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Le post des nouvelles des étoiles...

Message » 07 Fév 2021 12:36

beb a écrit:
Robert64 a écrit:Le concept n'a rien de révolutionnaire puisque c'est le même que le programme des navettes de la Nasa.
Les ricains avaient lancé cette idée d'engins réutilisables, mais avaient largement sous évalué le coût des remises en état entre les vols. Même si c'était techniquement une belle réussite, ça a été un fiasco économique.
Musk fera-t-il mieux ?
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Ah tiens, on ne nous dit pas que ce qu'ils font est révolutionnaire ?
Le pb de la navette, c'était surtout à la fin qu'elle aimait pas vraiment les chatouilles au décollage. Et que c'était une grosse daube pour envoyer en geostationnaire

Oui, mais pas que.
La Nasa est devenue une énorme administration avec tous les inconvénients qui vont avec.
Ne pas oublier que les deux dramatiques accidents étaient tous deux dus à de graves négligences.
Et si on remonte plus loin, la "myopie" congénitale de Hubble aussi (le défaut du miroir principal était connu avant le décollage)
Problèmes classiques de dilution des responsabilités!
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Message par Google » 07 Fév 2021 12:36

 
 
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Message » 07 Fév 2021 12:41

0live a écrit:A l'heure actuelle il y a le X-37B.
Capable de vol longue durée, manoeuvrant, réutilisable avec un nouveau lancement dans un préavis assez court il me semble. Certes sans astronaute, mais bon.
Par contre on en parle peu, car les missions sont classées secret défense

Amha parce que le public est un peu blasé et veut du plus spectaculaire.
Et probablement aussi parce que ces engins sont beaucoup utilisés (c'était aussi le cas des navettes) pour mettre discrètement en orbite des satellites 'd'observation"
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Message » 07 Fév 2021 13:28

Oui, son utilisation est strictement militaire puisque dépendait directement de l'USAF et maintenant du nouveau commandement de l'espace.
Comme c'est secret défense, ce sont justes des conjectures mais les utilisations évoquées
Mis en orbite de satellite d'observation
Lui même est un satellite d'observation agile et manoeuvrant pouvant rapidement accéder à une orbite voulue
Espionnage de satellite (écoute électromagnétique)
Tueur de satellite (laser aveuglant, micro onde, projectile,....)
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Message » 07 Fév 2021 22:09

Une partie de la matière ordinaire demeurait insaisissable depuis des décennies. Une équipe de chercheurs est parvenue à la repérer, sous forme de gaz, au sein des filaments galactiques de notre Univers.

LA « MATIÈRE CACHÉE » DE L'UNIVERS... ne l'est plus !
Elle vient d'être débusquée, dissimulée dans des prises de vues du cosmos vieilles de trente ans analysées par une équipe de l'Institut d'astrophysique spatiale (CNRS, université Paris-Saclay).
Disons-le d'emblée : la matière cachée n'a rien à voir avec la fameuse « matière noire », qui compose environ un quart de l'Univers et dont les chercheurs ignorent toujours la nature.
Elle fait partie de la matière dite ordinaire, composée de neutrons et de protons, la base de tous les atomes. « Elle existe essentiellement sous deux formes détaille l'astrophysicienne Nabila Aghanim, qui a participé à l'étude publiée en novembre dans la revue Astronomy & Astrophysics. Une forme "condensée" : les étoiles, les trous noirs, les planètes... Et une forme "diluée" : du gaz, de l'hydrogène essentiellement. Lorsque l'on observe l'Univers très lointain, lorsqu'il était âgé d'environ 370 000 ans, la matière ordinaire semble au complet. Mais lorsque l'on regarde une tranche située plus près de nous, on s'aperçoit qu'environ 40 % se sont évaporés. » Et ce sont précisément ces 40 % qui jouaient à cache-cache avec les chercheurs depuis plusieurs décennies que l'équipe française vient enfin de mettre au jour.

