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Discussions sur le matériel Haute-Fidélité

ANTICONFORME

Message » 22 Mai 2013 17:04

jfacoustics a écrit:
nonocnonoc a écrit:Image


La répons au prochain épisode :mdr:

Paul :wink:


Salut Paul :D

Des forumeurs s'interrogent légitimement sur l’alignement de tes haut parleurs.
C'est totalement inhabituel certes...mais cela fonctionne très bien et même si la focalisation est un peu moins bonne que sur l'installation de Olivier le daim...Elle reste remarquable :D .
Je trouve que l'astuce pour éviter le "trou" vers le 40 Hz du caisson est très ingénieuse.

Pourrais tu fournir des courbes de réponse impulsionnelles ?

Un autre sujet de discutions entre nous lors des écoutes a été l'influence auditive du rapport légèreté/champs magnétique de la membrane des transducteurs médiums et aigus.
Tu me faisais valoir qu'aucune mesure semble mettre ce point en avant.
Le haut parleur électrostatique ayant une masse ultra faible certes, mais avec une force électromotrice faible également.

Mais les extraordinaires résultats auditifs obtenus avec des haut parleurs à Plasma ( Iovovac ou Magnat ou plus récemment avec la marque Allemande Lansche Audio...).
Rappel: ces hauts parleur n'ont aucune masse, l'air est ionisé avec des électrodes particulières.....sont effectifs.

Le système de Olivier comporte une chambre de compression TAD 4001 avec une membrane en Béryllium de 10 cm de diamètre et pesant 1 gramme seulement avec un aimant surpuissant . D’où sans doute une incisivité supérieure au médium Focal 20 cm.

A moins que ce résultat auditif soit du a d'autres facteurs ? :-? :-?

Ce qui est absolument sidérant dans ton installation c'est ton "effet 3D" ...jamais entendu ailleurs :love: .
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Igor Kirkwood
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Message par Google » 22 Mai 2013 17:04

Publicite

 
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Message » 22 Mai 2013 17:44

tu vas repensée t'on syteme et aller dans se sens bientôt ?
BPhil
 
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Message » 22 Mai 2013 21:54

Le daim a écrit:Les textes de Paul m’inspirent les remarques suivantes qui sont probablement la conséquence du fait que je possède moins bien la matière de l’acoustique que lui, ce dont il conviendra certainement :

- Faire monter un bon haut-parleur de 25 cm jusqu’à 500 ou même 600 c/s n’a rien d’extraordinaire, même s’il s’agit d’un modèle à haut-rendement. Le problème rencontré par Paul à propos de la linéarité d’un tel haut-parleur jusqu’à ces fréquences trouve sa cause sans doute dans son désir d’en augmenter le rendement en le plaçant à proximité de parois, ici le mur et le sol, ce qui provoque un rendement accru de 2x3db. Cela, je puis l’admettre même sans en comprendre la raison. Ce qui me parait plus surprenant, c’est que Paul a pu remédier à une certaine perte de puissance entre 300 et 500 c/s avec deux planches et en façonnant une demi-gorge devant le cône du transducteur. La planche-cloison du dessous et celle du côté gauche qui entourent le haut-parleur sont placés le long du mur ou sur le sol ; elles n’apportent donc apparemment aucun correctif acoustique qui leur soit propre. Seule la petite excroissance que l’on voit sur le côté droit pourrait éventuellement apporter une efficacité supplémentaire puisqu’elle ne double aucune autre surface, mais ma compréhension superficielle de la chose me conduirait à penser que l’amélioration devrait se situer dans le bas du spectre puisqu’avec cette cloison supplémentaire, le court-circuit acoustique du doublet devrait prendre naissance plus bas. Quant à la demi-gorge, je n’en aperçois pas immédiatement l’utilité ? Je pensais que la gorge était la partie antérieure d’un pavillon dont la fonction était de comprimer l’air sonore pour en faire une haute impédance acoustique que la trompe du pavillon allait ensuite ramener à la pression de l’air ambiant. Je dois avouer que je ne comprends pas bien quel rôle peut jouer un morceau de gorge sans pavillon.

