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[BD] (Les) 7 samouraïs

Message » 03 Jan 2015 20:28

Je fais le grogniard sur ce coup, et je sais que je l'acheterai quand même... :roll:
LINK1976
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Message par Google » 03 Jan 2015 20:28

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Message » 03 Jan 2015 20:31

LINK1976 a écrit:Par contre le traitement de l'image est radicalement different, et les deux sont interessante, je prefere tout de meme l'edition Criterion plus "brute" et non degrainé à outrance, la copie Wild Side a d'autre vertue, notamment une image immaculé, paradoxalement, je trouve que cela enleve un peu de gageure au film.


A comparer les deux images et à te lire j'ai l'impression qu'on a ce même type de différence sur Les 7 Samouraïs : une copie plus propre, immaculée, mais donc moins "brute" chez Wild Side.
coincarre
 
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Message » 05 Jan 2015 1:14

Effectivement, la surface qui était impressionnée dans la caméra sur la pellicule du négatif n'était pas forcément destinée à être entièrement projetée au cinéma. Dans les viseurs des caméras, il y a des cadres autour desquels il y a une zone de sécurité.

Donc les caméras avaient toujours une pellicule impressionnée en 1.33:1, comme au temps du muet.
L'image était ensuite redimensionnée pour laisser la place à la piste audio et les lignes de séparation entre les différentes images et, à cette occasion, elle était recadrée en 1.375:1 sur les films américains.

Je ne sais pas si c'était le cas sur les films étrangers comme Les Sept Samouraïs (vu que la MPAA, avant de créer le standard académique/Academy ratio, était revenue un an ou deux au 1.33:1 comme norme, donc d'autres pays ont pu faire de même), mais les deux formats sont presque toujours synonymes, et imdb comporte un paquet d'erreurs dans les spécifications techniques, de même qu'on parle toujours aujourd'hui de 2.35:1 alors que les films panoramiques sont en fait projetés en 2.39:1 (parfois appelé 2.40:1) dans le cas de ceux tournés depuis le début des années 70

Ensuite, il y a donc les bords de l'image, qui étaient la zone de sécurité, mais qui ne sont pas censés faire partie d'un cadre coupé au cordeau. C'est destiné à prévenir les problèmes éventuels (en zoomant après coup sur les rushs) ou à éviter les problèmes d'alignement lors de la projection.
Aujourd'hui que l'on peut scanner toute la surface de la pellicule, on est souvent tenté de remettre de l'image sur le transfert vidéo. Certains vont trop loin, et du coup on voit sur certains films (les Chaplin de MK2) les coins noirs arrondis, qui n'étaient clairement pas destinés à apparaître à la projection. Criterion avait été plus conservateur à partir des mêmes sources.

La Nuit du chasseur est effectivement, comme la plupart des films américains du milieu des années 50, un film qui a été projeté à différents formats, et pour lequel le directeur photo devait s'assurer qu'il rende bien aussi bien en 1.33:1 qu'en 1.66, 1.75 ou 1.85, à une époque où le patron d'un drive-in pouvait faire des choix différents à la projection de ceux d'un écran panoramique tout neuf destiné aussi à du CinemaScope. Après, ça s'est standardisé sur le 1.85:1 et il n'y avait plus vraiment de question à se poser.
Dans la pratique, on retient le format qui, à vue de nez, marche le mieux. Pour Kubrick ou Charles Laughton, le 1.66:1 est apparemment le bon compromis. Pour La Soif du mal de Welles, la version 1.33:1 (un format que Welles affectionnait) est peut-être un peu plus efficace que celle projetée en 1.85:1 (le format indiqué par le studio) et elles sont toutes les deux sur le Blu-ray Masters of Cinema pour deux des montages. Pour Sur les quais, Criterion avait carrément mis les trois formats différents, et là aussi le 1.66:1 semble mieux s'en tirer.
Sledge Hammer
 
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Message » 05 Jan 2015 8:29

Sledge Hammer a écrit:Effectivement, la surface qui était impressionnée dans la caméra sur la pellicule du négatif n'était pas forcément destinée à être entièrement projetée au cinéma. Dans les viseurs des caméras, il y a des cadres autour desquels il y a une zone de sécurité.

Donc les caméras avaient toujours une pellicule impressionnée en 1.33:1, comme au temps du muet.
L'image était ensuite redimensionnée pour laisser la place à la piste audio et les lignes de séparation entre les différentes images et, à cette occasion, elle était recadrée en 1.375:1 sur les films américains.

