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Musique enregistrée : BLURAY, CD & DVD musicaux, interprètes...

CDthèque "Musique contemporaine" (pour initiation)

Message » 27 Déc 2004 11:47

larsen a écrit:En effet Gilles, j'ignorais à quel point la musique de Berio pouvait être si structurée !
Par contre j'imaginais une approche théorique plus poussée chez son confrère Nono, "Como umaola de fuerza y luz/Sofferte onde serene/Contrappunto dialettico alla mente" Deutsche Gram. avec au piano un fantastique Pollini, pourrait constituer également une bonne entrée en matière.

En me replongeant dans ce genre musical, ce qui m'a parfois froissé c'est d'avoir l'impression de recevoir un flux de notes guidé par le hasard et peu mélodieux (sans aucun doute, cette imprévisibilité suit-elle une méthode bien établie).

L'apparition du hasard en musique me fait penser à l'apparition de l'abstraction en peinture, mais alors que Klee et consort ont rencontré l'adhésion de "l'élite" et du grand public, les compositeurs de "musique contemporaine" sont restés sur le carreau.
Il me semble que "le problème" de l'introduction du hasard dans la musique c'est le manque de liant, comme si on travaillait un chant de manière à lui retirer toute forme mélodique et de beauté "visible".
Je comprends que l'on puisse être séduit par l'architecture d'une oeuvre, mais quand on a pas les bases théoriques c'est difficile :-?


Tu abordes plusieurs choses en même temps. L'aspect non mélodieux de la musique dont tu parles et une problématique liée à une époque, celle de la musique sérielle et de la musique utilisant le hasard.
Si la première a occupé une place importante au 20éme siécle, le hasard pris beaucoup moins d'importance et concerne une période beaucoup plus courte.
La musique sérielle n'est pas toute la musique dite "contemporaine", même si elle est restée symboliquement l'emblème à retardement de la création actuelle (et qui lui reste souvent attachée comme une caricature). Il y a aujourd'hui une minorité de compositeur utilisant la série pour composer et ceux utilisant le hasard comme "technique" sont rarissimes.
La création musicale contemporaine a pris des facettes beaucoup plus variées.

L'apparition du hasard n'est pas à mon avis à faire correspondre avec l'abstraction en peinture. Je ferais correpondre l'abstraction en peinture aux œuvres de Stravinsky comme le "Sacre du Printemps", aux œuvres d'Edgar Varèse, de Schönberg, Webern, Bartok… qui trouvent d'autres façons d'articuler le langage musical que les principes de la tonalité.
As-tu abordé ce répertoire ?

larsen a écrit:Je me rends compte que mes connaissances s'arrêtent à la génération de Stockausen (dont j'apprécie particulièrement les "Klavierstük"), c'est à dire à celle de mes grands parents, si bien que cette musique d'un point de vue chronologique n'est pas pour moi très contemporaine.
Le terme contemporain est trompeur, est-ce que cela signifie qu'à un moment donné il y a une seule façon d'écrire de la musique "de son temps" ?
Je vais donc m'atteler à découvrir les successeurs de Stockhausen, je m'attends à découvrir une grande diversité.


Les successeurs de Karlheinz Stockhausen sont à la fois très nombreux et très rares…

Presque toute la génération des compositeurs née aprés-guerre (1940-45) jusqu'au année 60 ont reçu l'influence de Stockhausen.
K.S. était dans le milieu des années 60 un compositeur d'une importance considérable. Toute nouvelle œuvre était attendue et faisait l'événement musical de l'année. Karlheinz Stockhausen a composé des œuvres d'une originalité et d'une puissance de concept à l'époque inouïe (Kontakte, Gruppen, Momente, Hymnen…).
Donc presque tous sont des descendants de Stockhausen.

Les compositeurs qui ont travaillé dans le sillage proche de Stockhausen, à Cologne, ou revendiquant ouvertement leur filiation sont plus rares : Peter Eötvos a assisté K. S. à Cologne. Helmut Lachenmann revendique sa filiation avec K.S. …


larsen a écrit:Dans ma petite virée de musique contemporaine de ces derniers jours dans ma discothèque, j'ai trouvé une musique qui par son approche m'a semblé contemporaine, "Symphonie pour un homme seul" (1950) de Schaeffer et Henry, c'est du copié/collé de sons et de bruits divers retravaillés rythmiquement pour former, je trouve, un ensemble cohérent, mais est-ce pour autant de la musique ?


