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Films (débats, critiques), personnalités (acteurs, réalisateurs), prochaines sorties, les salles, la presse spécialisée...

[REAL] Jean Claude Brisseau est mort

Message » 15 Mai 2019 19:40

Je n'ai pas dit que Catherine Breillat est comme Brisseau, juste que leurs films ont quelques points communs .

Catherine Breillat semble avoir peu d’empathie avec ses acteurs, et surtout elle a fait de belles déclarations anti féministes , sans ces déclarations je ne l'aurais jamais nommé.

Les réalisateurs sont manipulateurs c'est le métier qui veux cela, mais certains dépassent les limites que les acteurs sont prés a accepter.
jhudson
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Message par Google » 15 Mai 2019 19:40

 
 
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Message » 18 Mai 2019 11:47

Il faut quand même dire que l'adoption de standards lors de scènes intimes est vraiment tout récent.... J'ai trouvé un exemple que pour la série The Deuce, HBO avait fait appel à cette société «Intimacy Directors International» (fondée en 2016...) afin de régulariser tout çà vu qu'on peut raconter tout et n'importe quoi.
muse92
 
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Message » 18 Mai 2019 15:08

muse92 a écrit:Il faut quand même dire que l'adoption de standards lors de scènes intimes est vraiment tout récent.... J'ai trouvé un exemple que pour la série The Deuce, HBO avait fait appel à cette société «Intimacy Directors International» (fondée en 2016...) afin de régulariser tout çà vu qu'on peut raconter tout et n'importe quoi.


Car il y a eu quelques problémes, récemment il y en a eu sur SMILF (Showtime)

Si on remonte a plus loin, un réalisateur avait forcé Linda Blair a se déshabiller pour une scéne de douche.

De nos jours des actrices ont parfois des contrats de non nudité tout interprétant des stripteaseuses.
jhudson
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Message » 27 Mai 2019 9:30

Tout ceci est effarant.
Des scènes d’extrême violence, des morts par dizaines, des arme portées en permanence, c'est ce que montre les écrans US, y compris dans les programmes grand public ou pour enfants ! Une actrice nue sous la douche, la courbe d'un sein ? Mais quel scandale ! L'hypocrisie est totale et choquante.

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autrichon gris
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Message » 27 Mai 2019 13:25

autrichon gris a écrit:Tout ceci est effarant.
Des scènes d’extrême violence, des morts par dizaines, des arme portées en permanence, c'est ce que montre les écrans US, y compris dans les programmes grand public ou pour enfants ! Une actrice nue sous la douche, la courbe d'un sein ? Mais quel scandale ! L'hypocrisie est totale et choquante.


Et encore... Il y a quelques sites web qui vont... toujours plus loin dans l'horreur.

Je ne suis pas particulièrement fan de Brisseau je n'ai vu de lui que "choses sécrètes"... Contrairement à ce qu'on peut lire ce n'est pas vraiment un téléfilm érotique M6 ou alors le niveau a sacrément monté...(même si quelques scènes sont risibles et peuvent y faire sacrément penser...) L'ambiance du film est au contraire très curieuse chevauchant entre du Eyes Wide Shut Et plus belle la vie, c'est un peu comme le script de GOT saison 7 et 8...cela aurait dû être un peu plus élaboré, ça reste à mon sens très moyen....

J'ai quand même l'impression qu'on mélange facilement artiste/vie privée/morale et justice pénale ajoutons à ça le réseau social et les médias. L'hypocrisie est effectivement totale.


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Message » 27 Mai 2019 14:07

autrichon gris a écrit:Tout ceci est effarant.
Des scènes d’extrême violence, des morts par dizaines, des arme portées en permanence, c'est ce que montre les écrans US, y compris dans les programmes grand public ou pour enfants ! Une actrice nue sous la douche, la courbe d'un sein ? Mais quel scandale ! L'hypocrisie est totale et choquante.


Le problème, ça n’était pas la nudité, mais le harcèlement sexuel que Brisseau imposait pendant des mois aux actrices auxquelles il pensait pour un rôle sous prétexte de préparation. Alors que, à ce que je sais, un acteur de film d’action ne se fait pas tirer dessus à balles réelles lors du casting même s’il doit jouer une scène de fusillade.
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Message » 27 Mai 2019 14:25

Sledge Hammer a écrit:
autrichon gris a écrit:Tout ceci est effarant.
Des scènes d’extrême violence, des morts par dizaines, des arme portées en permanence, c'est ce que montre les écrans US, y compris dans les programmes grand public ou pour enfants ! Une actrice nue sous la douche, la courbe d'un sein ? Mais quel scandale ! L'hypocrisie est totale et choquante.


