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Epic Mickey [Wii]

Message » 18 Avr 2011 11:35

Le monde est rempli d’injustices et celle qui m’a taraudée hier soir concerne Epic Mickey sur Wii, le titre de Warren Spector, père de System Shock et de Deus Ex. Je n’ai joué qu’une heure mais pour le moment, le jeu dédiée à la supra célèbre souris de Disney (mais pas seulement) m’a littéralement enchanté, sans réserve aucune ou presque.
Pour expliquer cette injustice, je ne vois que 2 raisons, une paranoïaque et une enamourée. 1. Il y a un grand complot contre la Wii qui vise systématiquement à dénigrer les productions qui sortent sur la machine de Nintendo sous des prétextes fallacieux du genre « ça aurait été mieux en HD » et « c’est du casual gaming ». Oui, la Wii a quantité de jeux médiocres ou ultra ciblés. Mais un Hannah Montana est-il pire qu’un Haze ? Pas sûr…
2. Le nom de Warren Spector et, disons-le, les premiers artworks laissaient augurer d’un jeu très mature, voire torturé, aux antipodes de ce qu’on attend d’un jeu sous licence Disney et même Nintendo. Les espoirs autour du nom de Spector et le leitmotiv continuel « à quand des jeux matures sur Wii ? » ont fait monter l’attente chez les journalistes et mis sur les épaules de la souris une pression un peu démesurée. Et on le sait, plus il y a d’attente, plus la déception est grande.

Epic Mickey s’ouvre sur un DA qui est sans doute ce qu’on a vu de mieux chez Disney depuis Walt. Mickey, qui sait lire, s’endort en lisant De l'autre côté du miroir de Lewis Carroll et va se retrouver littéralement de l'autre côté. Spector, en grand fan de Walt, a choisi de revenir aux sources de la psychologie sourcière : Mickey n’est pas un personnage crétin, robinet d’eau tiède comme aujourd’hui, mais un caractère espiègle, enfantin, qui ne pense ni à bien ni à mal, faiseur de catastrophes, dont la curiosité est source de malheurs et d’ennuis. Dans le cas d’Epic Mickey, il est question de Yen Sid (magicien de Fantasia, sosie de Merlin), créateur d’un monde pour toutes les créatures oubliées, et que Mickey va plonger dans la désolation et les ténèbres en jouant maladroitement avec le pinceau créateur, libérant une force démoniaque désormais geôlière des habitants du monde, dont Oswald, ancêtre de Mickey, qui ne connut pas la même gloire.

L’astuce de Spector, c’est l’ellipse qu’il impose à l’histoire : plutôt que d’assumer son acte, Mickey s’enfuit, vit ses célèbres et longues aventures dans un joli flashback, rapide et évocateur, mais est finalement rattrapé, des années plus tard, par l’entité démoniaque qui l’attire dans le monde de la désolation. Mickey, et le joueur par extension, ne choisit donc pas d’assumer ses erreurs, tels un héros classique mais est projeté malgré lui dans un monde qu’il a crée. Contexte important car Spector donnera au joueur de vrais choix moraux à effectuer (libérer un gremlin ou le laisser mourir pour quelques sous, repeindre le monde ou le diluer davantage, construire ou détruire).

Le gameplay apparait alors en adéquation parfaite avec l’histoire. Tel un god game, le joueur a, dans sa main gauche, le pouvoir de détruire le monde en le diluant et, dans la droite, le pouvoir de le construire en le peignant. Le côté manichéen étant habilement contourné par Spector, grâce au level design, puisque pour progresser il faudra diluer certains obstacles avant de repeindre le sol pour faire apparaître des plateformes nécessaires à la progression de Mickey. Un concept parfait pour la Wii puisque le pointeur permet de jouer les Valérie Damidot du dimanche en agissant, wiimote vers l’écran, sur son environnement. A la manière d’un Okami aussi mais où saccager le monde paie autant que le faire fleurir.

Ce qui touche immédiatement dans Epic Mickey, c’est sa direction artistique, et c’est là que la patte Spector est la plus identifiable : le monde est sombre, Mickey est torturé par un savant fou, les habitants errent tels des âmes en peine, comme dans l’Enfer de Dante, sauvé ou condamné par celui qui leur a apporté la désolation. Le jeu est magnifique, les musiques sont à la fois majestueuses et mélancoliques et les animations, à la fois coulées et un peu flottantes, rappellent l’excellent épisode Megadrive, Castle of Illusion, auquel Spector jure pourtant ne pas avoir rejoué.

