Je voulais ma salle dédiée !

Installations — publié le 1 octobre 2003
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© Texte : Bastien Cluzet , Photos : Grégory Pigot. (Novembre 2003)

Voilà encore un pur passionné qui, ce mois ci, nous présente son système home-cinéma. Sa salle dédiée est l’aboutissement d’un rêve mais elle a nécessité beaucoup de sacrifices.

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Vue générale

 

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Vue arrière

Marcel fait partie de ces fidèles lecteurs de Cinéma Chez Soi qui, spontanément, nous envoie chaque mois leur «candidature», dans l’espoir que leur installation home-cinéma fasse l’objet d’un reportage dans nos colonnes. Le présent article est donc la preuve que nous portons la plus grande attention à toutes vos lettres et courriers : continuez à nous écrire et, qui sait, vous découvrirez peut-être un jour dans ces pages, votre propre système audio-vidéo… Marcel nous a fait dans sa lettre un descriptif assez détaillé de son système et de tout son historique, qui nous a vraiment beaucoup intéressé … il nous disait qu’il était un passionné de home-cinéma de la première heure, et qu’il avait, petit à petit, convaincu son épouse d’accepter l’aménagement dans la maison familiale d’une salle dédiée à sa passion, en y « sacrifiant » au passage une partie de sa salle de séjour… vous imaginez les réticences de Madame ! Le jeu en valait-il vraiment la chandelle ? C’est ce que nous allons découvrir plus en détails maintenant …

 

Ma maison et mon cinéma chez moi

 

A propos de …
Ecrin de France

Bien que notre hôte ait réalisé lui-même l’installation, le câblage et la mise en œuvre de son matériel home-cinéma, voici les coordonnées de la société qui lui a fourni, installé et réglé son projecteur tritubes :
Ecrin de France ( Eric Paillot) 
134 Bd de la Liberté
59000 LILLE
Tél 03 20 86 14 70
Fax 03 20 527 501
Gsm 0 680 580 780

Web 
E.mail : Ecrin de France
Website : www.ecrindefrance.fr

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L’intégré Onkyo TX-DS797

Notre ami Marcel est cadre à la SNCF, et à 53 ans, il aura la chance de goûter bientôt à une retraite heureuse et bien méritée. Il habite une maison qu’il a entièrement construite de ses mains en région parisienne, en Seine-et-Marne, pas très loin de Disneyland Paris ( décidemment, la région du parc d’attraction regorge de home-cinéphiles !). Le « cinéma chez soi », c’est pour Marcel une passion ancienne et tenace qui lui tient à cœur depuis près de vingt ans. Il commence en effet son parcours d’audio-vidéophile en 1985, par l’achat d’un système purement hi-fi, composé d’un ampli intégré Onkyo, d’un lecteur de CD Denon et d’enceintes Elipson. C’est à peu près à cette époque qu’il entreprend la construction de son pavillon, un chantier qui va durer quatre ans et qui va lui prendre toutes ses vacances et week-ends. Il branchera son magnétoscope stéréo sur sa chaîne hi-fi … et il découvrira un autre monde : le monde du home-cinéma .

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Le décodeur TPS
au dessus du lecteur de laserdiscs Pioneer

Bon nombre d’amateurs ont mis le doigt dans « l’engrenage » de cette manière …En 1995, il achète son premier ampli audio-vidéo : ce fut un Nakamichi, uniquement Dolby Pro Logic bien sûr, qu’il changera en 1997 pour un intégré Denon AVR-3802 qui lui apportera le Dolby Digital. Puis vint le fameux intégré Yamaha DSP-A1, qu’il jugea trop complexe, et enfin l’Onkyo TX-DS797, son ampli-tuner actuel : agréé THX Select, cet appareil 6.1 dispose notamment des décodages THX Surround EX , DTS ES Matrix et Discrete et Dolby ProLogic II.

 

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Détail de l’enceinte centrale B&W

Coté enceintes, il y eu aussi pas mal de changements ! Marcel renouvela ses Elipson par des Jamo 707i, complétées par une Jamo Center 200 en centrale ( utilisée aujourd’hui comme centrale arrière pour l’EX/ES) et des bipolaires Jamo Surround 300.

