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Musique enregistrée : BLURAY, CD & DVD musicaux, interprètes...

7 ème de Beethoven

Message » 25 Mar 2003 9:32

Qui aurait ecoute le comparatif sur France Musique dimanche 23/3??
un petit résume des meilleures versions?
Merci.
Phildoc
 
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Message par Google » 25 Mar 2003 9:32

 
 
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Message » 25 Mar 2003 12:31

Je l'ai enregistré mais pas encore écouté.
Je me rapelle de la comparaison sur la 3iem symphonie qui s'était términé sur la recomandation de la version Karajan-Berlin-DG-77 (qui est sa meilleure version) mais avec une frustration générale des critiques invités pour dire que Beethoven devait quand même donner autre chose, de plus grand, de plus impressionnant, de plus vivant, que ce que les versions sélectionnées permettaient d'entendre.
Ce qui est un peu normale, les versions sélectionnées étant en générale assez récentes, on se prive de l'essentiel des plus grandes versions du catalogue pour ce répertoire largement fréquenté depuis des lustres.
JohnTChance
 
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Message » 25 Mar 2003 14:09

De cette symphonie, il existe une version splendide de Fricsay...

Alain :wink:
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haskil
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Message » 25 Mar 2003 15:29

JohnTChance a écrit:Je l'ai enregistré mais pas encore écouté.


Un enregistreur à cassettes! Voilà ce qui me manque encore pour les jours de beau temps!

Je n'ai pas écouté cette émission (flûte!) mais je recommande, comme haskil, la version de Fricsay, chez DG. Ce qu'il y a de plus réussi dans le double-CD qui est consacré par ce label au Beethoven de F.F.

En complément, je recommande aussi la 7e de Harnoncourt (Teldec), plus "technique", plus fouillée. L'une des grandes réussites de son intégrale. Une manière d'avoir deux visions également talentueuses de cette grande symphonie.

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Message » 25 Mar 2003 16:30

N'oublions pas la version de Monteux avec l'orchestre philharmonique (symphonique ?) de Londres, chez DECCA.

Nagash
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Message » 25 Mar 2003 19:25

Splendide aussi... ainsi que celle de Carlos Kleiber... et bien d'autres, du reste. Cette "apothéose de la danse", surnom donné par Wagner à la Septième a connu de nombreuses versions magnifiques jusqu'à une date récente...
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Message » 29 Mar 2003 17:46

J'ai écouté l'émission de F. Lodeon hier.

Beethoven: 7ème symphonie, la M, op 92 (1811-12)
avec Gilles Cantagrel, Roland Pidoux, Piotr Kaminski, Patrick Szersnovicz

On y entendait :

Wiener philharmoniker
dirigé par Sir Simon Rattle (2002)
EMI 72 43 5 57 445 24

Wiener philharmoniker
dirigé par Carlos Kleiber (1976)
DG 415 862 2

Berliner philharmoniker
dirigé par Herbert von Karajan (1977)
DG 419 050 2

Symphonieorchester des bayerischen Runfunks
dirigé par Joseph Keilberth (1967)
Orfeo C 268 921 B

Sinfonieorchester des norddeutschen rundfunks Hambourg
dirigé par Günter Wand (1989)
RCA RD 60 091

Pour classer tout de suite le cas Rattle, il y a eu une franche unanimité pour trouver que ce n'était pas bien bon. La 1ere remarque faite après l'écoute aveugle du 1er mvt était la même que moi quand j'ai écouté le 2eme mvt à la Fnac : "ça m'a énervé". En fait tout ce que j'ai dit après mon écoute initiale a été entièrement confirmé par les invités, c'est une intérprétation en pièce détachées qui ne trouve pas sa logique interne, en rupture permanente de flux musical, à force de chercher trop à faire différent on finit pas tomber à coté, ... etc voilà ce qu'on pouvait entendre dans cette émission. Comme moi ils ont tous été gènés par le phrasé de l'allegretto et l'écoute ne s'est pas poursuivi pour les autres mouvements.