Je ne sais pas si c'était le cas sur les films étrangers comme Les Sept Samouraïs (vu que la MPAA, avant de créer le standard académique/Academy ratio, était revenue un an ou deux au 1.33:1 comme norme, donc d'autres pays ont pu faire de même), mais les deux formats sont presque toujours synonymes, et imdb comporte un paquet d'erreurs dans les spécifications techniques, de même qu'on parle toujours aujourd'hui de 2.35:1 alors que les films panoramiques sont en fait projetés en 2.39:1 (parfois appelé 2.40:1) dans le cas de ceux tournés depuis le début des années 70

Ensuite, il y a donc les bords de l'image, qui étaient la zone de sécurité, mais qui ne sont pas censés faire partie d'un cadre coupé au cordeau. C'est destiné à prévenir les problèmes éventuels (en zoomant après coup sur les rushs) ou à éviter les problèmes d'alignement lors de la projection.
Aujourd'hui que l'on peut scanner toute la surface de la pellicule, on est souvent tenté de remettre de l'image sur le transfert vidéo. Certains vont trop loin, et du coup on voit sur certains films (les Chaplin de MK2) les coins noirs arrondis, qui n'étaient clairement pas destinés à apparaître à la projection. Criterion avait été plus conservateur à partir des mêmes sources.

La Nuit du chasseur est effectivement, comme la plupart des films américains du milieu des années 50, un film qui a été projeté à différents formats, et pour lequel le directeur photo devait s'assurer qu'il rende bien aussi bien en 1.33:1 qu'en 1.66, 1.75 ou 1.85, à une époque où le patron d'un drive-in pouvait faire des choix différents à la projection de ceux d'un écran panoramique tout neuf destiné aussi à du CinemaScope. Après, ça s'est standardisé sur le 1.85:1 et il n'y avait plus vraiment de question à se poser.
Dans la pratique, on retient le format qui, à vue de nez, marche le mieux. Pour Kubrick ou Charles Laughton, le 1.66:1 est apparemment le bon compromis. Pour La Soif du mal de Welles, la version 1.33:1 (un format que Welles affectionnait) est peut-être un peu plus efficace que celle projetée en 1.85:1 (le format indiqué par le studio) et elles sont toutes les deux sur le Blu-ray Masters of Cinema pour deux des montages. Pour Sur les quais, Criterion avait carrément mis les trois formats différents, et là aussi le 1.66:1 semble mieux s'en tirer.

Parfaitement. :wink:
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Message » 05 Jan 2015 11:43

En général on demande des info sur les projectionnistes qui ont projeté ces films , ils avaient parfois des indications de cadrage, avec des caches a mettre ou pas!

Et si on connait le cadrage on ne sait pas exactement ou il était dans l'image , apparemment les éditeurs le font arbitrairement .

Et comme le dit Sledge Hammer pour ne rien arranger les choses, certains films dans les années 50 avaient plusieurs cadrages possibles suivant les salles dans les quels ils étaient projetés , il y avait encore beaucoup de salles 1:33.

Le VistaVision avec sa pellicule 70 mm servait a cela , ou pouvait tailler dedans sans perdre en définition, c'était le Super 35 de l'époque .

Et ne parlons pas du Cinemascope, parfois l'action était central pour être projeté en 1:33 sans probléme.

La belle au bois dormant , sur les cotés ce n'est que du décors le plus souvent .

Image

Récemment Warner a recadré le blu ray de Sabrina en 1:78 (soit disant que ça avait été prévu pour une projection dans ce format) en europe c'est Paramount on a eu le cadrage 1:33 avec bien plus d'image ,et surement le format ou le film a été le plus vu !
jhudson
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Message » 05 Jan 2015 13:03

Un grand merci pour toutes ces précisions passionnantes sur le format des films et leur recadrage :thks:

Je viens de découvrir que Manuel Chiche avait racheté tous les Kurosawa de la Toho et va les sortir les uns après les autres en salle + Blu-Ray/DVD.
C'est à partir de 6'50 sur la vidéo du lien ci-dessous (mais tout l'entretien est intéressant) :

http://www.1kult.com/2013/10/21/itw-man ... lanning-2/
coincarre
 
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Message » 05 Jan 2015 14:56

jhudson a écrit:En général on demande des info sur les projectionnistes qui ont projeté ces films , ils avaient parfois des indications de cadrage, avec des caches a mettre ou pas!


Des projectionnistes des années 50, il n'y en a plus un paquet en activité aujourd'hui.