Img1.jpg


Pour mener leur enquête, les scientifiques disposaient d'un indice : chercher plutôt du côté de la forme diluée. L'explication se trouve en effet dans la structure même de notre Univers, sur des échelles gigantesques, là où la Voie lactée n'est plus qu'un point perdu parmi des milliards d'autres. Depuis déjà deux décennies environ, les cosmologistes connaissent l'allure générale du cosmos grâce à des simulations informatiques. Celles-ci reproduisent son évolution, de sa naissance à aujourd'hui, à partir de la composition en matière et en énergie de l'Univers primordial de son taux d'expansion et de quelques autres paramètres.
Résultat : le saisissant spectacle d'une « toile cosmique » où des amas de milliers de galaxies constituent des noeuds reliés entre eux par des filaments, eux-mêmes tissés de galaxies. Ces filaments peuvent atteindre 300 millions d'années-lumière, des dimensions que l'on peine à se représenter, en comparaison du diamètre déjà gigantesque de notre galaxie : 100000 années-lumière. Mais ces simulations, qui donnent la « géographie » de l'Univers, renseignent aussi sur son « peuplement », en quelque sorte. Elles indiquent qu'au fil du temps, le gaz d'hydrogène et d'hélium qui n'a pas fini dans les amas s'est concentré dans les filaments galactiques. C'est donc là que les chercheurs ont décidé de traquer la matière cachée.
Problème : ce gaz ne se laisse pas voir facilement ! Certes, sa température (entre 100 000 et 10 millions de degrés) devrait en théorie le faire briller dans le domaine des rayons X, mais comme il est très dilué, les chercheurs ont longtemps douté que cette émission ait vraiment eu lieu... Jusqu'à un coup de théâtre, en 2018. Une première observation est alors rapportée par le physicien italien Fabrizio Nicastro et son équipe de l'Institut national d'astrophysique, à Rome. Elle a lieu au sein d'un filament galactique éclairé par un quasar, une source de lumière très intense placée derrière lui. La lumière est en partie absorbée par le contenu du filament. En observant les longueurs d'onde prélevées, l'équipe italienne déduit la présence du gaz d'hydrogène. Une belle observation... mais indirecte, et dans un seul filament : l'équipe n'a pas vu d'émission X à proprement parler.

Des millions de prises de vue compilées
« Notre objectif était donc d'observer le gaz directement, et dans un grand nombre de filaments », reprend Nabila Aghanim. Il a d'abord fallu les localiser, afin de savoir où chercher. Pour cela, nous avons utilisé les données du Sloan Digital Sky Sur-vey, le plus précis des relevés d'objets célestes [qui vient d'être mis à jour, lire S. et A. n° 886, décembre 2020, p. 40].
» Une fois les filaments localisés (environ 25000), « nous avons réalisé une première mesure indirecte du gaz en utilisant ce que nous appelons le fond diffus cosmologique », renchérit l'astrophysicien Hideki Tanimura, membre de l'équipe de l'Institut d'astrophysique spatiale (CNRS/université Paris-Saclay). Constitué par la plus ancienne lumière émise — soit 370000 ans après le Big Bang —, le fond diffus cosmologique tapisse en quelque sorte le fond de l'Univers. « Tout ce que l'on peut voir dans l'espace se trouve nécessairement devant, y compris le gaz des filaments », poursuit Hideki Tanimura. En 2019, l'équipe parvient ainsi à saisir « l'ombre » formée par ce gaz sur le fond diffus, ce que l'on appelle l'effet Sunyaev-Zel'dovich. Un premier résultat très encourageant !
Ne restait plus alors qu'à passer de l'ombre... à la lumière X. Pour cela, l'équipe a fait preuve d'ingéniosité. « Nous ne savions pas si l'émission était perceptible par les télescopes à rayons X et nous ne pouvions pas recourir à de nouvelles observations, trop "chronophages" : L'équipe de Fabrizio Nicastro a ainsi utilisé environ dix-huit jours de temps de télescope pour finalement ne trouver qu'un seul filament à exploiter, se souvient Nabila Aghanim.
Alors nous avons eu l'idée de chercher cette émission en compilant des milliers de prises de vue du télescope allemand ROSAT [désorbité en 2011] correspondant aux régions de l'Univers où l'on trouve des filaments. Et nous avons pu ainsi observer plus de 15 000 d'entre eux! » L'équipe fait alors feu de tout bois pour « empiler » les images issues d'une même région. Le principe de la mesure est simple : l'émission étant très faible, peu de photons sont produits. De plus, ils sont noyés dans le bruit parasite ambiant, un peu comme celui brouillant une émission radio. Mais en additionnant les images, les chercheurs sont parvenus à cumuler les photons X, à renforcer le signal mais aussi à diminuer le bruit. En effet, il est par nature aléatoire. En empilant ce bruit, on obtient une valeur moyenne se rapprochant de 0. « C'est un travail considérable sur les données. Pour trouver et analyser les filaments, nous avons eu recours à des algorithmes de reconnaissance de formes, à de la statistique, etc. Cela afin de retirer toutes les sources parasites de rayons X, comme les trous noirs supermassifs au coeur des galaxies... », précise Hideki Tanimura.

