010 19:42

On ne peut pas refaire l'histoire et on ne peut pas évoquer les Cabasse d'avant 90 sans évoquer une caractéristique fondamentale: elles étaient conçues en n'écoutant que de la musique classique (et un peu de jazz) enregistrée suivant les principes posés par Georges Cabasse. Ceci voulait dire qu'on écoutait d'abord les bandes maison enregistrées généralement par Bernard Neveu (et un peu par moi vers la fin de l'ère Georges Cabasse/François Bellec) et rien d'autre. Cabasse ne faisait pas des enceintes capables de reproduire ce qui était à la mode. La live music était le système référent par principe. Si les disques des gens étaient comparables: tant mieux s'ils ne l'étaient pas: tant pis!

Il n'y avait pas de service marketing chez Cabasse. Cette maison fut d'abord l'acte de foi d'un type assez génial et convaincu dont le petit atelier est devenu un temps le numéro un français, ce qu'il n'avait pas vraiment cherché. Je fus le premier à qui on a proposé ce poste en 1996 et j'ai refusé. Cabasse était une marque intemporelle qui a commis certaines erreurs stratégiques qui ne sont pas celles auxquelles on croit généralement. Le monde est assez grand pour faire vivre une marque atypique mais Cabasse n'a pas su prendre le virage de l'international comme il aurait fallu le faire. L'erreur est là puis sont venues certaines enceintes qui n'étaient plus en phase avec la pensée maison. Les fidèles n'ont pas compris, tandis que la clientèle visée n'avait pas attendu et avait déjà fait d'autres choix moins jansénistes.

Comme les enregistrements de référence étaient tous réalisés à base de micros omnidirectionnels à très petites membranes, il avaient une excellente linéarité ainsi que du grave en suffisance et on ne demandait pas aux enceintes d'apporter le grave qui manquait à certains disques car Haskil a raison: le room gain amplifie presque toujours les basses et cette caractéristique fut très rapidement prise en compte par le labo. Chez Georges Cabasse, je me souviens d'une écoute d'un Bösendorfer Imperial sur des Colonne 100 grandeur nature et tout y était (enceinte close avec 21cm).

J'ai pu évaluer personnellement la supériorité d'un Galion qui m'avait servi à amplifier une guitare basse fretless et un stick lors d'un enregistrement de jazz. C'était assez extraordinaire et le musicien était :o puis j'ai recommencé une autre fois avec des 135 et là: :-? :oops: La 135 était plus flatteuse sur des disques compressés mais sur de la musique libre, il n'y avait pas de comparaison possible, les HP talonnaient, ce qui n'était pas le cas du galion avec un Nikko de 2x450W aux fesses. Il faut dire qu'un stick ça pousse fort! Ceci dit, le Galion n'était pas une chose simple à optimiser: l'apport d'un sub dans le bas du bas peut faire des miracles. Je précise que je n'utilisais pas de caisson au cours de cette séance d'enregistrement.

Les Cabasse n'étaient pas faites pour les amateurs de pop mais nous n'y songions pas; il y avait assez de marques pour eux. C'est d'ailleurs ce que je continue à dire à ceux qui voudraient que j'enregistre de la variété ou du rock à Passavant: il y a assez de studios pour ça laissez le peu qui reste à la musique classique et c'est ce que nous pensions chez Cabasse. Il fallait d'abord que ce soit bon sur des enregistrements naturels et puis tant mieux si ça pouvait passer autre chose mais ce n'était pas la préoccupation majeure du boss.

Les premières Cabasse étaient bass-reflex (c'était indispensable avec du tube) puis avec l'arrivée du transistor et l'emploi de grands HP dans des caisses assez petites, il n'était pas possible d'accorder proprement sans effet boum boum ou alors sans efficacité. L'accord aurait été trop bas pour le HP et le volume considérés et il ne servait plus à rien. Donc Cabasse n'était pas pour le clos mais était contre des mauvais bass-reflex et, à cette époque, question respect du message, rien ne valait un 30cm qui a naturellement de la surface et du rendement avec de faibles déplacements. Un Sampan est une petite chose pour un 30cm. Rappelez-vous qu'à l'époque, un 21cm supportait rarement plus que 25/30Watts et on ne savait pas faire des HP à très grands débattements qui restent bons. Pour faire du niveau, il fallait de la surface.

