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Musique enregistrée : BLURAY, CD & DVD musicaux, interprètes...

CDthèque "Musique contemporaine" (pour initiation)

Message » 03 Fév 2005 0:54

o0oXo0o a écrit:(.…) Personnellement, je suis converti à la musique contemporaine depuis belle lurette, seulement, je suis un croyant qui doute, et qui doute surtout de l’infaillibilité de ses papes actuels…
Et puis je dois surtout sans doute demander à la musique actuelle de renouveler les miracles passés : qui va écrire, aujourd’hui, des équivalents contemporains aux Stabat Mater (Giovanni B P), opus 163 (de Franz S.), Sacre, Musique pour cordes, celesta, et percussions, etc. etc. etc.?
Bref, la musique d’aujourd’hui est-elle capable encore de chefs d’œuvres ?

J’espère que ta température d’ébullition n’est pas encore une nouvelle fois atteinte… :mdr:


Non… je suis rodé… ne t'en fais pas ! :wink:

Et bien.… oui il y a des chefs d'œuvres dans la musique actuelle qui sont à hauteur de ce que tu prends pour exemple.

Mais je réserve en suspension ma réponse…
Je laisse la place à d'autres forumeurs pour entrer dans notre conversation.

o0oXo0o a écrit:Pour Arvo Pärt, désolé pour ses admirateurs :-? , mais c’est quand même du mysticisme un peu creux et simpliste, qu’il nous offre comme discours, le gars, je préfère d’autres Baltes, genre Tüür, Vasks, Tormis, Sumera, Sisask ou autre Maskats, qui trempent moins leur musique dans l’eau bénite.



Je ressens un peu la même chose… surtout qu'il y a très peu de stylisations comme pouvait le faire Penderecki, par exemple, dans la forme de ses œuvres sacrées.

Beaucoup seraient surpris par l'expression du "Dies Irae" de Penderecki…

Je ne réponds pas sur l'infaillibilité des papes… Il est trop tard… je suis faillible… tu as donc raison. :roll:

Bonne nuit.

À demain.

Gilles
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Message par Google » 03 Fév 2005 0:54

 
 
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Message » 05 Fév 2005 0:21

Gilles R a écrit:[...]
Pour le son des gongs, GBo, je crois que c'est plutôt des sons de timbales traités. À vue d'oreille… il y a de la transposition ou l'utilisation de la synthèse formantique.
Je crois que ce sont des sons échantillonnés… si je vois Martin… je lui demanderai. En tout cas je poserai des questions aux percussionnistes (je dois les voir prochainement).
[...]

Pour ceux que cela intéresse, j'ai fait un post sur les formants en p. 21 du thread des définitions:
http://www.homecinema-fr.com/forum/view ... highlight=

cdlt,
GBo
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Message » 05 Fév 2005 0:21

Penderecki a connu une sacrée évolution de style, entre le Thrène :o écrit il y a 45 ans et sa musique d’aujourd’hui… Mais il est resté toujours intéressant… je ne connais que sa musique pour orchestre (merci, Naxos). Que conseilles-tu parmi ses œuvres vocales ?

Vite, prépare-nous une liste des chefs d'oeuvres indiscutables et indispensables d'après 1980... :D
o0oXo0o
 
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Message » 05 Fév 2005 16:02

o0oXo0o a écrit:Penderecki a connu une sacrée évolution de style, entre le Thrène :o écrit il y a 45 ans et sa musique d’aujourd’hui… Mais il est resté toujours intéressant… je ne connais que sa musique pour orchestre (merci, Naxos). Que conseilles-tu parmi ses œuvres vocales ?


D'abord la "Passion selon Saint Luc" dirigé par Antoni Wit, aussi dans la collection Naxos (environ 3 euros le CD chez amazon). Tu ne peux pas te la refuser.

Il faut guetter la réédition du "Dies Irae" probablement son chef-d'œuvre.
Il existe un CD avec le "Dies Irae" et le "Requiem polonais" collection Nagrania dirigé par Antoni Wit (excellent chef polonais).

Et son opéra "Les Diables de Loudun", œuvre spectaculaire… non disponible en CD… Il peut sortir (Philips a une excellente version, qui a été gravée en disques noires 33 t.).