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Détail du caisson de graves

Très récemment, les Jamo ont été changées par un ensemble B&W DM série 600, comprenant deux principales DM 603 série 3, une centrale LCR 600, deux enceintes surround DM600, et un caisson de graves ASW 650. On retrouve sur toutes ces enceintes le même tweeter à dôme en métal de 2,5 cm, tandis que les principales sont dotées de transducteurs de médium-grave de 16,5 cm à membrane en fibres de kevlar tressées ( une spécialité B&W !) , et d’un boomer, également de 16,5 cm, à membrane aluminium. Le caisson est de type clos, il intègre un très beau haut-parleur de 30 cm à membrane papier motivé par un amplificateur intégré de 200W.

Trois lecteurs de DVD !?

L’installation de Marcel :
Salle dédiée de 5m x 3 m (15 m2) .


Sources :
Lecteur de DVD Sony DVPS-7700
Lecteur de DVD/SACD/DVD Audio Pioneer DV-747
Lecteur/enregistreur de DVD+R/+RW Philips 890
Juke-box 300 CD Sony CDP-CX33S
Magnétoscope S-VHS JVC HR-S7500MS
Récepteur satellite TPS


Amplificateur intégré :
Onkyo TXDS-797 THX Select


Enceintes :
Frontales : B&W DM 603 (x2)
Centrale : B&W LCR 600
Surrounds latérales : B&W DM 600 (x2)
Surround arrière : Jamo Center 200 (x1)
Caisson de graves : B&W ASW 650 (x1)


Diffuseur vidéo :
Vidéoprojecteur tritubes BarcoVision 708 MM, doubleur de lignes LiDo intégré


Ecran :
Toile occultante de 2m12 x 1m21 format 16:9 cadre bois peint en noir mat


Câblage et divers :
Câblage enceintes Real Cable
Câblage YUV et s-vidéo Mogami de chez Hifi-Cables
Télécommande universelle Marantz RC5000
Coût total de cette installation : 
environ 30000 €
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Le changeur 300 CD Sony

Marcel passe également par l’étape « laserdisc », avec d’abord un lecteur Philips, puis un Pioneer CLD 1950, et enfin un CLD 2950 autoreverse qu’il possède toujours. Son premier lecteur de DVD fut un Sony 715, remplacé en 2000 par un Sony DVPS-7700. En 2002, tenté par les nouveaux formats audio multicanaux – DVD-Audio et SACD- il fera l’acquisition d’un Pioneer DV-747. Enfin, il achètera l’année dernière un lecteur/enregistreur de DVD Philips 890 au format DVD+R/RW), essentiellement pour enregistrer en « qualité DVD » des films diffusés sur TPS. Aujourd’hui, tous ces lecteurs sont opérationnels au sein de son installation.

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L’une des enceintes
arrière B&W

Du coté de l’image, notre ami Marcel a commencé comme bien d’autres par un simple téléviseur 72 cm. Et, comme beaucoup, son système fût atteint du syndrome « du son qui écrase l’image » : en effet, un téléviseur semble vite bien trop petit vis-à-vis de l’ampleur des bandes son multicanaux : Marcel lorgne inéluctablement du coté de la vidéoprojection ! Nous sommes en 1995 : qu’existait-il à cet époque ? des tri-tubes, encore chers, lourds et complexes à mettre en œuvre… et les premiers projecteurs « mono LCD » (un seul panneau à cristaux liquides pour les trois couleurs), comme le fameux Sharp XV-315. La qualité, il faut bien l’avouer, très médiocre de ces appareils ( ils étaient peu lumineux, et leurs pixels faisaient plusieurs centimètres à l’écran !) permet