Reste encore à recenser tous les réservoirs de gaz
Et c'est ainsi que la faible lueur du gaz a fini par briller sur ces images, sur une tranche d'Univers située entre 2,6 et 7,1 milliards d'années-lumière de la Terre ! Peut-on dire pour autant que le mystère de la matière cachée est éclairci? Pas tout à fait. Car il reste à quantifier ce gaz. « Pour cela, il faudra observer une portion d'Univers plus grande, conclut Nabila Aghanim. Nous devrons aussi diminuer encore le bruit parasite afin de mieux "voir" ce gaz dont nous ignorons précisément la densité et la température. Sans compter que notre étude a porté uniquement sur les filaments galactiques alors que du gaz a également été observé, à des échelles plus petites, dans les "ponts de matière" qui relient les amas de galaxies. Il faut donc recenser tous ces réservoirs. » Si la matière cachée a été débusquée, elle attend donc encore d'être comptée... ■
Par Fabrice Nicot

Comment s'est formée la matière cachée?
Le gaz d'hydrogène et d'hélium formant la matière « cachée » est presque aussi vieux que l'Univers. L'hélium a commencé à se former environ trois minutes après le Big Bang. L'Univers avait alors l'allure d'une « soupe de particules » ultrachaude composée de 12 % de neutrons et 88 % de protons. Ce déséquilibre tient en partie au fait que le neutron est instable : au bout de 880 secondes en moyenne, il se transforme en proton. « Pour le stabiliser, il faut l'assembler avec un proton, décrit Cyril Pitrou, physicien à l'Institut d'astrophysique de Paris.
Cela se produit trois minutes après le Big Bang, lorsque la température de l'Univers passe sous le milliard de degrés. Un proton réagit avec un neutron pour former un noyau de deutérium. Puis d'autres types de réactions s'enchaînent jusqu'à ce que presque tous les neutrons finissent au sein de noyaux d'hélium 4 [isotope de l'hélium]. » C'est la nucléosynthèse primordiale, à distinguer de la « stellaire » qui se déroule bien plus tard, au coeur des étoiles. Cette étape ne dure que deux minutes à l'issue desquelles l'Univers se trouve composé de noyaux d'hélium 4 (24 %) et des protons (76 %), qui sont aussi les noyaux des atomes d'hydrogène, et enfin une fraction de deutérium (isotope de l'hydrogène).
L'étape suivante se produit 370 000 ans plus tard, lorsque l'Univers n'est plus qu'à 3000 °C. Les électrons, jusqu'ici libres, vont se lier aux noyaux pour former les atomes. Leur capture libère les photons qui ne pouvaient pas voyager librement. Ainsi apparaît la première lumière de l'Univers, ce que l'on appelle le fond diffus cosmologique. Son étude approfondie, notamment grâce aux observations du satellite Planck, a permis de mesurer précisément la proportion de matière primordiale présente à ce moment-là. Et de comparer avec les prévisions théoriques, fondées sur l'étude des réactions entre noyaux.

