Hifi et Home-Cinéma

Installations — publié le 15 novembre 2003
VN:R_U [1.9.22_1171]
Note: 0.0/5 (0 votes)
© Texte : Bastien Cluzet ,Photos : Grégory Pigot. (Novembre 2003)
Un amateur éclairé de haute-fidélité qui construit sa salle dédiée avec un unique but : le meilleur compromis entre écoute musicale et home-cinéma… Avouez que cela méritait bien une visite !

Cliquez pour voir une version plus grande...
Vue générale écran baissé

Si vous suivez attentivement de mois en mois notre rubrique « Installations » – probablement car nous savons qu’elle est très apprécié ! – vous vous rappelez sans doute que nous avons évoqué dans notre numéro 51 avec l’installation de Marcel, le fameux dilemme : faut-il installer son système home-cinéma dans une salle dédiée, ou dans une pièce à vivre ? Voici pour l’heure, illustrée avec l’installation de mois, un autre grand sujet d’interrogation pour bon nombre d’amateurs de cinéma à domicile : la vraie polyvalence de leur installation, qu’ils souhaitent performante aussi bien en écoute hi-fi qu’en usage home-cinéma…

Musique et haute-fidélité d’abord !

L’installation d’Eric :
Salle dédiée en sous-sol :
dimensions principales
4 m x 5 m (17 m2 utiles)
Sources :
1) Lecteur de DVD/SACD/DVD-Audio Pioneer DV-747 modifié Cinematrix PSM1
2) Lecteur de CD Rotel RDC-991
3) Magnétoscope S-VHS JVC HR-S9600MS
4) Magnétophone à cassettes AIWA XK-S7000
Préampli-processeur :
Rotel RSP-1066 Dolby Digital Surround EX, DTS ES Matrix & Discrete
Amplificateur de puissance :
Thule 250B 5 x 100W
Enceintes :
Frontales : Cabasse Iroise MC (x2)
Centrale : Cabasse Goelette 500 blindée
Surrounds : Cabasse Ponant 302 (x2)
Diffuseur vidéo :
Vidéoprojecteur tri LCD Sony VPL-VW 10 HT
Ecran :
Da-Lite manuel format 4:3, 2m05 de base
Câblage et divers :
1) Siltech S3 argent ( principales)
2) Vivanco 4 mm2 OFC ( surrounds)
3) Numérique Wireworld Starlight
4) RG 316 masse totale et OGOPHON pour les liaisons analogiques audio
5) Vidéo coaxial fin 75 Ohms de chez Hifi-Cables pour la liaison Cinematrix -VPL-VW10HT.
Coût total de cette installation :
environ 30000 € travaux inclus.
Cliquez pour voir une version plus grande...
Vue générale écran levé

Grand amateur de musique depuis son plus jeune age, Eric ne s’intéresse au home-cinéma que depuis quatre ans à peine. Ce jeune ingénieur informaticien a regardé passer les cassettes hifi-stéréo, puis les laserdiscs, sans vraiment s’y intéresser…Ce n’est qu’en 1999, l’année où le DVD prend véritablement son essor en France, que notre ami décide de « bouger ». Jusqu’alors, il ne s’était donc essentiellement intéressé qu’à l’audio. Il possédait d’ailleurs une chaîne hi-fi de qualité, composée d’un amplificateur Sansui AU 117 et d’une paire d’enceintes JMLab 708 Olymp, complétée au fil des années par une platine TD Thorens, d’un lecteur de CD Yamaha puis Luxman, d’une platine K7 Sansui puis Denon puis enfin Aiwa, et d’un tuner JVC. Il achète, pour s’initier, son premier lecteur de DVD, un Samsung assez basique, qu’il branche d’abord sur sa chaîne hi-fi,

Cliquez pour voir une version plus grande...
Vue générale arrière

puis sur une mini chaîne Sony Dolby Prologic. Mais ses premières sensations « home-cinéma », il ne les découvrira que quelques mois plus tard, avec l’acquisition d’un projecteur PLUS U2-1070, un appareil de technologie DLP dont il projettera l’image sur un écran Da-Lite de 145 cm de base, acheté d’occasion.

