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Discussions sur le matériel Haute-Fidélité

rodage vous avez dit rodage?

Message » 08 Aoû 2005 10:38

Pio2001 a écrit:
Rincewind a écrit:C'est absolument incroyable. Demandez à des ingé son, si dans leurs début, il ne leur est pas arrivé d'entendre d'énormes différences entre deux égalisations... pour se rendre compte que leur égaliseur n'était pas activé...


C'est arrivé à une amie que j'ai converti au scepticisme (en faisant des tests en aveugle avec elle). Sa pièce d'écoute est très mauvaise. Elle voulait absolument que je lui donne mon équaliseur depuis que je peux équaliser sur le PC. Ce que j'ai fait. Les branchements étaient très compliqués, parce qu'il y a plusieurs sources, et personne ne savait sur quel bouton appuyer pour écouter quoi.
Un jour je passe chez elle. Je remarque que le bouton de l'équaliseur est sur "eq off", alors que les curseurs sont réglés sur une amplitude de +/- 8dB. Je le réactive, elle me fait une scène pas possible "Touche pas à ça ! C'est super bien reglé ! Je veux pas que tu me changes mon son ! Laisse cette machine tranquille ! J'équalise comme je veux ! J'veux pas l'savoir !!! etc"


oui, c'est exactement à ça que jepensais ;-) des +/- 8dB alors qu'ils n'étaient pas enclenchés, pas mal...


Rincewind a écrit:Et même en en étant conscient, ça ne vous empêchera pas d'entendre des choses qui n'existent pas ou de ne pas entendre des choses qui exisent...


Oui. D'ailleurs, laissez moi ressortir la pas si vieille anecdote sur le test en double aveugle entre les codecs Musepack.
Le programme de test en aveugle ABC/HR me demande dévaluer le son de 5 versions de l'encodeur MPC, qui sont masquées. Je donne une mauvaise note à la première. De meilleures notes aux suivantes. Je réécoute attentivement, je vérifie, je confirme. Puis je passe au comparaisons ABX entre les codecs pour confirmer l'écart de qualité entre eux. Impossible d'ABXer le premier par rapport aux suivants. Je le réécoute encore, et finalement, il n'a pas un son plus mauvais que les autres ! Je finis par lui donner une note équivalente.
En fin de compte, les développeurs m'ont dit que c'était un test de non-régression ! C'est-à-dire une simple vérification qu'ils n'avaient fait aucune erreur de programmation sur les nouvelles versions. L'encodage sonore n'a pas été changé d'un iota entre les versions que je testais !

On a ici un parfait exemple d'effet psychologique, qui ont le voit, est bien plus complexe qu'un effet placebo. Tout d'abord, cet encodeur m'était présenté sous un numéro anonyme, et je savais que les numéros avaient été tirés au sort. Donc pas d'effet placebo. Je n'entendais pas "ce que je voulais entendre". Ensuite, le numéro 1 m'a paru moins bon que les autres sans aucun doute possible. J'ai vérifié plusieurs fois. Donc il n'y a pas non plus de problème d'attention. A chaque fois que je revenais au un, l'impression sonore revenait. Il a fallu un test ABX entre le 1 et le 2 pour briser l'illusion. En revenant à la comparaison initiale, je n'entendais plus l'effet que j'avais cru déceler au départ.