img94.jpg


img95.jpg


Ce qui peut révéler quelques surprises, comme vient de le pointer Cyril Pitrou dans une étude publiée le 23 novembre 2020 sur le site Arxiv. « Les dernières mesures précises des paramètres de l'une des trois réactions fondamentales de la nucléosynthèse primordiale aboutissent à une quantité de matière ordinaire un peu moins importante que celle observée dans le fond diffus cosmologique. Les mêmes mesures devront être faites sur les deux autres réactions. Mais si le désaccord persistait, il faudrait trouver l'origine de ce déficit de matière ordinaire. »

Par BRUNO BOURGEOIS

Les trois réactions principales de la nucléosynthèse primordiale

img97.jpg

Les premiers atomes de l'Univers se sont formés à partir des protons et des neutrons qui peuplaient l'Univers juste après le Big Bang. Lorsque la température est passée sous le milliard de degrés, protons et neutrons ont fusionné pour former du deutérium (réaction 1) et des photons, des particules de pure énergie. Une cascade de réactions a ensuite eu lieu à partir du deutérium. Les principales sont représentées ici. À l'issue de cette nucléosynthèse primordiale, l'Univers se compose essentiellement d'hélium 4 (4He) et de protons.

HERVÉ DOLE Professeur à l'Institut d'astrophysique spatiale d'Orsay (Essonne) et vice-président de l'université Paris-Saclay :
« Ce résultat valide les modèles d'évolution de l'Univers » « La présence de la matière ordinaire cachée dans les filaments était attendue : les simulations l'avaient prévue, et des observations indirectes avaient déjà eu lieu, mais de manière ponctuelle. Or en cosmologie, il est difficile de passer de quelques cas, parfois très particuliers ou bien découverts par hasard, à une généralité. L'équipe de Nabila Aghanim y est parvenue en utilisant une méthode bien connue, à la fois simple et très puissante : l'empilement d'images, que j'avais moi-même utilisé pour mesurer le rayonnement infrarouge des galaxies. Ils ont pris en compte un très grand nombre de données ce qui a conduit à ce travail très "propre", avec un signal qui ressort nettement. On franchit incontestablement une étape. Et c'est un soulagement — ou un regret c'est selon — car cela valide les modèles d'évolution de l'Univers, mais aussi les déductions quant à sa composition basées sur le fond diffus cosmologique. »

(extrait de S&A La Recherche n°888)
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Message » 08 Fév 2021 21:13

Plus que 10 jours !

perseverance_vf_fev2021_hd-01.jpg

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Message » 12 Fév 2021 19:21

Un peu d'audio

Baptiste Chide à l'écoute de la planète rouge
11.02.2021, par Gaël Hautemulle
(D'après les cahiers du CNRS)

Img1.jpg


Grâce à « son » micro, on devrait bientôt entendre les tout premiers sons de Mars !
Baptiste Chide, jeune chercheur impliqué dans la mission Mars 2020, y a consacré sa thèse. Il compte maintenant les jours jusqu'à l'atterrissage du rover Perseverance sur le sol martien, le 18 février prochain...

