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[BD] Monsters : Coffret Universal (1931-1954)

Message » 11 Jan 2013 17:55

Pour le Fantôme de l'opéra,il y a pas mal de scéne d'Opéra,donc si vous être allergique vous risquez de trouver le temps long.


Les 3 pellicules des couleurs primaire sont bien alignés,ce qui n'était pas toujours le cas avec la SD

Je crois que j'ai confondu avec la version Hammer,cette version Universal ayant peu passé a la TV
jhudson
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Message par Google » 11 Jan 2013 17:55

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Message » 11 Jan 2013 21:07

jhudson a écrit:Les 3 pellicules des couleurs primaire sont bien alignés,ce qui n'était pas toujours le cas avec la SD


Euh.
Non.
C'est même le 1er défaut technique du BR, car ça génère un paquet de noirs pas noirs et des contours qui bavent dans le vert.
tenia54
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Message » 11 Jan 2013 22:06

tenia54 a écrit:
jhudson a écrit:Les 3 pellicules des couleurs primaire sont bien alignés,ce qui n'était pas toujours le cas avec la SD


Euh.
Non.
C'est même le 1er défaut technique du BR, car ça génère un paquet de noirs pas noirs et des contours qui bavent dans le vert.


J'ai vu pire dans le passé,ou l'image était carrément flou a cause d'un mauvais alignements!

Si les couleurs n'étaient bien aligné on aurait pas une image avec ce piqué,et le technicolor était a ses début il a été inventé en 1932,avant c'est la technique bi chrome qui ne donnait pas vraiment les bonnes teintes,les verts et bleu avaient la même couleur

Peut être que les pellicule n'étaient déja pas bien aligné lors des prise de vues,ce qui ne serait pas surprenant vu la complicité du procédé

Sans parler d'objectif ne donnant pas forcément une netteté sur tout la surface de l'image ,car il me semble que la dérive des couleurs apparaissent surtout sur les bords

Il y a peu de film en couleur antérieur a 1942 pour comparer,a part le magicien d'Oz , Autant en emporte le vent , Blanche neige,Robin des bois...
jhudson
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Message » 22 Jan 2013 18:12

alors sledge j'attends toujours avec impatience ton nouveau test !! perso j'ai toujours pas eu le temps de voir les 2 derniers de la series ( les frank ) pour pouvoir faire un classement !!
jcdusse
 
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Message » 23 Jan 2013 3:05

Il se trouve que j'ai Fantasia un film en technicolor de 1940 donc on peux comparer avec le fantôme de l'opéra,et bien ce n'est pas en la faveur de Fantasia ou le réducteur de bruit laisse peu de la texture de la pellicule et le piqué de l'image s'en ressent ,chose qu'il n'y a pas sur le Fantôme de l'opéra !
jhudson
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Message » 23 Jan 2013 18:12

La Fiancée de Frankenstein (Bride of Frankenstein, 1935)

Réalisateur : James Whale

Synopsis : Le baron Frankenstein n'est pas remis de ses peines : la créature qu'il avait créée a survécu à l'incendie du moulin. Encore convalescent, il reçoit la visite du maléfique Dr Pretorius, qui a réussi à donner un cerveau et une âme à des créatures miniatures. Pretorius voudrait créer quelque chose de plus gros. Quant à la Créature, pourchassée par les villageois, elle trouve refuge chez un ermite aveugle qui lui apprend les rudiments de la parole.

À partir de 1935, Universal se retrouve un peu à court de sujets pour des films d'épouvante. Et il leur vient donc la tentation de donner des suites à leurs succès antérieurs, à commencer par Frankenstein, dont la fin avait été réécrite à va-vite pour faire survivre le baron (avec une chute d'ailleurs pas très convaincante). Le studio (enfin Junior Laemmle qui produisait ces films) contacte à nouveau James Whale, qui avait d'abord été réticent, et lui laisse toute liberté artistique. Le résultat : le film le plus emblématique de son réalisateur.

Certains parlent de La Fiancée de Frankenstein comme le chef d'œuvre des films Universal des années 30. Pour ma part, je suis un peu plus sceptique. Non que ça soit un mauvais film, c'est de façon évidente un classique. Mais, soyons honnêtes, aucun de ces films n'atteint vraiment la perfection et La Fiancée n'est que de façon intermittente un film de monstres. Mais cela ne compte pas vraiment, parce que La Fiancée est un film où on ne s'ennuie jamais.

