Test HCFR du casque Sennheiser HD660S

Test HCFR du casque Sennheiser HD660S

HD660S 3

Sennheiser HD660S

“Le roi est mort, vive le roi!”

Test HCFR

par

Eric_dub (1ère partie p. 1 -> 7),

Julien_cleriensis (2ème partie p. 8 -> 9),

André_ajr (3ème partie p. 10)

 

 

 

Devant l’article fort riche de mon collègue Eric_dub et par manque de temps je vous l’avoue bien volontiers, je ferai concis, on ne lutte pas contre la plume aux envolées lyriques d’un dub national au talent littéraire aussi affirmé que notre regretté Jean d’Ormesson. Aussi quelques mesures et quelques analyses que je rendrais les plus objectives possibles.

 

Que donne notre ami HD660S face au légendaire HD600, le roi des bandeaux de console depuis plus de deux décennies?

Certes pas de doute là-dessus il s’agit bien d’un casque Sennheiser, il en a la livrée et les caractéristiques sonores.

Côté livrée :

Je trouve qu’il est un peu dommage que Sennheiser n’ait pas sur ce coup, vu les choses en peu plus en grand, c’est assez plastique et ennuyeusement sombre, comme si la cible était avant tout les professionnels du son dont je suis. Certes nous aimons le sobre, mais point le sombre, quoique sombre soit sobre auquel on rajoute M… certes, parfois je ne suis pas la logique.

Hormis cela, la boîte en carton dur ancestrale est de bonne fabrication, toujours pas de système de fermeture, ce qui est quand même très très ballot comme on dit, là aussi une petite amélioration aurait été bienvenue, celle qui a vu des HD600 et des HD650 depuis des décennies avec en sus un adaptateur mini-jack, il est loin le temps de nos walkmans Sony.

Aujourd’hui il y a pléthore de DAP qui soumettraient à leur guise des casques autrement plus exigeants que ce HD660S. Car oui parlons-en, il est assez simple à bouger, certes il faudra comme bon nombre des casques électrodynamiques, veiller à lui choisir un ampli avec une impédance de sortie très basse, sous peine de voir le bas-médium se prélasser un peu trop ostensiblement.

Pour le reste peu de watts seront nécessaires pour le faire chanter, mais sans aucun doute une électronique de qualité et de mon point de vue rigoureuse, sera tout particulièrement recommandée. J’ai pour ma part utilisé la sortie casque de mon interface professionnelle merging HAPI et mon fidèle Lehmann BCL.

Le Lehmann BCL a été l’ampli sur lequel ont été conçus des casques prestigieux comme le HD800, donc un allié de choix dans l’écoute des casques Sennheiser.

 

Côté son :

Ce côté Son, je le qualifierais d’hybride entre un HD650 et un HD600. Il reprend la précision du son d’un HD650, l’améliore encore, avec une signature entre un HD600 et un HD650 en y rajoutant plus de définition dans le grave et dans une moindre mesure dans le médium. Cela dit je n’affirmerais pas cela, car je n’ai pu faire de comparaison directe entre le HD600 que je n’ai plus et ce HD660S, car ayant possédé à la fois un HD650 et un HD600 pendant des années, je me fie à mes impressions sur ce point précis, il est important de le souligner.

Je regrette donc la plus grande rigueur fréquencielle du HD600 et j’attendais d’avantage un super HD600, qu’un hybride HD650-600. Mais je constate et c’est en contradiction avec la livrée sus-décrite, qu’il a un penchant d’avantage hifiste que monitoring, mais hifiste équilibré, redoutablement équilibré.

D’un point de vue hifi, il est assez réussi, l’équilibre spectral est réussi et cohérent, jamais agressif, au détriment d’un petit manque d’aération, car sur ce point un LCD-2F sonne plus incisif et plus ouvert. Il y a juste ce qu’il faut de rondeur dans le bas-médium, un peu flou par rapport à des casques plus ambitieux, le grave chute un peu court, mais c’est le lot de nombreux casques electrodynamiques, on a l’impact mais pas l’énergie.

Les différences en terme de réponse fréquencielle ne sont pourtant pas énormes entre un LCD-2F et un HD660S, ces deux là sont des faux-jumeaux, tant la signature de l’un rejoint celle de l’autre, c’est très étrange, les deux venant de contrées bien différentes.

comparaison fréquentielle, HD660S en vert et LCD-2F en jaune, canal droit, le trou à 6,8 khz est un artefact de mon rig de mesure.