Olivier, il me semble que tu mélanges la notion de court-circuit acoustique qui est déterminée par la taille du baffle plan et la possibilité d'obtenir un renforcement linéaire à l'intersection de deux parois (+6 dB). Si tu relis attentivement le premier épisode et que tu observes les courbes publiées par Roy Allison, tu comprendras la nécessité, pour obtenir un gain linéaire jusqu'à 600Hz, de trouver une astuce pour rapprocher les extrémités de la membrane et les parois qui apportent le renforcement.

- Venons-en aux courbes de réponse d’un haut-parleur positionné dans différents angles par rapport au micro de mesure (ou à l’auditeur). L’absence d’angle (donc le HP en face du micro) donne la pression acoustique (en dbspl) la plus importante. Les autres courbes affichent des pressions acoustiques qui diminuent au fur et à mesure que l’angle entre le haut-parleur et le micro s’ouvre. Cela est très compréhensible et peut être facilement vérifié.
Ce que mon faible entendement perçoit plus difficilement, c’est que la courbe R qui représente la moyenne de toutes les courbes prises sous les différents angles est située au milieu de la grappe des autres courbes. Cela ne peut, me semble-t-il, avoir d’autre explication que le fait que, dans cette mesure, la courbe 0° est prise en compte comme étant la plus efficace et que les autres sont prises en compte par soustraction, la courbe R étant la moyenne de ces courbes allant de la plus efficace à la moins efficaces. Je comprendrais parfaitement cette façon de calculer une efficacité moyenne si celle-ci était perçue en chambre sourde. Cependant Paul précise que la courbe R constitue l’énergie globale rayonnée, « ce que nous entendons le plus souvent au point d’écoute » ajoute-t-il. Or, ce que nous entendons au point d’écoute, c’est sans doute pour une part l’onde directe mais aussi pour une part égale sinon plus grande l’énergie rayonnée. Il semblerait donc que la courbe R devrait être plus efficace que les autres dont elle est la somme. Nous sommes en tout cas loin de la chambre sourde et des mesures qui ont pu y être captées. Comment peut-on passer de l’une à l’autre et comment mesurer à la fois la courbe 0°isolée de son champ naturel de réverbération et la courbe R dans un même lieu d’écoute et surtout les représenter dans un seul graphique? Par le fenestrage ? une technique pour laquelle je souhaiterais obtenir quelques explications et qui n’est pas celle mise en pratique par Paul dans les relevés qu’il publie et qui ont été captés en bruit rose normalisé.

J'avoue ne pas saisir pourquoi ça te poses un problème que la courbe R, qui est la moyenne de toutes les incidences, se trouve à peu près à l'épicentre des courbes qui représentent lesdites incidences.

- L’effet cocktail ou l’écoute dite intelligente qui permettrait de converser avec un interlocuteur dans un milieu bruissant d’autres conversations, je ne le mets pas en doute mais je doute que le phénomène soit purement auditif comme semble le soutenir Paul. Je crois que, dans cette sorte de focalisation de l’attention auditive, la vue, le regard que l’on porte sur la source sonore sont extrêmement importants. Faites un essai et fermez les yeux sur l’interlocuteur qui vous parle un verre à la main, au milieu d’un cocktail. J’ai l’impression que vous perdez beaucoup de l’intelligibilité de ses paroles, si du moins vous êtes toujours en mesure de rester debout les yeux fermés. Les malentendants comme moi essayent de lire sur les lèvres ce qu’ils comprennent mal. Il en va de même au concert où la vue du soliste ou des instrumentistes de l’orchestre facilite grandement la compréhension du texte musical. C’est vrai même à la télévision dans les émissions musicales. Or, la reproduction musicale domestique ne permet pas de voir la source sonore et par conséquent d’identifier aussi par la vue les sons directs dans l’environnement des sons diffus. Pour tout dire, je ne suis pas absolument convaincu de l’antagonisme entre son directe et son réverbéré. Je pense qu’ils se complètent et que la bonne installation est celle où ils se complètent harmonieusement, tout simplement.

Pour l'effet cocktail, les valeurs de 8 à 14 dB de renforcement subjectif de l'onde directe sont issues d'expérience de laboratoire menées sur un grand nombre de sujets. Ces études visaient à mettre en évidence la supériorité de l'écoute binaurale sur l'écoute monaurale qui ne bénéficie pas de ce renforcement. Que la lecture labiale joue aussi un rôle est indiscutable mais l'un n'exclut pas l'autre.

