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Discussions sur le matériel Haute-Fidélité

Audio du futur? nouvelles techniques de spatialisation

Message » 05 Avr 2006 18:57

Salut,
Pour ne pas polluer davantage le thread "CD Test PAV n°4", on a décidé de poursuivre ici la discussion qui a dérivé sur les recherches actuelles concernant les nouvelles techniques de spatialisation, l'apparté a démarré du post de chris.c sur les travaux de l'IRCAM sur le WFS*:
http://www.homecinema-fr.com/forum/view ... #169671724
Le commentaire de Philippe Muller a déclenché un petit débat sur le référentiel théorique de la pentaphonie inventée par à G. Cabasse, à savoir s'il s'agissait plutot d'une extension de la stéréophonie classique (intensité/temps) ou plutôt d'un embryon du principe d'Huygens étendu aux ondes sonores (tout est largement détaillé dans les pages 38 à 41 du thread CD Test PAV).
Pour tenter d'y voir plus clair, j'ai contacté le jeune chercheur auteur du rapport dont il est question sur ce post d'Emmanuel Piat:
http://www.homecinema-fr.com/forum/view ... #169674815
Mathieu Guillaume, et il a accepté de participer à la discussion, le temps qu'il passe l'épreuve de l'inscription au forum... :wink:
Je pense que plusieurs forumeurs (pas que les matheux si possible) voudront surtout en savoir plus sur les travaux en cours sur des techniques qui feront sans doute partie un jour de notre environnement audio, voire hi-fi?
cdlt,
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Message par Google » 05 Avr 2006 18:57

Publicite

 
Encart supprimé pour les membres HCFR

Message » 05 Avr 2006 19:46

(*) WFS = Wave Field Synthesis, Synthèse de Champ d'Onde:

Voici un petit topo vulgarisé sur le site de l'IRCAM:
http://recherche.ircam.fr/equipes/salle ... s_site.htm

En gros et en Français (je fais un résumé de la page), il s'agit d'une technique de reproduction qui permet de recréer, dans une zone étendue de la salle d'écoute, une spatialisation basée sur la reproduction des champs d'ondes sonores.
Cette technique est basée directement sur le principe de Huygens/Kirchoff (étendu à l'audio!) qui dit que l'on peut, dans certaines conditions, reproduire exactement un champ d'onde à l'aide d'une multitude de sources secondaires bien placées:
Image

En pratique, les transducteurs (tous les 20 cm voire plus proches!) sont disposés en ligne:
Image

Ce réseau de HP drivés correctement et individuellement, permet la recréation de sources ponctuelles, comme ces deux violons (perçus à des profondeurs différentes), sources qui restent en place lorsque l'auditeur se balade dans la salle d'écoute.
Il n'y a pas de "sweet spot" comme en stéréophonie.
Ce réseau permet de recréer aussi, c'est plus surprenant, des sources ponctuelles qui apparaissent devant les HP, puisqu'on maitrise entièrement la forme d'onde generée.
Enfin on peut créer des ondes planes, donc des sources infiniment éloignées qui suivent l'auditeur quand il se déplace (comme le soleil dans un train...).

--

Des HP spéciaux compatibles avec ce système existent déjà comme on peut le voir:
http://www.sonicemotion.com/cms/docs/so ... nglish.pdf
Image
Image

Chacun de ces panneaux MAP (Multi-Actuator Panel) est muni d'une multitude de drivers électro mécaniques indépendants qui font vibrer la paroi de polystyrène de façon à créer autant d'émetteurs (= sources secondaires comme on l'a vu dans le principe).
Il est clair que l'enregistrement doit être fait pour, et que la synthèse des champs nécessite des traitements numériques conséquents.

Lecture pour aller plus loin (en anglais):
http://recherche.ircam.fr/equipes/salle ... erview.pdf

cdlt,
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Message » 05 Avr 2006 19:53

Mathieu: on est tout ouï ... ça va prendre du temps pour qu'on comprenne quelque chose (je parle pour moi) mais c'est passionnant :)

Merci GBo d'avoir monté ce topic, cela soulage un peu celui de Passavant :P
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Message » 06 Avr 2006 8:14

Voici la réponse de Mathieu sur la question de la pentaphonie et du DSR, que je recopie ici pour canaliser la suite de la discussion.

Mathieu Guillaume a écrit:Bonjour à tous,

Tout d'abord, je tiens à féliciter les contributeurs de ce forum pour le niveau des interventions, qui est remarquable. Je tiens aussi à dire que je partage les mêmes attentes que vous en ce qui concerne la haute fidélité, qui doit aussi passer par la haute fidélité du rendu spatial.