D'après moi, ce phénomène est dû à un problème d'attention, suivi d'un renforcement psychologique. Tout d'abord, en écoutant 1 et 2, je suis dans l'état du spectateur au cinéma. J'écoute un extrait appelé 1, puis la même chose à nouveau, appelée 2. Mais la deuxième fois, je ne remarque pas les mêmes détails. J'associe donc mentalement une première série de détails à l'échantillon 1, et une seconde, différente, à l'échantillon 2. En les réécoutant, je porte volontairement mon attention sur les premiers détails quand je lis l'échantillon 1, et sur les seconds quand le lis l'échantillon 2, afin de confirmer ou infirmer ma première impression. Le fait de porter mon attention sur les mêmes détails à chaque fois, spécifiques à chaque échantillon, renforce écoute après écoute, une impression partiale, qui au départ était due au hasard. Plus je porte mon attention sur les premiers détails en lisant l'échantillon 1, plus je les entends, les reconnait, et les associe intimement à cet échantillon. Pour un auditeur non averti, cet effet peut s'ancrer très profondément, car lorsqu'on n'entend plus ces détails, à cause d'un problème d'inattention, on se dit que c'est simplement parce qu'on était pas attentif cette fois là, mais que de toutes façons, il sont bien propres à cet échantillon, puisque qu'on les a entendu plusieurs fois auparavant. On en vient donc à filtrer mentalement les indices qui pourraient nous ramener vers une évaluation équitable des sources. Les écoutes qui ne vont pas dans le sens de notre première impression sont plus ou moins consciemment écartées. Associée à des idées reçues telmles que "c'est la première écoute la meilleure", ou "c'est parce que tel disque était plus révélateur", ou "c'est parce que les câbles n'étaient pas bon", ou encore "c'est parce que le courant du secteur était pollué" etc, on trouve n'importe quel prétexte pour orienter notre opinion dans n'importe quelle direction.



Yep, c'est tout juste ça... Le cerveau filtre toujours des informations. Dès que tu as passé ta première écoute, tu as un a priori sur ton écoute que ton cerveau va confirmer... et plus tu es fatigué, plus ça fonctionne.


Rincewind a écrit:deux enceintes "plates" peuvent quand même sonner très différemment


Les enceintes "plates", quand je vois les courbes de réponses de quelques modèles, j'ai du mal à y croire. Les graphes ressemblent aux côtes de Bretagne. Plus on les regarde de près, plus ils ont l'air accidentés. Et quand j'entends l'effet sonore que provoque un filtre très étroit sur un signal large bande... Ca modifie la texture des timbres.
Par exemple, avant, j'avais un filtre numérique à phase linéaire (Shibatch supereq pour Winamp, paramétrique) pour descendre le tweeter de mes enceintes de 1.5 dB. Je me suis rendu compte, au casque comme sur les enceintes, qu'il augmentait artificiellement les détails perçus dans l'aigu. Je crois que c'est parce que c'était un brickwall (0 dB à 1999 Hz, -1.5 dB à 2001 Hz). Je l'ai remplacé par un filtre plus progressif (SoundForge 4.5), mais à phase non linéaire. Celui-ci a beaucoup moins d'effet audible sur les détails, tout en baissant bien l'aigu de 1.5 dB.
En réalisant plusieurs comparaisons CD / copie de vinyle sur PC, et en équalisant les copies de vinyle pour leur redonner le son du CD, ou inversement, je me suis rendu compte également que l'équalisation pouvait avoir un effet puissant sur les détails perçus, et la texture subjective des timbres.
Je pense donc qu'il y a beaucoup plus de notions audiophiles qu'on veut bien le croire : dynamique, timbres, micro-détails, articulation, profondeur... qui relèvent purement et simplement de petits accidents dans la courbe de réponse en fréquence, à un niveau plus détaillé que celui d'un équaliseur 10 bandes.
L'exercice consistant à donner à un CD le son d'un vinyle avec un analyseur de spectre et un équaliseur est assez instructif de ce point de vue. Si en outre on peut utiliser un compresseur multibande pour réduire la dynamique de l'aigu, c'est encore mieux.



Oh oui, quand je parlais d'enceintes plates, c'était justement une façon de parler: ce qu'il faut savoir sur les courbes données par les constructeurs, c'est qu'elles sont lissées. Plus ou moins lissées, certes mais toujours lissées, parce qu'une courbe de réponse en fréquence d'une enceinte, si elle n'est pas lissée, elle est illlisible et n'a aucun sens. Alors on les lisse et on voit quels sont les gros défauts de l'enceinte. Tous les petits défauts (même si il s'agit de trous énormes, c'est sur des très petites bandes de fréquence, et il n'est pas dit qu'en déplaçant le microphone de mesure de quelques pouièmes, le trou sera toujours là) sont trop fins et du coup, pas toujours explicables ni encore moins discernables...