Le problème, ça n’était pas la nudité, mais le harcèlement sexuel que Brisseau imposait pendant des mois aux actrices auxquelles il pensait pour un rôle sous prétexte de préparation. Alors que, à ce que je sais, un acteur de film d’action ne se fait pas tirer dessus à balles réelles lors du casting même s’il doit jouer une scène de fusillade.


si tu tues ton acteur dès l'audition tu peux faire une croix sur ton film... Si tu le filmes cela s'appelle un snuff movie... J'hésite entre l'argumentaire spécieux,captieux ou fallacieux...

Dans tous les cas l'acteur doit... Quand même avoir une audition... subir un entraînement physique.... Préparer son rôle..... non ?
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Jean Claude Brisseau est mort

Message » 27 Mai 2019 15:31

Il demandait ça à des dizaines d’actrices, leur expliquant qu’il avait dirigé Sylvie Vartan ou Vanessa Paradis (avec laquelle il y a eu apparemment un incident sur le Tournage de Noce blanche à la suite duquel sa mère est restée en permanence sur le plateau). Les actrices qui ont porté plainte ont été filmées sur des mois ou des années. Il a continué à leur demander de faire un numéro devant son caméscope alors qu’il avait déjà décidé de donner leur rôle à d’autres actrices (sans le leur dire, bien sûr). Lors du procès, il a en fait soutenu qu’elles n’avaient plus l’âge pour le rôle à cause du retard pris dans la production, mais qu’il envisageait de les prendre pour un autre projet, qu’il commençait donc à préparer.

Personne dans son entourage n’était cependant dupe, comme le procès l’a montré. Il gardait les cassettes pour son plaisir personnel. La préparation d’un film lui servait de prétexte pour filmer des jeunes femmes dans des actes sexuels en leur promettant un rôle à l’arrivée.

Soit, il n’a pas banalisé à l’écran la violence par armes à feu, mais il s’est clairement servi de son prestige et de sa qualité de réalisateur reconnu pour abuser d’actrices débutantes.
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Message » 27 Mai 2019 15:56

autrichon gris a écrit:Tout ceci est effarant.
Des scènes d’extrême violence, des morts par dizaines, des arme portées en permanence, c'est ce que montre les écrans US, y compris dans les programmes grand public ou pour enfants ! Une actrice nue sous la douche, la courbe d'un sein ? Mais quel scandale ! L'hypocrisie est totale et choquante.


C'est plus exactement les tétons qui leur posent probléme , pour les programmes pour enfant c'est bien sur tout parti du corps féminin qui leur pose probléme.

En France ce n'est guère mieux, les producteurs n'ont pas arrêté de faire pression sur Michel Ocelot pour qu'il mette des soutiens gorge aux Africaines dans Kirikou et lui ne voulait pas du tout, il a vécu en Afrique il voulait que ça soit crédible.

Le film a manqué d’être annulé , mais le producteur a été remplacé et ce dernier lui a laissé le champ libre.

Pour revenir au sujet , il y a l'affaire Abdellatif Kechiche qui croit que mettre des scénes de sexes explicites dans son dernier film est une fin en soit , Ophélie Bau aurait quitté la salle en court de projection, pas sur qu'elle ai appréciée que ça dure 15 minutes.

Apparemment il aurait forcé ses acteurs.

http://www.lefigaro.fr/festival-de-cann ... e-20190525
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Message » 27 Mai 2019 16:32

Sledge Hammer a écrit:Il demandait ça à des dizaines d’actrices, leur expliquant qu’il avait dirigé Sylvie Vartan ou Vanessa Paradis (avec laquelle il y a eu apparemment un incident sur le Tournage de Noce blanche à la suite duquel sa mère est restée en permanence sur le plateau). Les actrices qui ont porté plainte ont été filmées sur des mois ou des années. Il a continué à leur demander de faire un numéro devant son caméscope alors qu’il avait déjà décidé de donner leur rôle à d’autres actrices (sans le leur dire, bien sûr). Lors du procès, il a en fait soutenu qu’elles n’avaient plus l’âge pour le rôle à cause du retard pris dans la production, mais qu’il envisageait de les prendre pour un autre projet, qu’il commençait donc à préparer.