Les théories liées à la courbe R et à l'effet cocktail ne sont pas issue des élucubrations de jfacoustics. Elles faisaient simplement partie du programme de mes études.



jfacoustics
 
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Re:

Message » 22 Mai 2013 22:13

Igor Kirkwood a écrit:
Pourrais tu fournir des courbes de réponse impulsionnelles ?

J'avoue avoir fait preuve, sur ce point, d'une coupable négligence. Les mesures impulsionnelles ont été abondamment utilisées pour positionner les HP et aligner les pieds d'impulsion mais, pris dans le feu de l'action, je ne les ai pas enregistrées. Les courbes qui l'ont été étaient destinées à un forum où bien peu de lecteurs étaient capables de juger une réponse impulsionnelle. Bien sûr, cela peut toujours se refaire mais, honnêtement, pour l'instant, je ne vois pas comment je pourrais trouver le temps de m'y consacrer.
Un autre sujet de discutions entre nous lors des écoutes a été l'influence auditive du rapport légèreté/champs magnétique de la membrane des transducteurs médiums et aigus.
Tu me faisais valoir qu'aucune mesure semble mettre ce point en avant.
Le haut parleur électrostatique ayant une masse ultra faible certes, mais avec une force électromotrice faible également.

Mais les extraordinaires résultats auditifs obtenus avec des haut parleurs à Plasma ( Iovovac ou Magnat ou plus récemment avec la marque Allemande Lansche Audio...).
Rappel: ces hauts parleur n'ont aucune masse, l'air est ionisé avec des électrodes particulières.....sont effectifs.

Le système de Olivier comporte une chambre de compression TAD 4001 avec une membrane en Béryllium de 10 cm de diamètre et pesant 1 gramme seulement avec un aimant surpuissant . D’où sans doute une incisivité supérieure au médium Focal 20 cm.

A moins que ce résultat auditif soit du a d'autres facteurs ? :-? :-?

Igor, tu soulèves là une question qui me taraude depuis longtemps. Un de mes projets consiste à ouvrir, un peu plus tard, un sujet sur cette thématique. J'y apporterai mes constations autant que mes interrogations, en espérant qu'il se trouve des gens plus compétents que moi pour y répondre.

jfacoustics
 
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Message » 22 Mai 2013 22:41

jfacoustics a écrit: Olivier, il me semble que tu mélanges la notion de court-circuit acoustique qui est déterminée par la taille du baffle plan et la possibilité d'obtenir un renforcement linéaire à l'intersection de deux parois (+6 dB). Si tu relis attentivement le premier épisode et que tu observes les courbes publiées par Roy Allison, tu comprendras la nécessité, pour obtenir un gain linéaire jusqu'à 600Hz, de trouver une astuce pour rapprocher les extrémités de la membrane et les parois qui apportent le renforcement.


Je ne mets pas en doute le renforcement par la proximité immédiate d'une surface où l'onde sonore peut rebondir mais je persiste à m'interroger sur les deux planches et surtout sur l'efficacité de la pseudo gorge qui n'a rien d'une surface.


jfacoustics a écrit: J'avoue ne pas saisir pourquoi ça te poses un problème que la courbe R, qui est la moyenne de toutes les incidences, se trouve à peu près à l'épicentre des courbes qui représentent lesdites incidences.


Cette moyenne ne peut se comprendre qu'en chambre sourde où il n'y a pas de d'énergie sonore produite par réflexion. En milieu réverbérant l'énergie produite par le haut-parleur sous 0°n'est certainement pas supérieur à l'ensemble des énergies produites par le même haut-parleur restituées au point d'écoute par la réverbération

jfacoustics a écrit:Pour l'effet cocktail, les valeurs de 8 à 14 dB de renforcement subjectif de l'onde directe sont issues d'expérience de laboratoire menées sur un grand nombre de sujets. Ces études visaient à mettre en évidence la supériorité de l'écoute binaurale sur l'écoute monaurale qui ne bénéficie pas de ce renforcement. Que la lecture labiale joue aussi un rôle est indiscutable mais l'un n'exclut pas l'autre.


