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Films (débats, critiques), personnalités (acteurs, réalisateurs), prochaines sorties, les salles, la presse spécialisée...

[THEME] Le Cinéma Muet

Message » 19 Oct 2016 6:44

Ce n'est pas un film muet , mais ce qui suit est en rapport direct !

Sergei M. Eisenstein est considéré comme un maitre , mais le voir en 1945 tourner Ivan le terrible comme si le cinema n'avait pas évoluer 15 ans après la fin du muet, c'est a mon sens plus qu'étrange, j'ai regardé plusieurs fois la date car je penssais voir un film début des années 30 ! :o :o

Car nombre de plans rappellent le cinema muet avec des personnages souvent caricaturaux et celles ou ça parle sont assez statiques ,alors que la plupart de ses confrère étaient déjà passé a une autre façon de tourner depuis longtemps .

Staline n'ayant pas aimé Ivan le terrible 2 sa carriére prendra fin prématurément .
jhudson
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Message par Google » 19 Oct 2016 6:44

 
 
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Message » 22 Oct 2016 1:07

autrichon gris a écrit:

Dans la nuit - Charles Vanel - 1929

Vu ce film qui circule parfois dans les festivals de jazz avec une musique jouée en live par Louis Sclavis, le célèbre jazzman.

Ce sublime travail du grand Charles Vanel est sorti en 1929, en même temps que le premier film parlant ! Autant dire que quelque soit ses qualités, il disparut dans les abysses bien remplies des bobines oubliées. Il est temps de le réhabiliter, merci youtube !

Ci dessous ce qu'en dit wikipédia, beaucoup mieux que moi:

« Grâce au travail conjugué de la Cinémathèque française et de l'Institut Lumière (l'une sauva la pellicule, l'autre la restaura), on a découvert que Charles Vanel, grand acteur à la longévité record (soixante-quinze ans de carrière !), fut réalisateur ; et un très grand. À trente-sept ans, il écrit et tourne Dans la nuit, jugeant que « la dépense d'énergie d'un acteur est celle d'un enfant et celle d'un metteur en scène est celle d'un adulte ». Son sens du cadrage, du montage, son audace dans les travellings démontrent, en effet, une hallucinante maturité. Vanel capte la lumière crue, le bonheur simple d'un repas de noces sous la treille. La caméra s'emballe, virevolte autour des acteurs massés dans la carriole qui les mène à la foire du village. La liesse populaire explose, le parfum du printemps enivre. On pense à Renoir et à Grémillon. Et ce moment de grâce où le jeune marié, épuise, n'ose pas réveiller sa tendre, endormie sur ses genoux... Quand le masque du malheur voile le film de noir et le plonge dans la fureur tragique, Vanel embellit le sordide par la poésie horrifique, à la manière de Franju ; jusqu'à la surprise finale, dans une brassée de fleurs des champs... Sorti en même temps que Le Chanteur de jazz, le premier film parlant, Dans la nuit fut totalement ignoré. Charles Vanel renonça à la mise en scène1. À la vue de cette merveille, son découragement semble impardonnable. »


Merci Autrichon pour ton partage et à Atomheart d'avoir suscité ton post.
Je viens de visionner "Dans la nuit" sur ton lien et c'est un très beau film. Mon ordinateur portable bricole de plus en plus ce qui m'a privé du son. Tant mieux cela m'évitera sans doute de faire mon mauvais coucheur et sortir ma rengaine sur les inconvénients de l'accompagnement sonore qui a trop vouloir faire du bien fait beaucoup de mal au film. Peu importe et tant mieux si des artistes de jazz ou de rock arty permettent de remettre à l'affiche des films silencieux.

Je remarque d'ailleurs que l'affiche du film est très jolie, un temps dans lequel il y avait également un artiste derrière elle et une signature.

Image

Il en reste encore quelques jolies aujourd'hui et une telle collection me plairait bien mais la taille fait reculer. Je me suis acheté celle de Twixt de Coppola avec Elle Fanning en mignonne gothique 8) Avec un peu de débrouille et des fournitures de chez Bricomarché, j'ai constitué un cadre Diy. Les affiches récentes ne sont pas chères mais je ne me revois pas faire ça trop souvent et puis il faut de la place, conserver des affiches pliées sans les exposer cela doit être frustrant. Y a t il des collectionneurs d'affiches de cinéma sur hcfr ?