Ces œuvres pour voix ou sacrées peuvent suffire… Sinon il y a aussi ses œuvres orchestrales des années 65 à 70…

o0oXo0o a écrit:Vite, prépare-nous une liste des chefs d'oeuvres indiscutables et indispensables d'après 1980... :D


Il y en a quelques unes dans la liste proposée au début…
Comme : "Le Requiem", "Lux aeterna" et "Lontano" de Ligeti, "Momente" et "Trans" de Stockhausen, "Les "Oresteïa" et "Nuits" de Xénakis, "Pli selon pli" de Boulez, "Sinfonia" de Berio, "L'expérience acoustique" de François Bayle. Là ce sont des classiques (avant 1980).

En contournant Pascal Dusapin et Philippe Manoury, pour les œuvres autour et après 1980, je n'ai pas autant de recul, bien sûr, mais voici quelques unes dont je sais leur importance et leur valeur artistique. Je ne vais pas assidument aux concerts de mes confrères… je vais commettre des oublis. Mais dans ce que je connais :
- "Les Espaces acoustiques" de Grisey, Incontournable. Un chef-d'œuvre d'un compositeur disparu, hélas bien trop tôt. Son œuvre est un phare pour toute la nouvelle génération.

- "Gondwana" et "Désintégration" de Murail. Au delà de la formalisation de ses procédures spectrales, Murail démontre un sens du sonore et de la forme d'un très haut niveau. C'est déjà un Maître.

- Une œuvre de Bernard Cavanna comme son "Concerto pour violon". Bernard est un compositeur qui donnera de grandes choses.

-"Scorpion" de Martin Matalon. Compositeur d'une très belle écriture et d'une très grande maîtrise du travail sonore… à suivre. Il est jeune… des chefs d'œuvres sont à venir…

- "Concerto de piano" de Magnus Linberg. Il a écrit des œuvres pour orchestre étonnantes, parmi elles et certaines devraient rester des classiques.

- "Opéra de chambre" de Gérard Pesson. Les œuvres de ce compositeur montre une grande sensibilité et un monde intérieur très riche… À suivre.

-"(d')aller" et "Plus loin" de Philippe Leroux. Philippe développe un ensemble d'œuvres de grandes qualités… certaines s'imposent déjà comme des œuvres importantes…

-"Mortuos plango, vivos voco" de Jonathan HARVEY. Une œuvre d'une grande poésie avec une belle idée musicale.

-"Son enterro" de Alejandro Viñao… Magie du son et alliage parfait entre la technologie et sons instrumentaux. Un travail original qui compte déjà.

Il y en a d'autres… Ceux là, j'en suis certain, laisserons des traces… mais il y a d'autres œuvres importantes comme celles d'Elmut Lachenmann, Peter Eötvös, Michael Lévinas et d'autres comme celles de Yann Maresz, Dalbavie, Hurel, Levinas, Zanési…

Je m'arrête là… j'en laisse pour y revenir plus tard… Je n'ai pas la prétention d'être un devin… Le destin des œuvres est imprévisible.

Je reprendrai un jour (peut-être) notre conversation sur les chefs-d'œuvres du passé et ceux d'aujourd'hui…

À plus tard donc…

Cordialement.

Gilles
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Message » 08 Fév 2005 0:01

Merci pour tous ces conseils. :D
Si je connais relativement bien les Ligeti :D , le Grisey et ses Espaces Acoustiques :D , le Matalon (excellent en sa-cd 5.1 :o :D , cf pages précédentes), la musique de Lindberg (sauf le concerto) et si je vais creuser les autres, je dois avouer que, malgré tout, aucune de ces musiques, même si je les trouve intéressantes, riches, bien écrites, de toute façon à connaître, aucune d’entre elles ne sait me donner le grand frisson. Mon intellect les apprécie, comment dire, j’admire le concept… mais il me laisse un peu de marbre. Aucune ne m’arrache la peau du cœur, comme savent si bien le faire certaines grandes œuvres du passé (tiens, j’écoute là, l’adagio du XIIIe quatuor à cordes de Dvorak, brrrrrr)…
Peut-être la forme d’écriture actuelle autorise moins un développement temporel avec réexposition des thèmes ? :o Arrête-moi si je dis une bêtise... :oops:
o0oXo0o
 