Je ne pensais pas que mon rapport de DEA aurait un jour une telle audience :D . Je vais essayer de répondre aux questions qui ont été posées. Si j'en oublie, je pense qu'il serait peut-être aussi souhaitable de prendre un nouveau départ dans un autre thread.

Dans un mail perso que j'ai reçu de GBo, celui-ci me demande si la pentaphonie introduite par Cabasse au début des années 80, et si la méthode d'enregistrement/reproduction de Philippe Muller "Direct Sound Recording" peuvent prétendre se réclamer du principe de Huygens. Je ne vais pas trop me mouiller pour la réponse : je dirais oui et non.

Oui, dans les deux cas, car il s'agit de deux cas particuliers d'holophonie (la position des microphones au moment de la prise de sons et des enceintes au moment de la restitution sont identiques) pour N = 5. En revanche, les résultats que nous pouvons espérer par cette discrétisation un peu "barbare" de la surface de restitution ne seront pas miraculeux. Je vais essayer de donner quelques éléments de réponse disséminés dans la suite de ce message.

Pour commencer, je ne pense pas que ces deux procédés doivent être présentés comme des extensions de la stéréophonie. Pour moi, il existe une différence fondamentale : la stéréophonie n'est pas de l'holophonie. La prise de son s'effectue (normalement) par un couple de micros et si besoin par des microphones d'appoint. Ces microphones ne sont pas placés du tout là où se situeront les enceintes au moment de la restitution. Les procédés sur lesquels s'appuie le rendu stéréophonique tirent leur origine dans la psychoacoustique (différences de temps et d'intensité). Ces notions peuvent se généraliser pour le multicanal au sens dolby and co. Il existe des méthodes de prise de sons dédiées pour ces formats telles que celles présentées dans ce document http://www.microphone-data.com/pdfs/MMAD.pdf, qui utilisent les mêmes concepts psychoacoustiques.

Revenons maintenant aux deux types d'holophonie précédents. Les deux approches visent toutes les deux à améliorer le rendu spatial par rapport à la stéréo. Je ne vais pas me permettre de les critiquer, car le juge final reste nos oreilles, et que je n'ai pas eu l'occasion d'écouter ces deux dispositifs. En revanche, j'ai déjà assisté à des démonstrations de Wave Field Synthesis (WFS). Pour ceux d'entre vous qui sont curieux, il se pourrait qu'il y ait des démonstrations à la porchaine convention AES qui se déroule à Paris http://www.aes.org/events/120/. Sinon, il doit y en avoir une annuelle au cours des portes ouvertes de l'IRCAM. De plus, plusieurs musées ont déjà fait appel à des installations WFS pour des expositions. Pour la comparaison des deux dispositifs d'holophonie ci-dessus, j'essaierais donc d'utiliser uniquement des arguments scientifiques.

La chose fondamentale qui les différencie est la position des microphones : pour la DSR, le concepteur a choisi de privilégier l'avant de la scène, tandis que pour la pentaphonie, on se rapporche plutôt d'une distribution circulaire quasi-uniforme, ne privilégiant a priori aucune direction. Dans les deux cas, ces deux réseaux de microphones (même si N=5, c'est suffisant pour parler de réseau) souffrent du défaut connu en WFS sous le nom d'aliasing spatial. Pour essayer d'appréhender cette notion, nous pouvons dire qu'il y a du repliement spatial lorsque des sources différentes génèrent une réponse identique sur le réseau de microphones. Voici une liste d'exemples dans lesquels il y a de l'aliasing :
    Pour une antenne de microphones linéaire d'axe (Oz), toutes les sources situées sur un cercle de rayon R à une côte z génèrent la même réponse sur le réseau de microphones. Ainsi, l'antenne est incapable de localiser les sources dans le plan horizontal (Oxy). Il s'agit donc d'un très mauvais choix pour de la prise de son. Heureusement, ce n'est pas le cas dans les deux exemples ci-dessus.

    Pour la pentaphonie et le DSR, deux sources situées de manière symétriques par rapport au plan de l'antenne, l'une en dessous, et l'autre au-dessus, génèrent aussi la même réponse sur l'antenne. Il y a donc aussi de l'aliasing pour ces deux procédés. Cet exemple d'aliasing est le plus simple. Il y a des moyens scientifiques plus costauds pour mieux le caractériser, mais ça prendrait presque une thèse pour l'expliquer :wink: .