Il s’exprime de manière claire et précise, avec passion et enthousiasme, au contraire de la diction hésitante qu’il affichait l’an dernier dans sa vidéo du concours « Ma thèse en 180 secondes ». Baptiste Chide, jeune chercheur de 28 ans à l’Institut de recherche en astrophysique et en planétologie (Irap)1, s’amusait en effet à y incarner un robot, le rover martien Perseverance, alors sujet à des bugs d’élocution pour… décliner son état-civil face à un agent de la circulation énervé : il y avait de quoi bégayer ! Dans cette vidéo, coaché « par des étudiants de l’École d’art dramatique de Toulouse et un formateur génial », le thésard en astrophysique et planétologie expliquait avec humour que le fameux rover de la mission Mars 2020 était « du genre à partir sur Mars écouter du gros son… »

Pendant les trois ans de sa thèse, soutenue fin 2020, Baptiste Chide a étudié le microphone logé dans l’instrument SuperCam2 fixé au sommet du mât de Perseverance. « Conçu et développé sous la responsabilité de David Mimoun et sous la maîtrise d’ouvrage de l’institut ISAE-SupAero de Toulouse », ce microphone arrivera donc sur le sol martien avec le reste du rover, le 18 février prochain, après six mois de croisière dans l’espace...
La tâche du jeune Sarthois – il est originaire du Mans – était vaste : « après mon diplôme d’ingénieur de l’ISAE SupAéro en 2017, j’y ai entamé une thèse dont le but était de définir ce qu’on allait pouvoir apprendre de Mars en écoutant les sons à la surface avec un microphone, explique-t-il. À l’origine du projet, en 2013, SuperCam ne devait pas en être équipé. C’était l’idée de Sylvestre Maurice, responsable scientifique de l’instrument, qui a ensuite convaincu la Nasa. Au départ, c’était surtout un atout pour la campagne de relations publiques : on parlait de diffuser les premiers sons enregistrés à la surface de Mars… »

Img2.jpg


Mais les scientifiques français ont ensuite rapidement l’idée d’exploiter davantage ce microphone. Car la technologie dont est dotée SuperCam est loin d’être silencieuse. Elle utilise la spectroscopie de plasma induit par laser pour caractériser les roches du sol martien à plusieurs mètres de distance afin d’indiquer au rover les meilleures zones où prélever des échantillons. Or sa technique d’ablation des roches par laser produit des petites détonations, « comme des claquements de doigts ». Et l’analyse de ces sons est susceptible d’apporter également de nombreuses informations sur les propriétés mécaniques des roches, notamment leur dureté, paramètre jusqu’alors difficilement accessible.

Reproduire les conditions d'écoute sur Mars... en laboratoire !
Pour sa thèse « très exploratoire et très expérimentale », le jeune chercheur doit d’abord « reproduire les conditions d’écoute sur Mars ». Comment faire dans un laboratoire sur Terre ? « J’ai utilisé une petite cuve de quelques dizaines de centimètres à l’Irap de Toulouse », dite « enceinte martienne ». « Et aussi “le tunnel martien” de l’université danoise d’Aarhus ! », sourit-il. Mais quèsaco ? « C’est un cylindre de huit mètres de long et de deux mètres de diamètre. Le vide y est fait avant d’injecter une atmosphère semblable à celle de Mars ». À savoir : du dioxyde de carbone essentiellement (près de 96 %) additionné de quelques traces d’argon et d’azote (alors qu’ici nous respirons un mélange fait d'environ 78 % d’azote et 21 % d’oxygène). Le tout à une pression atmosphérique de seulement 6 millibars (cent fois moindre que sur Terre).

Img3.jpg


« Cette très faible pression est responsable d’une baisse de volume générale sur Mars par comparaison à la Terre : les sons y sont plus faibles de 20 décibels en moyenne », souligne Baptiste Chide. Autre différence : sur Mars, les sons sont fortement ralentis à cause de la température très basse (-50 °C en moyenne) de l’atmosphère : ils ne se propagent qu’à 240 mètres par seconde contre 340 chez nous. Enfin, la composition chimique de l’atmosphère est responsable d’une atténuation des hautes fréquences, c’est-à-dire des aigus : « on pourrait comparer les sons sur Mars à une discussion à travers un mur de quelques centimètres d’épaisseur », explique-t-il, pédagogue.