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Message » 08 Fév 2005 1:23

o0oXo0o a écrit:Merci pour tous ces conseils. :D
Si je connais relativement bien les Ligeti :D , le Grisey et ses Espaces Acoustiques :D , le Matalon (excellent en sa-cd 5.1 :o :D , cf pages précédentes), la musique de Lindberg (sauf le concerto) et si je vais creuser les autres, je dois avouer que, malgré tout, aucune de ces musiques, même si je les trouve intéressantes, riches, bien écrites, de toute façon à connaître, aucune d’entre elles ne sait me donner le grand frisson. Mon intellect les apprécie, comment dire, j’admire le concept… mais il me laisse un peu de marbre. Aucune ne m’arrache la peau du cœur, comme savent si bien le faire certaines grandes œuvres du passé (tiens, j’écoute là, l’adagio du XIIIe quatuor à cordes de Dvorak, brrrrrr)…
Peut-être la forme d’écriture actuelle autorise moins un développement temporel avec réexposition des thèmes ? :o Arrête-moi si je dis une bêtise... :oops:


Aucune bêtise là dedans…
Mais tu ne peux pas trouver les mêmes émotions entre des œuvres si différentes. Une œuvre de Dvorak c'est l'expression d'un style et (le style d'une expression) que tu as fait tienne. Tu vibres parce que cela "chante" en toi, c'est plein de nostalgie à travers des codes qui sont devenus universels.
Je comprends ce que tu ressens… personnellement j'ai la même impression que toi devant le XIIIe quatuor de Dvorak, mais aussi devant des pièces contemporaines… évidemment pas à l'identique… ce sont d'autres formes qui ont une puissance particulière d'émouvoir.
À force de les fréquenter, je les entends et les chante intérieurement comme toi sous ta douche pour d'autres musiques.

Je ne suis pas un extra-terrestre…
Je me souviens d'une visite chez Pierre Henry, qui disait son étonnement d'entendre sa fille (elle avait à l'époque une douzaine d'années) chanter spontanément et librement des passages de ses œuvres.

Un jour… peut-être… dans de très bonne condition (un beau concert) une écoute sur un bon système à niveau réaliste… une œuvre te touchera et te mettra la chair de poule… définitivement.

J'ai vu des bouleversements se faire à partir d'une œuvre… sur une ambiance d'un moment.

Je me souviens d'une émotion de ce type, il y a très longtemps… J'étais avec un ami en Bretagne, un été, en pleine nature, un soir très tard, sous un ciel étoilé, muni d'un transistor… Nous avons mis en marche l'appareil et c'était "Nuits" de Xénakis qui était transmis.
Cette musique dans ce cadre sous les étoiles et ce vide des ombres de l'espace, fut un spectacle extraordinairement puissant. Nous écoutâmes complètement sidérés et abasourdis par la puissance de l'expression de la musique qui prenait alors un sens extrêmement convaincant. Toute la nuit environnante, l'espace, la distance et le spectacle d'une partie des constellations de l'univers s'associaient avec les voix de l'œuvre.
Cette pièce apparaissait d'un grand romantisme… Ce fut pour mon camarade un déclic pour toutes ses écoutes ultérieures… Cela a été une forme d'initiation à la sensibilité de ce langage musical.

Cette initiation peut-être pour chacun un moment particulier… ou jamais.
Il faut souvent trouver un déconditionnement de l'écoute. Un effet de loupe à l'émotion…
Combien ont trouvé très impressionnants certains passages musicaux de Ligeti dans "2001, l'Odyssée de l'espace", sans savoir que c'était de la musique contemporaine…

Bref… J'ai espoir que tu ais un jour, "ton ciel étoilé" pour accompagner une écoute particulière.

Bonnes écoutes…

Gilles
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Message » 08 Fév 2005 10:46

Gilles R a écrit:Je me souviens d'une visite chez Pierre Henry, qui disait son étonnement d'entendre sa fille (elle avait à l'époque une douzaine d'années) chanter spontanément et librement des passages de ses œuvres.



J'avoue que cette anecdote me scie...N'est-ce pas tout simplement...admirable?
Sir David Willcocks
 
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Message » 10 Fév 2005 23:56

Chers mélomanes des temps présents…

J'attire aujourd'hui votre attention sur un très beau CD, d'un compositeur qui se distingue par une production d'œuvres toujours originales et d'un haut niveau de maitrise du "métier", je veux parler de Philippe Leroux.

Trois œuvres au programme : "Voi(rex)", "Plus Loin" et "M".

