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Musique enregistrée : BLURAY, CD & DVD musicaux, interprètes...

Elisabeth Schwarzkopf etait si fatiguée d'avoir tant voyagé

Message » 06 Aoû 2006 20:24

Tout cela m'a redonné envie d'écouter ces lieders... et j'en ai encore les poils tout hérissés, les yeux tout humides :wink:
Quelle musique tout de même ! :o
grifield
 
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Message par Google » 06 Aoû 2006 20:24

 
 
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Message » 06 Aoû 2006 22:08

Schwarzkopf a été sublime dans Strauss, et pas que Richard, sa Maréchale étant sans doute une interprétation éternelle à propos de laquelle sa partenaire Christa Ludwig disait (lu dans les homages récents)

"J'ai chanté mon premier Chevalier avec cette Maréchale extraordinaire. Je me souviendrais toujours de l'émotion qui s'empara de moi lorsqu'elle me dit adieu à la fin de l'acte I. Elle avait une expression si touchante que je me retrouvais sans le savoir en larmes."

Il y aussi Capriccio avec Sawallich au style parfait et irremplaçable.

Il y a aussi des Mozart "pour toujours" dont Cosi avec Karajan ou Bohm.
Elle a été une grande Contesse des Noces plusieurs versions existent, la plus célèbre avec Karajan et une distribution de rève, mais des tempi un peu précipités qui effacent un peu la richesse de la partition au profit d'une panique générale très "folle journée" mais peut être un peu trop.
J'ai découvert il y a peu l'enregistrement du festival de Salzburg 53, en allemand ! mais dirigée génialement par Furtwangler et son air d'entrée du 2iem acte est un des plus beaux moments de musique que j'ai jamais entendu (l'accompagnement de Furtwangler est une leçon d'interprétation mozartienne qui m'a secoué comme rarement).
Et puisqu'on est dans Mozart, finissons avec ses fabuleuses représentations toujours à Salzburg de Don Giovanni encore avec Furtwangler, ou la fort belle même si moins impressionnante version de studio dirigée par Giulini.

Elle a participé aussi à quelques 9ieme de Beethoven (Furtwangler Bayreuth ou Lucerne 54), Missa Solemnis (Karajan), Requiem Allemand de Brahms (Karajan et Furtwangler) tout aussi mémorables.

Ses interprétations étaient avant tout "intelligentes" et donc fort peu instinctives.

On parlera de ses défauts un autre jours ...
Sam McCord
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Message » 07 Aoû 2006 11:35

fgero a écrit:
haskil a écrit:Plutôt que chercher des explications historiques émouvantes pour expliquer l'esthétique de ce chef d'oeuvre, contentons nous de l'écouter sublimement chanté par une immense artiste


+1, sur cette musique, comme sur beaucoup d'autres, les "explications" historiques, philosophiques, poétiques, narratives... sont parfois de trop.


Merci d'avoir compris.


Alain :wink:

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haskil
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Message » 07 Aoû 2006 11:55

Polonsky a écrit:
haskil a écrit:Plutôt que chercher des explications historiques émouvantes pour expliquer l'esthétique de ce chef d'oeuvre, contentons nous de l'écouter sublimement chanté par une immense artiste, malheureusement doublée d'une personne dont l'engagement nazi a été contesté dès lors qu'il faut connu grâce à la biographie que lui a consacré Alan Jefferson chez Gollancz. Et dont de nombreuses déclarations sur le tard sont à vomir sur "les homosexuels qui ont détruit l'opéra" sur Thomas Quaschoff, fantastique baryton dont elle estime qu'il ne devrait pas monter sur une scène, vu son infirmité.

petite dame, mais sublime chanteuse



Bonjour,

Je regrette un peu la confusion entre la biographie (enfin plus exactement ce que le tribunal de l'Histoire veut bien bien en conserver) et l'art de la chanteuse (ou du chef, ou du compositeur). Cette confusion parasite le discours puisqu'in fine vous passez plus de temps dans votre message à délivrer des ragots qu'à parler de musique.