Pour en revenir au film, il me semble qu'il a une construction rigoureuse assez fortement influencée par L'Aurore de Murnau. La première partie est de type naturaliste avec sa scène du banquet, le convoi nuptial en carriole limousine imposante... Le tout saupoudrer d'humour, tel que le plan sur les cadavres de bouteilles sous la table, le cadeau du petit tapis dessous de lit qui rend toute frétillante la donzelle ... Cela fait immanquablement penser à Murnau et son couple à la ville.

Image

Formellement Charles Vanel donne une musique de l'image très vive avec un montage très découpé d'une succession de plans enchainés par des fondus, avec en leitmotiv un plan sur l'accordéoniste, c'est la noce, de la musique, cela bouge dans tous les sens. Encore dans l'esprit Murnau la caméra mobile de la balançoire, celle embarquée dans la carriole.

Les prémices du point de bascule sont amenés par la mariée qui s'endort anormalement trop tôt le soir de sa nuit de noce. Dès avant, elle est à la limite de l'évanouissement, fausse piste, cela n'est pas à elle qu'il va arriver quelque chose mais elle ne devrait malgré tout pas trop s'endormir :lol: Il fallait plutôt remarquer sa fougue à embrasser le visage de son homme et lorsqu'il se savonne devant le miroir. La propreté peut revêtir un aspect anxiogène :ko:

L'accident arrive et on s'enfonce dans la nuit, le style passe à l'expressionnisme, c'est le couple de la campagne de Murnau. La donzelle a dès lors les tentations du jour et elle y cédera, lui s'enfonçant dans le crépuscule de la mort ou pas tout est affaire de masque :mdr:
Bien entendu le montage n'est plus tendu du string et les plans s'allongent.

On peut noter que dans la relation triangulaire, chez Murnau il y a l'homme, la maîtresse et l'épouse, chez Charles Vanel, la femme, l'amant et l'époux. Bien entendu dans un cas comme dans l'autre, nous ne sommes pas dans une comédie de boulevard et les enjeux de réflexions sont nombreux, et les sources métaphoriques incontestables, un masque cache autre chose.

Exemple de freestyle interprétatif sur ce freeblog, attention il spoile moi je le fais tout en masque :oldy: :ane:
http://insideadream.free.fr/cinema/dans_la_nuit.html

En forme l'ami :o
Mascarade. Il y a dans le cas de l'homme défiguré et masqué une intense mythologie aussi bien littéraire que cinématographique. On pense pêle-mêle au Fantôme de l'Opéra ou aux Yeux sans Visage. Ce portrait d'une femme doublement aliénée -d'un point de vue social aussi bien que marital- doit beaucoup à ce masque, paravent des sentiments les plus bas. Le film développe une dimension charnelle, une volonté de modeler un véritable visage, une frontière du corps. Figure hiératique d'un passé inaccessible. Ce visage factice qui recouvre une vision atroce, mais qui renvoie aussi à la figure éthérée, diaphane et de porcelaine de Sandra Milovanoff, n'a-t-il finalement pour essence que de capter, de figer un passé révolu, une vie hors d'atteinte et impossible. Y a-t-il horreur plus absolue que d'être condamnée au néant, d'avoir un destin figé ? Le plan magnifique nous montrant l'homme masqué dormant le jour sur sa couche est symbolique de l'amas de chair qu'il est devenu sans son identifiant social qu'était son visage. Il est un poids mort que son épouse ne peut plus toucher ou embrasser. Peut-elle finalement l'aimer, non, elle ne prend même plus la peine de lui préparer son repas (voir le coup d'œil que l'ouvrier jette à sa gamelle en partant à son travail de nuit), condamnée qu'elle est d'observer cette face mi-métallique mi-organique. Le récit décide pourtant d'aller plus loin en renchérissant sur la haine et la peur de l'Homme. Que l'amant se pare du masque devenant ainsi le double du mari, bourreau par excellence qui ne peut lui apporter ce qu'elle pense lui être dû n'est pas un hasard. Jusqu'au bout l'homme l'aura retenue prisonnière, devenant monstre ou finissant dans la rivière, il n'y a pas d'échappatoire possible et c'est à genoux devant l'homme (de dos à l'écran) qu'elle regarde pleine de terreur la direction pointée par le doigt de son époux, au-dessus de nous, le ciel, l'avenir, la mort ? La résolution finale (introduite par un liquide à la consistance proche du sang sur la pellicule), pirouette onirique et happy end, a-t-elle été voulue par l'auteur ou les producteurs, les sources ne sont pas claires. Toujours est-il qu'elle enfonce le clou quant à la dérive de la psyché d'une femme retenue et piégée, sans perspectives d'avenir, condamnée à élever ses enfants. Altérité, humanité et frontières organiques sont autant de sujets traités par le scénario inspiré.