Une autre chose importante: avant la mode des amplis sans rien, les amplis avaient un correcteur de tonalité, quasiment toujours de type Baxandal. La courbe des Cabasse a toujours été étudiée pour être linéaire dans des conditions normales mais aussi pour pouvoir être corrigée à l'aide du Baxandal présent sur les amplis de l'époque. Celui qui voulait des basses pouvait en avoir mais à tout moment, il pouvait retrouver l'équilibre naturel en remettant tout à zéro.

Vous allez rigoler mais le retour au bass-reflex fut décidé pour gagner des étoiles au labo fnac car Cabasse se vautrait toujours pour la mesure de la distorsion. Marceau Crasson et son équipe (labo fnac) jugeaient la distorsion des basses à 40Hz. Dans ce coin, les enceintes closes distordent davantage qu'une enceinte dont l'accord se situe à... 40Hz. Quelques constructeurs avisés accordaient à 40Hz et avaient plein de points et d'étoiles. comme la fnac était une grosse puissance en hifi et que les gens achetaient en fonction de l'avis du labo, Cabasse a donc fait comme tout le monde: il a accordé ses enceintes à 40Hz et les points sont venus et les ventes avec. La première fut la Bisquine qui fit un véritable carton.

Il n'y avait rien de cheap chez Cabasse, pas même le filtre. Ce filtre n'en jetait pas mais il était très bien fait. Il n'y avait pas une seule résistance qui aurait désamorti les HP mais uniquement des condensateurs et des selfs à entrefer très caractéristiques, chargées également de l'adaptation en niveau. Bellec, qui avait fait Supelec et Arts et Métiers tenait beaucoup à ses selfs alors que tout le monde lui réclamait des grosses selfs à air. Quand vous trouvez une Cabasse de cette époque avec d'autres selfs, ne l'achetez surtout pas, à moins de rechercher un modèle exotique sans aucun rapport avec l'original.

Pour les HP, ce qui compte, c'est le champ dans l'entrefer, pas la taille de l'aimant. Un gros moteur peut être moins performant qu'un petit bien usiné. L'usinage coûtait très cher à l'époque et Cabasse s'était offert un tour à commande numérique qui lui avait coûté les yeux de la tête.

L'évent laminaire ne coûtait pas plus cher mais faisait plus noble. C'était une réalisation de Tronçais avec des chutes de bois. La machine qui faisait le folding évidaient ces petites plaques qui étaient collées en-dessous de l'enceinte. La pose d'un évent tubulaire requiert presque davantage de main d'oeuvre. Je suis désolé de casser ce mythe.

Le bois était de l'aglo marine plaqué des deux côtés, ce qui était rare car beaucoup plus cher à l'époque. Ceci permettait au bois de ne pas se cintrer puisque les forces étaient égales des deux côtés.

L'asservissement fut une très belle chose sur les trois voies mais Cabasse dut l'abandonner progressivement sur les quatre voies, non sans avoir tout tenté.

Les belles caisses Cabasse datent d'avant le folding quand elles étaient faites au Danemark, après l'incendie de 1975 ou 76 et jusque 90 environ. A partir de Tronçais (SEVE racheté par Cabasse), les caisses ont perdu leurs rives et sont passées de l'état de meubles à celui de boîtes bien faites.

Cabasse est une entreprise qui a vécu différentes époques très significatives. La philosophie maison n'a pas pu suivre simplement parce qu'elle n'a pas été transmise quand ses auteurs ont pris le (grand) large. Voilà pourquoi je distingue les époques.
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Message » 21 Aoû 2010 20:47

Conso92 a écrit:En ce qui concerne les fabricants français, les ventes sont très limtées.

En effet, le chifre d'affaire pour :

APERTURA / MUSITEC est de 287.000 euros

MULIDINE / CRISTA TECHNILOGIE est de 111.000 euros

Quant à PEL / ABSOLUM TECHNOLOGY, leur site indiquait, lorsqu' ils ont cessé leur activité en 2007 la conclusion suivante:

La Société ABSOLOM TECHNOLOGY a cessé son activité depuis le 11/09/2007
Nous remercions tous les clients qui nous ont fait confiance et nous sommes heureux d'avoir pu contribuer à améliorer votre systéme avec des produits de qualité.
Nous sommes au regret de quitter cette profession et ce malgré nos efforts pour vous faire partager notre passion.
Que de souvenirs avec la création de la NOBILIS et autre KYORO, qui nous le pensons sont des enceintes exceptionnelles au regard de la qualité des composants et du développement entrepris par Mr PIERRE ETIENNE LEON en collaboration avec nos services
...
Soyez donc chers clients persuadés que seuls vous et vous memes , etes capables d'apprécier ce qu'il vous faut et ne tombez pas dans les travers de l'idiophilie pour reprendre un terme cher à Mr PIERRE ETIENNE LEON.


