Compte-rendu d’utilisateur HCFR du Sony VPL-VW870ES, projecteur laser 4K

Compte-rendu d’utilisateur HCFR du Sony VPL-VW870ES, projecteur laser 4K

Pléthore de processings et Filtres, les acquis des générations précédentes

Dans un univers purement concurrentiel, les processings vidéos définissent la force et la singularité de Sony. Ces acquis technologiques découlent des générations précédentes de vidéoprojecteurs mais aussi des téléviseurs qui figurent parmi ceux capables de délivrer les plus belles images disponibles. Ce n’est donc pas un hasard si le VPL-VW870ES utilise le fameux processeur Sony X1TM Extreme. Sous ce terme très marketing se cache un processeur très puissant dédié à la vidéo dont les ressources ont permis d’appliquer l’ensemble des traitements vidéos jusqu’aux résolutions 4k/UHD.

La volonté est double, optimiser les nouveaux formats et traiter au mieux les reliques qui présentent malheureusement des défauts. Car si le VPL-VW870ES est destiné aux images en très haute résolution, la SD et la diffusion télévisuelle compressée persiste et il serait dommage de ne pas disposer des outils nécessaires sur un vidéoprojecteur comme celui-ci. Certains Bluray présentent aussi des défauts et ce ne sont pas les versions UltraHD qui seront toujours parfaites.

Mise à l’échelle et gestion des détails, toujours le best.

C’est bien simple, à ce jour il n’y a pas un seul vidéoprojecteur dont les processings sont capables de rivaliser avec le Reality Creation de Sony. Le système fonctionne toujours sur plusieurs niveaux et propose différents outils d’optimisation dont le fameux DFO.

Pour rappel le Reality Creation est un algorithme intelligent qui travail sur une base de donnée lui permettant d’adapter au mieux le processing. Cela veut dire que le système est intelligent et va non seulement effectuer une analyse par trame mais aussi qu’il va « comprendre » ce qui compose une image. Le travail de l’algorithme s’adapte alors aux différentes textures et applique une distinction entre elles. Il en résulte une mise à l’échelle précise, sans double contour et avec peu de bruit ajouté.

Prometheus DVD

Prometheus Bluray

Prometheus Bluray UHD

Le Reality Creation dispose de deux ajustements. Un ajustement de Resolution qui agit comme un accentuateur de détails et qui travail sur la précision des textures. Un filtre anti bruit (Noise Filtering) asservi qui va servir de nettoyeur et de pondérateur à Resolution. Un juste dosage permet d’accroître considérablement la netteté et les détails perçus tout en prévenant d’une hausse du bruit, voir son nettoyage.

Reality Creation ON : accentue les détails et la densité des textures

Reality Creation OFF

Le RC propose aussi une option spécifique aux films Bluray « Mastered in 4K ». Il s’agit d’une petite liste de films issus de master 4K sur lesquels la colorimétrie et la gestion des détails est spécifique. Le RC joue alors sur une base de donnée dédiée et va moduler la rehausse de détail en conséquence. Enfin le fameux DFO asservi à l’optique que nous avons détaillé un peu plus haut.

BLURAY WORLD INVASION: BATTLE LOS ANGELES

BLURAY WORLD INVASION: BATTLE LOS ANGELES « MASTERED IN 4K »

Que signifie « remastérisé en 4K » ?

Sony Pictures Home Entertainment a sorti des films sur Blu-ray Disc remastérisés en 4K et optimisés pour les diffuseurs Ultra HD 4K. Ces films Blu-ray Disc incluent les technologies suivantes pour produire la meilleure qualité d’image haute définition possible et offrent une conversion ascendante pour créer une expérience 4K satisfaisante :

  • L’utilisation de masters de film en 4K créés depuis une source vidéo numérisée sous forme numérique à une résolution supérieure à la 4K ou réalisés avec des appareils photo numériques 4K qui fournissent une image plus précise et détaillée.
  • L’utilisation du gamut de couleurs x.v.YCC pour le master de film 4K offre une gamme étendue de couleurs riches contenues dans la source lors d’un visionnage sur un téléviseur haute définition compatible avec les caractéristiques x.v.YCC.
  • Sony a travaillé en collaboration avec Sony Pictures pour optimiser les algorithmes de down-conversion des masters de films 4K pour offrir une conversion ascendante avec le moteur X-Reality Pro 4K de Sony lors du visionnage sur un téléviseur ou un vidéoprojecteur 4K.