Whale pratique ici une alternance d'épouvante et de comique qui parvient à fonctionner en dépit des canons du bon goût. Le personnage de Pretorius, la gouvernante ou le bourgmestre sont du côté du contrepoint comique, avec un jeu outré, daté mais hyper-efficace (à mon avis, leurs pantomimes ont dû pas mal inspirer les auteurs de mangas et d'animés), pour ne pas parler du retour de Dwight Frye dans un autre rôle d'assistant voleur de cadavres (avec une décote : il ne vole plus les cerveaux mais les cœurs). On a donc droit à un film d'une structure très éclatée, où le monstre, la figure centrale du film précédent, disparaît carrément après le début pendant 20 minutes. Et que dire du prologue où Mary Shelley (Elsa Lanchester) discute avec son mari Percy et Lord Byron de son roman encore inédit et révèle qu'il y avait une deuxième moitié de l'histoire qu'ils ne connaissent pas ? Whale qui inscrit enfin son adaptation dans la perspective de l'auteur du roman ? Pas du tout : c'est un moyen très habile de rappeler les péripéties du premier film et de préparer la suite, qui prend encore plus ses distances avec le roman d'origine, reprenant toutefois deux éléments : l'aveugle qui apprend à la créature à parler et la tentative de créer une compagne au monstre.

Parce qu'il y a une chose qu'il est utile de rappeler : dans le roman, la figure centrale est la relation de Frankenstein et de sa créature. La créature n'a pas de raison de vivre en dehors de punir son créateur et Frankenstein n'existe que par son œuvre. Le tandem est au fond assez proche de Jekill et de Hyde, avec une répartition des rôles très différentes, et encore récemment l'adaptation théâtrale de Danny Boyle avait l'idée de permuter tous les soirs à Londres les deux rôles principaux entre Jonny Lee Miller et Benedict Cumberbatch (les deux Sherlock Holmes actuels à la télé, soit dit en passant).

Cette relation était fondamentale dans le premier film et dans la culture populaire (et le titre de la suite confond d'ailleurs le monstre et son créateur, vu que "la fiancée" est la promise que Pretorius souhaite donner au monstre). Mais dans la Fiancée, c'est plutôt le couple Frankenstein-Pretorius qui domine les événements, façon Faust-Mephistopheles (et, là encore, Michel Simon et Gérard Philipe échangeaient leurs rôles en plein milieu de La Beauté du diable !). Pretorius apporte une bonne dose de burlesque avec ses homuncules (très beaux trucages pour les hommes miniatures dans leurs bocaux)... qui ne servent ensuite à rien dans l'histoire. Et il apporte surtout du cynisme, des répliques mordantes et une absence totale de complexes, qui est assez jubilatoire.

Whale donne en fait libre cours à son tempérament et à celui, très exubérant, de l'acteur mais tire également partie du code de production (le code Hays) entré en vigueur l'année précédente. Un coupable doit forcément être châtié et puni à la fin du film (Victor Frankenstein n'aurait pas pu survivre dans ces conditions) et en faisant porter tout le mal et la mégalomanie sur Pretorius, il dédouane de la sorte le protagoniste principal.

Mais, comme chacun sait, la vraie figure sympathique du film c'est le monstre incarné par Boris Karloff. Son maquillage a été pas mal revu (je préfère celui du premier film, mais les modifications apportées sont justifiées par les péripéties), mais surtout il devient une figure isolée, marginalisée, incapable de se trouver un compagnon ou un double de façon durable, ce qui est son vrai drame. On commence par quelques meurtres expédiés à la va-vite et par une resucée de la noyade de la gamine du premier film. Cette fois-ci, c'est une jeune et accorte villageoise et elle survit. Tout ceci semble toutefois filmé de mauvaise grâce par Whale, comme si ça faisait partie du cahier des charges. C'est quand la créature arrive chez l'ermite aveugle que cette partie décolle, d'une sincérité faisant un contrepoint bienvenue à l'ironie qui imprègne toute la partie Pretorius. Mais c'est difficile également de voir ces scènes au premier degré après la parodie de Mel Brooks (où Gene Hackmann jouait l'aveugle).