PAS MIEUX !!! 8)
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Message » 21 Aoû 2010 20:56

Nautil a écrit:Ca y est, ca me redémange.... une belle et fine colonne qui sonne bien (enfin, j'ai trouvé) du type Arro ou Sttaf ?
vous connaissez l'équivalent dans une autre marque pour un tel encombrement ?


Fine, belle et redoutable = KELINAC 211 à 850€ttc la paire chez CTA Perception à Paris 15è, wengé véritable intérieur/extérieur ou laquée avec un choix de couleur parmi +200 pour ~500€ de plus la paire (de quoi demander à madame de mettre son nez dans l'choix). Filtre avec composants montés en l'air sur pièce de bois. Donc pas de circuits imprimés ou plaque plastique, le son s'en ressent. etc... etc... A écouter en somme !
DuSon
 
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Message » 22 Aoû 2010 0:17

Très très intéressé !!!! (cahier des charges compliqué vs encombrement)
Event sur face avant en + , c'est parfait.
je ne connaissais pas, merci !

Je vais aller les voir pour les écouter, et à bon prix ... sur ce fil TOTEM :roll:
(en plus, ca semble fonctionner avec Rotel... que j'ai: http://www.audiophilefr.com/Site/forum2/vos-impressions-nous-interessent-f9/ecoute-kelinac-211-et-achat-t5786.html)
Nautil
 
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Message » 22 Aoû 2010 0:58

@Philippe

Diable ! vous êtes sorti de votre studio ! je suis passé dernierement à Passavant en espérant repartir avec un ou deux albums.. Ben j'ai bien vu la direction sur la pancarte marquée "studio acoustisque" à coté de l'église.. mais je suis resté sur ma faim.. :roll: finis par déjeuner dans le Bar tabac restaurant épicerie en bas du village. Un moment de grande convivialité avec les gens du pays. :wink:

Pour Cabasse des années 80.. je dis ce que j'ai vu et entendu simplement sur les modèles d'entrée (bas)de gamme par rapport à d'autres marques Françaises c'est tout.
Pour relativisé vos propos on trouvait de nombreuses Pub et brochures explicatives sur la phisolophie de la marque. Il y avait donc quand même un marketing bien appuyé de la part de ce constructeur avec des doubles pages de pub et reportage dans la RDS. C'était pas tout à fait Cabasse au pays des bisounours.!
:wink:
wuwei
 
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Message » 22 Aoû 2010 4:46

wuwei a écrit:@Philippe

Pour Cabasse des années 80.. je dis ce que j'ai vu et entendu simplement sur les modèles d'entrée (bas)de gamme par rapport à d'autres marques Françaises c'est tout.
Pour relativisé vos propos on trouvait de nombreuses Pub et brochures explicatives sur la phisolophie de la marque. Il y avait donc quand même un marketing bien appuyé de la part de ce constructeur avec des doubles pages de pub et reportage dans la RDS. C'était pas tout à fait Cabasse au pays des bisounours.!
:wink:


Cabasse était très indépendant dans son approche mais il était tout à fait en ligne avec ce qu'était la haute-fidélité des années 50 et 60 quand beaucoup pensaient et disaient la même chose. Peu ont su se développer et beaucoup ont disparu, faute de disposer des qualités de management nécessaires. Cabasse a survécu parce qu'il avait l'esprit d'entreprise et un sérieux sens de l'économie et surtout parce que le mot recherche avait un sens réel. La part du labo était très importante. La réputation ne s'est pas faite sur du vent et je dirais même que la marque a souvent été très en avance, parfois trop. la technique SCS a près de trente ans d'existence. Doit-elle être considérée comme ancienne? Je ne le crois pas.