Et si on connait le cadrage on ne sait pas exactement ou il était dans l'image , apparemment les éditeurs le font arbitrairement .

Et comme le dit Sledge Hammer pour ne rien arranger les choses, certains films dans les années 50 avaient plusieurs cadrages possibles suivant les salles dans les quels ils étaient projetés , il y avait encore beaucoup de salles 1:33.


Les studios étaient obligés de faire avec des patrons de salles qui voulaient que le film passe à tel format, donc ils transmettaient la consigne aux réalisateurs et aux directeurs photo.

Le VistaVision avec sa pellicule 70 mm servait a cela , ou pouvait tailler dedans sans perdre en définition, c'était le Super 35 de l'époque .


Pas vraiment. Le VistaVision était destiné à des salles et à des films de prestige, justement pour lutter contre la concurrence de la télévision. Et il n'avait pas de pellicule 70 mm mais une pellicule au format habituel, sauf que sur le négatif les images étaient à l'horizontale, façon pellicule 24 x 36 photo.

Et ne parlons pas du Cinemascope, parfois l'action était central pour être projeté en 1:33 sans problème.

La belle au bois dormant , sur les cotés ce n'est que du décors le plus souvent .


Non, non, non.

Sur les films en prise de vue réelle, on tournait deux versions en parallèle. Ça a été le cas par exemple avec Brigadoon. Frank Sinatra, qui détestait tourner plus de deux ou trois prises du même plan s'était barré du tournage de la comédie musicale Carousel alors qu'il avait déjà enregistré ses chansons, officiellement parce qu'il avait appris qu'il faudrait tourner le film deux fois, une fois en Scope standard, une fois en CinemaScope 55, comme son nom l'indique avec une pellicule 55 mm pas du tout standard qui permettait d'avoir moins de grain. Sinatra s'est alors barré en expliquant que si la production voulait le faire tourner deux fois plus, il faudrait le payer deux Sinatra. (Quelques semaines plus tard, on a trouvé le moyen de tourner simplement le film en 55 mm et de le réduire en 35 mm après coup sans avoir à tourner deux fois, mais la décision était prise...)

Il y a eu aussi Le Tour du monde en 80 jours et Oklahoma ! qui étaient tournés en 65 mm 30 images / seconde puis en CinemaScope 35 mm. Sur le Blu-ray d'Oklahoma !, édité par la Fox, on a les deux versions sur deux disques séparés. Pour Le Tour du monde, on attend toujours un transfert de la version Todd-AO.

Il faut garder en mémoire pourquoi le CinemaScope ou le VistaVision étaient apparus à l'époque. Suite à une décision de la Cour Suprême de 1948, les studios avaient été contraints de revendre leurs salles (qui leur assuraient un monopole de fait sur la programmation) et faisaient également face à la concurrence de la télévision. Ces formats avaient pour but de rendre son lustre au cinéma et de donner un argument de vente sur les nouveaux films (un peu comme la 3D aujourd'hui, mais avec plus de succès. La 3D des années 50 faisait aussi partie de la même panoplie.)

Et La Belle au bois dormant est un cas totalement différent.
Sur La Belle et le Clochard, le premier Disney en Scope, le film avait commencé à être animé avant l'arrivée du Scope, puis une décision avait été prise de le transférer sur du Scope. Il y a donc eu des séquences prévues pour du 4/3 et recomposées pour du Scope, des séquences animées pour du Scope, et des séquences animées pour du Scope, mais recomposées ensuite pour fournir effectivement une copie 4/3 pour d'autres salles.

La Belle au bois dormant a été tourné en Technirama, un mélange de VistaVision et de Scope. Il y a quelques plans où on a peu d'action sur les côtés (certainement ceux qui avaient été animés avant qu'on décide du format d'image ou bien par des gens qui étaient plus à l'aise avec du 4/3 ou bien qui pourraient resservir pour une éventuelle version 4/3) mais l'argument de vente était que c'était un film à voir sur très grand écran et qui était composé pour ça.
Disney le passe d'ailleurs aujourd'hui dans un format encore plus panoramique, du 2.55:1 (le Technirama était projeté en 2.35:1) en récupérant de l'image sur les bords qui n'avait pas été visible en salles mais figurait sur le négatif (peut-être à cause du Scope qui était passé à du 2.35 entre le début et la fin de la production).
En tout cas, si tu connais un peu les techniques d'animation, personne ne s'embêter à dessiner des arrière-plans ou des personnages dans un format panoramique sauf si ça doit être explicitement projeté à ce format. Ça fait deux fois plus de travail sur certains éléments et c'est extrêmement coûteux.