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>La centrale surround back

de mesurer les progrès ahurissants réalisés dans ce domaine…en moins de 10 ans ! Pourtant, notre ami Marcel, subjugué par la « grande » image, va néanmoins tenter l’expérience : le magasin Magma lui confie un de ces projecteurs mono LCD Sharp pour un essai à domicile. Marcel et son épouse vont donc passer toute la soirée à visionner les images délivrées par l’appareil. Peu convaincu, Marcel se relève en plein nuit pour tout démonter, et le lendemain il retourne chez Magma où il achète un téléviseur 16/9 ème 82 cm Philips ! Mais six mois plus tard, la magie de l’image projetée étant tellement tentante, Marcel s’offre un projecteur Philips LC2000, un tri LCD fameux et vraiment performant pour l’époque, et dont peut être certains d’entre vous se souviennent : il était également commercialisé sous la marque Vidikron Crystal One…

Passage au tritubes …

Web
Barco

Le site du constructeur belge Barco contient au format PDF les notices utilisateur pour tous les projecteurs de la marque. Si vous avez acheté un projecteur Barco d’occasion sans notice, rendez vous à cette adresse :
B&W

Le fabricant britannique d’enceintes acoustiques B&W dispose d’un superbe site Internet très complet et récemment traduit en français :
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Le projecteur tritubes
Barco 708MM

Marcel gardera le LC2000 pendant trois ans. Il le revendra pour acquérir un tritubes Barco 508, un tritubes d’entrée de gamme purement vidéo mais compact et très silencieux ( pas de ventilateurs) auprès de la société Ecrin De France, qui effectuera la reprise de son projecteur Philips. Trois années passent encore, et Marcel échange – moyennant finances bien sûr – auprès d’Ecrin de France son Barco 508 pour un BarcoVision 708 MM. Le 708 est une belle référence chez Barco, c’est un projecteur tritubes 7 pouces à focus électrostatique dont la fréquence de balayage atteint 50 kHz, ce qui le rend largement compatible avec les désentrelaceurs ( « doubleurs de lignes »).

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Détail de la connexion du Barco

L’appareil intègre d’ailleurs, outre une caméra IRIS3 facilitant les réglages de géométrie et de convergences, une carte doubleur « LiDo » par laquelle passent les signaux vidéo composantes entrelacés issus du lecteur de DVD Pioneer 747, tandis que les images provenant du décodeur TPS, du lecteur de laserdiscs et du magnétoscope SVHS arrivent au projecteur via l’intégré Onkyo par une liaison s-vidéo et bénéficient donc, elles aussi, du traitement de la carte LiDo. La plupart des câbles vidéo sont de marque Mogami et ont été confectionnés par la boutique Hifi-Câbles à Paris.

 

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Vue générale

L’écran est une simple toile occultante d’ameublement provenant de chez Leroy-Merlin, agrafée sur un cadre en bois rigidifié au centre par un tasseau. Ses dimensions sont 2.15 m de large sur 1.21 m de hauteur : son rapport d’aspect est donc 16:9. Le bord de l’écran est ceinturé de baguettes de bois peintes en noir mat. La finition est parfaite : notre ami Marcel est un habile bricoleur !

 

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Vue générale arrière

La salle dédiée de Marcel est une pièce de 3 mètres de large sur 5 mètres de long, aménagée directement dans une partie du living familial. Pour réaliser cette pièce, notamment pour monter la cloison qui la sépare du reste de l’habitation, notre ami a dû supprimer une partie de la cheminée. Décorée de figurines et d’affiches de cinéma, elle a néanmoins conservé en grande partie sa décoration d’origine : poutre apparentes en bois sur un plafond crépi blanc, tissus mural, sol carrelé, et deux larges portes fenêtres ouvrant sur le jardin. Un large et superbe canapé en L permet à toute la famille de profiter confortablement du spectacle.

Nos impressions :
 

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Détail
d’une enceinte surround

Confortablement installés dans le large canapé face à l’écran, nous laissons notre hôte le soin de faire le noir dans la pièce en fermant les volets et en tirant les épais doubles rideaux. Notre ami commence par nous faire écouter un peu de DVD Audio : il s’agit en l’occurrence de l’excellent album des Coors. Quel régal ! Nous sommes immédiatement impressionnés par le relief tridimensionnel de l’image sonore, répercutés sur tous les canaux disponibles, qui donne une ampleur sans comparaison avec un programme stéréo traditionnel.