Si le marketing consiste à s'adapter coûte que coûte aux tendances du marché ou à faire prendre (sciemment) des vessies pour des lanternes (c'est un peu l'image fausse du marketing telle qu'elle est souvent véhiculée sur les forums), ceci ne fut jamais le cas chez Cabasse qui est resté droit dans ses bottes, y compris pour ses modèles d'entrée de gamme. Une Dinghy, une Brick, une Goélette... sont des Cabasse à part entière qui offraient des qualités de médium que peu de deux voies étaient capables d'offrir. N'oubliez jamais qu'on faisait ce qu'on pouvait en ces temps-là. L'entrefer du 21K16 était nécessairement très étroit pour que ce HP puisse monter jusqu'à près de 5kHz. Le facteur d'accélération était forcément bon. Beaucoup d'enceintes musclées de l'époque et parfois encore aujourd'hui, sont très déprimées dans le médium, ce qui les rend très efficaces dans certains cas mais pas très intéressantes pour le classique. Ceci dit, les choses ont beaucoup changé grâce aux progrès de la technologie. Pourtant, il m'arrive souvent d'être agréablement surpris: un de mes anciens voisins avait acheté des Brick il y a vingt-cinq ans et il en est toujours aussi content, n'hésitant pas à les sortir dans le jardin pour faire la teuf et il n'a jamais rien cassé. Le saladier en "plastique" du 21K16 était très moderne quand il est sorti. On pouvait difficilement faire plus amagnétique que ça. Ce saladier était très bien profilé, ce qui était très bénéfique pour le médium. La suspension à petits plis représentait elle-aussi un compromis satisfaisant pour l'époque.

La pub est une chose incontournable pour une entreprise qui a des produits à vendre. Quand on compte jusqu'à 130 employés, on a le devoir de s'acheter des pages de pubs pour faire tourner la crèmerie. L'industrie a ses raisons. Il y a ceux qui peuvent s'offrir des pages et ceux qui ne peuvent faire mieux qu'un pavé dans le coin des revendeurs. On ne va tout de même pas s'aligner sur le moins-disant économique. Les deux-tiers des textes sinon les trois-quarts étaient de moi, bricolés avec Jean-Paul Voegelin, le responsable parisien, sur un coin de bureau à Gennevilliers, à la main, sans traitement de texte. Voegelin, qui était le directeur commercial, était électronicien et musicien professionnel. C'était ça l'équipe marketing Cabasse. Quand on recrutait un représentant, on lui demandait s'il connaissait la loi d'Ohm et les commerciaux étaient payés au fixe pour être certains qu'ils passeraient le temps nécessaire à faire de la démonstration dans les magasins. Pour le marketing, on y allait à l'instinct en y mettant notre passion et nos convictions. C'était un peu notre force car nous ne pratiquions pas la langue de bois (Votre ampli est peut-être excellent... La vérité sur les petites enceintes...) même si nous nous tirions parfois une balle dans le pied car nous fabriquions des enceintes comme la Galiote. Nos pubs étaient d'abord informatives et elles étaient lues. Elles n'allaient pas souvent dans le sens du vent; les réactions étaient parfois un peu rudes de la part du monde de la hifi, y compris la presse qui se sentait souvent visée. En fait, la pub Cabasse, c'était souvent du rédactionnel payant où nous prenions la profession à rebrousse poil, disant ce qui ne disait pas. Vous en connaissez beaucoup des marques qui font ça?

Le modernisme économique n'était pas la première qualité de Cabasse, ce qui lui a peut-être été fatal car, parvenu à cette taille, il aurait fallu probablement faire autrement mais, je crois que c'était totalement impossible. Ce n'était pas dans la nature du boss. Je n'ai jamais vu passer une seule étude de marché en 15 ans.

Pour conclure: nous avons passé des moments extraordinaires et forgé quelques solides amitiés qui durent toujours.

Passavant ne se limite pas qu'à Passavant. Le studio sert pour les prises de son tandis que le reste est traité à quinze kilomètres de là. Il vaut mieux appeler avant de passer.
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Message » 22 Aoû 2010 9:20

Philippe Muller a écrit:
Comme les enregistrements de référence étaient tous réalisés à base de micros omnidirectionnels à très petites membranes, il avaient une excellente linéarité ainsi que du grave en suffisance et on ne demandait pas aux enceintes d'apporter le grave qui manquait à certains disques car Haskil a raison: le room gain amplifie presque toujours les basses et cette caractéristique fut très rapidement prise en compte par le labo.