C'est simplement dans les années 70 que les réalisateurs et directeurs photo ont commencé à filmer en Scope en gardant en mémoire que ça pourrait resservir pour la télé ensuite et en protégeant donc l'image pour du 4/3. Blake Edwards dans ses films années 80 était très paresseux de ce côté, avec une image vide en dehors de la partie centrale.

Récemment Warner a recadré le blu ray de Sabrina en 1:78 (soit disant que ça avait été prévu pour une projection dans ce format) en europe c'est Paramount on a eu le cadrage 1:33 avec bien plus d'image ,et surement le format ou le film a été le plus vu !


Là, tu racontes n'importe quoi.

http://www.dvdbeaver.com/film4/blu-ray_ ... lu-ray.htm

Six mois avant le tournage de Sabrina, Paramount avait donné comme consigne que tous les films à compter d'alors devaient être composés pour un format large, et donc le 1.66 ou le 1.75 devenaient prioritaires. Ça n'est donc pas une question de "format où le film a été le plus vu" (d'après qui au fait ????), mais de format dans lequel le film avait été composé.

Si tu regardes d'ailleurs les deux plans que DVDBeaver fournit à titre de comparaison, c'est d'ailleurs évident que la version 1.78:1 marche mieux, sans zone vide dans le champ.
La version 1.33:1 est une version full frame qui provenait probablement d'un master plus ancien conçu à une époque où le DVD et le format 4/3 étaient la norme. Paramount a déjà fait le coup des vieux masters à d'autres reprises (Drôle de frimousse, My Fair Lady) et il semble ici que Warner a demandé à ce que ça soit corrigé.

D'ailleurs, c'est Warner qui a aussi retardé la sortie d'un autre titre Paramount, L'Homme des vallées perdues (Shane), parce que le transfert qu'ils avaient récupéré était en 1.66:1. Or, Shane est un titre qui avait été tourné avant le mémo, mais distribué après. Le film avait donc été traditionnellement présenté à un format pour lequel il n'avait pas été tourné. Paramount avait préparé pour Warner un master Blu-ray perpétuant l'erreur du 1.66:1. Warner a retardé la sortie pour rétablir le format d'origine :

http://www.blu-ray.com/news/?id=11145
Sledge Hammer
 
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Message » 05 Jan 2015 16:39

Je me demande ce que devienne les versions 1:33 des films en cinemascope, car les studios ne diffusent plus ces versions .

Le VistaVision servait avant tout pour recadrer dans l'image car ce n'est pas un format d'image fixe ( la qualité d'image VistaVision était moins visible que l'image élargie du scope ,ça n'a pas du être un bon argument pour attirer le public je pense) , contrairement au cinemascope et Technirama (même technique que Vistavision mais en anamorphosé ) car anamorphosé ça n'aurait pas pu servir a un recadrage .

D'ailleurs si j'avais réfléchi a cela je n'aurais pas dit que certains films en scope avaient une action centrale pour une version 1:33, car une image anamorphosée est inexploitable autrement , mais je me suis trop focalisé sur le film La belle au bois dormant qui est un cas particulier ,l'énormité que j'ai dit est la !

C'est tellement un procédé purement technique que ça servait a faire des SFX il y a encore peu .

Source wiki :

En raison de son défilement horizontal, le Vistavision a souvent été surnommé par les professionnels du cinéma « Lazy 8 ». Le ratio initial est de 1,50 :1 (et maintenant, 1,66 :1 à 2,00 :1) tandis que le format standard est de 1,37 :1. Les films en Vistavision ont été filmés de façon à pouvoir être projetés dans l’un des 3 formats recommandés : 1,66 :1, 1,85 :1 et 2,00 :1.


Pour Sabrina que la Paramount ai demandé de tourner en 1:78 est une chose , et ce que Wilder a décidé en est une autre (les réalisateurs n'aiment pas trop qu'on leur impose des nouvelles choses sauf quand ils n'ont pas le choix et il savait que le film serait vu dans sa version 1:33), de mon point de vue la version 1:78 semble parfois recadré , de plus le recadrage semble faire perdre en définition , donc tout cela reste maintenant subjectif .

D’âprés les images c'est peut être un vieux master la version Paramount, mais la version Warner n'a pas non plus un piqué aussi éclatant que cela, je n'ai que le premier en blu ray donc impossible de comparer de visu.