Boris Karloff n'était pas trop d'accord avec l'idée de faire parler son personnage. Mais la transition est préparée avec subtilité, et le discours se résume à quelques phrases et mots simples, et très évocateurs ("Friennnnnnd !") qui ont leur poésie. Je suis en fait gêné par le visage plus charnu du monstre de 1935, Karloff est de toute évidence moins anguleux, plus joufflu, surtout qu'il ne peut plus cette fois-ci retirer le bridge, ce qui lui permettait d'avoir cette joue droite creusée, parce qu'il en a besoin pour parler. Mais ces réserves sont compensées par la représentation particulièrement imposantes des souffrances du monstre, transformé de façon encore plus évidente que dans le premier film en figure christique (la façon dont il est lié au poteau par les villageois est sans équivoque).

Les personnages principaux se retrouvent enfin dans le dernier tiers, quand le film trouve enfin son centre. Whale a déjà su exploiter l'apport d'une vraie musique pour le film (aux débuts du parlant, on se contentait d'extraits de musique classique) avec des thèmes ou des leitmotivs associés aux personnages principaux composés par Franz Waxman. La photo et les décors, comme sur le premier volet, sont de tout premier ordre. Et quand la musique, la photo, le montage et les décors convergent, comme dans la séquence où Frankenstein et Pretorius donnent vie à la compagne, on atteint des sommets et l'on comprend pourquoi le film a été aussi marquant dans son mélange de macabre, de sublime et de grotesque, après leur simple succession durant le reste de l'histoire. Et bien entendu, il y a l'apparition finale, glaçante, de la fameuse promise (à nouveau Elsa Lanchester) et les derniers mots de la créature, pour un des finals les plus marquants du cinéma de l'entre-deux-guerres.

À noter :
- Whale devait ensuite enchaîner sur La Fille de Dracula, mais son planning s'avéra incompatible avec le calendrier prévu, à moins qu'il y ait renoncé du fait des contraintes de la censure, censure qu'il avait su contourner de façon très habile sur La Fiancée, comme l'affirme le documentaire en bonus. Le fait est que selon nombre de critiques, il y a un paquet de sous-entendus lesbiens dans La Fille de Dracula !
- l'actrice d'origine ayant eu un accident de voiture qui lui avait laissé des cicatrices, c'est une toute jeune Valerie Hobson qui incarne la fiancée, puis épouse, du baron. Elle est surtout connue pour son rôle de la veuve aristocrate dans Noblesse oblige et pour avoir été l'épouse de Lord Profumo (un ministre au cœur d'un scandale politique dans les années 60 en Angleterre). Elle s'en tire très bien
- c'est à l'inverse un des derniers rôles de Colin Clive (Frankenstein), qui mourut deux ans plus tard, de problèmes liés à son alcoolisme chronique. Son état s'est dégradé en quatre ans. Sa blessure de guerre au genou n'aide pas (il passe nombre de scènes couché ou assis) mais il reste un des acteurs définitifs du personnage, même diminué. Et sa disparition imposa au studio de mettre en chantier un "Fils de Frankenstein".
- Elsa Lanchester joue le double rôle de Mary Shelley dans le prologue (son décolleté plongeant valu au prologue d'être écourté, pour supprimer la plupart des gros plans) et de la créature promise au monstre. Dans ce dernier rôle, elle doit avoir avoir trois minutes maximum de présence à l'image, sans jamais dire le moindre mot, mais quelles minutes ! Rien que la coiffure avec ses mèches en zigzag rappelant les éclairs (mais aussi son caractère de serpent...) lui ont assuré l'immortalité. C'était aussi Mme Charles Laughton (le Dr Moreau dans une production Paramount du roman de Wells deux avant).
- La Fiancée de Frankenstein et La Fille de Dracula constituent les derniers films de monstres tournés par Universal sous la direction de Carl Laemmle père et fils, autrement dit de la période "classique". À partir de 1937, une nouvelle équipe prend la tête du studio, certaines autres figures clés se retrouvent marginalisées et la qualité des productions devient bien plus inégale.