Une illustration (et non une démonstration, que les lecteurs ne se méprennent pas sur mes intentions !) de ce propos : dès que j'ai eu des amplificateurs dotés de correcteurs, j'ai toujours réduit le niveau de grave pour trouver un équilibre optimal avec mes Iroise SCS (d'une époque sans doute un peu plus tardive que celle sur laquelle insiste Philippe Muller), que ce soit dans une pièce relativement petite (22 m²) hier, ou une plus grande aujourd'hui (47 m²). Les corrections inverses n'ont jamais été satisfaisantes sur le long terme, même si elles se révélaient séduisantes sur des programmes relativement modernes (variété de diverses natures, rock, bande-son de films mais pas tous : certains DVD ont une bande-son stupéfiante de naturel, bien meilleure que certains CDs de ma discothèque, même des CDs de musique classique). En même temps, il n'y a pas règle absolue : certains disques de musiques classiques aiment bien une correction à la hausse dans le grave.

En fait, l'expérience aidant (cela fait maintenant huit ans que j'ai des Iroise et à peine plus longtemps que je suis tombé dans la marmite hi-fi), je pense que le pragmatisme est le meilleur allié du hifiste. J'ai mis à peu près six à sept années pour apprendre à faire marcher correctement mes enceintes (Ne riez pas, c'est vrai. Mais il faut dire que ça a été long car il m'a fallu désapprendre pratiquement tout ce dont je croyais avoir été éduqué par la "presse d'information hifi française", les guillemets sont là à dessein). Une fois cela fait, il faut accepter l'idée que tous les disques ne sont pas égaux entre eux, et que, pour prendre plaisir à tous les écouter, il faut s'adapter et faire des compromis. Comme le dit Philippe Muller, les correcteurs de tonalité -qu'il suffit de remettre à zéro pour retrouver la son de référence- apportent alors une aide utile et précieuse pour trouver un équilibre satisfaisant.

Philippe Muller a écrit:Il n'y avait rien de cheap chez Cabasse, pas même le filtre. Ce filtre n'en jetait pas mais il était très bien fait. Il n'y avait pas une seule résistance qui aurait désamorti les HP mais uniquement des condensateurs et des selfs à entrefer très caractéristiques, chargées également de l'adaptation en niveau. Bellec, qui avait fait Supelec et Arts et Métiers tenait beaucoup à ses selfs alors que tout le monde lui réclamait des grosses selfs à air.


Cette approche semble avoir perduré jusqu'encore très récemment, si l'on en juge par le filtre Evolution d'une Adriatis 600, sur lequel on peut avoir un aperçu en cliquant sur ce lien et en allant à la p. 5 du pdf : http://audio.com.pl/pdf/testy/zespoly%2 ... riatis.pdf
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Message » 22 Aoû 2010 11:33

@Philippe

Merci pour toutes ces précisions très intéressantes sur l'histoire d'une marque, de la "Hifi" en générale qui accompagne nos loisirs !

:wink:
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Message » 23 Aoû 2010 12:12

Merci, en effet, a ce professionnel d'apporter un temoignage documenté, de l'interieur de ce constructeur mythique :wink: Cela permet de se rendre compte que les fables racontées par certains prennent sérieusement du plomb dans l'aile :evil: Si Cabasse est arrivé a ce stade par le passé c'est bien par l'obstination d'un homme et le suivi d'une philosophie sans compromis!
Pour ma part, je serai toujours plus attentif a la production de petite firmes (notamment française) ou l'on trouve des passionnés talentueux aux manettes et non pas des marketeux-financiers a la vue courte qui décident de tout... Ce qui est le cas de l'essentiel des constructeurs importants actuels soyons clairs. Ces derniers fournissent un "marché" a un "coeur de cible", proposent "une offre commerciale", etablissent des "business plan" et des "roadmap", et se contrefoutent royalement de savoir si le filtre d'enceinte dispose des meilleures technologies (et meme si le PRF est bon) car le client lambda est incapable de s'en rendre compte... alors c'est sur cela ne les empechent pas de sortir, par moment, des modeles interessants... a bon entendeur!
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Message » 23 Aoû 2010 12:38