Merci ! Mais ce n'est pas le test le plus rigoureux que les amateurs aient mené. La palme revient à Roberto Amorim, assisté de FF123, pour leurs tests en double aveugle sur les codecs de type MP3, avec cryptage des résultats et analyse Tukey HSD : http://www.rjamorim.com/test/
Guruboolez a également réalisé un travail impressionnant en réunissant 150 échantillons de musique classique de moins de 30 secondes pour rester conforme à la loi sur le droit d'auteur, couvrant la plus grande varieté possible d'instruments, de formations orchestrales et de genres, pour utiliser dans des tests en aveugle : http://forum.hardware.fr/hardwarefr/Vid ... 4765-1.htm

Si tu es interessé par ce genre d'expérience, tout se passe sur le forum hydrogenaudio.org


merci, j'irai y jeter un coup d'oeil, mais il faut garder en mémoire que des tests de ce type ne doivent pas, normalement durer plus de quelques minutes...

Et l'histoire des 30 secondes, en fait, ça n'existe pas: je ne sais pas d'où est née la rumeur, mais pour avoir demandé à un représentant de la SACEM, il n'y a pas d'autorisation de mettre des extraits de 30 secondes. Par contre, les droits d'auteurs sur la musique classique sont très interessants: comme les compositeurs ont composé leurs oeuvres il y a très longtemps, bien souvent, il n'y a plus de droits d'auteurs, ce qui veut dire que tu es libre d'utiliser pas mal d'enregistrements (si si! oui, c'est difficile à croire). Attention quand même, il y a un minimum: je ne sais plus combien d'années doit avoir l'enregistrement au moins, mais il y a une base. Et attention aux chefs d'orchestre qui modifient légèrement l'oeuvre (cf karajan) l'histoire de pouvoir toucher ces famuex droits d'auteurs, mais on s'éloigne du sujet...


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Message par Google » 08 Aoû 2005 10:38

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Message » 08 Aoû 2005 11:32

Et l'histoire des 30 secondes, en fait, ça n'existe pas: je ne sais pas d'où est née la rumeur, mais pour avoir demandé à un représentant de la SACEM, il n'y a pas d'autorisation de mettre des extraits de 30 secondes. Par contre, les droits d'auteurs sur la musique classique sont très interessants: comme les compositeurs ont composé leurs oeuvres il y a très longtemps, bien souvent, il n'y a plus de droits d'auteurs, ce qui veut dire que tu es libre d'utiliser pas mal d'enregistrements (si si! oui, c'est difficile à croire). Attention quand même, il y a un minimum: je ne sais plus combien d'années doit avoir l'enregistrement au moins, mais il y a une base. Et attention aux chefs d'orchestre qui modifient légèrement l'oeuvre (cf karajan) l'histoire de pouvoir toucher ces famuex droits d'auteurs, mais on s'éloigne du sujet...


Le droit de citation existe. Je pense que pour une expérience, donc sans commercialisation ou diffusion sur les antennes d'une radio, il doit être possible de faire un CD-R fait d'extraits de 30 secondes. les musiciens d'orchestre qui sont très à cheval la dessus, autorise 3 minutes sans qu'on les paie quand la télé ou la radio fait un reportage et ils préfèrent que les 3 minutes ne soient pas consécutives mais composées de plusieurs séquences.

Le gars de la Sacem t'a raconté des bêtises sur les droits d'auteur sur la musique classique. Car il n'a parlé que des droits d'auteurs. Pas de celui des interpètes qui ne dépend pas de la Sacem.

Une oeuvre n'est plus protégée 70 ans après la mort du compositeur, les années de guerre comptant doubles. Sauf les oeuvres posthumes, mais c'est un point de droit peu fréquent : Il y a ainsi un opéra de Rameau qui est toujours protégé par la Sacem !