Globalement il se dégageait un classissisme de bon gout avec Wand qui laissait certains froids, Karajan a enthousiasmé dans le 1, s'est trouvé plus critiquable dans le 2 à cause d'un exces de légato, et très impressionné l'assistance dans la furia du finale pris plus vite que les autres : c'est vrai que la philarmonie de berlin de l'époque lancé à fond c'est impressionnant, mais certains ont noté qu'il y avait des accents qui ont sauté dans le TGV.

Finalement c'est Kleiber qui s'en est le mieux tiré et a été écouté intégralement en fin d'émission.

Lodéon fait quand même une fixation sur la vitesse, plus d'une fois dans ces émissions il a dit "aujourd'hui on ne peut plus entendre la musique jouée aussi lentement qu'avant" il devrait savoir qu'avec ce genre d'affirmation il faut dire "je" et pas "on" car j'en connais plein qui n'ont pas son problème avec le tempo !

Il a quand même dit une grosse bétise en évoquant Furtwangler lorsqu'il a dit à propos de l'allegretto "il prends beaucoup trop de libertés avec la partition" :evil: oups ! mon sang n'a fait qu'un tour et j'ai repris, partition en main les estraits qu'il a passé dans son émission et un enregistrement Furtwangler pour voir qui prenait des libertés !

Et bien il n'y a pas photos, celui qui respecte et de loin le mieux la partition c'est Furtwangler ! Toutes les indications de phrasés sont respéctées, les notes liés, les notes pointés, les accents quand ils sont notés, il n'en rajoute pas quand ils ne sont pas notés, toutes les indications de dynamiques sont en places et surtout plus que ça, tout est fait avec une évidence dans le flux musical. Alors bien sûr, en contrepartie, il s'assoit complètement sur 1 et une seule indication: le métronome ! cher à l'ami Lodeon. Quelle faute !

En passant Karajan, Wand, Kleiber, Rattle au même crible on trouve à chaque fois une foule de détails pas en place, mal exécuté, voire complètement passé sous silence, des accents non marqués etc.
Qu'on dise "je n'aime pas le tempo lent de Furtwangler" je n'ai rien à y redire, mais le coup du non respect de la partition il faut arrêter de raconter n'importe quoi. :evil:

Je vais vous raconter une annecdote j'ai participé il y a quelques années à une écoute en groupe, du même type avec comparaison dans le fameux allegretto. A la fin de chaque extraits, murmure dans la salle, chacun échangeant avec son voisin ses impression. A un moment vient un nouvel exemple, et là ce fut le silence totale dès les première mesures mais surtout après l'arrêt de l'écoute. Le temps s'était arrêté, tout le monde était suspendu, plus personne ne bougeait un cil, ému comme nulle part ailleurs, moi-même j'en pleurais, réellement ! C'était Furtwangler.
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Message » 30 Mar 2003 12:05

On le sait que tu l'aimes Furtwängler :P :P :P

Ce qui est le plus intéressant dans ton différent avec Lodéon, c'est la façon de lire la musique : Lodéon qui est un musicien professionnel, ancien violoncelliste, chef à ses heures, entend sans doute des choses que tu n'entends pas, car il les entend de façon différente.

Et pour ce qui est du tempo, c'est l'une des choses les plus importantes. Le compositeur et essayiste, grand spécialiste de Beethoven, André Boucourechliev entretenait lui aussi des relations conflictuelles et distendues avec le Beethoven de Furtwängler... pour des raisons qui ressemblent fort à l'état de stupéfaction des auditeurs dont tu parles... je partage, d'ailleurs son point de vue : Furtwängler impose une "vision" qui ne laisse aucune place à celui qui écoute.

Ce qui fait que Furtwängler oui, bien sur, mais il n'est pas le seul ni le plus grand. Il n'y a pas de plus grand interprète quand il s'agit d'oeuvres si grandes, si riches, si mystérieuses, au fond...

Plus une oeuvre est grande et moins elle dépend de son interprète...

Il faut plus penser la musique que rester accrocher à la façon dont elle est interprétée.


