Ca me rappel le début du numérique et le discours des fameux soit-disant techniciens: "mais enfin Monsieur, il s'agit de 0 et de 1, il ne peut donc y avoir aucune différence entre 2 platines CD, entre des DACs, entre des câbles numériques...."
Tu auras bien plus de mal à démontrer qu'il y a une différence entre deux câbles S/PDIF répondant aux exigences de la norme et utilisés selon les restrictions de cette norme que moi à démontrer que la différence n'existe pas. J'ai beaucoup d'entrainement dans cet exercice
Moi, ça me rappelle le discours de certains audiophiles durant cette même période qui affirmaient entendre les créneaux du signal numérique
Encore une fois " L'absence de preuves n'est pas preuve de l'absence"
Comme tu dis, mais cet argument maintes fois rabâché est réversible. Et d'un côté, avec des moyens de mesure de 2015 on arrive pas à mettre en lumière de supposées différences tellement évidentes à l'écoute. Si elles étaient si évidentes, tout le monde les entendrait, n'est-ce pas ?
Par contre, les psychoacousticiens ont pas mal d'explications, mais ce n'est pas recevable pour un audiophile, oreille d'or autoproclamé et qui refuse en général ce genre d'explication qui pourrait lui mettre un doute certain sur ses réelles compétences auditive.
hello Glazik,
donc tu peux tout mesurer ?
comment alors montres tu par quelle mesure quel signe sur la mesure permet de dire à priori :
là on a un câble au rendu montant, là attaque de note dures, là harmoniques ok mais pas là
etc...
Ca, c'est très intéressant. Tu me proposes de quantifier des sensations par des mesures. Pour un appareil de mesure, un câble n'a évidement pas un rendu mordant ou un caractère montant. De même qu'à l'écoute, tu ne trouveras pas qu'un ampli à une rotation de phase de Pi/2 de 20 à 20 000Hz. Il est difficile de lier les sensations et les qualités (ou défauts) des appareils, du moins lorsqu'on est dans la subtilité (pourtant Hiraga parlait de la ductilité du son
).
Par contre, s'il y a différence à l'écoute, j'affirme qu'il y a de nos jours (et depuis bien longtemps), les moyens de mettre cette différence en évidence. Le domaine audio n'est pas si compliqué au regard d'autres domaines en ce qui concerne l'évaluation technique (beaucoup plus en ce qui concerne l'évaluation subjective). Le discours sur l'invalidité des mesures est valable sur le fait que tu as souligné: améliorer telle performance mesurable d'un appareil ne garanti pas qu'on va en améliorer la performance subjective, ou éventuellement que l'amélioration ne se situera pas là ou on l'espérait. Il ne l'est pas lorsqu'on affirme entendre des différences entre deux appareils sans être capable de mesurer une différence.
Pire, il arrive souvent que les défauts d'un maillon nous soient plus agréables.
Un exemple parmi les plus récemment découverts: on fait la chasse aux pouillèmes en terme de jitter des convertisseurs. Pourtant des tests d'écoute subjectifs on montré depuis un moment qu'en dessous d'une certaine valeur (que j'ignore, mais que la plupart des convertisseurs de milieu de gamme atteignent de nos jours), la diminution du jitter est contre-productive et que ce n'est pas le signal qui est le moins affecté qui est le plus agréable. Pourtant, le jitter abîme le son et c'est sensible sur plusieurs critères (transparence, largeur et profondeur de l'image notamment). Du coup, la meilleure valeur serait variable en fonction du goût de l'auditeur, et du type de musique qu'il écoute.
Bref, sur ce qu'on entend ou pas, on pourrait dire: "Si on entend une différence, c'est qu'elle existe, et on peut donc en mesurer la présence". Sauf que cela ne fonctionne pas comme ça. Si on entend une différence, elle n'existe pas forcément. Mais ce n'est pas pour autant une raison de croire qu'elle est inaudible pour celui qui affirme sincèrement l'entendre. Ce n'est pas non plus une raison pour celui-ci de croire que ceux qui n'entendent pas sont sourds.
Désolé pour le pâté, mais c'est un domaine sensible et complexe.