L'image : très très très belle copie et très très bon travail de restauration. Contraste et netteté impeccable, pas de bidouillage inconsidéré. La séquence finale constitue un très bel exemple de ce qu'on peut aujourd'hui obtenir avec un film des années 30.

Le son : en progrès par rapport au premier Frankenstein, les nuances de la partition ou l'inflexion des acteurs passent sans problème. Mais ça reste un film de 1935...

Les bonus : encore un documentaire complet et bien fichu, abordant même les polémiques (le sous-texte homosexuel du film) dans son déroulement. Ça commence par un "Joe Dante présente" qui m'a vaguement inquiété (bien que j'estime beaucoup Joe Dante), mais il apparaît uniquement au début et à la fin. Il y a aussi un commentaire audio (pas écouté) et la kyrielle d'archives conservées par Universal. Pas de nouveauté ou de HD au menu, par rapport aux précédentes éditions DVD.



Et de mon côté, il me reste encore à voir : Le Loup-garou (la seule vraie franchise de monstres qu'Universal sut lancer après 1934), Le Fantôme de l'opéra et La Créature du lagon noir, deux films un peu moins représentatifs que ceux que j'ai couverts jusqu'à présent).
Sledge Hammer
 
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Message » 24 Jan 2013 1:16

Toujours aussi passionnant et captivant tes comptes rendu sledge. J ai hâte de regarder frankeinstein et la fiancé. Les 2 derniers qui me reste à visionner entre le job et les enfants c est chaud d avoir un peu de temps !! Fin de semaine j essaie. Vu que les experts sont éliminés. !! Ça me laisse une soirée !!!
jcdusse
 
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Message » 27 Jan 2013 1:11

Enfin j ai visualisé les 8 films. !! Et voici mon tierce
1. L homme invisible
2. Frankeinstein
3. Thé wolf Man.
À vous de jouer !
jcdusse
 
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Message » 05 Fév 2013 17:00

ba alors sledge !! j'attends tes derniers test !!
jcdusse
 
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Message » 14 Mar 2013 18:15

Le Loup-Garou (The Wolf Man, 1941)

Réalisateur : George Waggner

Synopsis : Larry Talbot, cadet d'une famille noble, rentre dans sa Grande-Bretagne natale après avoir grandi aux États-Unis. Il s'éprend de la fille de l'antiquaire du bourg local et se retrouve mordu par un loup qui attaquait une amie. Il découvre qu'il se transforme lui-même en loup lorsque la pleine lune monte.

En 1935, Universal (encore géré par les Laemmle) avait voulu rajouter le loup-garou à sa galerie existante de monstres. Le résultat, Werewolf of London (Le Monstre de Londres) n'avait pas marqué les esprits. Et quelques années plus tard, c'est déjà le reboot, confié au scénariste d'origine allemande Curt Siodmak (le frère de Robert). Les légendes sur les loups-garous étant plutôt confuses, Siodmak invente une partie des détails (notamment le coup de l'argent qui peut seul tuer la créature) et l'on confie le rôle de Larry Talbot, un type on ne peut plus "normal" à Lon Chaney, Jr, célèbre depuis son rôle de Lenny dans Des souris et des hommes.

Le Loup-Garou est un film relativement curieux, où j'ai senti une transition s'effectuer. On a encore le maquillage à l'ancienne du monstre réalisé par Jack Pierce (apparemment dérivé d'un essai à l'époque refusé pour Le Monstre de Londres), Bela Lugosi fait une brève apparition, le décor de village européen installé sur les plateaux d'Universal est mis à contribution, mais il y a déjà un glissement qui s'opère vers l'horreur plus psychologique des films produits par Val Lewton à la RKO à partir de l'année suivante.
De fait, le scénario original comportait deux idées intéressantes : Larry Talbot était à l'origine un simple installateur de télescopes qui passait au pays de Galles et le doute subsistait sur la réalité de sa transformation. Ce qui est très très proche des thèmes de La Féline, premier film produit par Lewton et réalisé par Jacques Tourneur. Siodmak co-écrira d'ailleurs le script du suivant, Vaudou.