Cliquez pour voir une version plus grande...
L’une des
deux Cabasse Iroise

Et là, une fois n’est pas coutume, Eric se retrouve dans une situation où c’est l’image qui va écraser le son ! Notre ami va donc étudier attentivement le marché pour essayer de trouver un intégré home-cinéma « audiophile », et des enceintes de qualité, pour compléter ses JMLab 708. La tâche s’avère ardue : il n’existe pas au catalogue du constructeur stéphanois d’enceinte centrale et surrounds idéalement conçues pour se marier avec ses 708 Olymp. C’est ainsi qu’il porte son choix sur une paire de Cabasse Iroise, après de longues heures d’écoute dans l’auditorium dont Cabasse disposait à l’époque à Neuilly (disparu depuis). Les Iroise sont deux superbes colonnes 3 voies, comprenant deux haut-parleurs de médium grave de 21 cm (21M18LB4N) encadrant le fameux médium/tweeter BC12, un transducteur deux voies dont la configuration coaxiale permet une parfaite mise en phase et une très grande cohérence en terme de directivité. Eric associe les Iroise avec une centrale Cabasse Goélette 500, et une paire de Cabasse Ponant 302, et finalement il acquiert un intégré Rotel RSX965 Dolby Digital et DTS pour alimenter le tout, l’appareil ayant très bonne presse à la fois auprès des audiophiles et des home-cinéphiles.

Enfin ma salle dédiée

Cliquez pour voir une version plus grande...
Le projecteur Sony 10HT

Tout le système est mis en œuvre dans un premier temps dans le salon familial – Eric et sa famille habitait un petit pavillon à cette époque- ce qui n’est pas sans générer quelques grincements de la part de Madame ( et on la comprend !). Le lecteur DVD Samsung est rapidement remplacé par un Sony DVPS-7700 équipé d’une carte Cinématrix PSM1…qui hélas s’avère incompatible avec le projecteur PLUS ! Notre ami Eric le revend sans trop y perdre sur Ebay, et rachète d’occasion pour 50% de sa valeur neuve un Sony VPL-VW10HT, dont la réputation n’est plus à faire qui totalisait à peine 80h, le célébrissime projecteur LCD WXGA dont l’association avec la PSM1 Cinématrix est, cette fois, particulièrement probante. L’intégré Rotel est lui aussi remplacé par un Marantz SR14 …mais Eric rêve maintenant d’une salle dédiée où il pourra profiter à loisir de son système, sans perturber la vie familiale ni subir les remarques répétées de son épouse, qui trouve décidemment que les grosses enceintes Cabasse dénaturent quelque peu sa salle de séjour !

LIENS INTERNET
Le catalogue Conrad est une mine d’or pour les outils et gadgets électroniques en tout genre. Vous y trouverez pour un prix modique (environ 30 €) un sonomètre analogique très pratique, qui vous permettra de régler avec précision les niveaux sonores de votre installation home-cinéma. Un appareil dont l’usage nous semble tout à fait indispensable.
Web :Conrad
Cliquez pour voir une version plus grande...
Lecteur de DVD Pioneer DV 747

Le projet prendra corps fin 2001, car Eric déménage pour habiter une maison bien plus grande, dotée d’un sous-sol dans lequel se trouve une pièce inutilisée de 4×5 m environ. Un ancien atelier pour machines-outils, qu’il décide bien qu’il soit en location de transformer en salle dédiée home-cinéma ! Sur les murs bruts de parpaings et sur le plafond, il accroche tout d’abord 70 mètres de gaines ICBT pour y faire passer tout le câblage aux diverses prises de courant, spots encastrés, pour l’alimentation du projecteur et naturellement pour tous les câbles audio et vidéo . Les murs sont recouvert de plaques de Placolaine ( placoplâtre BA13 + laine de roche 40 mm) vissées et collées.

Cliquez pour voir une version plus grande...
Détail de la connectique
du Sony 10 HT

Le plafond reçoit 10 cm de laine de roche en rouleau recouvert de BA13. Le sol en béton est ragréé, puis recouvert de plaques de Fermacell de 10mm : il s’agit d’un matériau mince très rigide, hydrofuge et incombustible, composé de 80% de gypse naturel et de 20 % de fibres de cellulose .Le Fermacell est un isolant phonique et thermique très efficace.