En plus du RC, le VPL-VW870ES dispose également d’un filtre de netteté (sharpness) classique moins élaboré, plus arbitraire mais tout de même efficace.

 

Motion Flow, le fluidificateur par Sony

Il s’agit de la même version déjà présente sur le VPL-VW760ES et la plus aboutie actuellement. Le débat Motion Flow versus le reste du monde ou comme simple légitimité est certainement le plus subjectif qui soit. De part leur nature les fluidificateurs de cadence d’image tronquent le rendu originel du film. Certains adorent, d’autres détestent et comme tous les constructeurs usent de leur propres algorithmes, l’affinité du traitement dépendra aussi de la marque du diffuseur. Autant dire que l’évaluation objective est impossible. La seule certitude, le MF du VPL-VW870ES présente très peu d’artefacts et s’avère efficace. On aime ou on n’aime pas ! Je vous laisse juge, n’étant pas fan de ce genre de système je ne pourrai pas donner d’avis modéré. J’ai tout de même testé et confirmé la différence des modes proposés sur le VPL-VW870ES et leur efficacité pratique face à la théorie du descriptif de la notice (en bleu mon avis personnel) :

  • Impulsion : Reproduit la qualité d’image originale. L’image peut donc scintiller, comme au cinéma. Ce mode ne présente pas beaucoup d’intérêt. En effet afin d’éviter le scintillement, tous les vidéoprojecteurs diffusent à des fréquences élevées. Avec ou sans interpolation de trame c’est indispensable pour le confort visuel. Impulsion est le seul mode disponible lorsque l’input lag reduction est enclenché et lorsque la source est 4096 × 2160. D’autre part ce mode laisse apparaître des artefacts chromatiques sur les vidéos en 24 images secondes. Impulse sera a considérer probablement qu’en cas de vidéo en 50 ou 60 images seconde. En effet Impulse est le seul mode Motion Flow disponible lorsque l’Input Lag Reduction est enclenché. Cela correspond à un usage jeux vidéo dont les cadences sont généralement 60 images seconde sur les consoles dont la PLaystation 4 Pro faite pour le 4K.
  • Combinaison : Réduit le flou de mouvement tout en préservant la luminosité des contenus dont les images défilent à grande vitesse. Il s’agit d’un mode intermédiaire relativement polyvalent. Je ne l’ai pas trouvé pénalisant voir même plutôt bon et naturel. Je l’ai laissé enclenché pour regarder les films.
  • Fluide haut : Fluidifie les mouvements de l’image, spécialement dans le cas d’un film. Il s’agit du mode Motionflow le plus puissant et le plus fluide. En conséquence l’effet caméscope est fortement marqué. Il ne conviendra pas à tout le monde ni à tous les types de programmes vidéos.
  • Fluide bas : Fluidifie les mouvements de l’image pour une utilisation ordinaire. Ce mode a pour but de fluidifier modérément la cadence vidéo. Il conviendra aux personnes qui souhaitent un rendu plus réaliste. Je le juge surtout fonctionnel sur les programmes sportifs et certains documentaires.
  • True Cinema : Les images, notamment celles d’un film créé en 24 images par seconde, sont reproduites à la cadence d’images originale. Mon mode favori avec Combinaison pour regarder les films. Il conserve la cadence d’origine tout en ajoutant une meilleure stabilité à l’image.
  • Off : La fonction « Motionflow » n’est pas appliquée.
  • Conseils :
    • Choisissez « Off » si l’option « Fluide haut », « Fluide bas », « Impulsion », « Combinaison » ou
    « True Cinema » engendre une image déformée.
    • Selon le contenu de l’image, il est possible que vous ne voyiez pas l’effet même si vous avez modifié les réglages.
    • Seul « Off » ou « Impulsion » est disponible en présence d’un signal d’entrée possédant une
    résolution de 4096 × 2160.