Personne dans son entourage n’était cependant dupe, comme le procès l’a montré. Il gardait les cassettes pour son plaisir personnel. La préparation d’un film lui servait de prétexte pour filmer des jeunes femmes dans des actes sexuels en leur promettant un rôle à l’arrivée.

Soit, il n’a pas banalisé à l’écran la violence par armes à feu, mais il s’est clairement servi de son prestige et de sa qualité de réalisateur reconnu pour abuser d’actrices débutantes.
Sans doute... Sans doute... je ne cherche pas à exprimer un jugement, une opinion ou défendre le bonhomme. Mais je me demande.. Par exemple sur des films artistiques comme l'empire des sens pourquoi cela ne posait pas de problème à l'époque ou plus simplement pour toute l'industrie pornographique aujourd'hui ...:

Il faut voir par exemple le documentaire Rocco pour être perplexe... : D'un côté la société se moralise via le réseau social ou sa justice pénale, ses affaires de mœurs comme Brisseau, Polanski, ou Bertolucci, de l'autre on assiste à un "excès" :mais quand je dis un excès c'est qu'on repousse toujours plus loin ce qu'il est possible de montrer, voir, dire ou semi - simuler de la violence et du sexe.
Il faut bien voir que ce dont on parle c'est la partie haute immergée de l'iceberg le monde quand à lui continue sa course mais pas forcément de manière visible...
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Message » 27 Mai 2019 17:11

Il y a tout un sous-genre dans le porno où l'on a une "débutante" qui passe un casting pour être modèle, et à qui on propose incidemment pendant l'entretien de filmer une scène hard. On peut aimer ou ne pas aimer, mais il se trouve qu'il y a en fait deux types de studios qui proposent ça.

Les premiers prennent des jeunes femmes qui ont concrètement déjà décidé de tenter leur chance dans le X (webcammeuse qui veut en faire plus, stripteaseuse, etc.) et leur font une offre ($$$) en rapport avec le fait que ça soit une de leurs toutes premières scènes, voire leur première. Ça représente 90 % de ce type de scènes.

En face, il y a quelques sites, où une partie des filles croit au départ sincèrement faire un shooting banal, sans rien de pornographique. On leur propose une fois arrivées sur place de tourner la scène ou de rembourser les frais, on leur fait fumer un joint ou on met un cachet dans un verre, on leur promet que le résultat ne sera jamais vu dans leur pays, mais sera diffusé chez des collectionneurs en Australie sous forme de DVD, on leur donne le numéro de quelques anciens modèles qui n'ont jamais eu le moindre souci après leur scène, etc. Et on ne leur donne évidemment pas le temps d'étudier leur contrat. Et, bien sûr, deux mois après, un type de leur lycée les reconnaît et en informe les réseaux sociaux.
Je n'invente rien du tout, il y a un procès en cours aux USA contre un site assez connu dont c'étaient les méthodes (et qui va certainement devoir arrêter ses activités), et ce sont des pratiques courantes pour d'autres en République tchèque ou en Russie, là où l'application de la loi est assez laxiste. Les femmes hésitent évidemment à porter plainte, de peur d'affronter une grosse entreprise (souvent liée à la pègre à l'Est) et d'être encore plus humiliées (ce qui est à la base le fond de commerce de ces sites de casting en question).

Je ne sais pas, mais il me semble qu'il y a une énorme différence éthique et légale entre les deux. Dans un cas, on a quelqu'un de pleinement consentant à faire des choses que "la morale réprouve", de l'autre on manipule quelqu'un, on le laisse dans le flou et des approximations, histoire d'arracher sa décision. On peut ensuite arguer que les deux participent au relâchement des mœurs, mais il y en a au moins un qui est un comportement criminel.

Dans la production télé ou ciné d'aujourd'hui (je ne parle pas du monde du X), il y a un poste en voie d'apparition, coach ou coordinateur d'intimité. C'est l'équivalent, pour les scènes de nu ou de sexe, du superviseur des cascades pour les scènes d'action. Il joue le rôle de médiateur entre les acteurs et le réalisateur, histoire que tout le monde soit bien à l'aise avec ce qui doit être fait dans la scène, pas de censurer ce qui se passe, simplement s'assurer que le réalisateur ne fasse pas de changement de dernière minute destiné à manipuler par exemple son actrice (comme Bertolucci avec Maria Schneider ou Kechiche sur son dernier film), parce qu'il y a concrètement un rapport de force très inégal entre un réalisateur reconnu et une actrice débutante.