J'ai lu exactement la même chose à propos de l'audition accompagnée par la vision. C'était un renforcement de la focalisation d'environ 12 db. Donc, selon cette théorie, le stimuli sonore dont on perçoit la source serait distingué des autres stimuli de même nature comme s'il était émis avec une intensité de 12 db supérieure à son intensité réelle. Cela me paraît plus vraisemblable qu'une distinction un peu arbitraire, car difficilement discernable dans un milieu réverbérant, entre l'onde directe et l'onde réfléchie.

Cordialement Olivier
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Le daim
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Message » 22 Mai 2013 22:49

C'est pour des sujets comme celui-ci que je ne lis plus les revues audiophiles au profit (pour moi surtout) des forums et en particulier HCFR. Je m'abonne :love:
wald
 
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Episode 4 : après la théorie, la pratique

Message » 22 Mai 2013 23:00

Outre la présentation des HP chargés de reproduire le médium et l'aigu, ce chapitre vous montrera comment les notions développées la fois dernière ont été mises en œuvre. Il s'attachera aussi à expliquer comment j'ai pu m'assurer qu'un ensemble, apparemment, aussi disparate que celui formé par Anticonforme, offre une image sonore cohérente et tridimensionnelle.

Le bas-médium est confié à un 20 cm Focal de référence Audium 8. Il n'est plus fabriqué depuis bien longtemps et associe un rendement de 100 dB/W/m à une linéarité exceptionnelle entre 300 Hz et environ 4 KHz.

Image

Sur cette photo, vous serez sans doute frappé par la disposition particulière du HP, lequel est pointé vers le plafond. C'est tout simplement la suite logique des concepts théoriques que vous avez découverts dans mon précédent opuscule. Que l'auditeur soit placé au point d'écoute idéal (l'assise centrale de mon divan à trois places) ou à une des places latérales, il se trouve, par rapport au HP, dans un angle d'hors axe constant. De plus, cet angle est très proche de celui qui correspond à la courbe R décrite dans la théorie. Cette technique est, selon moi, la plus simple et la plus efficace pour, au départ d'un HP conventionnel, éviter un divorce entre l'équilibre spectral de l'onde directe et celui du champ réverbéré (phénomène inévitable dès que le HP est pointé en direction de l'auditeur). Les pavillons, beaucoup plus onéreux et dont la mise en œuvre peut se révéler complexe, permettent, eux aussi, de rencontrer cet objectif. C'est même, peut-être davantage qu'une question de rendement, l'un des secrets de leurs performances subjectives.

La fréquence de raccord avec le tweeter est fixée à 1800 Hz ce qui garantit que l'usage de l'Audiom 8 est limité à la zone dans laquelle sa directivité est strictement contrôlée. Le fonctionnement en dipôle, accroît légèrement le rendement en évitant de perdre l'énergie rayonnée par la face arrière. Même si, de par mon expérience, j'ose affirmer qu'une bonne 3D peut-être obtenue sans recourir au dipôle, les aptitudes tridimensionnelle du système ne s'en trouvent certainement pas défavorisées.

Pour ce qui concerne le choix de la fréquence de coupure basse, bien qu'il soit possible de faire descendre le Focal beaucoup plus bas, j'ai choisi de faire monter le 25 cm JBL aussi haut que le permet sa linéarité, soit 600Hz. Mon objectif est de bénéficier, au maximum, des aptitudes dynamiques supérieures d'un HP de plus grand diamètre ainsi que du rendement de 106 dB de ce dernier.

Le tweeter est l'Audaphon Neo Pro 5i.

Image

Il s'agit d'un remarquable tweeter à ruban dont vous trouverez le descriptif technique ici : http://www.lautsprechershop.de/pdf/auda ... _5i_en.pdf

Je ne connais aucun autre tweeter qui présente des performances de même nature sur un spectre aussi large. Ceux qui permettent de descendre aussi bas en s'appuyant sur un filtrage passif offrent des performances hors axe beaucoup moindres au-delà de 10KHz. L'énergie rayonnée dans l'extrême aigu est, alors, beaucoup plus faible.(tweeter plus directif, voir l'épisode précédent…)

J'ajouterai que la forme de fine colonne indépendante qui lui sert de support a été définie par le désir d'exploiter, jusqu'au bout, l'extraordinaire capacité de dispersion spectrale permise par son ruban. La possibilité de déplacer librement la colonne permet d'ajuster au mieux la phase et le temps de propagation de groupe.

