Test HCFR du Focal Clear, casque audio

Test HCFR du Focal Clear, casque audio

Compte-rendu de Hubert_Agnostic1er

 

En préambule: Ce casque a été aimablement prêté à l’Association HCFR pendant une semaine par Les Artisans du Son, à Mulhouse, ce dont je les remercie vivement ici.

Addenda Hugo : Les Artisans du Son à Mulhouse, chez qui le Samedi 21 Avril 2018, auront lieu :

Ma Passion de l’audio est d’abord tournée vers l’étude et la conception d’enceintes acoustiques à vocation domestique, mais depuis peu je m’intéresse également au domaine particulier des casques d’écoute. Par essence je suis donc un objectiviste… mais j’ai aussi, comme les subjectivistes, une paire d’oreilles.

Je n’oppose pas ces 2 attitudes, mais m’efforce plutôt de chercher les raisons techniques de la sonorité d’un transducteur. Bref, mon compte-rendu suivra donc ce principe.

S’il me fallait définir la sonorité du CLEAR en 2 mots, ce serait: précision et détails. L’audibilité des détails vient d’abord et avant tout des fréquences comprises entre environ 1 et 4kHz. La matité, ou son contraire la brillance ou l’éclat, c’est différent, ça se passe un peu plus haut en fréquences. La capture “équilibre tonal global” met parfaitement en lumière cette caractéristique du CLEAR: le 1 à 4kHz a un niveau plus élevé par rapport à ma courbe-cible idéale, courbe définie en fonction des caractéristiques de mon système de mesures.

Ceci étant dit, et pour continuer sur la lancée, parlons un peu de son équilibre tonal global: un équilibre tonal est grossièrement défini par le rapport des niveaux sonores entre les fréquences inférieures et celles supérieures à 1kHz. Sur cette même capture, la courbe est lissée au 1/1 d’octave, c’est un lissage extrême que j’ai retenu ici car il permet justement de se rendre compte de l’équilibre tonal général. Et là, on voit bien que le CLEAR propose un équilibre tonal clair, à mes oreilles et en comparant sa réponse avec ma courbe-cible idéale.

En conséquence, certaines notes et voix ont un caractère très légèrement maigrelet qui cependant n’affecte pas les timbres. D’aucuns me rétorqueront qu’à leurs oreilles le CLEAR possède une tonalité parfaitement équilibrée, ce que je peux tout à fait entendre… mais ce n’est pas vraiment mon opinion, et ce à quelque niveau d’écoute et même sur des enregistrements très qualitatifs où il manque un chouia de densité pour me combler. Cependant j’admets que je suis particulièrement sensible au caractère dense d’une reproduction, mes 2 casques étant l’Odin et un Audioquest Nighthawk modifié.

Les notes sont parfaitement détourées et il y a beaucoup d’air entre les instrumentistes. Le médium élargi ne montre aucune coloration, si ce n’est une petite bosse de niveau à 1.3kHz, cette bosse, minime, étant peut-être responsable du caractère légèrement artificiel que j’entends de temps en temps, faisant descendre d’un demi cran le naturel de la reproduction. En effet, certaines voix ont parfois un caractère très légèrement nasillard. Pour autant, je qualifierais cette partie du spectre comme étant très proche d’une fidélité totale au signal. De ce point de vue, c’est du très haut niveau, c’est certain. A noter que les résonances entre 1 et 2kHz à -40/50Hz visibles sur le burst-decay sont un artefact de mesure dû aux cups acoustiquement transparentes et aux ondes réfléchies dans la pièce d’écoute qui rentrent dans le casque lors de la mesure.

Dans le domaine temporel, par opposition au domaine fréquentiel, un burst-decay est, au même titre qu’un CSD_waterfall, représentatif des ondes primaires et surtout de résonances dues soit à l’environnement (charge arrière et avant dans le cas d’un casque), soit à l’équipage mobile lui-même. Elles participent à la réponse en fréquence totale. Ici on se rend compte de l’extrême pureté de la restitution des fréquences du sous-grave jusqu’au haut-médium: aucun traînage ni résonance ne sont visibles. Sur toute cette gamme de fréquences, les distorsions sont également très bien maîtrisées et la linéarité exemplaire.

On est donc ici en présence d’un sous-grave, d’un grave, d’un bas-médium et d’un médium PARFAITEMENT restitués, tant subjectivement qu’aux mesures, et dont les imperfections sont complètement rejetées en dehors du seuil d’audibilité. Ceux qui seraient en opposition à ces commentaires doivent à mon avis chercher ailleurs les raisons de leur ressenti.