Mais les droits des interprétes sont de 50 ans après la fin de l'année qui suit la mise sur le marché d'un disque.

Ce qui fait que l'interprétation d'une symphonie de Beethoven enregistrée par Karajan (ou un autre) en 1948 est dans le domaine public. Et que l'oeuvre bien sur l'est !

Que la même symphonie de Beethoven enregistrée par Karajan en 1982 ne l'est pas... Il faut toujours rétribuer Karajan, le producteur, l'orchestre... Mais l"oeuvre l'est !


Par ailleurs pour qu'un interprète se voit attribuer des droits en temps qu'arrangeur ou co-auteur, il faut qu'il réalise un certain type de travail.

L'exemple Karajan : c'est uniquement pour l'hymne européen... Sinon HVK n'était pas du genre à faire des choses aussi contestables avec la musique pour toucher plus de sous.



Alain :wink:
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Message » 08 Aoû 2005 12:03

haskil a écrit:les musiciens d'orchestre qui sont très à cheval la dessus, autorise 3 minutes sans qu'on les paie quand la télé ou la radio fait un reportage et ils préfèrent que les 3 minutes ne soient pas consécutives mais composées de plusieurs séquences.

Alain :wink:


Je crois savoir que les musiciens d'orchestre (comme les autres interprètes par ailleurs) n'ont pas vraiment le choix car l'histoire des 3 minutes est une close de la loi Lang de 1982, loi appliquée pour les interprètes par l'ADAMI qui, au demeurant, est chargée de redistribuer les droits de façon individuelle, vous imaginez le boulot !! :o

Quant à la durée des droits des interprètes, elle est effectivement de 50 ans mais l'ADAMI se bat, entre autres, pour qu'il atteignent la même durée que les droits d'auteur (70 ans).
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Message » 08 Aoû 2005 12:38

Rincewind a écrit:merci, j'irai y jeter un coup d'oeil, mais il faut garder en mémoire que des tests de ce type ne doivent pas, normalement durer plus de quelques minutes...


Tant qu'on obtient des résultats significatifs, même au bout d'une heure, ils sont toujours bon à prendre.
Je cite toujours l'exemple du test 16 bits truncated vs 16 bits dithered (depuis un original 24 bits), sur un enregistrement fort et très peu dynamique. Le premier, et un des seuls, à avoir distingué les deux échantillons s'y prenait ainsi : chaque matin, au réveil, il faisait un test ABX et donnait une seule réponse. Cela fait un test de deux ou trois minutes d'affilée, mais 8 jours au total (ou plus, je ne me souviens plus du score).

Rincewind a écrit:Et l'histoire des 30 secondes, en fait, ça n'existe pas: je ne sais pas d'où est née la rumeur,


En fait, c'est tout à fait officieux. Il existe une clause autorisant la publication de courts extraits dans un but de citation. La durée n'est pas spécifiée. Aussi a-t-on choisi 30 secondes maximum afin de ne pas abuser. La règle des 30 secondes fait partie du règlement du forum Hydrogenaudio, par exemple. A un moment, j'ai du intervenir alors que certains participants commençaient à poster plusieurs extraits de 30 secondes d'un même morceau.
Il est évident que l'on autorisera pas non plus la mise en ligne de morceaux complets de moins de 30 secondes.
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Message » 08 Aoû 2005 12:51

haskil a écrit:
Et l'histoire des 30 secondes, en fait, ça n'existe pas: je ne sais pas d'où est née la rumeur, mais pour avoir demandé à un représentant de la SACEM, il n'y a pas d'autorisation de mettre des extraits de 30 secondes. Par contre, les droits d'auteurs sur la musique classique sont très interessants: comme les compositeurs ont composé leurs oeuvres il y a très longtemps, bien souvent, il n'y a plus de droits d'auteurs, ce qui veut dire que tu es libre d'utiliser pas mal d'enregistrements (si si! oui, c'est difficile à croire). Attention quand même, il y a un minimum: je ne sais plus combien d'années doit avoir l'enregistrement au moins, mais il y a une base. Et attention aux chefs d'orchestre qui modifient légèrement l'oeuvre (cf karajan) l'histoire de pouvoir toucher ces famuex droits d'auteurs, mais on s'éloigne du sujet...