Il y a eu ça sur la saison 2 de The Deuce, il y aura ça sur le prochain James Bond (alors qu'il n'y a sinon aucun risque d'avoir une séquence particulièrement crue à l'image), il n'y a pas eu ça sur la série SMILF, où une des actrices a dénoncé le comportement de la créatrice. Elle avait apparemment tendance à changer ses scènes de nu à la dernière minute, dans un sens bien plus dégradant pour le personnage de l'actrice, et à laisser un retour moniteur des caméras à l'extérieur du plateau, là où on doit normalement travailler avec une équipe réduite et en circuit fermé.

Je ne doute pas que Brisseau souhaitait consciemment saisir le désir féminin à l'écran et en faire le sujet de ses films. Mais il est également clair que le type franchissait des dizaines de lignes jaunes pendant la préparation de ses derniers films, au point où il était certainement incapable de déterminer où s'arrêtait la recherche artistique et où commençait son plaisir personnel. Le mec a concrètement dérapé, et l'argument de ses supporters au sujet de sa démarche en tant qu'auteur a ses limites.
Moi, en tout cas, ça me dérange moins de voir L'Empire des sens ou un autre film avec des scènes non simulées mais où tout le monde était pleinement consentant, que la deuxième moitié de la filmographie de Brisseau, même si les actes sexuels y sont simulés, parce que je sais concrètement qu'il a exploité et forcé plusieurs actrices, même si elles ne sont pas dans le film.
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Message » 27 Mai 2019 17:44

Puisqu'on est sur le sujet, j'ai vu Brigitte Lahaie en pleurs sur un plateau après avoir subit du bashing alors qu' elle disait qu'une chose vraie sur le viol , peut être que les mots étaient mal choisis mais ce n'est pas une raison.

Une chose dit souvent dans LAW & Order SVU, la seule série qui ose parler des crimes sexuels depuis 20 ans , au cinema ce n'est quasiment jamais abordé.

On remarquera que les nombreux serial Killers ne font que tuer dans les œuvres de fiction, le coté souvent sexuel de ces crimes sont souvent mis de coté.
Dernière édition par jhudson le 27 Mai 2019 17:47, édité 1 fois.
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Message » 27 Mai 2019 17:47

Sledge Hammer a écrit:Il y a tout un sous-genre dans le porno où l'on a une "débutante" qui passe un casting pour être modèle, et à qui on propose incidemment pendant l'entretien de filmer une scène hard. On peut aimer ou ne pas aimer, mais il se trouve qu'il y a en fait deux types de studios qui proposent ça.

Les premiers prennent des jeunes femmes qui ont concrètement déjà décidé de tenter leur chance dans le X (webcammeuse qui veut en faire plus, stripteaseuse, etc.) et leur font une offre ($$$) en rapport avec le fait que ça soit une de leurs toutes premières scènes, voire leur première. Ça représente 90 % de ce type de scènes.

En face, il y a quelques sites, où une partie des filles croit au départ sincèrement faire un shooting banal, sans rien de pornographique. On leur propose une fois arrivées sur place de tourner la scène ou de rembourser les frais, on leur fait fumer un joint ou on met un cachet dans un verre, on leur promet que le résultat ne sera jamais vu dans leur pays, mais sera diffusé chez des collectionneurs en Australie sous forme de DVD, on leur donne le numéro de quelques anciens modèles qui n'ont jamais eu le moindre souci après leur scène, etc. Et on ne leur donne évidemment pas le temps d'étudier leur contrat. Et, bien sûr, deux mois après, un type de leur lycée les reconnaît et en informe les réseaux sociaux.
Je n'invente rien du tout, il y a un procès en cours aux USA contre un site assez connu dont c'étaient les méthodes (et qui va certainement devoir arrêter ses activités), et ce sont des pratiques courantes pour d'autres en République tchèque ou en Russie, là où l'application de la loi est assez laxiste. Les femmes hésitent évidemment à porter plainte, de peur d'affronter une grosse entreprise (souvent liée à la pègre à l'Est) et d'être encore plus humiliées (ce qui est à la base le fond de commerce de ces sites de casting en question).

Je ne sais pas, mais il me semble qu'il y a une énorme différence éthique et légale entre les deux. Dans un cas, on a quelqu'un de pleinement consentant à faire des choses que "la morale réprouve", de l'autre on manipule quelqu'un, on le laisse dans le flou et des approximations, histoire d'arracher sa décision. On peut ensuite arguer que les deux participent au relâchement des mœurs, mais il y en a au moins un qui est un comportement criminel.