Philippe Muller a écrit:
wuwei a écrit:@Philippe

Pour Cabasse des années 80.. je dis ce que j'ai vu et entendu simplement sur les modèles d'entrée (bas)de gamme par rapport à d'autres marques Françaises c'est tout.
Pour relativisé vos propos on trouvait de nombreuses Pub et brochures explicatives sur la phisolophie de la marque. Il y avait donc quand même un marketing bien appuyé de la part de ce constructeur avec des doubles pages de pub et reportage dans la RDS. C'était pas tout à fait Cabasse au pays des bisounours.!
:wink:


Cabasse était très indépendant dans son approche mais il était tout à fait en ligne avec ce qu'était la haute-fidélité des années 50 et 60 quand beaucoup pensaient et disaient la même chose. Peu ont su se développer et beaucoup ont disparu, faute de disposer des qualités de management nécessaires. Cabasse a survécu parce qu'il avait l'esprit d'entreprise et un sérieux sens de l'économie et surtout parce que le mot recherche avait un sens réel. La part du labo était très importante. La réputation ne s'est pas faite sur du vent et je dirais même que la marque a souvent été très en avance, parfois trop. la technique SCS a près de trente ans d'existence. Doit-elle être considérée comme ancienne? Je ne le crois pas.

Si le marketing consiste à s'adapter coûte que coûte aux tendances du marché ou à faire prendre (sciemment) des vessies pour des lanternes (c'est un peu l'image fausse du marketing telle qu'elle est souvent véhiculée sur les forums), ceci ne fut jamais le cas chez Cabasse qui est resté droit dans ses bottes, y compris pour ses modèles d'entrée de gamme. Une Dinghy, une Brick, une Goélette... sont des Cabasse à part entière qui offraient des qualités de médium que peu de deux voies étaient capables d'offrir. N'oubliez jamais qu'on faisait ce qu'on pouvait en ces temps-là. L'entrefer du 21K16 était nécessairement très étroit pour que ce HP puisse monter jusqu'à près de 5kHz. Le facteur d'accélération était forcément bon. Beaucoup d'enceintes musclées de l'époque et parfois encore aujourd'hui, sont très déprimées dans le médium, ce qui les rend très efficaces dans certains cas mais pas très intéressantes pour le classique. Ceci dit, les choses ont beaucoup changé grâce aux progrès de la technologie. Pourtant, il m'arrive souvent d'être agréablement surpris: un de mes anciens voisins avait acheté des Brick il y a vingt-cinq ans et il en est toujours aussi content, n'hésitant pas à les sortir dans le jardin pour faire la teuf et il n'a jamais rien cassé. Le saladier en "plastique" du 21K16 était très moderne quand il est sorti. On pouvait difficilement faire plus amagnétique que ça. Ce saladier était très bien profilé, ce qui était très bénéfique pour le médium. La suspension à petits plis représentait elle-aussi un compromis satisfaisant pour l'époque.

La pub est une chose incontournable pour une entreprise qui a des produits à vendre. Quand on compte jusqu'à 130 employés, on a le devoir de s'acheter des pages de pubs pour faire tourner la crèmerie. L'industrie a ses raisons. Il y a ceux qui peuvent s'offrir des pages et ceux qui ne peuvent faire mieux qu'un pavé dans le coin des revendeurs. On ne va tout de même pas s'aligner sur le moins-disant économique. Les deux-tiers des textes sinon les trois-quarts étaient de moi, bricolés avec Jean-Paul Voegelin, le responsable parisien, sur un coin de bureau à Gennevilliers, à la main, sans traitement de texte. Voegelin, qui était le directeur commercial, était électronicien et musicien professionnel. C'était ça l'équipe marketing Cabasse. Quand on recrutait un représentant, on lui demandait s'il connaissait la loi d'Ohm et les commerciaux étaient payés au fixe pour être certains qu'ils passeraient le temps nécessaire à faire de la démonstration dans les magasins. Pour le marketing, on y allait à l'instinct en y mettant notre passion et nos convictions. C'était un peu notre force car nous ne pratiquions pas la langue de bois (Votre ampli est peut-être excellent... La vérité sur les petites enceintes...) même si nous nous tirions parfois une balle dans le pied car nous fabriquions des enceintes comme la Galiote. Nos pubs étaient d'abord informatives et elles étaient lues. Elles n'allaient pas souvent dans le sens du vent; les réactions étaient parfois un peu rudes de la part du monde de la hifi, y compris la presse qui se sentait souvent visée. En fait, la pub Cabasse, c'était souvent du rédactionnel payant où nous prenions la profession à rebrousse poil, disant ce qui ne disait pas. Vous en connaissez beaucoup des marques qui font ça?