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Message » 30 Mar 2003 17:22

Et pour ce qui est du tempo, c'est l'une des choses les plus importantes.

Bien sur que le tempo est sacrément important. Le tempo, pas le métronome ! Mon souvenir d'une écoute comparée illustrait simplement ce fait : le métronome n'y était pas mais la musique, elle, y était, ô combien.

Ce qui est le plus intéressant dans ton différent avec Lodéon, c'est la façon de lire la musique : Lodéon qui est un musicien professionnel, ancien violoncelliste, chef à ses heures, entend sans doute des choses que tu n'entends pas, car il les entend de façon différente.

Je ne pense pas que ce soit la façon de la lire, mais plutôt la façon de l'entendre. Manifestement il l'entend avec un filtre "tempo a priori" dont je suis manifestement dépourvu. Malgré ça je pense quand même qu'il est plus performant que moi en lecture de partition, mais avec le temps et l'expérience, même un "amateur" comme moi arrive très bien à suivre l'allegretto de la 7iem symphonie par exemple. Ce qui me permet d'affirmer, je pense légitimement, que sur ce coup là, c'est lui qui se trompe et pas moi. On est bien là dans le domaine du vérifiable, pas dans le subjectif. Sur des morceaux que je connais moins, je ne me permettrai pas d'être aussi affirmatif.
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Message » 31 Mar 2003 23:00

JohnTChance a écrit:
Et pour ce qui est du tempo, c'est l'une des choses les plus importantes.

Bien sur que le tempo est sacrément important. Le tempo, pas le métronome ! Mon souvenir d'une écoute comparée illustrait simplement ce fait : le métronome n'y était pas mais la musique, elle, y était, ô combien.

Ce qui est le plus intéressant dans ton différent avec Lodéon, c'est la façon de lire la musique : Lodéon qui est un musicien professionnel, ancien violoncelliste, chef à ses heures, entend sans doute des choses que tu n'entends pas, car il les entend de façon différente.

Je ne pense pas que ce soit la façon de la lire, mais plutôt la façon de l'entendre. Manifestement il l'entend avec un filtre "tempo a priori" dont je suis manifestement dépourvu. Malgré ça je pense quand même qu'il est plus performant que moi en lecture de partition, mais avec le temps et l'expérience, même un "amateur" comme moi arrive très bien à suivre l'allegretto de la 7iem symphonie par exemple. Ce qui me permet d'affirmer, je pense légitimement, que sur ce coup là, c'est lui qui se trompe et pas moi. On est bien là dans le domaine du vérifiable, pas dans le subjectif. Sur des morceaux que je connais moins, je ne me permettrai pas d'être aussi affirmatif.


John pour un musicien professionnel lire et entendre c'est la même chose...
Et le tempo et le métronome entretiennent quand même des relations plus étroites que tu ne le penses : un adadio ne se prend pas comme un andante et en plus il y a la pulsation rythmique qu'il faut prendre en compte...

on ne bat pas une mesure à 2/4 comme une mesure à 4/4...

A part ça , sur le disque de Diapason il y a deux extraits de la Cinquième de Beethoven un par Rattle un par Furt.... quelques forumeurs, hier à la maison, ont préféré le premier au second trop lâche du point de vue rythmique et manquant de tension autre que celle qui consiste à écraser les accords et à s'occuper prioritairement les cordes sans trop s'occuper des vents qui ne sont pas intégrés dans la continuité des phrases des cordes... et aussi Zinmann que j'ai ressorti pour l'occasion... plus vivant plus convaincant...

Lire les signes, c'est une chose, les entendre c'en est une autre. Pour ma part, j'entends une partition de piano en la lisant. Je ne fais que tenter de lire une partition d'orchestre car trop de phénomènes sont à percevoir en même temps pour que je puisse réussir : c'est un métier. Alors je capte de ci de là, l'écorce, l'apparence de ce qui est écrit, pas ce qui est écrit sans travailler avant : une partition ça s'étudie... Et de ce point de vue là, Lodéon sait mieux.