Le droit de citation existe. Je pense que pour une expérience, donc sans commercialisation ou diffusion sur les antennes d'une radio, il doit être possible de faire un CD-R fait d'extraits de 30 secondes. les musiciens d'orchestre qui sont très à cheval la dessus, autorise 3 minutes sans qu'on les paie quand la télé ou la radio fait un reportage et ils préfèrent que les 3 minutes ne soient pas consécutives mais composées de plusieurs séquences.

Le gars de la Sacem t'a raconté des bêtises sur les droits d'auteur sur la musique classique. Car il n'a parlé que des droits d'auteurs. Pas de celui des interpètes qui ne dépend pas de la Sacem.

Une oeuvre n'est plus protégée 70 ans après la mort du compositeur, les années de guerre comptant doubles. Sauf les oeuvres posthumes, mais c'est un point de droit peu fréquent : Il y a ainsi un opéra de Rameau qui est toujours protégé par la Sacem !

Mais les droits des interprétes sont de 50 ans après la fin de l'année qui suit la mise sur le marché d'un disque.

Ce qui fait que l'interprétation d'une symphonie de Beethoven enregistrée par Karajan (ou un autre) en 1948 est dans le domaine public. Et que l'oeuvre bien sur l'est !

Que la même symphonie de Beethoven enregistrée par Karajan en 1982 ne l'est pas... Il faut toujours rétribuer Karajan, le producteur, l'orchestre... Mais l"oeuvre l'est !


Par ailleurs pour qu'un interprète se voit attribuer des droits en temps qu'arrangeur ou co-auteur, il faut qu'il réalise un certain type de travail.

L'exemple Karajan : c'est uniquement pour l'hymne européen... Sinon HVK n'était pas du genre à faire des choses aussi contestables avec la musique pour toucher plus de sous.



Alain :wink:


Si cet enregistrement de 1948 est dans le domaine publique, on peut le télécharger où ?
(Puisque c'est du domaine publique ce n'est pas "mal" ou hors charte de poser la question il me semble :roll: , sinon qu'un modo supprime ce post ou je m'autoéditerais).
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Message » 08 Aoû 2005 12:52

Si si, il nous a aussi parlé des droits d'interprètes, c'est juste moi qui n'ai pas été clair à ce sujet.

Mais tu as tout à fait raison sur les droits d'interprète. Par contre, nous avons été amené à réaliser une oeuvre scolaire qui ne serait pas diffusé à la télé ou autre, juste pour nous et pour montrer aux gens que l'on veut, mais on nous a dit (pas seulement le gars de la SACEM: ingés sons et réalisateurs aussi, qui même si la majorité de leurs travaux est diffusée à l radio ou autre, ont réalisé un certain nombre d'oeuvres dans le même style que celle que nous devions réaliser, nous ont dit ça) que la règle des 30 secondes n'était que rumeurs et que ça n'était pas légal. à la base, on voulait même mettre un extrait vidéo (et je comprend que ça ne soit pas la même chose), mais ça a lancé le débat sur les 30 secondes.

Enfin bref, les 30 secondes, c'est un peu comme les copies d'oeuvres: il y a des zones où c'est flou, très flou, mais normalement, ça n'est pas légal.
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Message » 08 Aoû 2005 12:54

fredicol a écrit:
haskil a écrit:les musiciens d'orchestre qui sont très à cheval la dessus, autorise 3 minutes sans qu'on les paie quand la télé ou la radio fait un reportage et ils préfèrent que les 3 minutes ne soient pas consécutives mais composées de plusieurs séquences.