Les deux idées sont abâtardies dans le résultat final. Lon Chaney ne fait guère aristocrate et il y a une amorce de conflit avec son père, joué par Claude Rains (moumoute ou pas moumoute ????), qui peut faire écho aux relations complexes que Chaney Jr entretenait avec Sr. Quant aux trucages qui établissent que Chaney se transforme bel et bien (et qui ne valent pas ceux de La Momie ou de L'Homme invisible), ils rendent lourdauds les dialogues sur la dualité psychologique de l'être humain et le désir peut-être subconscient de notre part animale qui peut prendre le dessus. Et on regrette, à la différence des films précédents du coffret, l'absence de patte du réalisateur, George Waggner n'ayant pas fait beaucoup d'étincelles par ailleurs.

Le mythe du loup-garou, tel que codifié ici, est en tout cas assez curieux, à mi-chemin entre Dracula (la contamination par une morsure à laquelle on survit) et Dr Jekyll et Mr Hyde, plutôt que du côté des légendes (rudimentaires) sur ce qu'est un loup-garou. Avec l'originalité, que, seul de tous les monstres de ces films, Larry Talbot n'est pas responsable (encore moins que le Dr Jekyll / Je Kill / I Kill) n'y peut vraiment rien, fait tout pour empêcher ça et ne pas assumer sa nature monstrueuse. Et c'est là où Chaney, plutôt débonnaire (mais très loin des talents de transformistes de son père) est parfait pour le personnage, un peu empoté mais mélancolique.

Et d'ailleurs, cet aspect du personnage vaudra à la deuxième tentative de Universal en matière lupino-garuvienne d'être la bonne, vu que Chaney/Talbot reviendra ensuite dans trois films, à la recherche du repos et de la paix qu'il ne peut pas trouver.

Les films en question sont apparemment moins intéressants, marquant en quelque sorte la décadence du cinéma d'horreur chez Universal. Ce seront des séries B où l'on fait revenir Dracula, la créature de Frankenstein, une ou deux momies et le loup-garou dans des mégamix histoire d'assurer les entrées.

L'image : Assez curieuse. On constate un certain progrès en netteté par rapport aux productions des années 30, tout cela est très stable, il y a un contraste plutôt bien fichu. Mais un bidouillage de l'image est assez évident. Il s'illustre notamment sur les contours. Chaque silhouette qui se détache sur l'arrière-plan est ainsi entourée d'un halo plus ou moins visible. Outre le fait de voir cet artefact, on est du coup assez gêné parce que pas mal de scènes tournées dans un décor ressemblent involontairement à de l'incrustation des acteurs sur un arrière-plan.

Le son : bien moins bidouillé que l'image, et surtout témoignant d'une dynamique bien plus étendue que sur les films précédents. Difficile de faire mieux à l'époque ou aujourd'hui... pour un film de cette époque.

Les bonus : repris des précédentes éditions du titre remontant à l'ère du DVD (outre les featurettes sur le centenaire d'Universal, il n'y a en fait qu'un bonus inédit sur tout le coffret, celui sur la restauration de Dracula). Ça reste tout de même du beau boulot et il est appréciable que l'on ait par exemple encore interviewé Curt Siodmak (qui a vécu 98 ans et qui est mort en 2000). On retrouve un documentaire centré sur le film et ses suites, présenté par John Landis (Le Loup-garou de Londres), un autre sur le mythe du loup-garou et ses avatars au cinéma et un dernier sur la carrière de Lon Chaney Jr (un peu meilleur que ceux sur Lugosi ou Karloff parce qu'il contient des images des ses films tournés pour d'autres studios).
Sledge Hammer
 
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Message » 14 Mar 2013 18:21

Le problème au niveau de l'image de Th Wolf Man, pour moi, le gros problème tient d'une image à la Universal tel qu'on en a trop l'habitude : DNR et EE à gogo, ce qui tranche d'autant que les films précédents sont autrement plus naturels côté image.
tenia54
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Message » 14 Mar 2013 18:33

tenia54 a écrit:Le problème au niveau de l'image de Th Wolf Man, pour moi, le gros problème tient d'une image à la Universal tel qu'on en a trop l'habitude : DNR et EE à gogo, ce qui tranche d'autant que les films précédents sont autrement plus naturels côté image.