Nous avons abordé le problème de l'aliasing au moment de la prise de son. Nous allons maintenant envisager le problème dual qui survient au moment de la restitution. Encore une fois, le raisonnement que je vais donner est poussé à l'extrême, mais c'est pour faire passer l'idée. Si nous supposons qu'une seule source était présente dans l'enregistrement initial, sur la scène (devant), le dispositif synthétise quant à lui 5 sources différentes dans les deux cas :

    Dans le cas du DSR, les 5 sources utilisées sont situées devant, cela ne détruit donc pas la localisation d'une telle source. L'effet spatial est correctement reproduit

    En revanche, dans le cas de la pentaphonie, 3 enceintes sont situées devant et deux derrière. Au moment de la reproduction, nous allons donc avoir l'impression qu'il y a des sources à l'avant, mais aussi à l'arrière, ce qui est dans ce cas préjudiciable au confort d'écoute (échos potentiels), et ce qui traduit la difficulté d'effectuer une bonne prise de son pour ce format. C'est à mon avis pour ça que les dispositifs basés sur la pentaphonie et antérieurement la quadriphonie (dans les années 60 il me semble) ont été des échecs, et que nous nous sommes limités à la stéréo.

    Le DSR n'est pas pour autant exempt de tout défaut, car si nous souhaitons enregistrer des sources situées à l'arrière de la scène, elles nous seront quand même reproduites en face de nous par le dispositif de restitution. Dans ce cas, l'argument "c'est ce qui se passe devant qui est intéressant, pas derrière" se justifie dans la majorité des cas.

    Que se serait-il passé dans le cas théorique (intégrale de Kirchhoff) ? Les sources secondaires situées sur la moitié avant de la sphère auraient servi à synthétiser la source initiale, tandis que les sources situées sur la deuxième moitié de la sphère auraient servi à émettre un champ sonore en opposition de phase par rapport au premier, de sorte que le champ global émis à l'extérieur de la sphère soit nul. Ainsi, les 5 sources du DSR ont un effet "positif" dans ce cas, tandis que les deux sources arrière du pentaphonique ne serviraient, selon Kirchhoff, qu'à annuler le front d'onde primaire. Dans la pratique, avec deux sources, non seulement ce n'est pas suffisant, mais cela empire les choses en ajoutant de l'écho car le front d'onde réémis par ces sources est entendu par l'auditeur. Je ne sais pas si c'est clair :o

Pour conclure, nous voyons poindre la nécessité d'un traitement des prises de sons, afin de filtrer le signal sonore provenant d'une direction donnée pour pallier les inconvénients de la pentaphonie au moment de la restitution, ce qui n'est pas fait naturellement en branchant la sortie des microphones directement dans les enceintes. Cet effet se fait clairement ressentir lorsque N est petit, ce qui n'est pas le cas de l'expérience du rideau acoustique effectuée à l'IRCAM. Dans ce cas, les sources sont en nombre suffisant pour qu'elles n'apparaissent pas comme dissociées pour l'auditeur : elles fusionnent et délivrent un message cohérent. Quel est le critère qui permet de savoir si les sources du réseau d'enceintes vont être perçues comme une seule source, ou bien plusieurs sources distinctes ??? Il s'agit de l'espacement des enceintes. Plus il est petit, meilleur cela sera, d'où un nombre rapidement croissant de haut-parleurs dans les installations de type WFS ou celles basées sur les harmoniques sphériques. Plus spécifiquement, le critère physique pertinent est la longueur d'onde : pour les basses fréquences, la longueur d'onde est de l'ordre du mètre, les sources fusionnent généralement assez bien car l'espacement des enceintes peut être inférieur à la longueur d'onde. En revanche, ce n'est plus le cas aux hautes fréquences où la longueur d'onde est de l'ordre du centimètre ou de la dizaine de centimètres : les enceintes sont alors perçues comme distinctes. Pour caricaturer, l'effet ressenti est qu'on arrive à localiser clairement une contrebasse de manière unique, alors que nous ressentons autant de violons et de flûtes qu'il n'y a d'enceintes au moment de la reproduction. Ces remarques ne s'appliquent qu'à l'holophonie, et non la stéréophonie.