NE jamais confondre ce que l'on pense savoir d'une oeuvre que l'on a écouté souvent avec l'oeuvre elle-même que l'on ne connait que quand on l'a analysée, étudiée, apprise.

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De l'oeuvre musicale et de son essence

Message » 01 Avr 2003 12:46

Et j'ajouterais que pour une auditeur comme moi - et je ne prétends pas être plus qu'au auditeur -, il n'est possible de connaître une oeuvre qu'à travers les multiples interprétations qui lui ont donné vie.

Je rappelle ici ma position: une oeuvre musicale n'est pas le produit d'une volonté unilatérale, mais d'une rencontre. C'est la fille de deux parents: le compositeur, qui la conçoit, et l'interprète, qui l'enfante.

L'oeuvre ne peut donc être connue qu'en tant que telle, lorsqu'elle vit, est jouée. Car il n'y a pas non plus de musique sans sons. Peut-on appeler musique l'agrégats de notes qui n'est fait que pour exister en tant que partition parfaite? J'en doute: c'est à mon avis autre chose que de la musique. La musique est comme la poésie: c'est un art qui doit être écouté pour ce comprendre. Ces partitions qui ne sont pensées qu'in abstracto seraient à l'art musical ce que la prose est à l'art de l'écriture.

Les oeuvres qui sont pensées pour être jouées ne sont donc pour moi connaissables qu'en tant qu'elle sont jouées, puisqu'elles n'existent pas en-dehors de cet état. Et penser que l'interprète est pour lui tout aussi créateur que le compositeur conduit à admettre nécessairement que la fertilité de son imagination puisse donner corps à une façon de jouer la musique qui puisse ne pas correspondre à l'idée qu'un lecture s'en fait à partir de la seule partition.

La partition n'est que le miroir dans lequel l'interprète va projeter son reflet. La musique est ce reflet.

Tout cela pour en venir à l'objet que l'on désigne sous le terme "oeuvre". Comment apprécier la justesse de l'oeuvre restituée à partir de la seule idée que l'on se fait à la lecture de la partition, partition parfois erronée d'ailleurs? L'oeuvre qui n'est pas mise en son n'existe pas. L'oeuvre ne peut pas exister en pensée car le son que l'on lui prête n'est jamais qu'un son idéalisé, transcendant, alors que le son est par essence vivant et concret.

"Entendre la partition", ce n'est pas encore entendre la musique.

Et ne pas entendre la musique telle qu'on entend à par soi la partition n'est pas un critère tout à fait valable de juger une interprétation, justement parce que l'on entend pas la musique, mais l'image que l'on en a. Et il me faudrait aussi ajouter que je ne verrais pas au nom de quelle légitimité un idéal singulier de la musique pourrait être plus pertinent que celui à partir duquel l'interprète a donné vie à la musique.

En d'autre terme, l'oeuvre musicale est une organisme vivant, changeant, qui évolue au fil des interprètes. Comment dire laquelle des formes qu'elle prend est la bonne? La réponse à cette question est aussi peu pertinente que celle qui répond à la recherche de l'idéal singulier qui serait le plus près de la vérité, ou de la perfection si vous préférez.

Je pense que l'on ne peut pas connaître une oeuvre à l'aune d'une seule interprétation, car c'est dans la nature de la musique que de vivre et d'évoluer. C'est dans sa nature parce qu'elle est le produit du génie (ou de la médiocrité) de deux êtres singuliers, dont l'un façonne l'argile que l'autre lui a apporté. Comme je crois à la profonde individualité des êtres, je pense que deux potiers ne tireront jamais la même forme de l'argile sur leur tour. Partant, l'oeuvre, qui est la création commune de deux individualités, n'est pas elle-même une singularité. Elle est protéiforme et plurielle.

Elle est changeante, et c'est dans la connaissance de ce changement que l'on peut découvrir le vrai visage de l'oeuvre musicale, si tant est qu'il existe.


Je terminerais en répondant ici à quelqu'un qui s'était étonné que je puisse écrire que l'art est une relation d'incommunicabilité, un non-langage.