Alain :wink:


Je crois savoir que les musiciens d'orchestre (comme les autres interprètes par ailleurs) n'ont pas vraiment le choix car l'histoire des 3 minutes est une close de la loi Lang de 1982, loi appliquée pour les interprètes par l'ADAMI qui, au demeurant, est chargée de redistribuer les droits de façon individuelle, vous imaginez le boulot !! :o

Quant à la durée des droits des interprètes, elle est effectivement de 50 ans mais l'ADAMI se bat, entre autres, pour qu'il atteignent la même durée que les droits d'auteur (70 ans).


Salut, :wink:


Ces trois minutes sont plus anciennes encore, elles ont du êre alors incluses dans les dispos de l'adami et surtout des syndicats d'orchestres : c'est le maximum qu'ils se laissent filmer pendant les répétitions sans qu'il soit besoin de leur payer quoi que ce soit...

Les orchestres allemands, pHilharmonie de Berlin en tete, sont très a cheval là dessus... au mloins autant que les orchestres français...


C'est moins l'Adami que les maisons de disques qui se battent et les syndicats de musiciens. Et je dois dire que je suis en plein accord avec eux. Moyennant tout de même quelques petites révisions pour que les droits des interprètes soient aussi bien garantis que les droits des compositeurs et auteurs...

Par ex... si un éditeur de musique pillonne les invendus d'une partition et ne peut la fournir à un client, le compositeur peut la faire imprimer ailleurs... (comme pour un roman)...

Si un éditeur de disques ne veut pas rééditer un enregistrement... l'interprète n'a pas de moyens de faire éditer la bande ailleurs... si la maison de disque ne veut pas lui céder les droits pour un temps donné pour une licence...


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Message » 08 Aoû 2005 13:17

haskil a écrit:Si un éditeur de disques ne veut pas rééditer un enregistrement... l'interprète n'a pas de moyens de faire éditer la bande ailleurs... si la maison de disque ne veut pas lui céder les droits pour un temps donné pour une licence...


L'auteur d'un morceau de musique pop non plus d'ailleurs, si ? Il a vendu ses droits à la maison de disque.
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Message » 08 Aoû 2005 13:36

Pio2001 a écrit:
haskil a écrit:Si un éditeur de disques ne veut pas rééditer un enregistrement... l'interprète n'a pas de moyens de faire éditer la bande ailleurs... si la maison de disque ne veut pas lui céder les droits pour un temps donné pour une licence...


L'auteur d'un morceau de musique pop non plus d'ailleurs, si ? Il a vendu ses droits à la maison de disque.


Bah, un morceau de pop de plus de 70 ans, il n'y en a pas des masses ! :wink: Car c'est bien de droits d'auteur dont il s'agit dans ce cas.

Salut :wink: et merci à Haskil pour ces précisions.

Pour reparler du téléchargement et de la diffusion, l'ADAMI est pour et ils ont raison car comment pourrait-il en être autrement (!). Le but est d'inclure une taxe dans l'abonnement des FAI qui permettrait de télécharger musique et vidéo au gré de l'utilisateur. Le problème est que tous ne téléchargent pas ou ne téléchargent pas la même quantité... soit. mais quand on sait qu'une quinzaine d'euros par abonné permettraient de légaliser le Peer2Peer et de tirer une croix sur les poursuites, on se dit que c'est bien là que se trouve la solution !
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Message » 08 Aoû 2005 13:50

Je crois que Wanadoo est en train de lancer ça (on a bien dévié du sujet initial, maintenant...). C'est vrai que ça pourrait être intéressant...
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Message » 08 Aoû 2005 14:32

Pio2001 a écrit:
haskil a écrit:Si un éditeur de disques ne veut pas rééditer un enregistrement... l'interprète n'a pas de moyens de faire éditer la bande ailleurs... si la maison de disque ne veut pas lui céder les droits pour un temps donné pour une licence...


L'auteur d'un morceau de musique pop non plus d'ailleurs, si ? Il a vendu ses droits à la maison de disque.