 

La touche finale : SACD et DVD-Audio

Cliquez pour voir une version plus grande...
Les électroniques

Les murs reçoivent au final un joli papier peint bleu nuit émaillé d’étoiles phosphorescentes du plus bel effet ( le papier vient du magasin Chantemur) ! La porte est isolée par une plaque de Fermacell doublée d’une plaque de liège de 10 mm. En tout, 300 heures de travail méticuleux et soigné, et un peu moins de 2000 € de matériaux, pour un résultat pour le moins réussi ! Le superbe meuble audio-vidéo est d’une conception assez originale : il est en Pierre du Gard, et il a été réalisé sur mesure par un artisan cheministe ; les plateaux sont en noyer massif et sont, à l’origine, des plans de travail de cuisine de chez Ikéa : 150 kg de pierre…pour une stabilité à toute épreuve ! Petit détail encore : le support plafond du projecteur est un simple pied de table raccourci acheté au BHV, complété par quelques cavaliers et une plaque en alu 4G pour faire une platine où est fixée le projecteur.

Cliquez pour voir une version plus grande...
Vue générale des électroniques
dans le superbe meuble
en pierre du Gard
Cliquez pour voir une version plus grande...
Préampli processeur Rotel RSP-1066

L’installation évolue encore sur le plan audio, avec le remplacement du Marantz SR14 par un ensemble préampli / processeur Rotel RSP 1066 + ampli de puissance 5 canaux Rotel RMB1075, que Eric rachète d’occasion sur le site Internet www.homecinema-fr.com . L’ampli de puissance Rotel est rapidement remplacé par un Thule PA250B, également acheté d’occasion sur le site www.thf.fr. Enfin, Eric profite d’une belle opportunité de passage au SACD / DVD Audio tout en conservant la solution PSM1 Cinématrix, en dénichant d’occasion un Pioneer DV-747 déjà équipé de la fameuse carte interne de désentrelacement et de scaling.

Cliquez pour voir une version plus grande...
De haut en bas :
platine CD Rotel
ampli de puissance Thule
K7 Aiwa

Eric en profitera pour peaufiner son installation sur le plan du câblage, en faisant l’acquisition de câbles secteurs de qualité pour tout les appareils, de câbles RG316 Masse Totale pour la liaison analogique DVD-préampli, câble OGOPHON pour la liaison préampli-ampli de puissance, un coaxial numérique Wireworld Starlight pour la liaison entre le lecteur de DVD et le préampli, etc…

Cliquez pour voir une version plus grande...
Lecteur de CD Rotel

Comblé par cette installation, les projets d’Eric concernent désormais principalement le changement du Sony VPL-VW10HT par un projecteur tritubes, mais uniquement à l’occasion d’un nouveau déménagement et de la construction d’une nouvelle salle dédiée, que notre ami envisage déjà plus grande : il vise principalement un Sony VPH-D50, un excellent modèle que l’on trouve désormais à des prix très attractifs sur le marché de l’occasion.

© Texte : Bastien Cluzet ,Photos : Grégory Pigot.

Nos impressions :
Cliquez pour voir une version plus grande...
Détail d’une des
Cabasse Iroise

Voilà une pièce confortable, bien finie, la couleur et l’aspect étoilé du papier peint sont particulièrement agréables. Juste une suggestion de décoration: un rideau épais de couleur sombre serait vraiment parfait devant les deux fenêtres située derrière l’écran. Cette installation est donc plutôt « audiophile », est-elle performante aussi en home-cinéma ? Voilà quel était l’objectif d’Eric, et disons que sur le plan des performances pure en audio, c’est une grande réussite ! Nous commençons nos écoutes par des extraits en stéréo de Deep Forest (WorldMix) et quelques passages de Piano Cascades (collection Solitudes). Puis nous poursuivons avec un passage de la version SACD du célébrissime album « Dark Side of the Moon » de Pink Floyd, et enfin nous terminons par l’album de Madonna « Music », et le morceau « Nobody’s Perfect ». L’écoute musicale nous semble de très haut niveau, l’image stéréo est ample et profonde, globalement très détaillée, très transparente, un peu mate parfois mais jamais agressive, avec un aigu très fin, un beau registre medium, équilibré et très neutre, et un grave rapide et très sec (un peu trop peut-être).