Sur l'effet du liquide dégoulinant sur la vitre que Charles Vanel utilise à deux reprises, c'est une bonne idée et elle m'a fait furieusement penser à l'un des plus célèbres intertitre de L'Aurore avec ses lettres se cassant la figure malheureusement je ne retrouve pas le gif, alors image fixe :
Image
Kishizo
 
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Message » 22 Oct 2016 2:53

Je ne savais pas que Charles Vanel avait réalisé un film ! :o

C'est son unique film a ce que j'ai vu .
jhudson
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Message » 22 Oct 2016 11:12

Un court également : http://cinema.encyclopedie.films.bifi.f ... p?pk=52747

Même si pour lui « le métier du cinéma le plus intéressant n’est pas celui d’acteur mais bien celui de réalisateur », les complications auxquelles doit faire face un cinéaste auront raison de la motivation de Charles Vanel, acteur de génie et metteur en scène de talent. Il confiera à la fin de sa carrière : «  Je déteste avoir à discuter de tout avec tout le monde. Or il fallait alors justifier chaque ligne du scénario devant le producteur – quand ce n’était pas devant sa maîtresse –, s’embarquer dans de complexes tractations financières, accepter des acteurs imposés par les distributeurs alors qu’ils n’allaient pas du tout pour les rôles… Comme je gagnais beaucoup d’argent en tant que comédien, que je faisais ce que je voulais, que j’étais tranquille, j’ai finalement renoncé mais je l’ai parfois regretté. Je n’avais pas le goût de devoir me bagarrer toute la vie. »
http://2013.festival-lumiere.org/manife ... -nuit.html


Apparemment Charles Vanel détient le record de longévité chez les acteurs français, je me note Le diable souffle d'Edmond T. Gréville en 1947. Ce réalisateur semblait être bourré d'érotisme, avec les premiers frimas, j'ai besoin de me réchauffer :mdr:
http://www.cinematheque.fr/cycle/edmond ... e-309.html

Image Encore que l'affiche semble aussi psyché, ses formes Munchienne font froid dans le dos :wtf:
Kishizo
 
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Message » 23 Oct 2016 6:05

Kishizo a écrit:Un court également : <span class="skimlinks-unlinked">http://cinema.encyclopedie.films.bifi.fr/index.php?pk=52747</span>

Même si pour lui « le métier du cinéma le plus intéressant n’est pas celui d’acteur mais bien celui de réalisateur », les complications auxquelles doit faire face un cinéaste auront raison de la motivation de Charles Vanel, acteur de génie et metteur en scène de talent. Il confiera à la fin de sa carrière : «  Je déteste avoir à discuter de tout avec tout le monde. Or il fallait alors justifier chaque ligne du scénario devant le producteur – quand ce n’était pas devant sa maîtresse –, s’embarquer dans de complexes tractations financières, accepter des acteurs imposés par les distributeurs alors qu’ils n’allaient pas du tout pour les rôles… Comme je gagnais beaucoup d’argent en tant que comédien, que je faisais ce que je voulais, que j’étais tranquille, j’ai finalement renoncé mais je l’ai parfois regretté. Je n’avais pas le goût de devoir me bagarrer toute la vie. »
http://2013. class="skimlinks-unlinked">festival-lumiere.org/manifestations/dans-la-nuit.html</span>



Donc même en 1929 ils avaient le producteur sur le dos et des acteurs qu'on impose comme quoi rien ne change, maintenant les réalisateurs discutent avec des hommes d'affaire qui ne connaissent rien au cinema , ou c'est produit par des chaines de TV qui veulent des films pouvant être programmé en prime time !