Voi(rex) œuvre récente (2002) est écrite pour voix, six instruments et dispositif électronique.
En 6 mouvements enchainés, cette œuvre est d'un bout à l'autre captivante et pleine d'idées d'alliages de la voix dans des caractères d'expressions très variés (chantées avec un bel engagement par Donatienne Michel-Dansac) prolongés et soutenus par les traitements électroniques et les textures de l'écriture instrumentale.

D'abord, les traitements électroniques sont ceux de quelqu'un qui a une approche du son de façon sensible avec le sens de ceux qui ont le métier du son. Cela s'entend. C'est vrai que Philippe Leroux a été élève de Pierre Schaeffer et d'Ivo Malec… ce qui lui interdit toutes abstractions et spéculations sans le retour de la réalité de la matière du son.
Ce qui ne l'empêche pas, au contraire, d'extrapoler des figures musicales issues de concepts abstraits… il y a une nuance d'ailleurs qui fait la qualité et l'intérêt des œuvres de Philippe. Il y a équilibre et harmonie entre sens du son et écriture. Technique et sensibilité.

Voi(rex) est très réussie et est une œuvre à connaitre. Pas de problème, ici, de langage rigide et générateur d'ennui… c'est plein de vie et de malice…
Donc, son écoute est à prescrire immédiatement.


"Plus Loin" (2000) est une œuvre pour grand orchestre.
C'est une belle œuvre qui se déploie comme un rêve, par des "images" qui s'induisent par similitudes ou par détours… L'orchestre sonne par des combinaisons subtiles et originales d'orchestration… Parfois on jurerait qu'il y a de la synthèse. C'est une œuvre gourmande pour grand orchestre, vous devriez y trouver à déguster.


"M" pour deux pianos, 2 percussions et dispositif électronique est une œuvre brillante par la richesse de l'écriture et du renouvellement incessant d'idées, de matières dans des modes d'expressions glissants de la fluidité aux rythmes circulaires, pour se transformer en treillis de rythmes, matières tressés des timbres des pianos et des claviers-percussions.
Chez Philippe Leroux, le sérieux est évidemment dans le travail, mais l'esprit dans la musique ne craint pas le sourire. Le plaisir est là, à partager. C'est probablement une forme de classicisme, dans le pouvoir de jouer avec la forme et les tournures (un peu comme le classicisme de Haydn) et qu'il y ait sens, et sans qu'il n'y ait stéréotype. Une réussite significative.

À signaler que les œuvres de ce très beau CD sont dirigées par Pierre-André Valade, excellentissime musicien et chef, ici de l'Ensemble de L'itinéraire et de l'Orchestre philharmonique de "Radio-france". La technique et l'informatique musicale est celle de l'IRCAM.

Image

Ceux qui ont encore ces préjugés tenaces sur la musique contemporaine… Vous ne serez plus pardonnés… Vous avez encore là un moyen de pallier vos manques d'informations…

Bonnes découvertes

Gilles
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Message » 12 Fév 2005 21:30

Bonjour Gilles !

J'ai un peu délaissé le contemporain pour le Jazz dernièrement. Mais en allant faire mes courses cette après-midi, je suis tombé sur Color, un nouveau disque de Marc-André DALBAVIE - un événement rarissime !

Comme avec Seuils - Diadème, je trouve les œuvres proposées (ici trois) à la fois intéressantes et accessibles. Au néophyte que je suis, elles apparaissent cérébrales mais néanmoins sensuelles. J'ajouterais que je retrouve quelque chose comme une sorte de signature sonore propre à Dalbavie (ou du moins déjà présente dans Seuil) et que j'avais beaucoup aimé. Peut-être que cette matière sonore particulière est propre à la musique spectrale, je l'ignore.

Hélas, l'absence d'une édition multicanale de ce disque ne permet pas d'apprécier le Concerto pour Violon dans les conditions voulues par le compositeur. J'espère que ce manque sera un jour corrigé. En effet, comment apprécier pleinement une œuvre tridimensionnelle lorsqu'on ne ne donne à percevoir qu'une projection en deux dimensions ?

Quoi qu'il en soit, malgré ce regret, c'est un bien beau disque et Dalbavie est décidément bien talentueux. :D
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Message » 14 Fév 2005 11:03

Pyjam a écrit:Bonjour Gilles !

J'ai un peu délaissé le contemporain pour le Jazz dernièrement.