Laissons de tels jugements au vestiaire s'il vous plaît tant ils nous abaissent. Que m'importe que tel chef aime rouler en Porsche, tel autre musicien soit antisémite ou préfère cuisiner tout nu... En quoi la biographie (ou plus exactement ici une réduction de la biographie au détail et au scandale) est-elle pertinente ?

Cette opinion n'engage évidemment que moi et je comprendrais qu'elle ne soit pas partagée, mais enfin quand l'agitation quotidienne se tait, que nos simplifications s'épuisent, il reste la musique qui nous souffle un autre air et suspend pour un temps notre manie de juger à tort et à travers.

Cordialement,



Justement, j'écris que je pense qu'il faut bien faire la différence et ne pas chercher d'un coté ou d'un autre une explication psychologisante à l'art d'un interprète ou à une musique. Le pire étant de nier tout engagement passé.

Il ne faut pas refuser de savoir.

Ta réaction est typique du monde musical qui a bien plus de mal avec cette période que le théâtre, le cinéma ou la littérature.

Or l'Opéra, la musique étaient des arts totalement sous la coupe du ministère de la propagande dans l'Allemagne nazie, mais les artistes n'étaient en rien contraints d'être successivement responsables des etudiants nazis au conservatoire, puis membre du parti comme le fut Schwarzkopf qui avait 20 ans en 1935 et adhèrera en 1938.

Elle n'était pas seule en ce cas, certains ont assumé, regretté publiquement cet engagement.


L'information ne parasite en rien le discours : on peut admirer, aimer éperdument l'art d'un interprète et regretter son engagement passé (cf. Cortot et Schwarzkopf, par exemple). C'est mon cas, par exemple et pour les deux.

Et dans le cas de Schwarzkopf regretter ses déclarations récentes sur les homosexuels et sur un de ses collègues infirmes.


L'information ne parasite le discours que quand, justement, on ose psychologiser sur le sujet.

La biograpie britannique en question est précise, informée et n'a fait l'objet d'aucune constestation de qui que ce soit. Pas même de l'avocat zurichois de Schwarzkopf en 1996.

En revanche, le gouvernement britannique a fait savoir que si les détails de cette biographie avaient été connus, jamais cette chanteuse n'aurait été faite Dame de l'empire britannique par la reine Elizabeth en 1992.

Ces informations doivent être connues et il ne faut surtout pas, dans un sens comme dans un autre, tenter de les utiliser pour expliquer l'art d'une artiste exemplaire face à son art et à la musique.

Je ne peux laisser passer le fait que tu associes dans une même phrase le fait de "rouler en porsche" et le fait "d'être antisémite" ce dont personne n'a accusé Scharzkopf. C'est même proprement indigne.


Alain :wink:

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Message » 07 Aoû 2006 13:41

haskil a écrit:Justement, j'écris que je pense qu'il faut bien faire la différence et ne pas chercher d'un coté ou d'un autre une explication psychologisante à l'art d'un interprète ou à une musique. Le pire étant de nier tout engagement passé.


Je ne suis pas intervenu sur ce point.

haskil a écrit:Il ne faut pas refuser de savoir.


C'est une phrase oraculaire. De quel savoir parlons-nous ? D'un savoir biographique ou d'un savoir musical ?

haskil a écrit:Ta réaction est typique du monde musical qui a bien plus de mal avec cette période que le théâtre, le cinéma ou la littérature.


Je pensais justement à Flaubert pour qui le romancier n'a pas de biographie et disparaît derrière son oeuvre.

haskil a écrit:Or l'Opéra, la musique étaient des arts totalement sous la coupe du ministère de la propagande dans l'Allemagne nazie, mais les artistes n'étaient en rien contraints d'être successivement responsables des etudiants nazis au conservatoire, puis membre du parti comme le fut Schwarzkopf qui avait 20 ans en 1935 et adhèrera en 1938.


C'est bien sur ce point que j'interviens. Et je repose ma question: en quoi la biographie d'un artiste (ou musicien, ou romancier, peintre) est-elle pertinente ? Sinon à créer une confusion entre la morale (générale) et l'art (singularité) ? La singularité de l'art de cette chanteuse n'est pas d'avoir vécu comme toute l'Europe Occidentale une guerre mondiale et comme tout le peuple "allemand" sous le régime nazi.

haskil a écrit:Elle n'était pas seule en ce cas, certains ont assumé, regretté publiquement cet engagement.