C'est un acteur qui a tourné jusqu’à sa mort et il avait 96 ans , rare sont les acteurs qui travaillent jusqu’à cet age !
jhudson
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Message » 23 Oct 2016 20:22

Oui de tout temps.
Les studios américains avaient fait venir Murnau d'Allemagne bluffés par Le dernier des hommes. Le budget accordé pour L'Aurore était celui d'un blockbuster de l'époque et il se dit même qu'il était illimité. Il n'empêche qu'assez classiquement le choix des acteurs lui a été imposé. Ce n'est que très rarement il me semble que le rôle principal d'un film à gros budget est confié à un acteur inconnu sortant d'un casting. Un producteur prend des risques financiers et si ce n'est l'assurance tous risques c'est un bon début pour rentrer dans ses frais. Le grand public se déplace avant tout pour un acteur qu'il apprécie, le talent du réalisateur est accessoire, il ne connaît sans doute pas le plus souvent son nom.
Ensuite le scénario également, le grand public ne se déplace pas pour ressortir la tête dans le seau, il lui faut une fin supportable. Je dois bien avouer que cela n'est souvent pas pour me déplaire non plus. Pour prendre l'exemple du film de Charles Vanel "Dans la nuit", le rebondissement final permet de redonner de la légèreté à l'ensemble et de conclure sur une fin plus appaisante, ce qui n'empêche que le spectateur a pu suivre jusque là un drame ouvrier comme le qualifiait le réalisateur. Certains pensent que la scène de fin lui a été imposé mais il n'y a pas de certitude à ce sujet.
Dans le dernier des hommes Murnau réalise un film sans aucun intertitre, le nirvana technique pour un réalisateur de silencieux. Si ce n'est un intertitre explicatif sur le déroulement de la fin de son film. Il ne lui est nullement imposé techniquement pour la compréhension du film. C'est une interaction géniale avec le spectateur. Le film est également un drame social jusque là et tout conduit à une fin douloureuse, sauf que là encore et je ne sais pas non plus si cette fin heureuse et même burlesque lui est imposée par le producteur, sans doute, mais sa pirouette est merveilleuse. Le spectateur déguste jusque là et en fait sort hilare du film.

Image

Je tente une traduction : " A ce moment, l'histoire devrait réellement finir, car dans la vie réelle le vieil homme désespéré aurait peu à attendre si ce n'est la mort. L'auteur a pris pitié de lui et offre un épilogue assez improbable ».

L'idée que je peux en retirer c'est qu'il ne faut pas sacraliser la fin d'un film. Nous savons tous qu'un film n'est qu'une fiction pilotée par le réalisateur. On moque souvent le happy end mais le sad end imposé pour faire sérieux me semble tout aussi ridicule. Ce qui devait être dit l'a été avant par Murnau et les ronchons peuvent arrêter le film à l'intertitre. Les autres se régaleront dont moi de passer des larmes aux rires avec autant de facilités. Le réalisateur est le maître de ce petit jeu. En définitive, l'exercice imposé parfois de se conformer aux exigences du produit commercial n'est pas forcément un mal, une contrainte à la base peut engendrer tout au contraire une création délicieuse. Certes Murnau n'est pas n'importe quel réalisateur :mdr:
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Message » 07 Nov 2016 5:58

Kishizo a écrit:Merci Autrichon pour ton partage et à Atomheart d'avoir suscité ton post.


Merci surtout a toi et aux autres contributeurs.Ce topic est merveilleux :bravo:

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PS:en cherchant une image de film muet pour illustrer le merveilleux je suis tombé par hasard sur ce film de 1922 https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Sorcel ... _%C3%A2ges qui a l'air assez incroyable et a du sérieusement stresser les personnes qui l'ont vu a l'époque :ko: :

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Analyse: http://www.dvdclassik.com/critique/haxa ... hristensen
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Message » 09 Avr 2018 6:03

Salut Kishizo. « Le Voyage dans la Lune » est un film muet qui est resté dans ma mémoire depuis que je l’ai vu en streaming. J’ai eu de la chance de le retrouver dans ce catalogue de VOD : http://m.nonstopvideos.fr/ . Pourtant, je n’étais pas particulièrement attiré par ce titre… Je dois néanmoins admettre que je ne regrette pas de l’avoir regardé ! L’histoire parle d’un incroyable voyage vers la Lune. Plusieurs astronautes ont été impliqués dans ce projet. L’intrigue sort un peu de l’ordinaire, ce qui m’a plu. Je ne t’en dévoile pas plus sur ce film de science-fiction, retrouve la critique sur http://alarencontreduseptiemeart.com/voyage-lune/ . De plus, tu peux te rendre sur meliesfilms.com et pariscinemaregion.fr pour mieux cerner son réalisateur. A+
Bruno5551
 