La Vidéo comparative que nous avions faite sur les modes du RC du VPL-VW760ES est toujours valable et actuelle pour le VPL-VW870ES :

Les contrastes dynamiques et HDR

Le VPL-VW870ES dispose de différents outils d’amélioration de contraste. Le Dual Contrast Engine qui combine l’intensité du laser et la position de l’iris que nous avons développé un peu plus tôt. Ce système est purement optique. Le Contrast Enhancer qui lui travaille uniquement dans le cadre numérique et qui ne se diffère pas des acquis du VPL-VW760ES et qui est développé dans cette partie du test que nous avons déjà publié.

Avec l’arrivée de la nouvelle gamme de vidéoprojecteurs JVC et leur gestion d’auto tone mapping du HDR, je me suis posé quelques questions. De plus Lumagen a mis enfin à disposition leur gestion dynamique du HDR par analyse de trame. Une méthode très efficace et pertinente qui permet d’optimiser le HDR en vidéoprojection en l’absence de réelle référence établie. En gros, nous dénombrons trois familles de gestion HDR en vidéoprojection. La simple mise en place de l’EOTF, une modulation asservie aux métadonnées (série DLA-Nxx de JVC) et une interprétation trame par trame via un algorithme paramétrable (Lumagen Radiance série Pro).

Et Sony dans tous ça ? Et bien il y a un mix de deux méthodes. Nous savons que le HDR vise à effectuer une optimisation des transferts de luminance via un gamma non linéaire et adapté à la réactivité de l’oeil humain. La finalité est d’obtenir une image dynamique dont les pics lumineux sont intenses avec une reproduction détaillée et lisible des zones sombres. C’est à dire une image puissante très contrastée, mais naturelle et lisible dans toute la gamme de transition de l’échelle de gris.

Nous savons aussi que le HDR ignore tout simplement le monde de la vidéoprojection HomeCinéma. Les disques sont étalonnés par rapport aux téléviseurs et la norme en vidéoprojection est définie pour le Cinéma professionnel, soit des environnements et des contextes qui n’ont pas de rapport avec les projos HC. Pire encore, en HC rien n’est identique : taille de l’écran, nature de l’écran, environnement dédié ou non, performance en contraste séquentiel, performance en contraste ANSI, pics lumineux … comme le HDR demande d’exploiter le vidéoprojecteur en pleine puissance, les chiffres ne sont jamais les mêmes. Il n’est pas exagéré de dire dans ce cas, qu’aucun système n’est identique à un autre. C’est donc aux constructeurs d’étudier et de mettre en oeuvre les solutions de compatibilité et de mise en conformité HDR.

Grâce à mes échanges avec Sony (Chris Mullin pour l’Europe et Kazumasa Ikeura Sony Japon) j’ai complété ma compréhension de la gestion du HDR par Sony sur leurs vidéoprojecteurs. Sony combine deux approches. La première est l’application rigoureuse de l’EOTF normalisé. Puis, comme une surcouche, le VPL-VW870ES applique ses processings d’accentuation de contraste. Evidemment c’est en combinant le Dual Contrast Engine et le Contrast Enhancer que nous obtenons les meilleurs résultats dynamiques. J’insiste sur le terme « dynamique » car ces deux processings fonctionnent sur des algorithmes qui analysent les trames par succession et détermine alors le traitement à appliquer.

Il est possible de jouer de processings différemments sur les programmes SDR ou HDR. D’ailleurs il serait logique de le faire car les impératifs visuels et le mode de transfert des luminances n’est pas équivalent. En HDR je conseil d’utiliser le Dual Contrast Engine sur FULL et le Contrast Enhancer sur MIDDLE ou FULL.