Vous trouverez, ci-dessous, la courbe de réponse du tweeter, sans égalisation, mesurée au point d'écoute. Le filtrage est passif et du deuxième ordre.

Image

La remontée du niveau aux alentours de 10 KHz demande un commentaire. Il est essentiel de savoir qu'elle n'est pas due au local mais qu'il s'agit d'une caractéristique propre au tweeter. On la retrouve, d'ailleurs, telle qu'elle, dans les publications du constructeur. Il s'agit d'un trait typique des tweeters à ruban. Heureusement, cette caractéristique ne s'accompagne d'aucun autre inconvénient tels qu'un accident de phase ou une remontée de la distorsion. Une égalisation est nécessaire mais elle est sans inconvénients. Ce sont, ici, tant l'onde directe que le champ réverbéré qui reçoivent une correction adéquate et il n'en résulte aucune contradiction entre ces deux types d'information.

Voici le résultat après cette unique égalisation.

Image

Je rappelle que, comme toutes autres, cette courbe est obtenue au point d'écoute. L'étude de positionnement et la maîtrise des notions de dispersion spatiale et de directivité des HP ont permis que celle-ci soit pratiquement superposable à celle obtenue à proximité des HP (champ direct) dans l'axe de l'écoute. Aucune autre égalisation que celle mentionnée ci-dessus n'est nécessaire pour tout l'ensemble du médium aigu et la dichotomie entre l'onde directe et le champ réverbéré est, ici, absente.

La recherche de la meilleure linéarité possible au point d'écoute n'aboutirait, cependant, qu'à un ensemble sans intérêt si la cohérence spatiale et le respect des règles permettant d'obtenir une image sonore tridimensionnelle correctement focalisée étaient passées au second plan. Pour atteindre cet objectif, l'expérience m'a appris que le respect de plusieurs impératifs est indispensable. Ce sont, entre autres, les suivants :

- positionner les HP de médium et d'aigu de manière à obtenir un triangle stéréophonique cohérent ;
- placer ces mêmes HP à une distance optimale du mur de soutien (celui qui se trouve derrière les HP) pour garantir un parfait étagement des plans sonore en profondeur. (Ma distance fétiche, issue de nombreuses expérimentations, se situe aux alentours de 1.40 m mais, ici, pour une question de linéarité, j'ai du passé à 1.70m. C'est la raison de choix du dipôle) ;
- obtenir une mise en phase des HP et un respect des temps de propagation de groupe optimisés (L'alignement des pieds d'impulsions est obtenu uniquement par des déplacements physiques des HP).

Ce ne fut pas sans mal ni arrachage de cheveux mais j'ose affirmer que, pour le respect de chacun de ces impératifs, je puis déclarer : mission accomplie.

Le positionnement excentré des voies graves suscitera, certainement, des commentaires dubitatifs quant à la cohérence de l'image sonore.

Image

Je ne me suis permis une telle audace qu'en m'appuyant tant sur les lois de la psycho-acoustique que sur de nombreuses expérimentations pratiques. Il est bien connu que la faible aptitude de notre système auditif à localiser la provenance de l'extrême grave est tel qu'il est possible de recourir à un subwoofer unique sans pénaliser la stéréophonie. Le pouvoir de localisation croît avec la fréquence mais, contrairement à une opinion fort répandue, il n'y a, en la matière, aucun basculement brutal vers 100 ou 120 Hz. Pour celui qui a pris conscience du caractère progressif de notre aptitude à localiser les fréquences et qui sait exploiter, à bon escient, nos faiblesses perceptives, point n'est besoin de disposer de reproducteur du style "dual concentric" pour obtenir une image sonore cohérente.

Je termine la partie consacrée aux HP en vous montrant la courbe de réponse globale du système au point d'écoute.

Image

Obtenir une courbe d'une linéarité plus spectaculaire n'aurait posé aucun problème mais celle-ci est le résultat de le mise au point subjective. Je reviendrai plus tard sur ce sujet.