Le Dracula de Tod Browning est assez bidouillé de son côté, mais l'état du négatif le justifiait et ça a été fait avec soin.
Là, effectivement sur Le Loup-Garou, il n'y a eu aucune vérification, les mecs ont passé leurs filtres sur la vidéo sans adapter ça en fonction des nécessités de chaque scène ou de chaque plan.
Le problème habituel de Universal, c'est qu'ils reprennent trop souvent de vieux scans d'avant la généralisation de la HD et qu'ils essayent d'en camoufler les défauts avec le DNR à gogo et du EE. Mais ici, la copie d'origine semble être bonne (le son a été très bien préservé), le scan semble être récent, les visages ne sont pas non plus cireux.
Donc je suppose que les techniciens en ont eu marre au bout du sixième (ou septièrme film) qu'ils ont dû caler leurs consoles sur des paramètres relativement standard et qu'ils sont partis fumer des pétards sur le toit du bâtiment en attendant que la machine ait terminé.
Sledge Hammer
 
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Message » 14 Mar 2013 18:50

Sledge Hammer a écrit:Donc je suppose que les techniciens en ont eu marre au bout du sixième (ou septièrme film) qu'ils ont dû caler leurs consoles sur des paramètres relativement standard et qu'ils sont partis fumer des pétards sur le toit du bâtiment en attendant que la machine ait terminé.


Tout pareil. Ou alors, 2 équipes ont travaillé sur l'ensemble du coffret, et les résultats différents proviennent de cela.
tenia54
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Message » 23 Mar 2013 17:11

sledge toujours aussi pro dans tes test !!
juste une question certes un peu hors sujet !
est que tu es fan aussi des vieux film de science fiction comme times machine avec rod taylor ( je précise ) ; le choc des monde , le guerre des mondes , forbiden planet etc ... bref le top de la science fiction des année 50 !
jcdusse
 
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Message » 01 Avr 2013 22:35

Je suis en fait plus fan des films anciens dans leur ensemble que plus particulièrement des films d'épouvante. Si je devais choisir un genre particulier, ça serait plutôt le film noir. C'est peut-être aussi pour ça que je préfère les films très stylisés et denses.
Ceci dit, j'ai Planète interdite et Le Jour où la Terre s'arrêta dans ma collection, ainsi que plusieurs Ray Harryhausen.

Mais passons aux choses sérieuses...

Le Fantôme de l'opéra (Phantom of the Opera, 1943)

Réalisateur : Arthur Lubin

Synopsis : Erique Claudin, violoniste à l'Opéra de Paris protège une jeune cantatrice dont il est en secret le protecteur. Atteint d'arthrite, il est renvoyé de l'orchestre et tente de publier un concerto de sa composition. Suite à un malentendu, il devient un meurtrier, aussitôt défiguré par l'acide, qui hante dès lors les coulisses et les souterrains du Palais Garnier. Dans sa folie, il veille sur sa protégée, courtisée par un chanteur de l'opéra et un policier, et, pour lui donner la chance d'être une vedette, tue tous ceux qui se dressent sur son chemin.

L'histoire des différentes adaptations au cinéma du Fantôme de l'opéra est une longue succession de compromis et d'occasions manquées.
La première version est tournée en 1925 dans la foulée de Notre Dame de Paris, histoire de donner à Lon Chaney une autre occasion de jouer de ses fausses difformités dans un cadre parisien. Après un tournage confus (le réalisateur fait l'unanimité contre lui) et un deuxième tournage confié à un autre réalisateur, c'est une troisième personne qui supervise une troisième version, qui a enfin le mérite de ne pas faire rire involontairement son public. Cette version finale rencontre même un grand succès public et l'interprétation de Chaney fait l'unanimité.
En 1929, avec les débuts du parlant, Universal essaye de relancer ce qui a été leur plus gros succès de la décennie et sonorise partiellement le film en en retournant une nouvelle fois une partie. La tentative reste bancale, Lon Chaney refusant de doubler ses scènes antérieures et interdisant par son contrat qu'un autre le double. La solution trouvée : la voix off du narrateur décrit ses propos.
Vers 1935, les Laemmle père et fils veulent profiter de la vogue de leurs films d'horreur et du prestige du film pour tourner un remake parlant. Le projet est interrompu par leur éviction de la direction de Universal.
Dans les années 40, le projet refait surface. Le côté film de prestige prend le dessus avec un tournage en Technicolor (encore très rare à l'époque), des acteurs qui prêtent leur propre voix aux scènes d'opéra et une dimension comique accentuée avec la mise au premier plan des deux rivaux auprès de la jeune Christine. Le réalisateur est Arthur Lubin (plutôt un spécialiste des comédies d'Abbott et Costello), Claude Rains joue un Fantôme qu'on ne voit qu'in fine sans son masque (et il a obtenu de Jack Pierce que le maquillage soit relativement discret).