C'est de la musique !
C'est une œuvre d'anthologie. Une des premiéres œuvres concrètes. La technique de l'époque ne permettait pas le "copié/collé":wink:

larsen a écrit:La démarche rappelle celle de certains "DJ-compositeurs", j'ai même l'impression que les travaux de Schaeffer et Henry arrangés sur ordinateur pourrait faire un hit !
La musique concrète doit se retourner plus d'une fois dans son cercueil :wink:


C'est maintenant une vieille dame qui s'amuse beaucoup de l'évolution de la perception des choses de la musique.
Effectivement de nombreux jeunes du milieu "electro" et" techno" intéressés par la technique s'intéressent peu à peu aux musiques électroacoustiques et à celle de Pierre Henry en particulier.

Pour revenir à tes découvertes d'œuvres plus récentes, je te conseille les œuvres électroacoustiques et mixtes de la CDthèque (toutes ces œuvres sont abordables) et pour les compositeurs classiques du 20éme siècle cherches dans liste de Ligeti , Berio, Lutoslawski, Penderecki, Dutilleux, Stockhausen (Trans).
Pour la musique instrumentale pure, les compositeurs plus jeunes : Grisey, Singier, Murail, Matalon, Levinas…

Je m'aperçois que les dates de naissance (et de mort) des compositeurs manquent pour savoir à quelle génération ils se rattachent.

Bonnes écoutes…

Et nous en reparlons… :wink:

Gilles
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Message par Google » 27 Déc 2004 11:47

 
 
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Message » 28 Déc 2004 0:00

Les dates de naissance des compositeurs sont précisées dans la liste. Cela donne quelques repères chronologiques sur ces générations de compositeurs nés au 20éme siècle.
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Message » 28 Déc 2004 3:12

Gilles R a écrit:Tu abordes plusieurs choses en même temps. L'aspect non mélodieux de la musique dont tu parles et une problématique liée à une époque, celle de la musique sérielle et de la musique utilisant le hasard.
Si la première a occupé une place importante au 20éme siécle, le hasard pris beaucoup moins d'importance et concerne une période beaucoup plus courte.
La musique sérielle n'est pas toute la musique dite "contemporaine", même si elle est restée symboliquement l'emblème à retardement de la création actuelle (et qui lui reste souvent attachée comme une caricature). Il y a aujourd'hui une minorité de compositeur utilisant la série pour composer et ceux utilisant le hasard comme "technique" sont rarissimes.
La création musicale contemporaine a pris des facettes beaucoup plus variées.

L'apparition du hasard n'est pas à mon avis à faire correspondre avec l'abstraction en peinture. Je ferais correpondre l'abstraction en peinture aux œuvres de Stravinsky comme le "Sacre du Printemps", aux œuvres d'Edgar Varèse, de Schönberg, Webern, Bartok… qui trouvent d'autres façons d'articuler le langage musical que les principes de la tonalité.
As-tu abordé ce répertoire ?



A propos du hasard j'avais pris soin de souligner le mot parfois et je comprends ta réaction, j'imagine les nombreuses fois où on te ressort le couplet en mettant dans le même sac tout ce qui va au-delà du néo-classicisme :wink:

Je me suis mal exprimé, le sérialisme ne représente pas tout de la musique moderne mais il en a peut-être constitué le point de rupture, c'est cette mini-révolution qui me fait penser à la peinture abstraite.

Bien entendu, tous les compositeurs d'une même "famille musicale" n'écrivaient pas de la même façon (fort heureusement), Schönberg ne prônait pas le hasard, je crois me souvenir qu'il disait écrire de la musique comme n'importe quel compositeur mais en utilisant 12 notes !

Le Sacre de Stravinsky est une éblouissante exploitation du rythme mais je ne crois pas qu'il constitue un changement radical de cap.

Il me semble que les ruptures importantes dans un art reflètent souvent de profonds changements dans la société, un individu aussi brillant soit-il est imprégné par son époque, il est difficile d'ignorer tout de la littérature, la peinture, des avancées en mathématique, physique, architecture, etc...