Ce tant attendu 18 février 2021, après les « sept minutes de terreur » durant lesquelles Perseverance réalisera son atterrissage en automatique, Baptiste et toute l’équipe « microphone » vont tendre l’oreille… Il guettera les premiers sons enregistrés par « son » microphone à la surface de Mars. Un événement dans l’histoire de l’humanité !
« Le stress augmente chaque jour que l’on se rapproche de cette échéance, confie le jeune homme. Ce moment est très impressionnant et sera plein de surprises : c’est une expérience inédite, on n’a jamais entendu de son à la surface de Mars ! »

Sons mécaniques et sons atmosphériques
Jusqu’à présent, seuls deux microphones ont été envoyés sur la planète rouge. « Le premier s’est crashé en 1999. Le second n’a jamais été allumé, par peur de provoquer des défaillances sur d’autres instruments », raconte le jeune chercheur. Certes, un sismomètre français a déjà capté les vibrations des panneaux solaires de l’atterrisseur de la mission Insight, en 2018. « Ces infrasons, à quelques hertz, ont ensuite été transformés en sons audibles par nos oreilles, c’est-à-dire accélérés en fréquences. Mais de vrais sons martiens, nous n’en avons jamais entendu ! », insiste-t-il.

Img4.jpg
Img4.jpg (68.78 Kio) Vu 149 fois


Baptiste Chide attend maintenant avec impatience d’étudier ses enregistrements, dans le cadre de son post-doctorat, au fil des journées passées par Perseverance sur Mars où un sol (une journée) dure environ 24 heures et 40 minutes. « On devrait entendre les sons mécaniques du rover quand il se déplacera ou encore ses forages. Je suis surtout très curieux de découvrir les sons atmosphériques des vents martiens ou ceux des grains de poussière frôlant le rover. »
À l’instar d’une oreille humaine, le microphone de SuperCam enregistrera les sons à des fréquences comprises entre 100 Hz et 10 000 Hz. Il permettra aussi de comparer les bruits nominaux de tous les instruments présents sur le rover à ceux émis in situ depuis Mars, « et participera ainsi aux diagnostics de bonne santé » de l’engin spatial.
Attiré dès son enfance par les planètes du Système solaire, le jeune homme compte maintenant les jours... « Je suis le seul scientifique de ma famille et plutôt monomaniaque sur le sujet, reconnaît-il. Mes premiers souvenirs remontent à la Nuit des Étoiles, quand ma mère m’emmenait observer Mars dans le ciel du Mans. Plus tard, j’ai réussi à faire des stages à l’Agence spatiale européenne et au sein de laboratoires parisiens de planétologie. À l’ISAE-SupAéro, j’ai eu la chance de rencontrer Sylvestre Maurice, chercheur passionné et passionnant. Je suis extrêmement fier de travailler à ses côtés aujourd’hui ! », conclut-il. ♦

Notes

• 1.Unité CNRS/Université Paul Sabatier – Toulouse III/Cnes/Observatoire Midi-Pyrénées.
• 2.SuperCam a été développé par un consortium de laboratoires du CNRS et des universités françaises, sous la responsabilité du Cnes. Pernelle Bernardi, ingénieure de recherche au Lesia, est la responsable des spécifications et des performances de cet instrument.
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Message » 12 Fév 2021 22:38

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Message » 14 Fév 2021 0:44

Oui, c'est assez convaincant. Mais bien sûr, pour arriver au vivant, il manque encore quelques étapes. Mais je pense qu'on n'est plus très loin. Depuis les travaux de Miller, en 53, on a pas mal avancé.
Petit détail, ils parlent beaucoup de la synthèse des éléments légers. J'aurais aimé qu'ils disent quelques mots de celle des plus lourds que le fer.
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Message » 14 Fév 2021 8:53

j'ai corrigé le lien qui avait changé entre temps

En tout cas c'est assez fabuleux de voir comment la comprenhension de l'ecosysteme des trou noirs a progressée en 20 ans :love:

J'ai cependant une petite question de noob :oops:
Dans la reflexion sur le fait que les Trous noirs supermassisf galactiques sont des régulateurs sur la production de nouvelles étoiles
Quant le trou noir est actif il y aurait moins d'étoiles qui naissent
Plusieurs fois (y compris dans ce docu) que j'entend que cela viendrait du réchauffement de la matière environnante par le trou noir lors de son activité

Or , et c'est là que je ne comprend pas bien , les étoiles auraient besoin de matière a faible temperature pour naitre.
Pourquoi ?
Lors de la naissance L'effondrement gravitationnel provoque déjà un réchauffement thermique. En quoi le fait que le milieu soit initialement déjà chaud empeche l'effondrement de ce produire ?
Si quelqu'un à l'explication, je suis preneur :thks:

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Message » 14 Fév 2021 10:12

Simple hypothèse:
Des températures élevées correspondent à des vitesses élevées, dans tous les sens et des pressions de radiations élevées, toutes forces que la gravitation aura du mal à combattre. Il faut que le milieu soit moins turbulent pour qu'une accrétion gravitationnelle puisse se produire.
Ensuite, dans l'étoile nouvellement formée, il faudra aussi que s'établisse un équilibre entre la pression de radiation et le champ gravitationnel, sinon elle sera instable, et...boum.
A vérifier...
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Message » 14 Fév 2021 11:35

on a il me semble une limitation dans le meme esprit de grossissement de trou noir par accretion où à partir d'un moment les radiations émissent par l'accrétion finissent par repousser la matière environnante et finalement par l'affamer ce qui stoppe sa croissance

Peut etre qu'effectivement dans le cas des etoiles si la matière est trop chaude dans les nebuleuses , les radiations compensent/limitent les forces de gravités ne permettant pas une densité suffisante pour amorcer l'effondrement

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Message » 14 Fév 2021 11:42

Darkhan a écrit:on a il me semble une limitation dans le meme esprit de grossissement de trou noir par accretion où à partir d'un moment les radiations émissent par l'accrétion finissent par repousser la matière environnante et finalement par l'affamer ce qui stoppe sa croissance

C'est assez bien expliqué dans la vidéo: a partir d'une certaine température, il y a une disruption du champ magnétique du TN et les jets peuvent s'échapper, diluant la matière aux 4 coins de l'Univers (j'exagère un peu, là)
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Message » 15 Fév 2021 23:04

A la recherche du vivant dans le Système Solaire
QUATRE LUNES GLACÉES À EXPLORER

Longtemps, la vie n'a été envisagée que dans une zone étroite, ni trop lointaine ni trop proche de l'étoile du système considéré, où l'eau est liquide: trop froids, les petits corps du Système solaire seraient donc inhospitaliers. Des observations ont pourtant révélé que des astres comme Pluton pouvaient abriter un océan sous de la glace. Des missions spatiales programmées vers des lunes de Saturne et de Jupiter devraient enrichir le bestiaire des molécules complexes qu'on y trouve. Et peut-être, à terme, révéler une vie microscopique.
(Texte Philippe Pajot, avec Gabriel Tobie, du LPG (université de Nantes, université d'Angers, CNRS). Infographie Bruno Bourgeois)

UNE FORTE PROPORTION D'EAU LIQUIDE
Si la molécule d'eau est abondante dans l'Univers, l'eau sous forme liquide ou solide est plus rare. Dans les lunes glacées satellites dont la surface est essentiellement constituée de glace de Saturne et de Jupiter, la quantité d'eau à l'état liquide en proportion du volume de la planète (représentée ci-contre par les boules bleues) excède souvent 10 % et peut même dépasser 40 %, notamment sur Encelade. Sur Terre, l'eau à l'état liquide occupe une couche très superficielle, ce qui fait que cette fraction est faible (0,12 %).