A ce stade, difficile de comprendre pourquoi Epic Mickey a reçu un accueil aussi tiède là où un LPB2, simple DLC sans originalité, a reçu des louanges et des dithyrambes. Beaucoup ont reproché au jeu ses problèmes de caméras. Je ne peux ni confirmer, ni infirmer : pour le moment je n’ai pas eu le moindre souci mais il est clair que le choix de mêler caméra fixe à certains endroits et caméra libre posera forcément quelques soucis dans les passages plus étroits.
Se focaliser sur ce problème (certes important dans un jeu de plateforme) en oubliant toutes les autres qualités du jeu de Junction Point, c’est presque faire à Epic Mickey un mauvais procès avec pour horizon inatteignable la mécanique ultra précise d’un Mario Galaxy, procès qu’on ne fait pas par exemple à Ratchet & Clank, pourtant bien moins inspiré artistiquement que le jeu de Spector.

On préfère alors oublier la direction artistique d’Epic Mickey, sa fluidité narrative quand il mêle missions principales et annexes, son postulat de départ d’un héros ni bon ni mauvais, rendu à un caractère, et qui offre la possibilité au joueur de jouer son Mickey, d’aider ou de détruire, de construire ou de privilégier l’individualisme, à l’heure pourtant où le choix, façon deux pancartes qui clignotent bling bling, de se couper le doigt ou pas, passe pour la liberté vidéoludique ultime et pire un trait de génie.

Désolé pour le pavé :oops: et merci pour ceux qui seront allés au bout mais une heure sur Epic Mickey mérite bien qu’on s’y attarde. Et j’y reviendrai :wink:
Dernière édition par sopor le 18 Avr 2011 15:33, édité 3 fois.
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Message par Google » 18 Avr 2011 11:35

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Message » 18 Avr 2011 12:33

Si j'avais une Wii, je pense que je l'aurais pris très vite... mais bon tant pis :wink:
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Message » 18 Avr 2011 13:15

Y avait des rumeurs, venant d’un journal espagnol, pour mi 2011 d’une sortie sur PS3 avec le Move, le tout en 720p. Mais je crois que Disney arrête le JV HD donc je ne sais pas si c’est toujours d’actualité.
C’est Junction Point qui a réalisé le jeu mais bon ils ne peuvent pas dealer avec Sony pour une sortie PS3 sans passer par Disney (et Nintendo ?).
Ce serait une bonne nouvelle pour Sony, le second bon jeu après la sortie de No More Heroes :roll:
Sans être un carton, le jeu a plutôt bien marché aux US et il a ses fans, même si l’accueil presse a été assez tiède.
Sinon, tu attends la prochaine console Nintendo qui sera rétrocompatible Wii :wink:
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Message » 18 Avr 2011 18:27

sopor a écrit:Sinon, tu attends la prochaine console Nintendo qui sera rétrocompatible Wii :wink:


C'est en effet une idée intéressante :wink:
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Message » 20 Avr 2011 12:14

Poursuivi Epic Mickey, toujours aussi charmé par l’univers, l’ambiance et les conséquences des choix à faire.

Sur les défauts constatés, la caméra se place parfois effectivement assez mal notamment dans les petits espaces, mais de là à en faire un défaut rédhibitoire, c’est très exagéré. Perso, dans les jeux de plateformes, je bouge constamment la caméra pour l’avoir derrière moi, façon TPS, sauf quand je veux regarder un élément en particulier (Epic Mickey propose aussi une vue FSP pour l’observation). Donc pas rencontré de problème particulier dans les grands espaces. Après pour des joueurs qui jouent sans trop toucher à la caméra ça peut s’avérer plus problématique.
J’ai rencontré aussi le bug classique du jeu de plateforme 3D avec passage à travers une texture et chute dans le vide. Toujours très drôle.

Mais bon par rapport à tout ce qu’on peut lire sur Epic Mickey dans la case défauts c’est très loin de la vérité je trouve. Problèmes de caméra ok mais minimes, pas de souci de pointeur de mon côté, y a pas de lock pour attaquer les ennemis mais je trouve ça plutôt une bonne chose pour le challenge (en même temps, en 2 heures je ne suis pas mort une seule fois sauf avec le bug de la texture – mais apparemment le jeu se corse par la suite).
Alors ok c’est moins parfait dans la mécanique et le gameplay qu’un Mario Galaxy mais c’est d’un niveau vraiment acceptable.