Dans la production télé ou ciné d'aujourd'hui (je ne parle pas du monde du X), il y a un poste en voie d'apparition, coach ou coordinateur d'intimité. C'est l'équivalent, pour les scènes de nu ou de sexe, du superviseur des cascades pour les scènes d'action. Il joue le rôle de médiateur entre les acteurs et le réalisateur, histoire que tout le monde soit bien à l'aise avec ce qui doit être fait dans la scène, pas de censurer ce qui se passe, simplement s'assurer que le réalisateur ne fasse pas de changement de dernière minute destiné à manipuler par exemple son actrice (comme Bertolucci avec Maria Schneider ou Kechiche sur son dernier film), parce qu'il y a concrètement un rapport de force très inégal entre un réalisateur reconnu et une actrice débutante.

Il y a eu ça sur la saison 2 de The Deuce, il y aura ça sur le prochain James Bond (alors qu'il n'y a sinon aucun risque d'avoir une séquence particulièrement crue à l'image), il n'y a pas eu ça sur la série SMILF, où une des actrices a dénoncé le comportement de la créatrice. Elle avait apparemment tendance à changer ses scènes de nu à la dernière minute, dans un sens bien plus dégradant pour le personnage de l'actrice, et à laisser un retour moniteur des caméras à l'extérieur du plateau, là où on doit normalement travailler avec une équipe réduite et en circuit fermé.

Je ne doute pas que Brisseau souhaitait consciemment saisir le désir féminin à l'écran et en faire le sujet de ses films. Mais il est également clair que le type franchissait des dizaines de lignes jaunes pendant la préparation de ses derniers films, au point où il était certainement incapable de déterminer où s'arrêtait la recherche artistique et où commençait son plaisir personnel. Le mec a concrètement dérapé, et l'argument de ses supporters au sujet de sa démarche en tant qu'auteur a ses limites.
Moi, en tout cas, ça me dérange moins de voir L'Empire des sens ou un autre film avec des scènes non simulées mais où tout le monde était pleinement consentant, que la deuxième moitié de la filmographie de Brisseau, même si les actes sexuels y sont simulés, parce que je sais concrètement qu'il a exploité et forcé plusieurs actrices, même si elles ne sont pas dans le film.


Oui en effet j'en avais parlé quelques messages plus haut de ce coaching intime sur the deuce.


Je trouve que la problématique d'ensemble est plutôt bien analysé et résumé et a le mérite d'y voir clair dans un sujet confus.
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Message » 27 Mai 2019 17:53

Pour SMILF la showrunneuse et actrice Frankie Shaw se moque de tourner complément nue , mais pour ses actrices c'est différent, je pense que la cause du probléme viens de la , elle n'a pas anticipé qu'il pourrait avoir probléme.
Dernière édition par jhudson le 27 Mai 2019 19:12, édité 1 fois.
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Message » 27 Mai 2019 19:10

muse92 a écrit:
Sledge Hammer a écrit:Il y a tout un sous-genre dans le porno où l'on a une "débutante" qui passe un casting pour être modèle, et à qui on propose incidemment pendant l'entretien de filmer une scène hard. On peut aimer ou ne pas aimer, mais il se trouve qu'il y a en fait deux types de studios qui proposent ça.

Les premiers prennent des jeunes femmes qui ont concrètement déjà décidé de tenter leur chance dans le X (webcammeuse qui veut en faire plus, stripteaseuse, etc.) et leur font une offre ($$$) en rapport avec le fait que ça soit une de leurs toutes premières scènes, voire leur première. Ça représente 90 % de ce type de scènes.

En face, il y a quelques sites, où une partie des filles croit au départ sincèrement faire un shooting banal, sans rien de pornographique. On leur propose une fois arrivées sur place de tourner la scène ou de rembourser les frais, on leur fait fumer un joint ou on met un cachet dans un verre, on leur promet que le résultat ne sera jamais vu dans leur pays, mais sera diffusé chez des collectionneurs en Australie sous forme de DVD, on leur donne le numéro de quelques anciens modèles qui n'ont jamais eu le moindre souci après leur scène, etc. Et on ne leur donne évidemment pas le temps d'étudier leur contrat. Et, bien sûr, deux mois après, un type de leur lycée les reconnaît et en informe les réseaux sociaux.
Je n'invente rien du tout, il y a un procès en cours aux USA contre un site assez connu dont c'étaient les méthodes (et qui va certainement devoir arrêter ses activités), et ce sont des pratiques courantes pour d'autres en République tchèque ou en Russie, là où l'application de la loi est assez laxiste. Les femmes hésitent évidemment à porter plainte, de peur d'affronter une grosse entreprise (souvent liée à la pègre à l'Est) et d'être encore plus humiliées (ce qui est à la base le fond de commerce de ces sites de casting en question).