Je connaissais ces photos , il y a trop peu d'image en 1:33 pour vraiment comparer, Sabrina les pieds coupés ça ne fait très naturel comme cadrage.
jhudson
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Message » 05 Jan 2015 18:25

jhudson a écrit:Je me demande ce que devienne les versions 1:33 des films en cinemascope, car les studios ne diffusent plus ces versions .


C'étaient des versions de secours, qui n'ont souvent qu'un intérêt anecdotique. Les efforts principaux étaient consacrés à la version CinemaScope. C'est comme les versions "alternatives" de films muets, avec le négatif de la caméra B qui était envoyé en Europe pour éviter que le négatif principal quitte le sol américain et se perde. Il y a une version de référence qui est la version US. Le monteur utilisait la meilleure prise de chaque scène pour le montage américain et le deuxième choix pour l'Europe. Aujourd'hui que des négatifs US ont disparu ou ont été remontés, on peut s'approcher du montage initial en restaurant des plans tirés des copies des cinémathèques européennes.

Et en fait, je me suis trompé : Brigadoon n'a été tourné qu'en Scope. Le problème se situait en fait du côté des chorégraphies qui avaient été préparées pour du 4/3 et qu'il a fallu revoir quand le studio a demandé de basculer sur du 2.55:1. On ne remplit pas l'espace de la même façon et il faut aussi repenser les cadrages.
Du coup, je ne suis pas sûr qu'il y ait des films qui ont été tournés en Scope plus en 1.33:1.

Mais il y a La Piste des géants, de Raoul Walsh, le premier film majeur avec John Wayne en vedette (ce fut un gros bide, qui relégua John Wayne du côté des petits studios jusqu'à ce que John Ford le redécouvre). La Fox l'avait tourné dans les années 30 avec deux caméras différentes, donc une en 70 mm en format large, le procédé Grandeur. Les deux versions n'ont pas la même durée, ou même les mêmes scènes et cadrages, vu que la caméra Grandeur fonctionnait mieux pour des scènes d'ensemble, alors que pour des gros plans, la version 35 mm permettait d'aller dans une direction plus intimiste. Au final, la version 70 mm fait 14 minutes de plus.

https://en.wikipedia.org/wiki/The_Big_Trail

Pixar a également recomposé des films comme Toy Story ou Le Monde de Némo pour la VHS ou des diffusions télé 4/3. Aujourd'hui que le 16/9ème est généralisé et que la définition a progressé, on tolère de toute façon mieux les bandes noires éventuelles.



Le VistaVision servait avant tout pour recadrer dans l'image car ce n'est pas un format d'image fixe ( la qualité d'image VistaVision était moins visible que l'image élargie du scope ,ça n'a pas du être un bon argument pour attirer le public je pense) , contrairement au cinemascope et Technirama (même technique que Vistavision mais en anamorphosé ) car anamorphosé ça n'aurait pas pu servir a un recadrage .

D'ailleurs si j'avais réfléchi a cela je n'aurais pas dit que certains films en scope avaient une action centrale pour une version 1:33, car une image anamorphosée est inexploitable autrement , mais je me suis trop focalisé sur le film La belle au bois dormant qui est un cas particulier ,l'énormité que j'ai dit est la !

C'est tellement un procédé purement technique que ça servait a faire des SFX il y a encore peu .


C'est effectivement ça la clé. Le VistaVision permet d'utiliser une plus grande surface de pellicule sans déformation optique, du coup moins de grain ou de distortion. C'est crucial pour les effets spéciaux optiques où on combine plusieurs images sur le même plan, le coup classique de la photocopie de photocopie qui est moins nette que l'original. En travaillant avec une surface de pellicule plus importante, on limite les dégâts. Grosso modo, le VistaVision permet surtout de travailler avec une surface proche d'une image 70 mm sans nécessiter pour autant de la pellicule 70 mm, plus difficile à trouver.

Pour Sabrina que la Paramount ai demandé de tourner en 1:78 est une chose , et ce que Wilder a décidé en est une autre (les réalisateurs n'aiment pas trop qu'on leur impose des nouvelles choses sauf quand ils n'ont pas le choix et il savait que le film serait vu dans sa version 1:33), de mon point de vue la version 1:78 semble parfois recadré , de plus le recadrage semble faire perdre en définition , donc tout cela reste maintenant subjectif .