Vous glissez comme dans votre premier message de la notule biographique au Tribunal. Or sauf information nouvelle, être membre ou non du parti nazi n'a jamais ni accru ni diminué le talent d'un musicien. Normal puisqu'il s'agit d'une information extra-musicale. Je précise que la question se pose différemment par exemple dans le cas d'une composition, si l'oeuvre peut se réduire comme propagande (c'est à dire que le message politique est au coeur de l'oeuvre).


haskil a écrit:L'information ne parasite en rien le discours : on peut admirer, aimer éperdument l'art d'un interprète et regretter son engagement passé (cf. Cortot et Schwarzkopf, par exemple). C'est mon cas, par exemple et pour les deux.


On peut, mais c'est votre problème, tant vous assumez la confusion entre l'individu et son art (ce qu'il a produit de singulier).

haskil a écrit:Et dans le cas de Schwarzkopf regretter ses déclarations récentes sur les homosexuels et sur un de ses collègues infirmes.


Tout comme on peut distribuer à moindre prix des bons et des mauvais points au nom de notre morale, comme on peut juger sans vergogne tout un chacun. J'imagine que vous avez pensé vous aussi que les déclarations (de la chanteuse) que vous critiquez ici reposent sur les mêmes fondements que votre critique: c'est une morale contre une autre. Et qu'avez-vous à dire de cette morale ? Qu'elle n'est pas la votre ?

haskil a écrit:Ces informations doivent être connues et il ne faut surtout pas, dans un sens comme dans un autre, tenter de les utiliser pour expliquer l'art d'une artiste exemplaire face à son art et à la musique.


Je ne vois pas pourquoi "ces informations doivent être connues". Il manque simplement à votre affirmation l'argument.

haskil a écrit:Je ne peux laisser passer le fait que tu associes dans une même phrase le fait de "rouler en porsche" et le fait "d'être antisémite" ce dont personne n'a accusé Scharzkopf. C'est même proprement indigne.


Voyons voir: associer "cuisiner tout nu", "rouler en Porsche" et "être antisémite" dans une même phrase serait indigne ? Pourquoi ? Parce que toutes les informations biographiques ne sont pas égales ? Alors cher Haskil, quels sont les faits qui méritent d'être retenus par le Tribunal de l'Histoire ?

Je montre simplement par cette association qu'une litanie de détails biographiques (qui peuvent confiner aux ragots) n'est en rien pertinente pour apprécier la singularité d'un musicien. La singularité de Schwarzkopf. Son art est d'interpréter la musique, de faire disparaître sa personne remplacée par un personnage.

Comme je l'écrivais dans mon précédent message, cette opinion n'engage que moi et je n'ai aucune intention de vous blesser. Si je l'ai fait malgré tout par maladresse, je vous prie de m'en excuser et vous prie également de ne pas voir mon désaccord comme une attaque personnelle. Mais je me permets tout de même de réitérer mon appel à un peu de pudeur: qualifer quelqu'un de "petite dame" est risqué. Si je veux juger les autres (et non pas simplement leur art, mais leur vie), je m'expose à l'être à mon tour.

Cordialement,
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Message » 07 Aoû 2006 14:48

Polonsky a écrit:
haskil a écrit:Justement, j'écris que je pense qu'il faut bien faire la différence et ne pas chercher d'un coté ou d'un autre une explication psychologisante à l'art d'un interprète ou à une musique. Le pire étant de nier tout engagement passé.


Je ne suis pas intervenu sur ce point.

C'était le point de départ de la discussion. Et le forumeur auquel je m'adressais l'avait fort bien compris.

haskil a écrit:Il ne faut pas refuser de savoir.


C'est une phrase oraculaire. De quel savoir parlons-nous ? D'un savoir biographique ou d'un savoir musical ?

D'un savoir biographique et vous le savez fort bien qui tronçonnez un propos de façon à pouvoir poser une question oiseuse.

haskil a écrit:Ta réaction est typique du monde musical qui a bien plus de mal avec cette période que le théâtre, le cinéma ou la littérature.