Cependant, là encore, bien que le haut-médium (entre 3khz et 5khz) soit très légèrement plus énergique sur le HD660S que sur le LCD-2, ce dernier sonne plus ouvert et diablement plus détaillé sur tous les registres, surtout sur le grave qui a plus de texture et d’extension, le bas-médium, point très fort du LCD-2 est beaucoup plus défini, c’est bien normal me direz-vous on ne boxe pas dans la même catégorie, ce à quoi je vous répondrais, oui, sur ce coup, car parfois on a des mauvaises surprises.

On a donc un son de haute tenue, pas loin en qualité de celui du LCD-2 pourtant deux fois plus cher et qui demeure pour l’instant à mes oreilles et aux mesures le meilleur rapport qualité prix du marché actuel, très bien placé en rapport du coût de l’engin, inversement proportionnel à sa modeste qualité esthétique, de la belle ouvrage, messieurs, ou mesdames d’ailleurs, les allemand(e)s, bravo.

 

Le son Sennheiser.

J’en parle parce qu’il y a bien un son Sennheiser, que l’on retrouve sur tous les modèles que j’ai eu sur les oreilles, ce n’est pas une signature fréquencielle typique, comme chez Grado, en effet qui pourrait affirmer qu’un HD800 sonne comme un HD600 ? Alors que très certainement il y a une filiation forte entre un SR380i et un PS1000.

Non c’est je crois, la vision d’un constructeur, une idée qu’il se fait d’un son neutre, comment un transducteur apporte le moins possible sa patte… encore une fois pas en équilibre fréquenciel, à mes oreilles un HD800 n’est pas équilibré, là où un HD600 à mon avis fait beaucoup mieux sur ce point, mais dans la manière de reproduire ce son.

Il y a quelque chose d’aseptisé, ce qui par contradiction, donne à mon sens l’inverse du but recherché, tout sonne de manière un peu systématique, comme l’odeur d’une voiture neuve, ça sonne un peu plastique, un peu trop uniforme, comme légèrement flouté, homogénéisé, on a pas la rutilance des cuivres, le grain des cordes n’est pas tout à fait crédible et semble toujours identique d’un orchestre à l’autre. Pourtant tout est à peu près là sans déséquilibre outrancié.

Bref il n’y a pas de critique à formuler, sauf que peut-être on attendrait d’un casque visant à mon avis, un public plus hifiste que professionnel (c’est là sa différence avec un HD600 et sa similitude avec un HD650), soit d’avoir une personnalité un peu plus marquée, soit d’être plus versatile et par conséquent plus neutre, finalement on s’éloigne de l’intransigeance d’un rendu monitoring ou la moindre information musicale transparaît immédiatement, comme ce fut le cas lors de mes deux écoutes récentes de deux systèmes de monitoring hors norme, les SM9 de Focal et les A-21M de PSIAudio. Tous les enregistrements passent bien, on perçoit les déséquilibres quand ils sont marqués, mais ça arrondit un peu les angles, encore d’avantage que le LCD-2, qui est plus précis plus monitoring du coup, tout en ayant une signature très proche.

 

Réponse fréquentielle HD660S, canal droit bleu clair, canal gauche bleu foncé, lissage à 1/12, on remarque un appairage absolument exemplaire.

Réponse fréquentielle HD660S, canal droit bleu clair, canal gauche bleu foncé, lissage à 1/12, on remarque un appairage absolument exemplaire.

L’image est assez casque, elle n’est pas aussi précise que des casques plus ambitieux comme l’Utopia par exemple, pour deux raisons, le léger manque de définition générale et la trop grande latéralisation qui semble être une marque de fabrique chez Sennheiser au détriment d’un sentiment de profondeur, néanmoins elle reste bien construite aidée en cela par un appairage des drivers exemplaire, ce qui est à souligner dans cette catégorie, vraiment exemplaire et une réponse fréquencielle très homogène et équilibrée.

Tout ce propos est à remettre dans un contexte, car on est dans une gamme quand même relativement accessible et sur ce point, il n’y a pas grand-chose à dire, c’est efficace, rigoureux, niveau performance on en a pour son argent, c’est un peu plus performant qu’un HD600 pour un peu plus cher, la logique est respectée, ce qui tend a devenir exceptionnel dans le monde des casques de nos jours, c’est assez net pour le souligner. Si d’avantage, les messieurs de Sennheiser me lisent je leur tire mon chapeau, mais je leur demande comme une grâce…

… faites nous la prochaine fois un BEAU casque, il ne suffit pas qu’il soit BON. Et sans pour cela chercher dans l’extravagance…

 

– le lien vers le sujet HCFR dédié au casque Sennheiser HD660S : http://www.homecinema-fr.com/forum/casques-sedentaires/sennheiser-hd-660-s-t30083151.html

 

 

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