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Message » 09 Avr 2018 17:53

Salut Bruno5551,
Je suppose que tu sais qui est Georges Méliès et que le film que tu cites, fait partie des pierres angulaires du cinéma fantastique, voire du cinéma tout court ? Mais c'est vrai que de temps en temps reprendre et revoir les classiques séminaux est une absolue nécessité ! :grad:

Sur wikipedia: D. W. Griffith dit de Méliès : « Je lui dois tout. » et Charles Chaplin rajoutera « C'était l'alchimiste de la lumière. »

Rien que ça...

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autrichon gris
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Message » 13 Avr 2018 6:06

Salut. Absolument :P Je partage aussi ton avis...
Bruno5551
 
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Message » 03 Juin 2018 17:51

Ah tu ne vas pas t'en tirer comme ça Bruno :evil: :mdr:
Dès la page une du sujet, nous parlons de ce film grâce à Fabi, d'ailleurs si quelqu'un a des nouvelles :cry:
Soyons magnanimes, le simple fait d'aimer ce film t'absous de toutes tes erreurs, tu es assez anormal pour être des nôtres et apporter ta contribution sur notre cinéma primitif adoré :ane:
Kishizo
 
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Message » 03 Juin 2018 18:42

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L'enfer blanc du Piz Palü.
Il date de 1929 écrit et réalisé par Arnold Fanck et Georg Wilhelm Pabst. Enfantement allemand sous la République de Weimar, le fruit d'une co réalisation.
D'un côté, Fanck est un pionnier du cinéma de montagne et l'on voit tout son amour pour les étendues blanches et son lyrisme tout germanique, de l'autre, Pabst gredin plus adepte des crevasses et des zones troubles, un vicieux qui adore jouer avec la censure et la bien-pensance hypocrite de son époque. Je me demande si Fanck tout à sa montagne s'est rendu compte des provocations caviardées par son acolyte ou non. Un film deux en un, ce qui fait tout son attrait.

le film en question :


Si Piz Palü vous dit quelque chose c'est sans doute à cause de votre mémoire visuelle du film de Tarantino Inglourious Basterds, le sieur grand cinéphile adepte du cinéma de série B jusqu'aux grand films du muet en revêt le fronton de son cinéma dans ledit film :

Image

Le piz Palü est un sommet des Alpes, à 3 905 m, dans la chaîne de la Bernina, à cheval entre l'Italie (Lombardie) et la Suisse (canton des Grisons). Sa voie d'accès qui est classée peu difficile se fait par le refuge Diavolezza (2 978 m).
Il est formé de trois pics de plus de 3 800 m de haut : le piz Palü-Ostgipfel (ou pic oriental, 3 882 m), le piz Palü-Hauptgipfel (ou pic principal, 3 900 m et le piz Spinas (3 823 m).
https://fr.wikipedia.org/wiki/Piz_Pal%C3%BC


Le scénario du film n'est pas compliqué :
L'épouse du docteur Johannes Krafft est morte après une chute dans une crevasse au cours d'une expédition sur le piz Palü lors de leur lune de miel. L'accident est dû à la négligence de son mari. D'insouscience, il se riait de la montagne et de l'expérience de son guide. l'humilité envers la nature. C'est la partie Fanck :bravo:
Dix ans après les faits, un couple de jeunes mariés, Hans Stern (Ernst Petersen) et Marie Brandt (Leni Riefenstahl), arrivent à une cabane d'alpage près de St. Moritz en lune de miel. Leur quiétude est troublée par l'arrivée du bon docteur taciturne qui revient chaque année à l'anniversaire de la disparition de son épouse. Il s'installe alors un rapport triangulaire dans lequel Pabst installe toute sa science de l'image pour engendrer le trouble sulfureux de cette situation. Pabst est fantasmeur et vicieux, je l'adore pour ça :mdr:

Son cinéma donne le premier rôle aux femmes, elles ne sont pas enfermées par les codes de représentation des hommes. Sa collaboration dans deux films avec Louise Brooks est révolutionnaire à ce titre. Dans Piz Palû, la jeune mariée va être troublée par cet homme mature taciturne, désespéré et rongé par l'absence de son grand amour. Le jeune époux devra se battre pour prouver qu'il peut également se surpasser par amour. S'ensuivra une ascension merveilleuse qui se terminera pour le jeunot dans une posture très particulière.