Je pensais justement à Flaubert pour qui le romancier n'a pas de biographie et disparaît derrière son oeuvre.


Inutile de convoquer Flaubert.


haskil a écrit:Or l'Opéra, la musique étaient des arts totalement sous la coupe du ministère de la propagande dans l'Allemagne nazie, mais les artistes n'étaient en rien contraints d'être successivement responsables des etudiants nazis au conservatoire, puis membre du parti comme le fut Schwarzkopf qui avait 20 ans en 1935 et adhèrera en 1938.


C'est bien sur ce point que j'interviens. Et je repose ma question: en quoi la biographie d'un artiste (ou musicien, ou romancier, peintre) est-elle pertinente ? Sinon à créer une confusion entre la morale (générale) et l'art (singularité) ? La singularité de l'art de cette chanteuse n'est pas d'avoir vécu comme toute l'Europe Occidentale une guerre mondiale et comme tout le peuple "allemand" sous le régime nazi.

Tout simplement, par exemple, car la personne dont on parle à récrit sa biographie. Elle trouvait donc une utilité à cet exercice.

Par ailleurs, tout le peuple "allemand", même avec vos guillemets, n'a pas vécu de la même façon cette guerre.

haskil a écrit:Elle n'était pas seule en ce cas, certains ont assumé, regretté publiquement cet engagement.


Vous glissez comme dans votre premier message de la notule biographique au Tribunal. Or sauf information nouvelle, être membre ou non du parti nazi n'a jamais ni accru ni diminué le talent d'un musicien. Normal puisqu'il s'agit d'une information extra-musicale. Je précise que la question se pose différemment par exemple dans le cas d'une composition, si l'oeuvre peut se réduire comme propagande (c'est à dire que le message politique est au coeur de l'oeuvre).

C'est vous qui mélangez les choses. Jamais à aucun moment, je n'ai dit, pensé, que cela avait une influence sur le talent d'un musicien. En revanche, cela peut avoir une influence sur l'art de l'interprétation et de la représentation. Le message politique peut-être aussi au coeur d'une esthétique d'interprétation et de la représentation. cela étant, je connais assez bien l'art de cette chanteuse pour dire qu'il n'est en rien criticable de ce point de vue.


haskil a écrit:L'information ne parasite en rien le discours : on peut admirer, aimer éperdument l'art d'un interprète et regretter son engagement passé (cf. Cortot et Schwarzkopf, par exemple). C'est mon cas, par exemple et pour les deux.


On peut, mais c'est votre problème, tant vous assumez la confusion entre l'individu et son art (ce qu'il a produit de singulier).

Absolument pas, je la rejette pour ma part, me refusant aux vases communiquants. Vous refusez, en revanche, que tout ce qui peut porter atteinte à la grandeur d'un art soit dit ou su.

Cette question, fondamentale, a été posée et depuis bien longtemps. Chacun y repond, comme il l'entend. Vous n'allez pas prétendre fermer cette discussion.

Jankélévitch a rejeté tout ce qui était germanique : compositeurs comme interprétes de quelque époque que ce fut. Je ne partage pas ce rejet.


haskil a écrit:Et dans le cas de Schwarzkopf regretter ses déclarations récentes sur les homosexuels et sur un de ses collègues infirmes.


Tout comme on peut distribuer à moindre prix des bons et des mauvais points au nom de notre morale, comme on peut juger sans vergogne tout un chacun. J'imagine que vous avez pensé vous aussi que les déclarations (de la chanteuse) que vous critiquez ici reposent sur les mêmes fondements que votre critique: c'est une morale contre une autre. Et qu'avez-vous à dire de cette morale ? Qu'elle n'est pas la votre ?

Elle aurait été une héroïne de la luttre anti-nazie, elle aurait chanté sur le front pour soutenir le moral des troupes alliées, comme Dietrich, que cela gênerait beaucoup moins qu'on en parle.

D'autre part, les propos de cette chanteuse au sujet des homosexuels, réitérés en maints endroits, tomberaient sous le coup de la loi de nos jours. Et il est permis de les disséquer et de les juger erronnés factuellement et sots.


haskil a écrit:Ces informations doivent être connues et il ne faut surtout pas, dans un sens comme dans un autre, tenter de les utiliser pour expliquer l'art d'une artiste exemplaire face à son art et à la musique.