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Notre connaissance de cette lune de Saturne, seul satellite du Système solaire à posséder une atmosphère épaisse, a été bouleversée par son exploration à l'aide de la mission américaine Cassini-Huygens en 2004. Perçu comme un équivalent froid (-179 °C) de la Terre primitive, cet astre de roche et d'eau glacée comprend en fait en surface des lacs d'hydrocarbures liquides.
Le méthane (CH4) se trouve en quantité au niveau du sol et dans l'atmosphère. À la surface, beaucoup de molécules organiques dérivées du méthane sont détectées, sous formes gazeuse, liquide et solide.
La sonde américaine Dragonfly devrait rechercher à la surface des molécules organiques complexes qui pourraient constituer des premières briques du vivant. Lancement prévu en 2027, arrivée en 2034.

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De spectaculaires jets de vapeur fusent de cette petite lune de Saturne: le fond de son océan souterrain est criblé de cheminées hydrothermales qui font fondre la glace et permettent à l'eau salée de jaillir. Cela en fait l'un des lieux les plus prometteurs pour y rechercher de la vie extraterrestre. C'est le seul astre dont on a une bonne idée de la structure: sa couche de glace de surface ferait 2 à 5 km de profondeur seulement au niveau du pôle Sud, là où jaillit l'eau.
Dans les panaches de vapeur du pôle Sud, les instruments de la sonde américaine Cassini-Huygens, lancée en 1997, ont détecté du dioxyde de carbone (CO2), du méthane (CH4), de l'ammoniac (NH3) et de l'hydrogène moléculaire (H2). Mais également des molécules organiques plus complexes non identifiées encore, ainsi que des sels de sodium et de potassium.
Différents projets ont été proposés par la communauté scientifique à la Nasa et à PESA, l'agence spatiale européenne. Certains sont en cours d'évaluation, mais aucune décision n'a été prise.

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Plus grosse lune du Système solaire, ce satellite de Jupiter est le seul à posséder un champ magnétique généré dans son noyau mantellique, de manière similaire à la Terre ou à Mercure. La présence d'un océan liquide à l'abri sous une croûte de 100-150 km de glace a également été révélée grâce à l'analyse de l'induction magnétique due aux fluctuations du champ magnétique de Jupiter.
Comme sur Europe, on y détecte du CO2 et des sels en surface, mais en quantité moindre. On y voit surtout un composé sombre (expliquant son aspect foncé), mais qui n'a pas encore été identifié.
Prochaine grande mission d'exploration européenne, la sonde Juice sera lancée en 2022 vers le système de Jupiter, qu'elle étudiera dès la fin de 2029. En 2032, elle se mettra en orbite autour de Ganymède.

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Un peu plus petit que la Lune, ce satellite de Jupiter, fait de roche et de glace et dont le noyau est sans doute métallique, a peu de relief. Entre 10 et 30 km de profondeur, il renfermerait un océan d'eau salée. L'eau resterait liquide par un effet de marée dû à son orbite légèrement excentrique. L'éruption d'eau salée en surface expliquerait la présence de dépôts de sels. Comme sur Encelade, des jets de vapeur témoignent d'une activité sous-glaciaire.
On trouve essentiellement du carbone sous forme de CO2 en surface et des sels de sulfates, mais également des chlorures.
La sonde américaine Europa Clipper effectuera 45 survols de cette lune glacée à partir de 2028-2029 (lancement prévu en 2024). L'atterrisseur Europa Lander devrait être lancé quelques années après, à la recherche d'indices d'activité biologique à sa surface.
A+

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Robert64
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Message » 23 Fév 2021 10:48

Descente de Perseverance sur Mars ;

arnuche
 
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Message » 23 Fév 2021 13:39

arnuche a écrit:Descente de Perseverance sur Mars ;




Fake !!!


Y a aucun drapeau Français qui flotte fièrement :grad:
Kolian
 
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