L'oeuvre musical est l'illustration la plus extrême de cette incommunicabilité. La condition de son existence est la possibilité de sa communication, et sa communication se fait par l'intermédiaire d'une écriture. Mais l'écriture est impuissante à communiquer l'idéal qui flotte dans l'esprit du compositeur. Son interprète ne peut que jouer sa propre partition, si vous me permettez ce mot trop facile, pour mettre en accord les signes avec sa propre sensibilité.

Peut-être que seuls les compositeur-interprètes sont à même d'individuer une oeuvre musicale. Mais sont-ils capables de faire vivre leur fantasmes? Stravinski n'était pas chef, et Beethoven pestait contre l'imperfection des instruments de son temps...

Qu'il est difficile de faire prendre corps à un idéal!

Scytales

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Message » 01 Avr 2003 13:26

Je te suis à peu près complètement... sauf sur un point, le fait d'entendre en lisant. tout dépend évidemment de son degré de compréhension de la lecture.

Pianiste, quand je lis j'entends précisément le son, car ce son vit en moi et c'est évidemment le son que je pense que je produis quand j'enfonce la touche. Et il faut travailler pour arriver à faire correspondre l'écoute intérieure née de la lecture et le son produit.

Alors pour un chef d'orchestre, c'est la même chose : il lit et entend tout (s'il en a la capacité, c'est pas toujours le cas...= et son travail vise à faire coïncider ce qu'il entend à la lecture avec ce que les musiciens produisent sur le plateau...

Pour le reste, d'accord évidemment. et c'est là le risque pour tous les mélomanes : tenir pour vrai ce qu'ils sont habitués à entendre... quand bien même ce serait erroné en bien des points... Vlado Perlemuter disait : "la tradition, c'est la stratification des tics et cependant on tient ça pour la vérité des oeuvres."

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Message » 01 Avr 2003 15:22

John pour un musicien professionnel lire et entendre c'est la même chose...

Et bien si c'est le cas, les musiciens professionnels ont un sacré problème ! A moins que ce ne soit encore un problème de vocabulaire :wink:

Mais de toute façon ce n'est pas mon propos. Ce que je disais c'est qu'il écoutait ou lisait si tu veux avec un filtre a priori. C'était ça l'important, le filtre. Bien sur ce n'est qu'une hypothèse, mais elle ressort très fortement à l’écoute de ses propos.

Tu as quand même tendance à généraliser ou simplifier trop vite, ça ne tient pas deux minutes l’analyse. Par exemple :
Alors je capte de ci de là, l'écorce, l'apparence de ce qui est écrit, pas ce qui est écrit sans travailler avant : une partition ça s'étudie... Et de ce point de vue là, Lodéon sait mieux.

"Lodéon sait mieux" ! D'où tu as sorti ça ? Non franchement c'est un peu trop facile de balancer ça du revers d'une main en disant "le professionnel est toujours meilleurs que l'amateur, retourne jouer avec tes billes mon petit" :wink: C'est extrêmement contestable comme affirmation. Pourquoi ?
Prenons 3 domaines fondamentaux sur lesquels on peut comparer les deux : l’exécution instrumentale, la capacité à vérifier le respect de la partition, la musicalité ou l’instinct ou l’intelligence musicale qui permet de porter un jugement sur une interprétation.
Sur le premier, le professionnel est clairement sensé être meilleur et hors d’atteinte de l’amateur. Pas de discussion la dessus. Sur les deux autres par contre il n’y aucune raison pour que l’un des deux soit "potentiellement" meilleur sur le résultat à atteindre.
Pour la capacité à vérifier le respect de la partition, le professionnel est sensé être meilleur dans le temps qu'il lui faudra pour atteindre son objectif, il ira beaucoup plus vite que le mélomane. N'empêche que, moyennant sans doute plus de temps, le mélomane peut atteindre exactement le même résultat que le professionnel. Ils seront tout aussi acceptables l’un que l’autre. En l'occurrence pour ce qui est de vérifier le respect des indications dans l'allegretto de la 7ieme il n'y aucune impossibilité d'autant plus qu'on est pas dans Strauss, Mahler ou Shostakovitch avec 25 portées à suivre en même temps, encore que là, ce n'est toujours qu'une question de temps à passer sur la question. Il n'y a vraiment aucune impossibilité pour le mélomane d'être aussi compétent que le professionnel.
Enfin sur la musicalité, le professionnel a zéro avantage sur le mélomane, il y a égalité totale. Rien ne donne un avantage au professionnel par rapport au mélomane ou le contraire. Rien de rien. Je me demande même si, finalement, le mélomane "éclairé" n'est pas un peu mieux placé car dispensé de tous les problèmes techniques liés à l'exécution, il n'a qu'à se préoccuper de la musique. Mais là encore le professionnel doit pouvoir égaliser facilement.