De propre à Pabst, il y a également cette science photographique pour capter les expressions, notamment des femmes. Il n'y avait pas la hd mais on a l'impression de fusionner avec l'actrice, Pabst capte les regards d'une manière diabolique.
Le rôle de Marie est confié à Leni Riefenstahl, difficile de ne pas renvoyer à WiKi tant sa vie est peu commune :
Image https://fr.wikipedia.org/wiki/Leni_Riefenstahl
Elle a pris des cours d'escalade et de ski pour le rôle.
Cet aspect réel et la maestria des scènes de montagne de Arnold Fanck font qu'à la fin du film, on ne veut plus voir de neige mais des cocotiers, l'aspect opressant est une réussite. Les scènes de recherche au flambeau sont d'une beauté visuelle extraordinaire.

A signaler également dans les acteurs du film :
Image Ernst Udet jouant son propre rôle, celui d'un aviateur.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ernst_Udet
La scène de voltige aérienne au-dessus du refuge est d'une beauté à couper le souffle.

Le film pour conclure est donc un deux en un, l'aspect d'un des meilleurs films réalisé sur la montagne, et une savoureuse triangulation pabstienne :grad:

Image
Kishizo
 
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Message » 03 Juin 2018 18:52

Quelques remarques sur la partie Pabst spolier inside :lol:

1ère scène implicite : de 11min25 à 12min42, "le stalactite et la jolie frimousse"
Cela mériterait de s'attarder sur la construction et les différents cadrages, remarquons juste que Leni Riefenstahl le temps de la surprise passée apprécie la faciale du grand Piz Palü :oops:

Ensuite passons sur les scènes de jeux dans la neige et ses positions scabreuses qui remplacent les guiliguili sur la paillasse, puis sur l'ami aviateur qui les survolant leur lance une bouteille de champagne avec ouverture par la donzelle en cadrage rapproché sur le goulot et son précieux liquide s'échappant, Pabst abuse des préliminaires :ko:

Un homme débarque pour troubler la parade amoureuse et se joindre à eux dans le gite.
Pabst nous fait comprendre assez rapidement que la jeune épouse n'est pas insensible à l'homme mature et mystérieux. Ce grand gaillard taciturne revient à chaque date anniversaire de la disparition accidentelle de sa propre épouse lors d'une ascension. C'est une âme en peine avec un romantisme si captivant pour la jeune donzelle. Ce charme vénéneux bien éloigné de son jeune époux insouciant apparaissant plus fade en comparo direct. Il y aura match lors d'une ascension prochaine !
L'arrivée du fantôme de la montagne est d'ailleurs soignée par Pabst à partir de 18min40, tout plein de bougies sur la table des jeunes tourtereaux, le vieux ouvre la porte et c'est l'effet kiss cool, les bougies soufflées ainsi que les cheveux de nos jeunes, et la bête se trouve là dans l'entrebaillement de la porte brrrr.

Peu de temps après, à 21min30, cet idiot de cocu (le neveu irl de Fanck) prend l'idée de faire du thé et part chercher de l'eau, arrive alors ma deuxième scène sélectionnée :
"Le poêle à bois et son petit bâton d'allumage"
Piz Palü vire à la pornographie :o plan sur le visage tout en invitation de la donzelle agenouillée qui n'arrive pas à se servir du petit bâton de bois pour allumer son poêle, elle veut fendre son amorce avec une hache mais n'y arrive pas, la bête a vu le manège et s'approche avec son couteau, oui elle espérait plus gros calibre la gourmande.
Le plan à partir de 22min13 mériterait des arrêts sur image, ce n'est plus un zob mais une torche, quelle pyrotechnie, attention de ne pas se brûler les doigts !