Cordialement,

Paul :wink:
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Message » 22 Mai 2013 23:40

Personnellement je ne vois vraiment pas ce que vient faire içi l'effet cocktail car il traite une capacité de concentration du cerveau à isoler des sons précis aux milieux d'une multitude de sons aux origines différentes

Or, en stéréo le problème est que le son réfléchi arrivant avec un retard supérieur à 1ms dans un délai maxi d'environ 30ms est pris en compte par notre cerveau directement comme issu du signal direct en terme d'amplitude ( pas de dénaturation de la stéréo de phase)....
C'est le même son mais déformé, c'est très différent de la comparaison avec 10 personnes aux timbres de voix, intonations différentes!
Ce phénomène parfaitement expliqué par effet de Haas correspond ( du moins, comme métaphore ) a la persistance rétinienne

L'effet cocktail est l'argument préfèré des vendeurs hifi privilégiant la vente de matériel onéreux ( et souvent inutile comme des câbles hdg) a une étude acoustique... :roll:

Pas d'animosité ou mépris dans mes propos, juste un point de vue à l'encontre du tiens Paul
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Message » 23 Mai 2013 0:24

Le daim a écrit:...J'ai lu exactement la même chose à propos de l'audition accompagnée par la vision. C'était un renforcement de la focalisation d'environ 12 db. Donc, selon cette théorie, le stimuli sonore dont on perçoit la source serait distingué des autres stimuli de même nature comme s'il était émis avec une intensité de 12 db supérieure à son intensité réelle. Cela me paraît plus vraisemblable qu'une distinction un peu arbitraire, car difficilement discernable dans un milieu réverbérant, entre l'onde directe et l'onde réfléchie.

Cordialement Olivier

Est-ce que l'on ne tient pas là un début de réponse sur les affirmations (ou sensations) de "meilleur" pour tel ou tel matériel ou câble ?

D'où l'intérêt de mettre en oeuvre des tests ABX... pour ne pas être influencer par ce que l'on voit... :roll:
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Message » 23 Mai 2013 22:03

STRA a écrit:Personnellement je ne vois vraiment pas ce que vient faire içi l'effet cocktail car il traite une capacité de concentration du cerveau à isoler des sons précis aux milieux d'une multitude de sons aux origines différentes

Or, en stéréo le problème est que le son réfléchi arrivant avec un retard supérieur à 1ms dans un délai maxi d'environ 30ms est pris en compte par notre cerveau directement comme issu du signal direct en terme d'amplitude ( pas de dénaturation de la stéréo de phase)....
C'est le même son mais déformé, c'est très différent de la comparaison avec 10 personnes aux timbres de voix, intonations différentes!
Ce phénomène parfaitement expliqué par effet de Haas correspond ( du moins, comme métaphore ) a la persistance rétinienne

L'effet cocktail est l'argument préfèré des vendeurs hifi privilégiant la vente de matériel onéreux ( et souvent inutile comme des câbles hdg) a une étude acoustique... :roll:

Pas d'animosité ou mépris dans mes propos, juste un point de vue à l'encontre du tiens Paul


Bonsoir STRA,

Je comprends ton scepticisme et j'en suis, en partie, responsable. Dans la littérature, "l'écoute binaurale intelligente" et l'effet cocktail sont souvent confondus et, moi-même, je tombe assez facilement dans ce piège. Les mécanismes physiologiques sont les mêmes mais les conséquences sont différentes.

L'effet cocktail trouve son champ d'application dans les domaines de la déficience et de l'appareillage auditifs. Son intérêt est de mettre en évidence l'utilité de disposer de deux oreilles en bon état (ou de porter deux prothèses là où, jadis, une seule était jugée suffisante) afin de pouvoir bénéficier, dans un environnement bruyant, du pouvoir discriminant offert par l'écoute binaurale.

Les mêmes aptitudes du cerveau sont utilisées différemment dans le domaine de la prise de son. Je ne voudrais pas marcher sur les plates-bandes d'Igor mais j'ai quand même un minimum de culture et de pratique dans ce domaine.

Pour une personne non avertie, il semblerait logique de penser que la réalisation d'une prise de son parfaite consisterait, tout simplement, à placer des micros parfaits à la meilleure place de la salle de concert. Eh bien, en particulier, en monophonie, le résultat de la reproduction d'un tel signal sur un HP aboutit à un résultat catastrophique.