Ma seule déception pour le moment vient des niveaux 2D qui si, visuellement, sont superbes (celui de Steamboat Willie notamment), restent assez légers question level design : faciles et presque rien à découvrir. Bon j’en ai eu que 2 donc…

Pour le reste, Epic Mickey est un des meilleurs plateformers / action 3D de cette gen grâce à son ambiance (univers, design, musique), cette impression de visiter un musée Disney en ruines, sa gestion intelligente du couple dissolvant/peinture, les choix à faire qui impactent le gameplay et les situations (par exemple en délivrant les gremlins – ce qui n’a rien d’obligatoire – ils pourront apporter leur aide dans certains situations ; de même les habitants sont plus ou moins amicaux selon votre propension à diluer leur monde ou à le colorer) et la fluidité de sa narration (c’est beaucoup moins cassé qu’un Mario Galaxy).
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Message » 21 Avr 2011 7:57

Ahhh sacré sopor! C'est toujours aussi agréable de te lire. T'as jamais pensé à faire du journalisme en jv? Tu as une belle carte à jouer je pense.
Concernant Mickey, j'avais suivi l'avancement du projet avec hate, pensant le prendre D1, mais les tests m'ont tout de même mis un peu le doute.
Maintenant qu'il est disponible à prix doux, je franchirai le cap d'ici peu. Les retours de joueurs concernant la caméra sont assez mauvais en règle générale.
Par rapport à un beyond good and evil ça donne quoi. Je suis en train de le refaire sur 360 et par moments elles sont pénibles, mais ce n'est pas rédhibitoire non plus.
julienctr
 
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Message » 21 Avr 2011 11:42

Je n’ai jamais joué à BG&E (faut que je me le prenne sur 360) mais par rapport à tout ce qu’on lit sur Epic Mickey, le problème de caméra, s’il existe, n’a rien de rédhibitoire. Mais je pense que ça tient à ma façon de jouer : je bouge constamment la caméra en avançant. Les critiques sur le jeu c’était du style « faut constamment replacer la caméra ». C’est vrai que par défaut elle se place bizarrement mais comme j’avance en la déplaçant (un peu comme dans un FPS), ça ne me dérange pas. Le seul souci que j’ai rencontré c’est sur des espaces étroits ou il est plus difficile de la bouger correctement mais bon le jeu demande moins de précision dans les sauts qu’un Mario Galaxy donc ça ne pose pas trop de problème. On est plus proche d’un Ratchet & Clank.
Ce qui est sympa dans ce Epic Mickey c’est tous les petits choix que propose le jeu : hier par exemple j’ai eu une mission pour innocenter Petit Pat. Il faut trouver son journal de bord pour prouver qu’il n’en veut pas aux Gremlins. Un gremlin te propose cette mission mais une fois le livre trouvé tu peux choisir de le donner au bon personnage ou de l’échanger contre une broche à quelqu’un d’autre. Selon ton choix, la suite sera différente : dans le colysée je n’ai eu personne à affronter car j’avais choisi de l’aider et ensuite à Mean Street, Pat Hibulaire m’a plus ou moins remercié (disons dans son style). Perso, je n’arrive pas à être méchant dans le jeu : je repeins tout, ce qui fait que tout le monde est sympa avec moi (ma jauge de peinture – sorte d’équilibre bien / mal - est à fond)
Quand tu arrives à Mean Street, t’es vraiment dans l’ambiance Disneyland (bon un Disneyland un peu désolé) avec tous les persos oubliés de Disney. Truc assez drôle : les personnages dans les rues de Mean Street sont tous les mêmes (ou presque) car ce sont des figurants qui ont été dessinés en plusieurs versions puis abandonnées.

Ahhh sacré sopor! C'est toujours aussi agréable de te lire. T'as jamais pensé à faire du journalisme en jv? Tu as une belle carte à jouer je pense.


Thanks :oops:
J’ai bossé pour un site culturel où je faisais des chroniques musicales (j’en ai fait assez peu) mais bon j’aime bien le principe gratuit des forums. Tu mets ton avis en vrac et ça débat (ou pas). J’ai aussi d’autres occasions de rédiger dans ma vie perso et dans ma vie professionnelle :wink:
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