Passons à 41min03, la belle se prépare pour la nuit derrière un drap tendu sur lequel les ombres des deux hommes sont portées. Il n'y a qu'une paillasse, la logique voudrait qu'elle ne se couche pas au milieu des deux, mais à une extrémité séparé de l'autre par son homme, rempart de bienséance. Niet Pabst s'amuse, le vieux déclare que la place prévue pour la donzelle est froide car du côté au contact avec l'extérieur et que l'air entre par les fissures. Le cocu se jette sur le couchage et fait rouler son épouse à l'autre extrémité (les oreillers matérialisent les places de l'échiquier nocturne). Laquelle ne donne pas sur l'extérieur mais sur une paroi à l'intérieur du gîte, il pourra se tenir au milieu en séparation avec l'autre homme. Le jeune époux se prépare lui même pour la nuit en se déshabillant entouré d'une couverture, puis comme par enchantement et succession de plans, la coquine se retrouve au milieu du couchage :siffle: L'amant mature éteint la lumière en chef de maisonnée et se déshabille en posant de manière viril ses couvertures sur la paillasse car lui n'en a pas besoin pour se changer comme un homme sans pudeur :oldy:
Petit jeu de main involontaire dans la nuit, l'époux s'en rend compte, aucune réaction de sa part, mais la jalousie semble l'atteindre.

Plus tard, l'ascension de la face nord du Piz Palü revêtira pour le jeune époux un challenge, celui de reconquérir sans partage le coeur de sa belle. Rien ne se passe comme prévu, c'est encore le vieux qui prend le beau rôle en se fracturant la jambe pour le sauver. Quand cela ne veut pas le faire...
On attribue parfois à Pabst l'une des premières scènes lesbiennes dans Loulou, dans Piz Palü, il ne doit sans doute pas être loin d'être le premier à faire une scène de candaulisme.
Une apothéose proche du Sm, le vieux matou et l'épouse ficellent le cocu, le pauvre neveu à Fanck devient totalement impuissant au sens propre comme figuré :grr:
C'est ma dernière proposition, scène à partir de 1'41"48, "Bondage au Piz Palü".
Jeu de cadrage sur les jambes, un individu fait les cent pas comme un fou, deux autres paires de jambes groupées. Le jeune deviendrait il fou à cause du mal des montagnes, ce sera la version officielle, laissez moi en douter :-?
Kishizo
 
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Message » 23 Aoû 2018 16:33

La fin de celui-ci représente également une belle tempête de neige mais de sentiments purs cette fois.
Lucky Star :

ImageImage

Le film date de 1929 et a été conçu en deux versions, l'une avec des passages parlés pour le marché américain disposant de salles équipées suffisantes, l'autre silencieuse pour le marché européen. Nous étions au passage entre deux périodes du cinéma, pour l'anecdote Borzage fait d'ailleurs partie des réalisateurs qui obtiendront un oscar pour un film silencieux et un autre pour un parlant.

Janet Gaynor est ébouriffante :oldy:
J'ai lu que Borzage était très proche de ses acteurs lors des tournages et il peut même leur parler pendant les scènes. On n'y pense pas forcément mais l'absence d'enregistrement du son fait que l'acteur d'un muet est beaucoup moins isolé lors du tournage. Je ne sais pas si c'est pour cette raison mais les acteurs sont tellement baignés comme irradiés par le romantisme que la présence de Borzage à côté d'eux devait y être pour quelque chose. On ressent un relâchement total, il n'y a pas de filtres ni de masques.

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Lucky Star était au nombre de ces films disparus jusqu'à sa redécouverte et exhumation d'archives à Amsterdam, ils ne retrouveront que la version silencieuse. Tant mieux et elle est dispo ici : (couper le son de cette insupportable musique d'accompagnement paraît nécessaire :evil: )

https://www.youtube.com/watch?v=I33ZN3fRx30

A l'inverse de Piz Palü, tout est tourné en studio, ce qui participe à la magie particulière de l'ambiance de ce film.
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La photographie est merveilleuse, on pourrait faire une pause à tout moment et admirer. Certains cadrages m'évoquent Murnau, cet homme à terre me fait penser au Dernier des hommes :
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J'espère qu'il n'y a pas de friture sur la ligne ! (là plutôt Buster Keaton)
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Vous laisserez vous tenter en pointant le nez par la fenêtre ?
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Zut le pitch :hehe:
C'est une histoire de jambes, la sauvageonne mord celle de l'homme alors qu'elle reçoit une fessée dans la plus pure tradition de l'éducation anglaise. L'homme perdra ensuite l'usage de celles-ci. De dominateur du haut de son pylone, il sera cloué à terre ensuite, dominé par la souillon du haut de son chariot, l'intrigue est donc la suivante, se retrouveront ils un jour égaux à même hauteur ?
Kishizo
 
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Message » 24 Déc 2018 15:29

Fichiers joints
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atomheart
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