Pourquoi ? Parce que dans la salle concert, l'onde directe en provenance d'un instrument ou d'une voix provient d'un point bien défini de l'espace tandis que la réverbération issue des différentes parois s'inscrit dans un large espace tridimensionnel. L'écoute "intelligente" permise par notre audition binaurale permet de garder une excellente perception de l'information sonore en provenance directe de la source tandis que la réverbération, loin de perturber l'audition, enrichit cette dernière par la perception de l'environnement acoustique.

Lorsque, par une captation monophonique, les mêmes informations sont mélangées en un signal unique et que ce dernier est reproduit au départ d'un même point de l'espace, notre système auditif binaural ne peut plus exercer son œuvre discriminante et le message nous paraît brouillé et bien trop réverbéré. La seule solution pour obtenir un son correctement intelligible et défini consiste à rapprocher le micro de la source pour privilégier le son direct au détriment de la réverbération.

La stéréophonie apporte un net progrès en ce que la réverbération se trouve déjà étalée dans un large espace à deux dimensions. Les mécanismes de l'écoute binaurale peuvent se remettre en branle. C'est pour cette raison qu'un couple de microphones en stéréophonie de phase peut être placé beaucoup plus loin de la source sonore que ce n'est le cas dans le cadre d'une captation monophonique..

Le multicanal doit, en théorie, se monter encore plus performant puisque la réverbération retrouve, ici, toute sa tridimensionnalité.

Est-il, dès lors, illogique de penser que, par le même mécanisme cérébral, nous sommes capables de privilégier l'onde directe en provenance des HP ? L'expérience suivante me convainc du contraire.

Je n'ai pas toujours eu la chance de posséder un local dédié et mes premières créations ont été développées dans le séjour de l'habitation familiale. Bien sûr, la vie autour de moi ne s'arrêtait pas parce que je travaillais sur mes enceintes. Comme j'écoute toujours les yeux fermés et que, au cours de la mise au point, ma concentration est telle qu'il m'arrive régulièrement de perdre la conscience de ce qui se passe autour de moi, mes enfants ou mon épouse pouvaient circuler dans la pièce sans que cela ne m'empêche de travailler. Ainsi, il arrivait qu'une personne passe entre mon point d'écoute et une enceinte. Chaque fois que cela se produisait sans que je n'aie, préalablement, pris conscience du déplacement (la moquette épaisse étouffait magnifiquement les bruits de pas), j'en éprouvais une sensation très désagréable. C'était comme si, un court instant, toute l'image sonore basculait du côté opposé à l'enceinte masquée. L'effet était si brutal qu'il m'arrivait de ressentir une sensation de perte d'équilibre. D'autres personnes ressentent-elles le même phénomène ?

A l'époque, je ne disposais pas d'autres moyens de mesure que celui de l'analyse fréquentielle du bruit rose. Devant l'ampleur de la gêne subjective ressentie, j'entrepris de mesurer l'effet du masquage. A ma grande surprise, le signal mesuré au point d'écoute ne variait pas d'un iota. Ce phénomène serait resté un mystère si je n'avais pas connu les théories relatives à l'écoute binaurale intelligente et, surtout, celle de l'effet de masque qui veut que, à la mesure, un son faible est indétectable lorsqu'il est entouré de sons plus forts de fréquences voisines.

Dans mon esprit, tout était clair : à la mesure le son direct était entièrement masqué par le champ réverbéré (majoritaire) tandis que, à l'écoute, le rééquilibrage noté dans le cadre de l'écoute intelligente faisait de l'onde directe une composante essentielle de notre perception.

Cordialement,

Paul
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Message » 23 Mai 2013 23:32

Bonsoir Paul

Je suis bien d'accord avec ton explication excepté sur l'écoute intelligente.

Étant propriétaire de mon logement en perpétuel travaux ( :x ) j'ai pu rapidement me rendre compte de l'impact de l'acoustique.
Après chaque travaux du salon durant les we je me retrouvai les semaines avec des écoutes très différentes.

Ma pièce étant étroite ( 6,8x3,7x2,35) et mon point d'écoute inévitablement dans l'axe médian de ce couloir ( :ko: ) je dois avoir recour a un traitement passif important pour avoir une écoute tridimensionnelle.