C'est compliqué ! Un compositeur ou un auteur ne vend pas ses droits à une maison de disques, il reste auteur/compositeur toujours, mais il publie un morceau alors qu'il un en contrat avec une maison de disques dans cette maison de disques. Dans ton cas, j'imagine qu'il est également l'interprète du morceau...

Si la version enregistrée reste au frigo de la maison de disque qui ne veut pas la republier quelques années après la première publication et si l'auteur/interprète du morceau de musique pop n'est plus en contrat chez elle : il peut la réenregistrer ailleurs.
Ou laisser un autre interprète le faire pour lui... Mais en général, la première maison de disques touchera des sous car elles sont, dans la pop, souvent aussi les éditrices des versions papier des morceaux... sauf pour les gloires de la pop, de la chanson qui ont leur maison d'édition, vu que ça rapporte un maximum et qui sont aussi leur producteur.... et qui maintenant ne font que céder pour un temps X l'exploitation de la bande à la major...

Justement pour garder les mains libres...


Si l'auteur en question donne dans la musique concrète ou électronique (l'oeuvre n'existe pas autrement que sous la forme d'une bande magnétique ou CD ou ce que tu veux qui n'est pas umprimé et reprenable par un tiers pour être interprété et est ainsi déposée à la Sacem), l'éditeur de disque peut être contraint par la justice à rééditer les musiques en question car c'est la seule façon qu'elles ont d'être accessibles au public... et là, d'un coup c'est comme pour les romans qui seraient indisponibles chez l'éditeur en un nombre suffisant pour qu'ils soient commandables par un libraire... on contraint la maison de maison de disques à rendre au compositeur sa liberte de publier ailleurs ces bandes autrefois confiées à l'éditeur...

ça c'est présenté pour Pierre Henry : il y a environ 20 ans, Philips ne voulait pas rééditer sa musique... Me souviens plus si c'est allé au procés ou pas (je crois que oui, une de mes collègues, grande spécialiste de Pierre Henry était p't^tre même témoins) ou seulement en conciliation... mais en tout cas les musiques son ressorties sur CD... A l'époque Philips prétendait que Pierre Henry était has been : ils ont pas eu le nez creux !


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Message » 08 Aoû 2005 14:38

Rincewind a écrit:Si si, il nous a aussi parlé des droits d'interprètes, c'est juste moi qui n'ai pas été clair à ce sujet.

Mais tu as tout à fait raison sur les droits d'interprète. Par contre, nous avons été amené à réaliser une oeuvre scolaire qui ne serait pas diffusé à la télé ou autre, juste pour nous et pour montrer aux gens que l'on veut, mais on nous a dit (pas seulement le gars de la SACEM: ingés sons et réalisateurs aussi, qui même si la majorité de leurs travaux est diffusée à l radio ou autre, ont réalisé un certain nombre d'oeuvres dans le même style que celle que nous devions réaliser, nous ont dit ça) que la règle des 30 secondes n'était que rumeurs et que ça n'était pas légal. à la base, on voulait même mettre un extrait vidéo (et je comprend que ça ne soit pas la même chose), mais ça a lancé le débat sur les 30 secondes.

Enfin bref, les 30 secondes, c'est un peu comme les copies d'oeuvres: il y a des zones où c'est flou, très flou, mais normalement, ça n'est pas légal.



Là c'est encore autre chose : le droit de citation existe, il est légalement encadré. Mais si tu crées une oeuvre qui comprend plein de citations, ce n'est plus le droit de citation et tu peux être condamné par la justice ex: Rockcollection : "on a tous un air, etc." de Voulzy.

Dans le cadre scolaire et là c'est scandaleux ! Un prof de Musique choisit une oeuvre qui n'est pas du domaine public, la fait travailler à ces élèves, la monte comme spectacle de fin d'années, gratuit bien sur, devant les parents et les élèves... et patatras le prof doit payer... et les sommes sont colossales...