Cliquez pour voir une version plus grande...
Détail d’une des
Cabasse Iroise

Nous passons ensuite aux écoutes home-cinéma, avec tout d’abord le « Unplugged » des Coors, suivi d’un extrait de « Matrix » ( la scène de la terrasse avec le « bullet time »), et enfin une séquence extraite de « Mission : Impossible 2 » ( la course-poursuite à motos). Du coté de l’image : aucun problème, le Sony VPL-10HT reste un excellent projecteur tri-LCD, et il est particulièrement bien « dopé » par la Cinématrix, avec à la clé (entre autres) une bien meilleure définition et des couleurs plus justes et plus saturées : une comparaison rapide par la connexion directe s-vidéo achève de nous convaincre – si besoin est – des avantages indéniables de l’utilisation de la « PSM1 » avec ce projecteur.

Cliquez pour voir une version plus grande...
La collection de DVD

Pour ce qui est du rendu sonore en écoute home-cinéma, nous sommes moyennement convaincus par rapport à nos références. D’une part à cause du rendu très sec de l’ensemble, manquant de basses, ce qui dû en grande partie à notre avis (et fort logiquement) à l’absence de caisson de graves ! Eric craint que les basses ne se propagent vers l’étage d’habitation situé juste au dessus : certes c’est possible, mais nous sommes convaincus du contraire, dès lors que le niveau sonore du caisson est correctement réglé au sonomètre (voir encadré), et compte tenu de la très bonne isolation phonique réalisé dans la salle. La voie LFE ( Low Frequency Effect) est vraiment un canal à part entière au sein des pistes sonores multicanaux Dolby Digital ou DTS 5.1, dont il est très dommage de se priver : cela déséquilibre grandement la bande son en lui ôtant son coté le plus « spectaculaire , c’est à dire les graves qui viennent ponctuer les effets, et pas uniquement les explosions ! D’autre part à un certain flou, un manque de précision de toute la partie frontale et dans le rendu des effets, qui rend difficile une réelle immersion dans la bande son du film. Pourquoi ?

Cliquez pour voir une version plus grande...
L’une des surrounds
Cabasse

Plusieurs réponses sont possibles, mais les plus probables nous semblent provenir d’une part des enceintes, par nature très peu directives, ce qui est plutôt bien approprié à une écoute hi-fi, alors que pour une écoute home-cinéma on recherchera plutôt des enceintes ayant une directivité horizontale assez marquée, comme les enceintes THX ou les enceintes à pavillon, la part des sons directs par rapport aux sons réfléchis devant être prépondérante pour garantir la clarté des effets et l’intelligibilité des dialogues. D’autre part, un traitement acoustique absorbant, pour capter et réduire les réflexions primaires de la partie avant (le Fermacell utilisé est un bon « isolant » phonique mais il n’a pas de propriété sur le plan du « traitement » acoustique), réduira le temps de réverbération, et accroîtra la précision des effets en donnant de la clarté au message sonore en home-cinéma, notamment aux dialogues, en privilégiant encore une fois le son direct des enceintes au son réfléchi. Nous saluons quoiqu’il en soit l’excellent travail réalisé par Eric, et le soin apporté aux finitions de sa salle home-cinéma.

Cliquez pour voir une version plus grande...
Détail de l’enceinte
centrale Cabasse

Il nous semble donc assez difficile de réaliser une installation vraiment polyvalente, la hi-fi et le home-cinéma ne répondant pas forcement aux même « critères » sonores : un « compromis » est donc souvent nécessaire, mais sur des telles bases, et avec nos quelques suggestions d’améliorations, nous sommes convaincus que l’excellent potentiel de cette très belle installation pourra s’exprimer totalement. Merci Eric de votre accueil, et profitez bien de votre système home-cinéma !