La proximité des murs latéraux peut donner des réflexions primaire d'environ 1ms retardées du signal direct si je place le médium/aigu trop proche de ces murs. La "3D" disparaît partiellement et un test de bruit rose en stéréo me montre alors un gros point baveux au centre au lieu d'un point précis.
Hors phase les 2 points séparés deviennent une bande reliant les 2 enceintes dont l'intensité est majeure à l'extérieure des enceintes.
Résultat correspondant à l'effet de Haas...du moins ma compréhension s'y appuyant.

Cet effet de Haas explique bien d'ailleurs la véracité de ta vision de l'effet cocktail dans la plage des 1 a environ 30ms avec les signaux retardés et "colorés" par amplification/atténuation variables de la réponse en fréquence du aux propriétés réfléchissantes/absorbantes des parois arrosées et de la directivité des hp.
Cet effet estime qu'il faut une réflexion spéculaire dans cette plage de retard temporel dont l'intensité couvre le signal direct de 10/12db a la louche. Ce qui pour moi donne l'empreinte acoustique de la pièce que l'on ressent incluse au signal direct.

J'y vois un rapport direct avec la vitesse de l'influx nerveux dans un nerf pouvant atteindre 1ms au mieux....l'aire auditive faisant alors ce "buffer"
Peut être que nos aires auditives permettent un contrôle conscient favorisant alors ce que tu appèles "l'écoute intelligente"...je n'en suis personnellement pas capable et j'ai horreur de me concentré pour écouter ( les tests de reconnaissances en aveugles me sont épuisants)


Le "spacionous" venant plus par le rt de la pièce dans la zone des 20 a 50ms...le vrai écho arrivant plus tard dépassant les centaines de ms.

J'interprète les choses ainsi à tord ou a raison.
Pour les tests les yeux fermés avec les proches se deplaçant devant les enceintes je pense que tout le monde à déjà du en faire l'expérience.
Je suis greffé du tympan gauche ( une claque sur l'oreille)...lorsque ma trompe d'eustache se congestionne je perd environ 3db a gauche: scène décalée à droite et grosse perte de détails de l'ensemble ( mauvais le tabac)

J'apprécie beaucoup la présentation de ton installation car je suis convaincu que des enceintes multi voies dont les différentes voies sont placées en fonction de la pièce ( hauteur largeur longueur), de la directivité de ces voies en jouant des propriétés d'absorption et réflexion de la pièce au point d'écoute est la voie du graal de la hifi que d'autres cherchent prioritairement dans des esthétiques de restitutions électroniques.

Biensur l'espacement des voies doit resté dans les limites permises par le filtrage....de préférence à pentes raides dans ce cas pour les coupures grave/médium.

Au plaisir de lire la suite de l'explication de ta mise en œuvre, autrement plus intéressante que des photos expliquant l'apport surlecultant de supports audiophiles a un dac au prix d'une chariotte!

Cordialement

Mathieu
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Message » 24 Mai 2013 9:05

STRA a écrit:Au plaisir de lire la suite de l'explication de ta mise en œuvre, autrement plus intéressante que des photos expliquant l'apport surlecultant de supports audiophiles a un dac au prix d'une chariotte!

Oui mais le fameux "fruité" du médium est quand même plus facile à appréhender que l'effet de Haas... :ane:
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Le résultat !

Message » 24 Mai 2013 11:37

Il est vrai qu' avoir l'éparpillement des hauts parleurs sur l'installation de Paul cela peut faire peur . Et interroger sur la pertinence de ce choix ? :-?

Mais la qualité de l'écoute, en particulier sur la ponctualisation des sources reste excellente :D ...
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Igor Kirkwood
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Message » 24 Mai 2013 11:50

"la distance entre les HP et...il a raison la ponctualité des sources n'est pas idéale."

tu disais ceci sur la première page du sujet où il y a ton Cr.

Et maintenant ça devient excellent ?

:-?
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Message » 24 Mai 2013 12:16

NOIR a écrit:"la distance entre les HP et...il a raison la ponctualité des sources n'est pas idéale."

tu disais ceci sur la première page du sujet où il y a ton Cr.

Et maintenant ça devient excellent ?

:-?


Il existe une différence entre idéal et excellent. :idee:
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