Je ne vois pas pourquoi "ces informations doivent être connues". Il manque simplement à votre affirmation l'argument.

Pourquoi ? Mais parce qu'il existe des biographies officielles qui passaient sous silence cela au profit de légendes.

Si l'on ne veut pas de biographies, quand on est un personnage public, on n'en laisse pas publier, on n'en écrit pas, on n'en fait pas écrire par d'autres sous controle, on ne falsifie pas l'histoire, on n'accepte pas d'être faite dame de l'Empire britannique ou l'on refuse.

On se tait, on ne dit rien, ne laisse rien filtrer de sa vie passée, présente et futre. On ne répond pas aux interviews à caractère biographique.

Et l'on peut, après tout pourquoi pas, penser comme Arnold Schoenberg qu'on en sait plus sur un compositeur en sachant comment il nouait sa cravate qu'en étudiant sa musique.

Ce n'est pas mon cas, je le précise.


haskil a écrit:Je ne peux laisser passer le fait que tu associes dans une même phrase le fait de "rouler en porsche" et le fait "d'être antisémite" ce dont personne n'a accusé Scharzkopf. C'est même proprement indigne.


Voyons voir: associer "cuisiner tout nu", "rouler en Porsche" et "être antisémite" dans une même phrase serait indigne ? Pourquoi ? Parce que toutes les informations biographiques ne sont pas égales ? Alors cher Haskil, quels sont les faits qui méritent d'être retenus par le Tribunal de l'Histoire ?

Je montre simplement par cette association qu'une litanie de détails biographiques (qui peuvent confiner aux ragots) n'est en rien pertinente pour apprécier la singularité d'un musicien. La singularité de Schwarzkopf. Son art est d'interpréter la musique, de faire disparaître sa personne remplacée par un personnage.

Ce que vous montrez surtout, c'est le confusionisme malhabile derrière lequel vous vous abritez pour votre démonstration. Non, toutes les informations biographiques ne sont pas égales et tout ne relève pas du ragot.

Quand à l'art d'interpréter la musique qui serait de "faire disparaître sa personne remplacée par un personnage" : voici un raccourci osé de l'art d'interpréter un rôle à l'opéra ou au théâtre. Il est cependant des rôles que certains chanteurs et acteurs ne peuvent pas aborder car ils sont trop loin d'eux et d'autres qui leur vont mieux. Interpréter un rôle n'est pas qu'un exercice de prestigitation extrait du réel.



Comme je l'écrivais dans mon précédent message, cette opinion n'engage que moi et je n'ai aucune intention de vous blesser. Si je l'ai fait malgré tout par maladresse, je vous prie de m'en excuser et vous prie également de ne pas voir mon désaccord comme une attaque personnelle. Mais je me permets tout de même de réitérer mon appel à un peu de pudeur: qualifer quelqu'un de "petite dame" est risqué. Si je veux juger les autres (et non pas simplement leur art, mais leur vie), je m'expose à l'être à mon tour.


Vous ne me blessez pas le moins du monde, vous n'avez donc pas à vous en excuser et ne lis pas votre désaccord comme une attaque personnelle, plutôt comme la permanence d'un discours prégnant dans le domaine de la musique et étranger dans les autres arts (quoi que Flaubert a pu écrire).

La pudeur ? De quoi parlez vous donc ! Allons !

Quand à votre dernière phrase, elle est le refuge commode qu'a trouvé notre époque pour éviter de voir ne serait-ce qu'écorner ses idoles musicales.


Bien à vous,

Cordialement,

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Message » 07 Aoû 2006 18:16

haskil a écrit:C'était le point de départ de la discussion. Et le forumeur auquel je m'adressais l'avait fort bien compris.


Souffrez s'il vous plaît que j'intervienne sur partie de votre propos. Quitte à ce que je simplifie un peu votre position, j'y reviens en fin de message.

haskil a écrit:D'un savoir biographique et vous le savez fort bien qui tronçonnez un propos de façon à pouvoir poser une question oiseuse.