Le modernisme économique n'était pas la première qualité de Cabasse, ce qui lui a peut-être été fatal car, parvenu à cette taille, il aurait fallu probablement faire autrement mais, je crois que c'était totalement impossible. Ce n'était pas dans la nature du boss. Je n'ai jamais vu passer une seule étude de marché en 15 ans.

Pour conclure: nous avons passé des moments extraordinaires et forgé quelques solides amitiés qui durent toujours.

Passavant ne se limite pas qu'à Passavant. Le studio sert pour les prises de son tandis que le reste est traité à quinze kilomètres de là. Il vaut mieux appeler avant de passer.


Merci Philippe pour tous ses souvenirs... qui ne nous rajeunissent pas. Et souvenir ému de Voegelin qui était un type passionné, d'une gentillesse incroyable et qui aimait tant la musique qu'il jouait encore et fort bien... de la clarinette !

Et merci encore pour ce rappel objectif auquel tu aurais pu ajouter un souvenir : Georges Cabasse disait à qui voulait l'entendre : 'je ne sais pas faire une enceinte pas chère..." ou quelque chose du genre : tu te souviendras mieux que moi de ses termes exacts.

Pour les filtres : les forumeurs d'aujourd'hui n'ont souvent pas compris que les transfos avec entrefer permettent des performances que ne permettent pas les selfs à air : il suffit qu'ils soient bon, bien fabriqués et adaptés à la puissance des enceintes pour que l'entrefer ne saturent pas : dans ces conditions la distorsion reste infime ! rappelle toi de ce sinistre sujet sur les 'mauvais filtres' cabasse :o Le mec n'avait rien pigé !

j'ai un copain qui a des sampans léger qui marchaient impeccable l'année dernière encore : il a déménagé sous les tropiques et les as revendues ! Il les avait achetées... au tout début des années 80...

Cela étant : vu de mon côté, Cabasse a été le roi du marketing. mais du vrai, du noble, de celui qui instruit les clients à travers des pages de publicité qui s'adressaient à lui, par dessus, la tête des revues qui publiaient ces pubs. Des choses simples en apparence, mais complexes dans la réalité, passaient ainsi qui ont sérieusement informé les audiophiles. dans le genre, on n'a jamais mieux fait : faire à la fois de l'informatif qui n'a rien à voir avec la marque car il s'agissait de données techniques incontestables... et faire de l'image en rappelant que ces règles là étaient respectées par la marque...
Adhérez au club de ceux qui ont la "méfiance infuse", après avoir adhéré à l'association...
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Message » 23 Aoû 2010 13:12

haskil a écrit:

Cela étant : vu de mon côté, Cabasse a été le roi du marketing. mais du vrai, du noble, de celui qui instruit les clients à travers des pages de publicité qui s'adressaient à lui, par dessus, la tête des revues qui publiaient ces pubs. Des choses simples en apparence, mais complexes dans la réalité, passaient ainsi qui ont sérieusement informé les audiophiles. dans le genre, on n'a jamais mieux fait : faire à la fois de l'informatif qui n'a rien à voir avec la marque car il s'agissait de données techniques incontestables... et faire de l'image en rappelant que ces règles là étaient respectées par la marque...


+ 1.

Beaucoup de ces publicités pourraient figurer sans faire rougir leurs auteurs dans un vadémécum à l'attention des hifistes.
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Message » 23 Aoû 2010 13:21

+1

Mais bon d'un autre coté on a drôlement dérivé du sujet initial. J'ai du voir le mot totem apparitre une fois dans les dix dernières pages du topic :wink:
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Message » 23 Aoû 2010 14:15

Sebastien30200 a écrit:+1

Mais bon d'un autre coté on a drôlement dérivé du sujet initial. J'ai du voir le mot totem apparitre une fois dans les dix dernières pages du topic :wink:


ben vi :mdr:

Vous trouvez les enceintes Totem trop chères, il existe bien d'autres marques qui font de bonnes enceintes.
Si il se vend plus assez de Totem en France de 2 choses l'une :
Soit les marges sont très confortables et les prix peuvent s'adapter et baisser.
Soit les marges sont au plus juste et la marque n'est plus diffusée en France.
LaurentV
 
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