Non franchement ce genre de remarque ressemble un peu à une idée reçue qu’il ne faut pas avoir peur de démonter.
A la réflexion je me demande si, dans ta réflexion, tu ne mélanges pas le résultat avec la démarche, car bien sûr le professionnel est plus entraîné dans la démarche qu’il va suivre, mais le même résultat final est atteignable par les deux.

Entendons nous bien, je ne cherche pas à dire que je suis plus fort que Lodéon, ou qu'un autre, mais simplement à dire qu'aucune règle ne permet de dire a priori, qu'un non professionnel est forcément moins bon, sur certains domaines, qu'un pro.

NE jamais confondre ce que l'on pense savoir d'une oeuvre que l'on a écouté souvent avec l'oeuvre elle-même que l'on ne connait que quand on l'a analysée, étudiée, apprise.
Ca aussi ça se discute, la façon de connaitre une oeuvre, mais j'ai assisté à des scéance d'analyse si ça peut te rassurer et ça m'a passionné.

Je n'ai pas vu ce qu'il y avait sur le disque diapason, mais je vais écouter ça ce soir.

Scytales
En d'autre terme, l'oeuvre musicale est une organisme vivant, changeant, qui évolue au fil des interprètes. Comment dire laquelle des formes qu'elle prend est la bonne? La réponse à cette question est aussi peu pertinente que celle qui répond à la recherche de l'idéal singulier qui serait le plus près de la vérité, ou de la perfection si vous préférez.

Je comprends bien et partage à peu près tout ce que tu as dit, bien que je ne vois pas trop le rapport avec le reste de la discussion, mais je ferai une petite nuance sur la formulation de la question : "Comment dire laquelle des formes qu'elle prend est la bonne?". A priori "la bonne" a fort peu de chance d'exister, par contre "une bonne" ou "une mauvaise" oui là ça existe.
En fait un interprète face à la partition est en réalité devant une ensemble de n équations. A un système d'équations il peut y avoir une ou plusieurs solutions, voire aucune solution. Si on dit "une bonne" ça signifie siplement que l'interprete a trouvé une solution qui satisfait toutes les équations ou presque, il n'y en a pas qui sont restées en rade. "une mauvaise" signifie qu'un peu trop d'équations n'ont pas trouvé de solution. Mais parmi les solutions qui satisfassent les équations, en effet, rien ne permet de dire qu'il y en a une qui serait "la bonne".
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Message » 01 Avr 2003 15:58

tiens, je me réveille, surtout en lisant vos passionnantes analyses...

la version de la 5è par Furt qui figure sur le CD de Diapason, ça doit vraisemblablement être (je ne l'ai pas encore écouté), vu l'orchestre (Vienne) celle enregistrée en studio en 52 ou 54. Donc, AMHA, pas la meilleure du point de vue émotionnel. La plus audible soniquement, mais loin de la tensin de la version de 43 avec Berlin (surtout depuis que Tahra l'a rééditée en repartant de nouvelles bandes d'époque).