Comme précisé dans mon premier message j'ai abordé le répertoire de compositeurs tels que Stravinsky, Schönberg, Webern, Bartok, je me suis intéressé à toutes les périodes de création de ces compositeurs (qui ont parfois des évolutions très marquées).


Gilles R a écrit:
larsen a écrit:La démarche rappelle celle de certains "DJ-compositeurs", j'ai même l'impression que les travaux de Schaeffer et Henry arrangés sur ordinateur pourrait faire un hit !
La musique concrète doit se retourner plus d'une fois dans son cercueil :wink:


C'est maintenant une vieille dame qui s'amuse beaucoup de l'évolution de la perception des choses de la musique.
Effectivement de nombreux jeunes du milieu "electro" et" techno" intéressés par la technique s'intéressent peu à peu aux musiques électroacoustiques et à celle de Pierre Henry en particulier.


Et si l'histoire donnait raison à Schaeffer (l'initiateur et collectionneur d'objets musicaux !) et Henry.
Après tout il semble que les critiques (et le public) aient une fâcheuse tendance à se tromper sur l'importance historique des artistes de leur temps :wink:



Gilles R a écrit:Pour revenir à tes découvertes d'œuvres plus récentes, je te conseille les œuvres électroacoustiques et mixtes de la CDthèque (toutes ces œuvres sont abordables) et pour les compositeurs classiques du 20éme siècle cherches dans liste de Ligeti , Berio, Lutoslawski, Penderecki, Dutilleux, Stockhausen (Trans).
Pour la musique instrumentale pure, les compositeurs plus jeunes : Grisey, Singier, Murail, Matalon, Levinas…


J'ai abordé tous les compositeurs de ta première liste, par contre les plus jeunes : aucun !
Merci pour ces nouvelles pistes, je vais poursuivre ma prospection dans ce domaine musical après 15 ans d'interruption !

A+
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Message » 28 Déc 2004 10:36

larsen a écrit:Le Sacre de Stravinsky est une éblouissante exploitation du rythme mais je ne crois pas qu'il constitue un changement radical de cap.


L'importance du rythme chez Stravinsky masque l'autre versant de l'invention de ce compositeur.
Les audaces harmoniques dans le "Sacre" étaient tout à fait révolutionnaires. Stravinsky a construit des agrégats harmoniques échappant à la tonalité (en utilisant d'ailleurs les principes de la polytonalité).

Des passages musicaux (du 9 chiffre 13 sur la partition) composés de figures autonomes (rythme et harmonie) courtes et distribuées dans tout l'orchestre, n'ont guère d'équivalents dans l'écriture symphonique antérieure. Même l'accord du célèbre passage en ostinato des cordes, malgré l'armature à la clé (ut mineur) et la position de sa partie centrale en accord de 7éme de sensible (de fa) rien dans sa façon de sonner n'obéït à un accord classé. Stravinsky neutralise les fonctions tonales en ajoutant des notes complémentaires contradictoires aux références tonales.
Et j'en passe… il y a des passages de tutti de l'orchestre véritables magmas vivants qui sont très loin des conduits les plus osés, des autres grands symphonistes précédents et même pour ceux qui ont suivi…

La forme est complétement libre sans thèmes et variations de thèmes… avec des ruptures de ton abrupte, non préparés…
Non, je crois que cette œuvre fait la juste équivalence avec les premières toiles abstraites exactes contemporaines de Wassily KANDINSKY "Avec l'arc noir" (1912) et "Improvisation n°35" (1914) par exemple. Il y a aussi dans ces deux artistes la même énergie, exprimée largement.
Je persiste donc a faire le pont entre le "Sacre" et la peinture abstraite.:wink:

larsen a écrit:
Gilles R a écrit:Pour revenir à tes découvertes d'œuvres plus récentes, je te conseille les œuvres électroacoustiques et mixtes de la CDthèque (toutes ces œuvres sont abordables) et pour les compositeurs classiques du 20éme siècle cherches dans liste de Ligeti , Berio, Lutoslawski, Penderecki, Dutilleux, Stockhausen (Trans).
Pour la musique instrumentale pure, les compositeurs plus jeunes : Grisey, Singier, Murail, Matalon, Levinas…


J'ai abordé tous les compositeurs de ta première liste, par contre les plus jeunes : aucun !
Merci pour ces nouvelles pistes, je vais poursuivre ma prospection dans ce domaine musical après 15 ans d'interruption !