L'éducation nationale n'étant en rien respoonsable devant les tribunaux de ce qu'on a pu monter dans ses locaux un spectacle qui n'est pas composé d'oeuvres du domaine public...

Seul le prof l'est... :o

Idem si tu montes un spectacle avec citations : ce ne sont plus des citations... le droit de citation est encadré précisément.


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Message » 08 Aoû 2005 14:55

CCC : Si cet enregistrement de 1948 est dans le domaine publique, on peut le télécharger où ?
(Puisque c'est du domaine publique ce n'est pas "mal" ou hors charte de poser la question il me semble , sinon qu'un modo supprime ce post ou je m'autoéditerais).



Ce n'est pas hors charte car en l'occurence un tel enregistrement (j'ai donné ça en exemple) serait légal. Aussi c'est la raison pour laquelle tu as peu de chances de le trouver en échange gratuit...

On a beau dire y a que ce qui coute qui se télécharge :lol:

Tous les enregistrements du domaine public pour le droit des interprètes et des auteurs et des compositeurs et des arrangeurs (ce qui fait des choses à vérifier) sont copiables, échangeables le plus librement du monde.

Cependant, les vérifications à faire sont tellement difficiles, longues et complètes (car tout ce qui a été enregistré, même d'un compositeur déjà dans le domaine public en 1954) n'est pas dans le domaine public :o si l'enregistrement discographique n'a pas été publié à cette époque là...) et HCFR n'étant pas un site de musique mais un site consacré aux techniques du son et de l'image, il a été décidé d'interdire purement et simplement tout échange de fichiers et toute promotion pour ce type de pratique.

Je vais donner deux ou trois exemples, :lol:

En 1936, Bruno Walter enregistrait à Paris le requiem de Mozart. A priori, ce disque est totalement dans le domaine public. Seulement, il a dormi jusque vers 1985 dans les tiroirs d'EMI qui ne l'a publié en première que cette année là : pas dans le domaine public avant 31 ans à partir de maintenant...


En 1948, le grand pianiste Simon Barrère donnait des récitals d'oeuvres de compositeurs morts depuislongtemps à Carneggie Hall... Ils ont été enregistrés de façon privée par son fils. Ils ont été édités pendant les années 80 en CD dans le commerce. C'est pareil, ils sont protégés pendant 50 ans + 1 an après leur publication première...


Il y a 2 ou 3 ans, un récital de 1949 donné par la Brésilienne Guiomar Novaes a NY à été édité sur disques. Elle joue du Chopin... Enregistrement privé jamais édité avant... il est protégé pendant encore 48 ans...

En revanche un de ses concerts diffusé par la radio américaine en 1957 sera dans le domaine public en 01/2008 (sauf aux Etats Unis, mais en france oui). Les droits des bades de radio, diffusion ou pas à l'époque de l'enregistrement, tombent 50 ans après en france.

C'est trop compliqué pour qu'HCFR puisse se charger d'une telle responsabilité.


Alain :wink:
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Message » 08 Aoû 2005 17:13

haskil a écrit:Cependant, les vérifications à faire sont tellement difficiles, longues et complètes (car tout ce qui a été enregistré, d'un compositeur pourtant mort avant 1954 n'est pas dans le domaine public :o si l'enregistrement discographique n'a pas été publié à cette époque là...)
Alain :wink:


Ce n'est pas plutôt 1934 dans ce cas là car les droits des compositeurs sont considérés comme des droits d'auteur et la durée de ces derniers est donc de 70 ans et non de 50, je me trompe ? Sûrement une étourderie :wink:
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Message » 08 Aoû 2005 17:33

Merci de ces précisions Haskil, je vais essayer de trouver un autre moyen de profiter de ce riche patrimoine (et dans quelques années ça fera beacoup d'enregistrements historiques des débuts de la stéréo, j'en salive d'avance). La position de HCFR me parait parfaitement logique sur ce point.
On a beau dire y a que ce qui coute qui se télécharge
et c'est bien malheureux :( ;)
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