quand Alain nous dit que Furt, de par son style, ne laisse aucune place à l'auditeur, c'est assez vrai, mais à nuancer. A partir du moment où on est séduit par le style de Furtwängler, ça en devient hypnotique. Et comme on n'a malheureusement pas eu l'occasion de l'entendre sur scène, on laisse le CD jouer jusqu'au bout, même pour ces oeuvres archi-rabachées. Mais ce genre de musique n'est aussi pas faite pour être écoutée dans un ascenseur, ce n'est pas une musique de supermarché. Si on fait du second mouvement un truc joyeux, ça n'a plus aucun sens, et tant mieux si Furtwängler nous permet de transmettre, sans doute un peu mieux (ou tout au moins de façon plus sensible, plus évidente, plus épidermique) l'émotion de ces symphonies, eh bah moi j'applaudis et j'en veux encore.

j'ai déjà du le dire je ne sais pas combien de fois, mais la première fois où j'ai eu envie de chialer quand j'ai entendu de la musique, c'était sur le second mouvement de la 7è, par Furtwängler of course, version EMI enregistrée en 50. Alors je suis peut-être un peu trop fleur bleue, mais ça, c'est une émotion qui ne s'oublie pas de si-tôt.

on avait également à la maison la version de Münch-Boston, dont est d'ailleurs reprise la pochette dans le Diapason d'avril, ça m'a fait tout drôle de la revoir, car j'ai tout de suite pensé à mon père. Même si cette version me semble être à classer dans les bonnes versions, celle de Furtwängler (je devrais dire celles, car la version de 43 comme une version moins connue de 53 parue chez DG) la surpasse de mille lieues.

alors oui, Furt, on aime ou on aime pas, mais je constate que près de 50 ans après sa mort, il déchaîne toujours autant les passions. Et lorsqu'on lit (même en diagonale) les articles qui sont consacrés à l'histoire de l'enregistrement des syphonies de Beethoven dans le dernier Diapason, on sent une admiration qui reste entière pour ce sacré bonhomme....

et une idée me traverse l'esprit : ce que j'aurais à emporter sur une ile déserte : l'empereur, la 7è de 50, le cto pour violon de Brahms, tous les trois par Furtwängler (et depuis trois jours, un petit bout d'enregistrement par Nelson Freire, édité sur un CD de l'INA, filé en cadeau par abeille musique pour l'achat des deux SACD de Savall, jouant, live, le choral de Bach 'ich ruf zu dir herr jesu christus.....', à tomber par terre tellement c'est beau).......
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Message » 01 Avr 2003 16:24

John écrit :
"Pour la capacité à vérifier le respect de la partition, le professionnel est sensé être meilleur dans le temps qu'il lui faudra pour atteindre son objectif, il ira beaucoup plus vite que le mélomane. N'empêche que, moyennant sans doute plus de temps, le mélomane peut atteindre exactement le même résultat que le professionnel. Ils seront tout aussi acceptables l’un que l’autre."

Sur ce point, je t'assures que non... j'ai fait de la direction artistique d'enregistrements. Jamais je n'aurais accepté de faire autre chose que de la DA pour un enregistrement de piano... je suis désolé, mais même en travaillant beaucoup une partition d'orchestre, je serais incapable, car je n'ai pas été formé pour cela, d'entendre réellement (au sens comprendre) tout ce qui se passe dans l'orchestre. Sauf évidemment pour des oeuvres très simples...

C'est ce que je dis quand je dis lire et entendre, quand je parle de l'écorce, les signes qu'on voit, et le fond du problème qui est d'entendre... Aimer un résultat est une chose et elle est éminement subjective. Savoir si le résultat est réellement cohérent et correspond en profondeur à ce qui est écrit en est une autre.

Et évidemment les choses se corsent avec la Basse continue non écrite...

Certains interprètes sont relativement incapables d'apprécier sereinement leurs interprétations. Il leur est plus facile de le faire avec celles des autres...

Je me range résolument dans le clan des amateurs pour tout ce qui ne touche pas le piano... même l'orgue dont j'ai tâté est trop difficile pour moi. Je ne saurais te dire si les registrations sont les bonnes ou pas, par exemple...


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