En 15 ans il s'est passé beaucoup de choses… bonnes découvertes !
Raconte nous tes écoutes.

Cordialement

Gilles
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Message » 28 Déc 2004 22:53

Ajout de deux CD avec des œuvres pour orchestre de Maurice OHANA (1914-1992) distribués par Timpani :

- "Le Livre des Prodiges" - "Anneau du Tamarit" - " Synaxis" (instrumentall) Timpani
- "Cto pour violoncelle" - "T'haran Ngo" - "Cto pour piano" (instr.) A. Tamayo Timpani
- "Lys de Madrigaux" (instr. + voix) Opus III Naïve

Les deux disques édités chez Timpani bénéficient d'une prise de son exceptionnelle.
Les œuvres sont interprétées par l'Orchestre Philharmonique du Luxembourg dirigé par Arturo Tamayo.
Les solistes sont excellents. Le Concerto pour violoncelle est interprèté par Sonia Wieder-Atherton. Le pianiste du Concerto pour piano est Jean-Claude Pennetier qui est l'un des musiciens qui connait le mieux le monde musical de Maurice Ohana.

Donc, CD recommandés sans réserve. Œuvres généreuses pour orchestre et d'approche aisée.

Gilles
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Message » 08 Jan 2005 2:31

Un nouvel entrant dans la liste : Jonathan HARVEY (1939), compositeur britannique.
C'est un compositeur qui confronte souvent des ensembles instrumentaux à des parties électroniques synthétisées par ordinateur. Ces synthèses partent d'analyses spectrales de sons vocaux ou instrumentaux et dont la disposition des composants est l'objet de mutations.

Une œuvre de Jonathan HARVEY fit sensation : "Mortuos plango, vivos voco" (je pleure les morts, j'appelle les vivants) (1980) lors de sa création à l'IRCAM. L'œuvre exploite les analyses de sons de cloches et de son fils choriste. Jonathan HARVEY tire des sons hybrides (entre sons de cloche et de voix). L'œuvre très poétique est d'une belle réussite (voir en fin de liste le disque collectif).

Les trois œuvres de ce CD sont pour les deux premières des œuvres mixtes (pour ensemble vocal, et pour piano et flüte) la dernière est électroacoustique.

Pas de problème de langage… une musique accessible. Grande sensibilité de la couleur sonore.

À écouter…

Gilles
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Message » 08 Jan 2005 13:24

De Harvey, je possède Bhakti et sa musique pour cordes (quatuors) chez Montaigne, je dois dire que j'accroche peu...
:( Je vais m'y remettre, j'ai peut-être laissé passer quelque chose.

A propos de couleurs, je voudrais signaler l'oeuvre de Jean-Louis Florentz, dont la disparition , l'été dernier, nous prive de nouveaux immenses chefs d'oeuvre (amha), tels Les jardins d'Amènta ou Le songe de Lluc Alcari, ou encore L'Enfant des Iles, L'Anneau de Salomon... ces oeuvres pour orchestre symphonique batissent des architectures sonores intenses, colorées, sensibles, dans la lignée de Dutilleux (toujours amha)...
Un forum sur Abeille musique sur ce compositeur :
http://www.abeilleinfo.com/forum/read.php?f=14&i=134&t=134
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Message » 08 Jan 2005 14:52

o0oXo0o a écrit:De Harvey, je possède Bhakti et sa musique pour cordes (quatuors) chez Montaigne, je dois dire que j'accroche peu...
:( Je vais m'y remettre, j'ai peut-être laissé passer quelque chose.