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Détail du caisson de graves

Nous avons vraiment la sensation de nous trouver au milieu du groupe, entourés par les musiciens, la voix cristalline de la chanteuse au timbre parfait à une présence et une précision vraiment incroyable : décidemment, le DVD Audio est une belle invention, et représente une réelle avancée sur le plan de l’enregistrement et de la diffusion audio. Dommage que les disques enregistrés dans ce format ne disposent pas encore d’un catalogue plus conséquent !

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Détail de fixation du Barco

Nous continuons nos écoutes par un extrait de « X-Men 1.5 » en DTS. Il s’agit de la scène du train, particulièrement démonstrative et riche en effets et en graves… Les graves sont là, mais sans excès, les ambiances aussi mais un peu trop marquées… en fait ce sont les enceintes surrounds qui ne sont pas idéalement placées : une position un peu plus haute, et légèrement plus en avant, serait profitable. La centrale, l’enceinte la plus importante car c’est par elle que passe 80 % de la bande son, nous semble d’emblée excellente : claire, avec beaucoup de présences et de « corps » , les dialogues nous semblent bien intelligibles et se perçoivent sans effort. Les principales semblent du coup un peu en retrait ( problème de niveau ? ), et toute la scène sonore frontale semble un peu floue, manquant de précision et de directivité…Pourquoi ? En fait, les spectateurs sont un peu loin de l’écran ( le canapé est collé sur le mur arrière de la pièce), le rapport distance de visionnage / largeur de l’écran et donc l’écart entre les enceintes principales n’est pas idéal : Marcel gagnerai grandement à se rapprocher d’environ d’un bon mètre, l’immersion dans l’image de largeur relativement modeste ( un peu plus de deux mètres) serait elle aussi largement supérieures.

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Détail de fixation du Barco

Un écran transsonore, couvrant toute la largeur de la pièce, est aussi une suggestion d’évolution. Nous continuons nos écoutes avec quelques extraits de nos films fétiches, dont « Le Pacte des Loups » ( la scène des citrouilles) et « Gladiator » ( la bataille de Carthage). Sur ce dernier film, nous percevons clairement les défauts de désentrelacement du LiDo, notamment sur les bords de l’arène lors des travellings circulaires qui présentent des défauts d’aliasing. Toutefois le piqué et les couleurs sont superbes, et le rendu des noirs exceptionnel, inhérent à la technologie tritubes, nous a laissé une fois encore admiratifs ( et toujours convaincus !)

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Collection de DVD

Cette installation nous inspire au final quelques réflexions sur le débat salle « dédiée / intégration en pièce à vivre » des systèmes audio/vidéo, qui divise bon nombre de home-cinéphiles. Le gros avantage de la salle dédiée, c’est qu’on peut aller beaucoup loin dans le choix des matériaux et dans la décoration pour en faire une pièce vraiment adaptée, « dédiée » donc au home-cinéma : pas de fenêtres qui sont des sources de lumière parasites, une décoration très sobre et très sombre, pour être le moins possible distrait pendant le film et optimiser le rendu du projecteur, des appareils déportés ou dissimulés, des sièges de cinéma, du traitement acoustique, etc… Mais une installation intégrée a aussi ses avantages ! Plus conviviale, plus propice à un usage quotidien en famille, on peut plus facilement la faire découvrir à ses amis, avec ce coté « magique » de l’écran qui descend et qui transforme en quelques secondes un simple living-room en un home-theater.

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Détail de la connexion du Barco

Un peu de domotique et une décoration astucieuse et soignée ( faux plafond, reports de télécommandes, etc …) permettront de masquer totalement l’installation quand elle n’est pas utilisée. On reste donc au final un peu perplexe sur les motivations de Marcel concernant sa salle dédiée … mais ça nous à fait plaisir, une fois encore, de rencontrer un fanatique de home-cinéma qui pourra bientôt consacrer tout son temps à sa passion dévorante ! Merci Marcel pour votre accueil et votre gentillesse, profitez bien de votre installation et … bons films !