Je ne sais pas, mais il me semble qu'il y a une énorme différence éthique et légale entre les deux. Dans un cas, on a quelqu'un de pleinement consentant à faire des choses que "la morale réprouve", de l'autre on manipule quelqu'un, on le laisse dans le flou et des approximations, histoire d'arracher sa décision. On peut ensuite arguer que les deux participent au relâchement des mœurs, mais il y en a au moins un qui est un comportement criminel.

Dans la production télé ou ciné d'aujourd'hui (je ne parle pas du monde du X), il y a un poste en voie d'apparition, coach ou coordinateur d'intimité. C'est l'équivalent, pour les scènes de nu ou de sexe, du superviseur des cascades pour les scènes d'action. Il joue le rôle de médiateur entre les acteurs et le réalisateur, histoire que tout le monde soit bien à l'aise avec ce qui doit être fait dans la scène, pas de censurer ce qui se passe, simplement s'assurer que le réalisateur ne fasse pas de changement de dernière minute destiné à manipuler par exemple son actrice (comme Bertolucci avec Maria Schneider ou Kechiche sur son dernier film), parce qu'il y a concrètement un rapport de force très inégal entre un réalisateur reconnu et une actrice débutante.

Il y a eu ça sur la saison 2 de The Deuce, il y aura ça sur le prochain James Bond (alors qu'il n'y a sinon aucun risque d'avoir une séquence particulièrement crue à l'image), il n'y a pas eu ça sur la série SMILF, où une des actrices a dénoncé le comportement de la créatrice. Elle avait apparemment tendance à changer ses scènes de nu à la dernière minute, dans un sens bien plus dégradant pour le personnage de l'actrice, et à laisser un retour moniteur des caméras à l'extérieur du plateau, là où on doit normalement travailler avec une équipe réduite et en circuit fermé.

Je ne doute pas que Brisseau souhaitait consciemment saisir le désir féminin à l'écran et en faire le sujet de ses films. Mais il est également clair que le type franchissait des dizaines de lignes jaunes pendant la préparation de ses derniers films, au point où il était certainement incapable de déterminer où s'arrêtait la recherche artistique et où commençait son plaisir personnel. Le mec a concrètement dérapé, et l'argument de ses supporters au sujet de sa démarche en tant qu'auteur a ses limites.
Moi, en tout cas, ça me dérange moins de voir L'Empire des sens ou un autre film avec des scènes non simulées mais où tout le monde était pleinement consentant, que la deuxième moitié de la filmographie de Brisseau, même si les actes sexuels y sont simulés, parce que je sais concrètement qu'il a exploité et forcé plusieurs actrices, même si elles ne sont pas dans le film.


Oui en effet j'en avais parlé quelques messages plus haut de ce coaching intime sur the deuce.


Je trouve que la problématique d'ensemble est plutôt bien analysé et résumé et a le mérite d'y voir clair dans un sujet confus.



Disons vite que par rapport à l'empire des sens la problématique se pose en termes nouveaux.
Aujourd'hui je ne crois pas qu'on puisse résoudre la difficulté (ni s'il existe une solution ) en terme de "choix conscient" ou "rationnel".

Le tapage médiatique autour de the deuce (la participation d'un coordinateur de scènes intimistes) serait là pour masquer que justement les scènes chaudes n'ont pas été sans problème.

Il me semble qu'il y a là deux points qui différent dans le débat : d'un côté "l'extra-tournage", le harcèlement, la pression exercée par une ou plusieurs personnes ayant le pouvoir sur plusieures actrices (on pourrait imaginer le cas pour des acteurs), de l'autre les scènes erotiques ou hard filmées à l'écran qui apparaissent/sont visibles dans le résultat final. La moralité et la législation n'ont à priori pas le même domaine d'application selon les cas... Surtout si on ajoute à ça que le réalisateur /trice ainsi que les acteurs /actrices ont le droit à priori de changer d'avis...(pour des raisons différentes intimes, artistiques ou... sans raison) Il sera difficile de mettre un terme au débat ou de trouver une solution définitive j'en ai peur.
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