Bhakti est une œuvre orchestrale sans électronique (comme ses quatuors).
Je conseille plutôt les œuvres associant le travail de synthèse et l'instrumental, chez Harvey. L'apport de ces techniques n'est pas secondaire, mais ouvre singulièrement le champs de l'imagination chez ce compositeur (comme chez d'autre…).
Écoute si tu peux, "Mortuos plango, vivos voco"…

o0oXo0o a écrit:A propos de couleurs, je voudrais signaler l'oeuvre de Jean-Louis Florentz, dont la disparition , l'été dernier, nous prive de nouveaux immenses chefs d'oeuvre (amha), tels Les jardins d'Amènta ou Le songe de Lluc Alcari, ou encore L'Enfant des Iles, L'Anneau de Salomon... ces oeuvres pour orchestre symphonique batissent des architectures sonores intenses, colorées, sensibles, dans la lignée de Dutilleux (toujours amha)...
Un forum sur Abeille musique sur ce compositeur :
http://www.abeilleinfo.com/forum/read.php?f=14&i=134&t=134


Tout à fait d'accord avec toi… beaucoup de compositeurs meurent jeunes… et bizarrement ce ne sont pas les plus mauvais… :-?

Gilles
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Message » 08 Jan 2005 17:03

Oui, c'est d'une désolation absolue, ces créateurs qui disparaissent en pleine possession de leurs moyens... ah, connaître un jour les oeuvres de maturité qu'auraient pu nous léguer les Guillaume Lekeu, Pergolese, De Arriaga, et autre Reubke... :( :( :(

Heureusement que Janacek ou Franck n'ont pas suivi cette voie... :D

Pour revenir à Harvey, si, si, si, on entend bien dans Bhakti des sons électroniques (une bande 4 pistes)... :D
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Message » 08 Jan 2005 17:45

o0oXo0o a écrit:Pour revenir à Harvey, si, si, si, on entend bien dans Bhakti des sons électroniques (une bande 4 pistes)... :D


Oui… :oops: C'est exact, Bhakti comporte bien une partie électroacoustique :

http://brahms.ircam.fr/textes/c00000038 ... index.html

J'ai confondu avec une autre œuvre. Celle-ci est pour 16 musiciens.

Dans le genre mixte avec un ensemble large, il y a "Amorgos" de François-Bernard MÂCHE. C'est une démarche presque contraire, puisque MÂCHE utilise des sons (en majorité de la nature) sans transformations.
Le jeu entre instruments et électroacoustique porte sur les analogies de morphologies (formes dynamiques et des transitoires des sons), alors que HARVEY s'intéresse aux rapports harmoniques.

Je te dis cela, non pas pour que tu cours chez ton disquaire… :roll: mais un jour, si tu en as l'occasion, compare les deux démarches.

Excuse-moi de la trahison de ma mémoire.

Bien cordialement.

Gilles
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Message » 08 Jan 2005 19:27

Des analogies de morphologie ? un peu alors comme dans le Different Trains de Steve Reich, quand le quatuor semble imiter l'intonation des paroles ? :o
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Message » 08 Jan 2005 21:00

o0oXo0o a écrit:Des analogies de morphologie ? un peu alors comme dans le Different Trains de Steve Reich, quand le quatuor semble imiter l'intonation des paroles ? :o


Il y a des jeux d'imitation des formes et des trajectoires des sons par l'écriture instrumentale.
Il est difficile stylistiquement de comparer Mâche à Reich…

Je ne peux pas en dire beaucoup plus… :-?

Bonnes découvertes :wink:

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Message » 13 Jan 2005 10:30

Je n'ai pas mis dans la liste des œuvres de Martin MATALON, un CD d'une musique de film pour "Metropolis" qui à pour titre "Metropolis" ( 8) ).
Ce CD est une production de l'IRCAM.
C'est une musique écrite pour une formation de 16 musiciens et dispositif électroacoustique qui s'inspire des sonorités "funky" d'instruments électrifiés et de jazz, que Martin connait bien.

Martin MATALON est un compositeur très doué, un vrai musicien… cela s'entend dès les premières mesures. Il a un sens très poussé des sonorités et sait se jouer de tous les styles.

Je n'avais pas mis ce CD dans ma liste, car je crois qu'il est épuisé. Mais vous pouvez le trouver d'occasion ou dans une médiathèque… d'ou cette information de son existence.
À écouter sans hésiter.