La question est oiseuse, je le reconnais.

J'insiste cependant: qu'est-ce que le savoir biographique et quelles en sont les limites ? Je ne vous accuse pas de simplification et j'apprécie la rigueur dont vous faites preuve ici, mais ma question est valable: en quoi la biographie est-elle un "savoir", c'est à dire une connaissance ? Au-delà de l'aspect factuel bien évidemment, parce qu' il est factuel d'écrire que Elizabeth Schwarzkopf était une femme ou qu'elle chaussait du 38.

haskil a écrit:Inutile de convoquer Flaubert.


Je ne convoque pas plus Flaubert que vous ne convoquerez Jankelevitch.

haskil a écrit:Tout simplement, par exemple, car la personne dont on parle à récrit sa biographie. Elle trouvait donc une utilité à cet exercice.


Vous ne répondez pas à ma question sinon par une tautologie: c'est intéressant parce que quelqu'un a trouvé ça intéressant. Et cela reste anecdotique, même si la principale intéressée s'en fait la complice.

haskil a écrit:Par ailleurs, tout le peuple "allemand", même avec vos guillemets, n'a pas vécu de la même façon cette guerre.


Les guillemets étaient de rigueur, incluant l'Autriche dans le peuple allemand. Ici il s'agit d'histoire.

haskil a écrit:C'est vous qui mélangez les choses. Jamais à aucun moment, je n'ai dit, pensé, que cela avait une influence sur le talent d'un musicien. En revanche, cela peut avoir une influence sur l'art de l'interprétation et de la représentation. Le message politique peut-être aussi au coeur d'une esthétique d'interprétation et de la représentation. cela étant, je connais assez bien l'art de cette chanteuse pour dire qu'il n'est en rien criticable de ce point de vue.


Je vais poser la question autrement alors: de quel droit vous instituez-vous en Tribunal ? Qu'est-ce qui vous permet un jugement aussi catégorique: "petite dame" ?

haskil a écrit:Absolument pas, je la rejette pour ma part, me refusant aux vases communiquants. Vous refusez, en revanche, que tout ce qui peut porter atteinte à la grandeur d'un art soit dit ou su.


Il n'est pas question de la grandeur de tel art. Simplement je ne mélange pas mes opinions privées sur une personne que je ne connais pas, sur un temps que je n'ai pas vécu avec mes jugements esthétiques.

haskil a écrit:Cette question, fondamentale, a été posée et depuis bien longtemps. Chacun y repond, comme il l'entend. Vous n'allez pas prétendre fermer cette discussion.


Loin de moi cette prétention.

haskil a écrit:Jankélévitch a rejeté tout ce qui était germanique : compositeurs comme interprétes de quelque époque que ce fut. Je ne partage pas ce rejet.


Dont acte.

haskil a écrit:Elle aurait été une héroïne de la luttre anti-nazie, elle aurait chanté sur le front pour soutenir le moral des troupes alliées, comme Dietrich, que cela gênerait beaucoup moins qu'on en parle.


Croyez-vous ? Oui, c'est possible. Cela ne donnerait pas plus d'intérêt ou plus exactement de crédit à une telle information. D'ailleurs ce ne serait ici que propagande contre propagande.

haskil a écrit:D'autre part, les propos de cette chanteuse au sujet des homosexuels, réitérés en maints endroits, tomberaient sous le coup de la loi de nos jours. Et il est permis de les disséquer et de les juger erronnés factuellement et sots.


Tout vous est permis. Comme il m'est permis de discuter de la pertinence d'une telle remarque dans votre propos. Je reprends votre premier message dans le sujet: vous appréciez deux fois l'art de la chanteuse (immense artiste, sublime chanteuse), mais l'essence de votre message consiste en différentes remarques biographiques: engagement nazi, puis déclarations sur les homosexuels, puis anecdote sur un autre chanteur. Me permettez-vous de juger votre propos factuellement juste (je vous fais confiance), mais sot ?

haskil a écrit:Pourquoi ? Mais parce qu'il existe des biographies officielles qui passaient sous silence cela au profit de légendes.