Ben… alors ! :(

Bonjour Pyjam,
Nous sommes tous pareils, nous avons des périodes privilégiant un style, une époque…

Moi… la musique contemporaine (et la classique)… je ne peux pas la délaisser… quoique pendant les périodes de vacances je n'en écoute plus du tout (surtout la contemporaine).

Mais par dessus ce fil rouge, j'ai des périodes : salsa, jazz, ou des musiciens comme Fela Kuti, Jeff Beck, Zappa, Prince… en ce moment je suis en pleine période "James Brown" et j'ai trouvé de choses qui sont plaisantes à plusieurs niveaux (j'en parlerai, peut-être un de ces jours).

Pyjam a écrit:Mais en allant faire mes courses cette après-midi, je suis tombé sur Color, un nouveau disque de Marc-André DALBAVIE - un événement rarissime !

Comme avec Seuils - Diadème, je trouve les œuvres proposées (ici trois) à la fois intéressantes et accessibles. Au néophyte que je suis, elles apparaissent cérébrales mais néanmoins sensuelles. J'ajouterais que je retrouve quelque chose comme une sorte de signature sonore propre à Dalbavie (ou du moins déjà présente dans Seuil) et que j'avais beaucoup aimé. Peut-être que cette matière sonore particulière est propre à la musique spectrale, je l'ignore.

Hélas, l'absence d'une édition multicanale de ce disque ne permet pas d'apprécier le Concerto pour Violon dans les conditions voulues par le compositeur. J'espère que ce manque sera un jour corrigé. En effet, comment apprécier pleinement une œuvre tridimensionnelle lorsqu'on ne ne donne à percevoir qu'une projection en deux dimensions ?

Quoi qu'il en soit, malgré ce regret, c'est un bien beau disque et Dalbavie est décidément bien talentueux. :D


Oui, Marc-André Dalbavie est un compositeur talentueux… Il a surtout un superbe métier avec un sens de l'orchestration prodigieux (qu'il enseigne au CNSMP).

Je ne connais pas ces deux œuvres, et n'ai pas encore ce CD. Je ne peux donc pas faire de commentaires accompagnant les tiens.

Tu fais bien de recommander ces œuvres, car elles sont aussi de bonnes portes pour entendre la création musicale d'aujourd'hui.

Merci.

À bientôt.

Gilles
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Message » 14 Fév 2005 12:17

Tiens, j'ai une très bonne amie nigerianne. Si bien que j'ai accès à presque tout le répertoire de Fela Kuti. :wink: Aucun rapport avec la musique contemporaine toutefois, donc je ne m'étends pas sur le sujet.
Pyjam
 
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Message » 14 Fév 2005 12:48

Pyjam a écrit:Tiens, j'ai une très bonne amie nigerianne. Si bien que j'ai accès à presque tout le répertoire de Fela Kuti. :wink: Aucun rapport avec la musique contemporaine toutefois, donc je ne m'étends pas sur le sujet.


Non… mais tu peux t'étendre sur ce sujet en créant un thread… :idee: :D

Un petit débat et de l'information sur Fela Kuti n'est pas trop fréquent…

Au plaisir de te lire… et de te répondre… :wink:

Gilles
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Message » 14 Fév 2005 13:33

Gilles R a écrit:...tu peux t'étendre sur ce sujet en créant un thread… :idee: :D

Un petit débat et de l'information sur Fela Kuti n'est pas trop fréquent…

Je préfère laisser cette initiative à un Nigerian ou du moins un africain d'origine. J'ai peur d'être un peu ridicule. Fela Kuti est un grand monsieur et mériterais un film. Qu'il suffise de dire qu'il a créé un état dans l'état au Nigeria pour protester contre la corruption du pouvoir en place et qu'il a résisté à la torture. :o Respect !
Pyjam
 
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Message » 14 Fév 2005 14:01

Pyjam a écrit:Je préfère laisser cette initiative à un Nigerian ou du moins un africain d'origine. J'ai peur d'être un peu ridicule. Fela Kuti est un grand monsieur et mériterais un film. Qu'il suffise de dire qu'il a créé un état dans l'état au Nigeria pour protester contre la corruption du pouvoir en place et qu'il a résisté à la torture. :o Respect !


Tes scrupules sont à ton honneur.

Mais, Pyjam, présenter sa musique à travers des recommandations d'enregistrements de ses musiques et donner des informations sur la dimension du bonhomme ne sont pas contradictoires.