Gilles
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Message » 13 Jan 2005 22:08

Je viens de voir qu'il y a aussi un SACD de ce compositeur sur fnac.com:
http://www.fnac.com/Shelf/article.asp?PRID=1583913&OrderInSession=1&Mn=1&SID=936d73da-40d4-e2b7-bf92-a71244679b5b&TTL=140120052016&Origin=FnacAff&Ra=-29&To=0&Nu=1&UID=07acb153b-a5a5-3579-0182-fa0f478eee2b&Fr=3
Image
J'ai écouté les extraits en real bas débit, j'imagine ce que peut donner "La claque b" en SACD!
LA CLAQUE :D :
http://multimedia.fnac.com/multimedia/asp/audio.asp?Z=Le+Scorpion+%2D+Sacd+hybride&Y=1583913&T=La+claque+b&N=Matalon&P=Martin&M=Accord&E=0028947612803&V=1&I=11&G=E&audio=/3/0/8/0028947612803A11.ra
Quelle richesse de timbres! Quelqu'un sait-il comment sont faites ces variations de volume de cette sorte de Gong? :o
De plus sur plusieurs compos il y a comme qui dirait un set quasi-complet de percus afro-cubaines (congas, bongos, timbales). Ce qui est amusant et déroutant pour moi, c'est cette utilisation à contre-emploi de ces bouts de motifs afro-cubains qui sont lancés sans rester sur un rythme constant, ce à quoi nous a pourtant habitué ce style, c'est flagrant également dans "La girafe, le cousin et l'eveque" (:mdr: le titre) ou dans "la valse bunuelesque"!
Vraiment intéressant, je crois que
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Message » 14 Jan 2005 1:25

Gilles R a écrit:L'importance du rythme chez Stravinsky masque l'autre versant de l'invention de ce compositeur.
Les audaces harmoniques dans le "Sacre" étaient tout à fait révolutionnaires. Stravinsky a construit des agrégats harmoniques échappant à la tonalité (en utilisant d'ailleurs les principes de la polytonalité).

Des passages musicaux (du 9 chiffre 13 sur la partition) composés de figures autonomes (rythme et harmonie) courtes et distribuées dans tout l'orchestre, n'ont guère d'équivalents dans l'écriture symphonique antérieure. Même l'accord du célèbre passage en ostinato des cordes, malgré l'armature à la clé (ut mineur) et la position de sa partie centrale en accord de 7éme de sensible (de fa) rien dans sa façon de sonner n'obéït à un accord classé. Stravinsky neutralise les fonctions tonales en ajoutant des notes complémentaires contradictoires aux références tonales.
Et j'en passe… il y a des passages de tutti de l'orchestre véritables magmas vivants qui sont très loin des conduits les plus osés, des autres grands symphonistes précédents et même pour ceux qui ont suivi…

La forme est complétement libre sans thèmes et variations de thèmes… avec des ruptures de ton abrupte, non préparés…
Non, je crois que cette œuvre fait la juste équivalence avec les premières toiles abstraites exactes contemporaines de Wassily KANDINSKY "Avec l'arc noir" (1912) et "Improvisation n°35" (1914) par exemple. Il y a aussi dans ces deux artistes la même énergie, exprimée largement.
Je persiste donc a faire le pont entre le "Sacre" et la peinture abstraite.:wink:


N'étant pas musicien je n'ai pas bien mesuré l'apport de cette partition, mais j'avais noté certaines "incongruités" sonores :wink: Curieusement à l'époque où j'écoutais cette musique mon peintre préféré était... Kandinsky et il en fallait beaucoup pour heurter mes oreilles !


Gilles R a écrit:Pour la musique instrumentale pure, les compositeurs plus jeunes : Grisey, Singier, Murail, Matalon, Levinas…


Vu le nombre de disques dans la médiathèque que je fréquente (assidûment), Murail semble avoir une grande notoriété (mais pas autant que sa petite soeur écrivain Marie-Aude), une première approche m'a fait penser à Ligeti. Intéressant.

Je vais prendre le temps de me familiariser avec ces compositeurs réellement contemporains et je reviendrai dans ce thread d'ici 6 mois.

Il me semble qu'il serait souhaitable lorsque l'on cite une oeuvre et pour mieux la situer, d'indiquer l'année de sa création, car même un ancien compositeur peut se mettre à explorer de nouveaux horizons (Stravinsky est un bon exemple je crois).

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