Le dernier paramètre est le contraste HDR qui est un ajustement statique qui joue sur le tone mapping. Son ajustement dépend de deux éléments. D’une part la mise en oeuvre du vidéoprojecteur dans son environnement et d’autre part l’étalonnage du film. La mesure du Contast HDR démontre qu’il ne va pas jouer sur l’intensité lumineuse dans une zone de réglage comprise entre 40 et Max. En dessous de 40 le VPL-VW870ES va perdre rapidement en puissance lumineuse. Ce paramètre n’intervient que très peu sur le gamma (ici indexé EOTF ST2084) alors qu’en SDR le contraste joue un rôle immédiat sur le gamma et sur l’intensité lumineuse. Sony indique une corrélation avec l’étalonnage HDR du film. Le topic de notre forum consacré au VPL-VW5000ES en fait mention. A mon avis et d’après mes observations, il est préférable de niveler Contrast HDR par rapport aux processings dynamiques de contraste afin d’établir un bon équilibre visuel.

Il est également possible de sélectionner manuellement les modes HDR. HDR10 est générique et HDR Reference est à appliquer sur les films dont l’étalonnage ne dépasse pas 1000 nits. D’une manière générale et au vu de l’optimisation du HDR, le mode AUTO est suffisant et va simplifier l’usage du vidéoprojecteur lorsque l’on visionne alternativement des contenus SDR et HDR.

Notez que les modes HDR manuels (OFF y compris) ne seront vraiment utiles que dans des contextes très particuliers qui font également intervenir des processeurs externes capable de gérer le HDR à la place du VPL-VW870ES. Tout dépendra alors des impératifs découlant de la source et/ou du processeur impliqué.

Pourquoi cette méthode me semble bonne ? Comme expliqué précédemment, le HDR est complexe en vidéoprojection et le contexte ne permet pas une mise en oeuvre généralisée. Impliquer une analyse dynamique des trames et moduler les composantes de luminance est une parade efficace et logique. Il en demeure une approche certes arbitraire et une limite de nombre de palier. D’un autre côté cette approche reste simple et présente des variantes assez marquées ce qui facilite le choix des paramètres. L’approche par info frame et métadonnée est plus imbriquée dans les standards et sera moins arbitraire. Il faudra tout de même s’assurer d’avoir au minimum 100 nits de pic lumineux. JVC opte donc pour une autre approche davantage à la norme. Cependant il y a un risque que l’analyse dynamique par trame évite à tous les coups. Il peut arriver que les métadonnées soient absentes. Ce n’est pas un réel problème car dans ce cas l’ajustement du tone mapping sera statique. Mais parfois les métadonnées sont fausses, le problème est alors plus important et il vaut mieux couper l’Auto Tone Mapping afin d’éviter une reproduction erronée.

La méthode opté par Sony est d’autant plus logique que les métadonnées sont relative à la structure de l’image. A supposer que l’analyse des trames se fasse correctement, le VPL-VW870ES récupère alors par un biais détourné des informations qui d’une certaine manière, correspondent à terme aux bonnes métadonnées.

Hunter Killer : des effets HDR saisissants sur le VPL-VW870ES

Lone Survivor : une image très réaliste

Lone Survivor : Contraste et effet HDR

Difficile d’être catégorique vis à vis de la pertinence absolue de cette approche vu que l’on peut paramétrer manuellement les algorithmes en faction. A titre personnel je trouve le résultat impressionnant et visuellement excellent. Pour que tout marche il faut évidemment être au minimum à 80 nits, 100 et plus étant idéal.

Les alternatives existent : créer un gamma personnalisé et adapté à l’environnement, exploité la méthode des tweaks HDR, utiliser un processeur externe (Lumagen Radiance Pro) ou MADVR sur PC. Mais à mon avis tant que l’on est à 80 nits minimum, le VPL-VW870ES dispose de ce qu’il faut afin de délivrer un rendu HDR convainquant et suffisamment démonstratif.

 

 

– Lien vers le sujet HCFR dédié au projecteur Sony VPL-VW870ES : https://www.homecinema-fr.com/forum/projecteurs-uhd-4k/sony-vpl-vw870es-4k-laser-test-hcfr-en-cours-post-1-t30089693.html

 

 

 

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