Au contraire, c'était un fou de musique… il l'a utilisé comme support et comme mode d'expression à part entière. En parler n'est pas le trahir.

Il n'y a pas besoin d'être nigerian pour avoir le droit d'en parler… Il est en tant que musicien et combattant pour la justice, de tous les pays !

Si tu te sens à l'aise pour présenter les CD qui te semblent les plus importants et si tu es suffisamment informé pour la situer dans sa démarche politique, alors nous en priver est vraiment dommage.

Réfléchis… et fais comme tu le sens… mais ce thread, je t'assure, sera le bienvenu.

Gilles
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Message » 16 Fév 2005 0:05

o0oXo0o a écrit:Penderecki a connu une sacrée évolution de style, entre le Thrène :o écrit il y a 45 ans et sa musique d’aujourd’hui… Mais il est resté toujours intéressant… je ne connais que sa musique pour orchestre (merci, Naxos). Que conseilles-tu parmi ses œuvres vocales ?
(…)


J'ai reçu aujourd'hui, la "Passion selon St Luc" de Penderecki dirigée par Antoni Wit, distribuée par "Naxos" (et achetée 3 euros chez amazon).
Je viens de la comparée à la version d'Henryk Czyz (Polskie Nagriana). Les deux versions sont deux belles interprétations.

Pourtant de grosses différences, d'abord pour l'acoustique du lieu.
La version Wit (2002) est interprété dans la salle du Philharmonia de Cracovie. Cela sonne très bien sans avoir les jeux de profondeurs et d'ambiance données par la réverbération de l'autre version enregistrée dans une église (impossible de savoir quelle église).
Dans la version Wit l'espace stéréophonique est cohérent, les solistes (voix) devant, ensuite l'orchestre et derrière les chœurs. C'est peut-être là qu'on peut trouver un petit manque de présence des chœurs. La lecture est précise, l'orchestre très bien pris. Antoni Wit sait faire ressortir les alliages des sonorités particulières des cordes et trouve des solutions d'enchainement des séquences très musicales. Il contrôle admirablement le profil des masses sonores par des jeux subtiles et parfois énergiques des dynamiques.

Lorsque l'on écoute en comparaison, la version Czyz (1989), le son est très différent par la présence d'une réverberation importante. Les ambiances sont plus fondues et les tutti prennent des allures de cataclysmes, les agrégats ff des percussions résonent de tout l'air du lieu, les tutti de cuivres ou des bois enflent comme des nuées venues des cieux entiers.
Cela va bien avec l'esprit de l'œuvre. Les espaces parraissent plus larges et plus profonds. On peut perdre en précision de timbres et en détails les matières tumultueuses des sonorités orchestrales, mais cela a un charme et offre un coté spectaculaire.

Belles voix de solistes pour les deux versions (les voix du récitant sont toujours très belles), une expression plus théatrale pour certains solistes de la version de Wit.

Je ne trancherai pas vraiment entre ces deux versions qui sont les seules que l'on puisse trouver aujourd'hui.
Je connais cette œuvre par cœur et j'ai pourtant toujours du plaisir à l'écouter… même pendant les écoutes consécutives des deux versions (76 minutes pour wit, 67 minutes pour Czyz).

"La Passion" de Penderecki est une œuvre à connaitre, c'est une de ses plus belles œuvres… qui sont d'ailleurs plutôt au début de sa carrière. Celle-ci a été écrite entre 1963 et 1965… et a eu immédiatement plusieurs enregistrements de qualité (Harmonia Mundi et Philips).

Pour 3 euros vous trouverez, entre les chants lents et incantatoires des solistes du début et les textures et frémissements ou crépitements des différents groupes de pupitres du grand orchestre symphonique plus tard, ou les clameurs ou rumeurs des chœurs, j'en suis sûr, des moments intenses d'expressions qui vous toucheront. Cette efficacité a fait mettre un peu à part les œuvres de Penderecki.

Je trouve qu'elles tiennent toujours bien le coup… malgré le rejet d'une partie du milieu musical pour facilité de technique d'écriture… (cela est dit pour suggérer une autre conversation…).

Je ne vous fais pas l'affront de vous mettre le lien vers le site pour le CD de la version de Wit… pour 3 euros… vous pouvez faire un petit effort… tout de même.

Bonne nuit… :wink:

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