De mon point de vue, tu racontes n'importe quoi.
Quand le patron du studio donne des consignes claires à un réalisateur, il doit s'y soumettre que ça lui plaise ou pas, parce que c'est le studio qui paye les factures. Et Wilder a d'ailleurs pris sans trop de difficultés le virage du format large par la suite.
Wilder n'avait pas à partir en guérilla contre un ordre, il était surtout confronté à la réalité, qui était que le film serait montré en 1.66:1 ou en 1.75:1, voire 1.85:1 dans beaucoup de cinémas.
Et un réalisateur compétent n'est pas débile dans ce contexte au point de saloper le cadrage en mettant de l'information sur la partie qui risquait d'être coupée. Son but, ça n'est pas d'avoir le dessus dans un débat théorique avec le patron d'un studio, c'est que son film marche auprès du public, qui allait le voir au cinéma. Si la photo passe mal, le film risque de ne pas marcher. C'est aussi simple que ça.

Quand Fritz Lang a tourné Moonfleet, on lui a imposé le Scope. Ça le gênait pour les scènes intimistes au point que, comme Ophüls sur Lola Montès, il s'est débrouillé par moments pour mettre des piliers afin d'encadrer le centre du plan et de recentrer le regard du spectateur sur cette zone. Mais il y a d'autres plans où il tire parti des ressources du Scope.
Personne ne serait assez débile pour autant pour dire que la vraie version réalisateur devrait être recadrée en 1.33:1. Le film a bel et bien été tourné pour du 2.55:1, point barre. Et la citation sur les serpents et les enterrements, elle vient en fait du Mépris, où Godard avait fait le choix de tourner en Scope, donc elle est aussi à prendre avec un grain de sel.

D’âprés les images c'est peut être un vieux master la version Paramount, mais la version Warner n'a pas non plus un piqué aussi éclatant que cela, je n'ai que le premier en blu ray donc impossible de comparer de visu.

Je connaissais ces photos , il y a trop peu d'image en 1:33 pour vraiment comparer, Sabrina les pieds coupés ça ne fait très naturel comme cadrage.


Surtout si on est Quentin Tarantino...

Sinon, le plan américain, tu connais ?
Sledge Hammer
 
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Message » 05 Jan 2015 19:56

Sledge Hammer, j'avais déjà lu plusieurs de tes interventions sur les différents formats video, et j'avais vraiment apprecié ta science dsur les differents formats, mais là, tu enfonces le clou. J'aurais pu relever l'intervention de jhudgson sur le Vistavision que j'adore, Hitchcock me l'avait fait definitivement adoré, notamment dans Vertigo ou je trouvais que c'etait l'absolu en terme de format d'image, mais pour le reste...
Donc merci pour ton intervention tres enrichissante.
Ceci étant, mon père me relate souvent une expérience cinephilique concernant La Conquete De L'Ouest qu'il a vu au Rex sur 3 ecrans, je savais que ce film avait été tourné ainsi, d'ailleurs sur les différentes éditions dvd et Blu ray on voit des traits de chaque coté ( plus sur le Blu Ray de mémoire ) mais concretement comment cela fonctionnait?
Merci par avance.
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Message » 27 Jan 2015 0:08

LINK1976 a écrit:Ceci étant, mon père me relate souvent une expérience cinephilique concernant La Conquete De L'Ouest qu'il a vu au Rex sur 3 ecrans,


Rien à voir mais je crois que c'était au Max Linder non ? Je crois pas que le Rex ait jamais pu diffuser sur 3 écrans... En tout cas moi je connais pas.
Un peu de matos pour se faire plaisir... Oppo203 Ultimate, Amp&Préamp Onkyo, Klipsch THX Ultra2 en Atmos, Velodyne, JVC Z1... dans la salle qui va bien.
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Message » 02 Fév 2015 18:46

ketzal a écrit:
LINK1976 a écrit:Ceci étant, mon père me relate souvent une expérience cinephilique concernant La Conquete De L'Ouest qu'il a vu au Rex sur 3 ecrans,


Rien à voir mais je crois que c'était au Max Linder non ? Je crois pas que le Rex ait jamais pu diffuser sur 3 écrans... En tout cas moi je connais pas.

Un peu quand même vu que nous parlions des formats... Il a bien été projeté au Grand Rex sur écran incurvé avec 3 projecteurs, ce procédé est le Cinérama en 2.89:1.
:wink:
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Message » 17 Fév 2015 16:00

Pour les pinailleurs LAL indique un trait noir vertical à 24'40 et une image manquante à 7'08 du second disque (mais contrastes et détails au top :wink: ).
coincarre
 
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