Assez pour ce soir, je suis épuisé
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Message » 06 Avr 2006 8:45

Bonjour Mathieu, encore merci pour cette longue réponse passionante, et j'ai une première question sur la partie citée ci-après, sur le terme stéréophonie vs holophonie:
Mathieu Guillaume a écrit:[...]
Dans un mail perso que j'ai reçu de GBo, celui-ci me demande si la pentaphonie introduite par Cabasse au début des années 80, et si la méthode d'enregistrement/reproduction de Philippe Muller "Direct Sound Recording" peuvent prétendre se réclamer du principe de Huygens. Je ne vais pas trop me mouiller pour la réponse : je dirais oui et non.
Oui, dans les deux cas, car il s'agit de deux cas particuliers d'holophonie (la position des microphones au moment de la prise de sons et des enceintes au moment de la restitution sont identiques) pour N = 5.
[...]


En qualifiant le système penta ou DSR de "stéréophonique", j'extrapolais en fait le terme utilisé par William Snow en 1953 dans son article "Basic Principles of Stereophonic Sound", qui rappelait la génèse du système à 3 canaux suivant, inventé 20 ans plus tôt:
Image
dans laquelle la position des micros et enceintes est bien quasiment identique également, à N=3.
Etait-ce déjà un système holophonique?

--

Tant que l'on est dans l'histoire, je suis très intéressé de ton analyse du système dit du "rideau acoustique" que ces pionniers fertiles ont également imaginés:
Image
Puisque aucun système actuellement à l'étude dans les labos, malgré les moyens, ne ressemble exactement à ça, j'imagine qu'il y a des défauts sur le plan de la théorie (qui n'était pas très profonde à l'époque), quels sont t'ils?

cdlt,
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Message » 06 Avr 2006 9:41

Ainsi, les 5 sources du DSR ont un effet "positif" dans ce cas, tandis que les deux sources arrière du pentaphonique ne serviraient, selon Kirchhoff, qu'à annuler le front d'onde primaire. Dans la pratique, avec deux sources, non seulement ce n'est pas suffisant, mais cela empire les choses en ajoutant de l'écho car le front d'onde réémis par ces sources est entendu par l'auditeur. Je ne sais pas si c'est clair


Pas totalement :lol:

Est-ce une des raisons :

- pour laquelle le DSR de Philippe fonctionne si bien ? (pour une scène sonore située devant les micros comme tu le rappelles)
- qui fait qu'on "entend pas" de sources arrières avec le DSR (bien que les voies "arrières" aient une importance fondamentale pour la restitution : sans elles, tout l'édifice s'écroule)

Par ailleurs, les micros étant des omni, ils captent le champ sonore sur 360°, donc forcément tout le champ réverbéré émis par l'acoustique du studio (qui a une légère réverb très naturelle) est faisant une espèce d'intégration spatiale sur 360°. Ce champ réverbéré (qui est vraisemblablement plutôt décorrélé pour chaque micro vu l'écartement important des micros) va être a son tour émis par les 5 enceintes. Que se passe t'il dans ce cas ? Est-ce que cette configuration participe à la sensation d'écoute naturelle du DSR ?

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Message » 06 Avr 2006 11:26

reprise d'un des posts de Philippe
Pour revenir au dessin de GBO (dans le nouveau sujet donc), on voit que l'on peut augmenter ou diminuer le nombre de sources secondaires en azimuth comme en site. La stéréo de Cabasse en live music c'était ça mais limité à deux points, faute d'autre chose (en l'occurence 3.2m pour les micros et exactement la même chose pour les HP. Je l'ai tellement dit à l'époque, que je croyais que ça avait été au-moins entendu par quelqu'un. L'homothétie des sources était la base non discutable du système. Bien entendu, cela avait ses limites et imposait une certaine distance de prise de son puis d'écoute (moins il y a de sources secondaires, plus il faut s'en éloigner pour reconstituer un front d'onde intéressant). Idem pour la hauteur. Il manque donc plein de sources (une infinité) mais l'utilisation de 5 canaux seulement ne doit pas interdire de revendiquer cette base (Huygens). Ce qui serait discutable, c'est de laisser croire qu'on puisse atteindre le but avec aussi peu de canaux mais ce n'est pas notre cas.


Dans ce paragraphe :

- qu'est-ce qu'une source secondaire ?
- qu'est-ce que le principe d'homothétie des sources ?

C'est pour combler les lacunes d'un grand ignorant (je suis sincère :) ).

