Test HCFR du casque Sennheiser HD660S

Test HCFR du casque Sennheiser HD660S

 

Comme dit l’adage musicalo-postal bien connu: “Colis reçu, colis ouvru, casque branchu”

Moriarty Echoes From The Borderline

Moriarty – Echoes From The Borderline

 

 

Le HD660 arriva, donc, un beau matin, par les bons offices des livraisons postales, au moment particulièrement bien choisi où j’étais justement en train d’écouter le dernier Moriarty sur Qobuz: Echoes From The Borderline. Live Recording & Auto-Bootlegs sorti par le Label Air Rythmo (et entendu sur France Culture en rentrant par l’autoroute la nuit), qui vient juste de sortir.

 

 

 

Dac MSB - ampli RKV3 - HD660S

Dac MSB – ampli RKV3 – HD660S

Un petit MacMini doté du player PureMusic, branché à une interface Stello U3, écoulait tranquillement son flux via un petit Vovox branché en AES/EBU sur un bon vieux DAC MSB Link 3, et lui-même (tu suis jusque là?) marié à mon petit RKV3, m’en faisait ruisseler les flots dans les feuilles. Tu me diras que j’aurais été en train d’écouter n’importe quoi d’autre, je l’aurais branché directement et que même si je n’avais pas été en train d’écouter de la musique, j’aurais fait pareil. C’est vrai, c’est vrai… Mais que celui qui n’a jamais été impatient de brancher un pareil jouet me jette le premier casque (lentement et en visant bien, que je l’attrape).

 

À froid, tout juste sorti du carton, le HD660 sonne peut-être un peu enrhumé dans le haut du spectre: ce qui me paraît normal; il aura besoin de tourner un peu avant de s’épanouir (une bonne cinquantaine d’heures sur une radio généraliste, ou, comme je l’ai fait, via une playlist kilométrique envoyée grâce à la magie d’Airplay vers un petit système secondaire, lui fait le plus grand bien). Mais, immédiatement, comme sous l’effet d’une tartine de rillettes maisons accompagnées d’une bonne bière (ben non, j’aime pas les madeleines, et j’aime pas le thé!), je retrouve ces bonnes vieilles impressions, souvent éprouvées durant les deux dernières décennies, d’une écoute globale sans complexe, très fluide, très agréable, une restitution superbe, qui plaît immédiatement et ne donne pas envie d’aller chercher midi à quatorze heures ni de s’échiner pour inventer la pendule à treize coups. Grand soulagement (et fin du suspense, peut-être), c’est un Sennheiser “typique”, pleinement dans la veine des HD600 et HD650 — avec, tout de même, des différences que j’entends aussi tout de suite, mais sans arriver à mettre le doigt (ou l’oreille) dessus pour autant. Évidemment, les amateurs d’écoute hyper cristalline, façon chirurgie faciale sans anesthésie, ou, à rebours (ou pour les plus pervers: en même temps), d’un grave à fendre les pierres, du genre Godzilla contre Hulk 2 La Revanche du Retour seront sans doute déçus.

 

Gainsbourg Love On The Beat

Gainsbourg – Love On The Beat

Pour suivre, et approfondir ce premier contact, écoute de l’album Love On The Beat de notre Gaingain national. Je retrouve dans mes notes les remarques suivantes: L’extension dans le grave me paraît satisfaisante et, si je me fie à ma mémoire et si cela reste à vérifier, la restitution me semble, dans ce registre, moins timide que sur le 600, et peut-être plus nette que sur le 650 ; les sifflantes (présentes d’origine dans cet enregistrement), me semblent peu agressives, ce qui paraît indiquer une petite atténuation dans l’aigu, une orientation très Senn — et très saine. Car, je te le dis tout net, pour ma part, je préfère vraiment, sur ce point, le pas assez au trop. De quoi écouter avec plaisir et sans aucun trouble la voix émouvante de Charlotte, délicieuse enfant de 13 ans à l’époque, et, malgré les couinements des vérolés très précieux, l’une des plus belles déclarations d’amour entre père et fille. La fameuse “ambiguïté” n’y est cultivée que par pudeur, ce en quoi n’entrent pas hypocrites, bigots, marmiteux boursouflés, cagots, cafards empantouflés et autres frappards écorniflés passés et présents. Le HD660 arrondit certains angles, certes, mais ça évite de se cogner dedans.

 

Savall Henricus Isaac

Savall – Henricus Isaac

Et, pour finir ce premier petit round, le dernier Savall: Henricus Isaac – au Temps de Laurent de Médicis et Maximilien I — sorti au printemps passé (en mai, fait ce qu’il te plaît) chez AliaVox en SACD (mais là, pas le courage de me lever et d’allumer le lecteur, tout ça à cause de Qobuz, toujours, qui est le meilleur allié des faignants), et dont je ne saurais trop recommander l’achat et l’écoute. Moi qui déteste l’opéra, les cantates et la musique classique vocale en général autant, voire plus, qu’Hadock, la Castafiore (et ce, sans même avoir jamais connu aucun cyclone dans la mer des Antilles), j’aime pourtant le baroque, y compris motets et chansons… Va comprendre et va savoir pourquoi… Comme dans l’album précédent, j’entends bien une petite atténuation dans l’aigu sur cet album, que j’ai pas mal écouté, l’été passé, avec l’AKG K1000 et le HD800 (quand il fait chaud, il faut des casques d’été, et donc, d’autres pour l’hiver: et voilà, comme ça tu sais pourquoi j’ai plusieurs casques).

 

Une lignée de Sennheiser: les HD565, HD600, HD650 et HD660S

Une lignée de Sennheiser: les HD565, HD600, HD650 et HD660S

Pour ma part, j’aurais évidemment préféré une version qui aurait tendu vers le HD545 “Reference”, de belle mémoire, ou, mieux, vers les aigus hyper aérés et la superbe stéréophonie de l’“Ovation” HD565 (car, déjà le HD600 était un poil en recul par rapport à eux, avec en contrepoids cette superbe fluidité, ce naturel qu’on lui connaît) — mais sans le côté “collé au casque” des 545 et 565 (je ne dirai rien des 540 I et II, car leur assise dans le grave était, selon moi, nettement en retrait par rapport aux suivants, donc…). Ça pourrait être la recette d’un casque à venir: La netteté et l’ampleur du grave du 660 + le médium/haut médium naturel, présent et évident du 600 + l’aération et la précision du 565.

Mais basta! reste que ça n’est pas du tout au détriment de l’aération générale, laquelle — car sur du Savall, ça ne pardonne pas — est nettement présente au rendez-vous. Et cela, sans compter que la définition et l’aération “façon 565”, déjà à l’époque, ne plaisaient pas à tous: certains, je m’en rappelle ont très nettement préféré le style du 600. Le HD660S reste, quoi qu’il en soit, dans la lignée de ses meilleurs prédécesseurs.

De plus, avec lui, l’extension dans le grave permet d’entendre de très belles percussions: écoutez A la Bataglia (plage 7), vous m’en direz des nouvelles. Et puis, il y a cette belle fluidité générale, cette absence totale d’agressivité et de stress, qui fait que le casque se laisse “oublier” — ce qui, d’ailleurs, me fait penser au HD600, plus qu’au HD650, avec un petit écart, qu’il va falloir que j’explore.

 

– le lien vers le sujet HCFR dédié au casque Sennheiser HD660S : http://www.homecinema-fr.com/forum/casques-sedentaires/sennheiser-hd-660-s-t30083151.html

 

 

 

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