Du coup, on est bien plus dans le mélo ou la comédie musicale que dans le gothique et l'épouvante, ce qui me pose un peu problème concernant l'inclusion du film dans le coffret. C'est une production un peu lourdaude avec beaucoup de numéros chantés (adaptés d'œuvres de Chopin ou de Tchaikovsky), une utilisation intensive du décor réplique de l'Opéra Garnier (fabriqué au départ pour la version de 1925), quelques mouvements de caméra intéressants. Les chanteurs sont plutôt convaincants (même si le baryton Nelson Eddy commence à avoir un double menton), c'est la partie comédie qui s'avère être plutôt gnangnan.
Côté frisson, j'ai été déçu. Avec le budget visiblement élevé, j'avoue être moins indulgent aux insuffisances du résultat. La scène où Claudin est défiguré est filmée de façon anecdotique, son Fantôme est souvent passif, assez fade à vrai dire et les révélations finales tombent un peu à plat.

L'image : une vraie déception. Comme d'autres l'ont relevé dans ce topic, l'alignement des couleurs est souvent médiocre. J'avais parfois l'impression qu'on était dans un film en 3D avec le vert et le rouge correspondant à chaque œil. Les couleurs sont également souvent assez fades, avec un virage sépia et violacé assez prononcé. Quelques scènes (le salon de Christine) et les premiers plans s'en sortent mieux. D'après Robert A. Harris, l'historien et restaurateur, Universal est parti d'un interpositif couleur pas tout jeune. Du coup, ça expliquerait que certaines couleurs aient passé plus vite que d'autre ou que l'alignement des couleurs primaires pose problème (les couches correspondant à chacune des trois couleurs n'ayant évidemment pas le même comportement chimique au fil des ans). Selon Harris, tout ceci aurait pu être facilement corrigé par une restauration, qu'Universal n'a pas mise en chantier.

[url]http://www.hometheaterforum.com/topic/317974-a-few-words-about™-universal-monsters-in-blu-ray/[/url]

Du coup, on a souvent l'impression d'un DVD upscalé, avec au passage des halos sur les plans contrastés. Bref, une occasion manquée. À quoi bon sortir un Blu-ray pas vraiment au niveau du reste du coffret quand en plus le film ne se raccroche que tangentiellement à l'horreur et à la monstruosité ?

Le son : impeccable, réelle dynamique (l'ouverture de l'opéra adapté de la 4ème de Tchaikovsky vrombit), timbres et voix sans distorsion.

Les bonus : un seul, mais de taille (plus de 50 minutes). Il s'agit d'une histoire des différentes adaptations (et tentatives d'adaptation) du roman de Leroux par Universal jusqu'à la version de Terence Fisher en 1962, avec Herbert Lom en vedette (dans un rôle écrit au départ pour Cary Grant). Plutôt complet, quoique un peu consensuel.
Il est intéressant après de visionner le bonus Centenaire d'Universal présent d'ailleurs sur les trois derniers disques du coffret. Il est consacré aux différents plateaux sur le studio d'Universal, qui sont pour certains encore debout après des décennies. L'occasion de voir à quel point le faux Opéra Garnier a servi ensuite à plein d'autres films ou comment le village "européen" apparaissait sous différents angles dans presque tous les films du coffret. Il me semble qu'à l'inverse la crypte londonienne de Dracula et son escalier circulaire sont réutilisés furtivement dans cette version du Fantôme.

Bon, il me reste encore L'Étrange Créature du lac noir...
Sledge Hammer
 
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