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Message » 06 Avr 2006 12:12

Tout ceci est très intéréssant , longue vie à ce thread :D


PS: je suis vraiment convaincu de la supériorité du multicanal mais j'ai pas encore eu l'occasion d'en écouter dans de bonnes conditions. :cry:
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Message » 06 Avr 2006 12:36

Emmanuel Piat a écrit:Dans ce paragraphe :
- qu'est-ce qu'une source secondaire ?
- qu'est-ce que le principe d'homothétie des sources ?
C'est pour combler les lacunes d'un grand ignorant (je suis sincère :) ).
@+
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Bonjour il y a des éléments de réponse dans le FAQ de Philippe:
http://www.passavantstudio.com/MICROSIT ... nspag.html
De ce que je comprends, l'homothétie c'est juste pour dire "fil droit avec du gain" dans le traitement entre micro et enceinte. Donc pas de traitement justement.
cdlt,
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Message » 06 Avr 2006 12:39

Voici le totalité de le réponse de Philippe, merci de continuer ici pour ceux qui veulent continuer sur les théories; personnellement en tant que non-expert j'apprends beaucoup de choses donc ça vaut la peine.

Philippe Muller a écrit:J'aimerais juste signaler que la description de la pentaphonie comporte une erreur: il n'y a pas de sources se situant derrière l'auditeur mais au maximum des sources latérales. (frontales à 60° et latérales à 180°)

Sinon, je crois que nous nous embourbons dans une bataille d'experts. Les dessins présentés par GBO dans l'autre post représentent bien ce qui est l'intention de départ du DSR et de la pentaphonie.

Le setup retenu est le fruit de l'expérimentation avec des musiciens (je remercie au passage les artistes qui se sont pliés à ces expériences par amitié, qui ont passé des heures à se déplacer ou à recommencer à jouer inlassablement la même chose).

La question est d'ordre pratique et nous entraîne dans des limites que nous n'ignorons pas puisque nous avions trois sources secondaires imposées (stéréo à 60° + centre placé au... centre). Nous nous sommes orientés vers les solutions retenues exclusivent par l'expérience. Le dessin initial présenté par GBO semblerait représenter un base simple et logique malgré cela, elle n'est pas simple à adopter. Nous l'avions expérimentée avec des résultats peu convaincants. Notre accordeur, non voyant, a beaucoup participé à ces écoutes. La droite proposée par l'Ircam est plus pratique mais elle pose un problème de latéralisation des sources primaires virtuelles, à moins d'adopter un dispositif différent paour chaque prise de son mais, c'est exactement le contraire de ce que nous cherchons. En effet, le principe de l'homothétie des sources nous permet de réduire le traitement du signal. Il nous faudrait donc demander aux auditeurs de modifier la place de leurs enceintes pour chaque disque. La courbe adoptée pour le DSR permet de préserver une latéralisation satisfaisante (tellement meilleure que la stéréo ou l'ITU).

Nous sommes conscients des phénomènes de repliement mais avec aussi peu de sources secondaires, comment ne pas se contenter d'un compromis? Contrairement au mur de l'Ircam dont je ne conteste pas l'utilité en terme d'outil de réflexion et de recherche, nous nous intéressons à notre prochain et travaillons sur l'évolution immédiatement exploitable.

Eh bien! quand on voit la difficulté rencontrée pour faire déplacer ces foutues surround vers l'avant par les utilisateurs, comment imaginer pouvoir recommander de travailler sur différents plans (l'approche Pélissier par exemple)?

Pour revenir au dessin de GBO (dans le nouveau sujet donc), on voit que l'on peut augmenter ou diminuer le nombre de sources secondaires en azimuth comme en site. La stéréo de Cabasse en live music c'était ça mais limité à deux points, faute d'autre chose (en l'occurence 3.2m pour les micros et exactement la même chose pour les HP. Je l'ai tellement dit à l'époque, que je croyais que ça avait été au-moins entendu par quelqu'un. L'homothétie des sources était la base non discutable du système. Bien entendu, cela avait ses limites et imposait une certaine distance de prise de son puis d'écoute (moins il y a de sources secondaires, plus il faut s'en éloigner pour reconstituer un front d'onde intéressant). Idem pour la hauteur. Il manque donc plein de sources (une infinité) mais l'utilisation de 5 canaux seulement ne doit pas interdire de revendiquer cette base (Huygens). Ce qui serait discutable, c'est de laisser croire qu'on puisse atteindre le but avec aussi peu de canaux mais ce n'est pas notre cas.

Bien entendu, toutes ces expériences ont été menées dans le but d'aboutir à des recommandations dans le cadre de l'utilisation des moyens actuels (comment s'approcher au-mieux du principe de Huygens à l'aide des moyens dont dispose le public et en tenant compte de la situation réelle d'exploitation).