Concernant l’aigu, on constate 2 points particuliers: des distorsions très basses, mais aussi un decay assez prononcé sur les pics à 4/5 et 10kHz. Le decay étant l’affaiblissement d’un signal au cours du temps. Ce sont ces résonances qui “font” le niveau de l’aigu sur le CLEAR. Sans elles (si elles étaient amorties), ce niveau serait nettement moindre. Alors la question qui tue: ça s’entend ça? euhhh… oui, un petit peu mon général. Et qu’est-ce-qu’on entend alors? eh bien un aigu avec un caractère parfois légèrement perçant. Pas très affirmé certes, parce que le niveau n’est pas monstrueux, mais quand-même présent de temps en temps, surtout sur les enregistrements avec un aigu énergique (voix proches du micro, sifflantes etc…). Hormis ce point particulier, l’aigu du CLEAR est retranscrit avec exactitude et une très belle finesse.

En dépit d’un niveau d’aigu élargi assez élevé, je n’ai pas trouvé que le CLEAR soit un casque pourvu d’un extrême-aigu puissant, mais il faut que je confesse que je n’entends vraiment plus grand chose au-delà de 14/15kHz.

Quant aux plans sonores, s’ils sont très bien retranscrits en profondeur, ils le sont moins en largeur, latéralement un peu confinés au niveau des oreilles.
Les prolongements de notes et les réverbérations sont correctement restitués, mais pas mis en exergue non plus.

Et la dynamique? je dirais bien présente et surtout “juste” car bien distribuée sur tout le spectre. Toutefois, la clarté du CLEAR l’empêche parfois d’en bénéficier sur certains types de musique ou sur des enregistrements imparfaits, certaines notes ou voix pouvant alors devenir agressives, surtout à niveau d’écoute soutenu/réaliste.
Pour ce qui est des attaques, elles font preuve d’une excellente rapidité et d’une grande maîtrise sur toute la bande passante; les impacts font donc preuve d’un réalisme indiscutable.

En conclusion :

Globalement le CLEAR est un excellent casque qui fait de merveilleuses choses. J’imagine que son caractère clair et sa limpidité générale le feront certainement apprécier de ceux qui recherchent ces traits. Ils lui pardonneront aisément ses quelques petites imperfections. Le plaisir ressenti à l’écoute de la musique enregistrée est le résultat d’une alchimie complexe et parfois paradoxale. Les imperfections du CLEAR, tout en restant légères et peu nombreuses dans l’absolu, seront certainement ressenties différemment selon les individus et leurs attentes.

Personnellement je reste un petit peu réservé: il manque un chouia de fun, de densité, et, de rares fois, de naturel. Tout ça à cause d’un équilibre tonal qui ne me sied pas et d’un haut-médium et aigu un peu trop présents.

Le Focal CLEAR est un casque de très haute qualité technique, indéniablement, équipé de drivers d’une technicité poussée et ultra maîtrisée, certainement ce qui se fait de mieux à l’heure actuelle dans les électrodynamiques. Il me fait penser au Sennheiser HD800, tout en étant différent et sans le côté éthéré de ce dernier.

Les plus-plus : équilibre tonal (pour ceux qui l’aiment clair), absence de colorations, résolution, très large bande passante. Parfait appairage des 2 drivers sur l’exemplaire de prêt.

Les plus : respect des timbres, dynamique, profondeur des plans sonores, attaques.
Dans la moyenne: largeur des plans sonores.

Les moins : équilibre tonal (pour ceux qui privilégient la densité), haut-médium et aigu un peu trop énergiques, léger manque de densité, peu conciliant envers les enregistrements médiocres et décharnés; cette dernière caractéristique n’étant pas un défaut en soi, et même une qualité prouvant une forme avérée de neutralité.

Les moins-moins : rien.

 

Matériel utilisé: CLEAR branché avec son câble jack 6.35, lecteur CD, DAC 32/384 avec AOP dexa special edition à composants discrets, ampli transistor full composants discrets ultra linéaire et très faible impédance de sortie. Le CLEAR, de par son impédance irrégulière (pas un défaut en soi), devrait gagner en densité avec un ampli à impédance de sortie assez élevée (grave et bas-médium plus conséquents), a priori autour de 25 à 50 ohms devraient parfaitement lui convenir, sans risque de trop désamortir son sous-grave.

Types de musique écoutée: surtout blues, pop anglo-saxonne, musiques du monde, jazz, électro, et quelques musiques sérieuses, concertos pour piano, orchestre d’harmonie, grandes orgues, symphonique. Enregistrements de qualité variable.

Je laisse mes collègues vous entretenir de ses qualités de port, packaging, finition et accessoires.

Hubert_Agnostic1er
HCFR – Avril 2018

 

– lien vers le sujet HCFR dédié au Focal Clear : http://www.homecinema-fr.com/forum/post179360264.html#p179360264

 

 

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