Nous ne nous arrêtons pas là et augmentons régulièrement le nombre de sources secondaires.

En attendant un DVD, je rappelle que nous nous étions fendus d'un CD dts (PAV n°2) qui permettait de comparer différents setups 5 canaux. Les artistes ont été très sympas de se prêter à ces exercices. Le programme s'est voulu assez ouvert et il est indispensable de lire la revue avant car les valeurs métriques sont indiquées avec précision. Chacun pourra essayer chacune des solutions et là, nous pourrons commencer à approfondir sur du palpable.
Dernière édition par GBo le 06 Avr 2006 12:41, édité 1 fois.
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Message » 06 Avr 2006 12:40

Emmanuel: source primaire = les musiciens qui vont de source ponctuelle à source étalée, suivant le nombre d'instruments, leur taille...

Source secondaire: micro puis haut-parleurs.

Homothétie: micro et HP se retrouvent exactement à la même place.
Philippe Muller
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Message » 06 Avr 2006 12:49

Tu as bien fait de préciser ta définition de "homothétie" Philippe, je n'avais retenu qu'un aspect :wink:

Pour la définition de "sources secondaires", je signale juste par souci de clarté pour les lecteurs que ta définition est moins restrictive que celle que j'ai utilisée dans mon résumé de la page de l'IRCAM sur le WFS. Dans mon cas c'était, au sens de Huygens, en filant la métaphore aquatique, chaque petit caillou (en nombre infini*) qui lancés ensemble dans le lac peuvent reconstituer parfaitement le front d'onde qu'aurait engendré un seul gros caillou lancé au centre du cercle (ce n'est une image, mais je crois quelle peut être utile dans ce fil):
Image
Si je suis au bord du lac et que je ne vois pas les lancers, je peux croire au vu de la forme de l'onde qu'il n'y a eu qu'un seul gros caillou et déterminer l'endroit présumé exact du plouf :wink:

(*) En fait on peut faire moins que l'infini, cela dépend des longueurs d'onde que l'on veut reproduire comme cela a été dit.

cdlt,
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Message » 06 Avr 2006 13:12

Philippe Muller a écrit:J'aimerais juste signaler que la description de la pentaphonie comporte une erreur: il n'y a pas de sources se situant derrière l'auditeur mais au maximum des sources latérales. (frontales à 60° et latérales à 180°)
[...]

Dans ce cas les explications de Mathieu sur la pentaphonie vaudront pour certains systèmes 5.0 je pense?
Philippe peux tu nous rappeler quelles sont les differences entre pentaphonie Cabasse et DSR?
merci,
GBo
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Message » 06 Avr 2006 14:50

Bonjour, un peu d'amateurisme dans ce post de pros !
:mdr:
J'ai l'impression en vous lisant qu'une des difference avec la stéréo (et dans une certaine mesure le muticanal actuel) est, outre le nombre de voies, que ces systemes s'affranchissent beaucoups plus de l'acoustique propre du local d'écoute, "posant de force" l'acoustique du lieu d'enregistrement.
En stéréo, les reflexions naturelles participent à l'élaboration du son, alors qu'ici elles semblent avoir déja été "prevues".
C'est interressant et paradoxal.
Paradoxal parce que de toutes façons il faut un local dédié, comme en stéréo (pour une bonne écoute, j'entend).

Bon, vous pouvez reprendre entre gens competents
Walt Distrait
 
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Message » 06 Avr 2006 15:01

Walt Distrait a écrit:Bonjour, un peu d'amateurisme dans ce post de pros !
:mdr:
J'ai l'impression en vous lisant qu'une des difference avec la stéréo (et dans une certaine mesure le muticanal actuel) est, outre le nombre de voies, que ces systemes s'affranchissent beaucoups plus de l'acoustique propre du local d'écoute, "posant de force" l'acoustique du lieu d'enregistrement.
En stéréo, les reflexions naturelles participent à l'élaboration du son, alors qu'ici elles semblent avoir déja été "prevues".
C'est interressant et paradoxal.
Paradoxal parce que de toutes façons il faut un local dédié, comme en stéréo (pour une bonne écoute, j'entend).

Bon, vous pouvez reprendre entre gens competents


C'est bien pour cette raison que l'on préconise en multi-canal d'avoir une pièce d'écoute plus absorbante qu'en stéréo. :wink:
Michel K
 
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