C'est un peu court, non ? Bonne biographie ou mauvaise biographie reste biographie.

haskil a écrit:Ce que vous montrez surtout, c'est le confusionisme malhabile derrière lequel vous vous abritez pour votre démonstration. Non, toutes les informations biographiques ne sont pas égales et tout ne relève pas du ragot.


Moi je crois le contraire, à savoir que toutes les informations biographiques sont à peu près égales, sauf les principales qui ne livrent pas place à un jugement moral: sexe nationalité, date de naissance. Et je crois absolument qu'on peut mettre sur le même plan deux faits (par exemple): adhésion au parti nazi en 1935, propriétaire d'une Porsche, aime les haricots. Tout cela procède de la même valeur: l'insignifiance. Vous pouvez penser autrement, c'est à dire qu'un personnage public mérite que l'on s'arrête sur ce qu'il a fait ou dit, simplement parce qu'il a été un personnage public.

haskil a écrit:Quand à l'art d'interpréter la musique qui serait de "faire disparaître sa personne remplacée par un personnage" : voici un raccourci osé de l'art d'interpréter un rôle à l'opéra ou au théâtre. Il est cependant des rôles que certains chanteurs et acteurs ne peuvent pas aborder car ils sont trop loin d'eux et d'autres qui leur vont mieux. Interpréter un rôle n'est pas qu'un exercice de prestigitation extrait du réel.


Est-ce un raccourci osé quand il s'agit bien de l'origine du théâtre, le masque ? Et c'est bien là où je veux en venir. La "Persona" c'est le masque, ce pourquoi on ne peut juger une personne, sinon des actes (au regard de la loi uniquement). La personne publique dans ce cas n'a qu'une fonction d'écran. Certes elle brille et réfléchit (comme le disait Schwarzkopf), mais avant tout elle masque. Vous qui connaissez bien Jankelevitch serez d'accord sur ce point.

La grandeur de l'oeuvre ou celle de l'interprète n'est pas ni dans sa biographie, ni dans son histoire mais dans son rapport à une conscience vivante. Ce sera la voix d'Elizabeth Schwarzkopf, une voix qui se veut condenser toute l'expérience humaine dans le chant. La musique transcende le temps (au sens trivial du terme).

Je précise enfin que je ne connais presque rien de la vie d'Elizabeth Scwarzkopf, pas plus que je ne fais partie des inconditionnels, j'admire son art parfois avec enthousiasme parfois avec des réserves, mais croyez que ma position ne tient pas à ce cas singulier.

Enfin je veux vous rendre ce que je vous dois: ma lecture de l'ensemble de vos propos était ici trop succinte et votre position est ici équilibrée bien qu'éloignée de la mienne et ma caricature était un peu forte. J'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur pour n'y voir que l'intérêt que je porte au débat. Et j'ose penser que les précisions que vous apportez sont utiles et signifiantes.

Bien cordialement,
Polonsky
 
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Message » 07 Aoû 2006 19:20

[quote=Polonsky]
J'insiste cependant: qu'est-ce que le savoir biographique et quelles en sont les limites ? Je ne vous accuse pas de simplification et j'apprécie la rigueur dont vous faites preuve ici, mais ma question est valable: en quoi la biographie est-elle un "savoir", c'est à dire une connaissance ? Au-delà de l'aspect factuel bien évidemment, parce qu' il est factuel d'écrire que Elizabeth Schwarzkopf était une femme ou qu'elle chaussait du 38.


Il aurait fallu le demander à cette artiste qui a écrit son autobiographie une première fois (On and Off the Records), puis a accepté le jeu qu'une plume en écrive une seconde tout récemment.

Polonsky a écrit:Je ne convoque pas plus Flaubert que vous ne convoquerez Jankelevitch.


La différence étant que le premier n'a pas vécu cette période et que ce qu'il a dit au XIXe quand il l'a écrit il ne l'aurait peut-être pas dit s'il avait lu Gobineau, puis Barres.


haskil a écrit:Par ailleurs, tout le peuple "allemand", même avec vos guillemets, n'a pas vécu de la même façon cette guerre.


Polonsky répond : Les guillemets étaient de rigueur, incluant l'Autriche dans le peuple allemand. Ici il s'agit d'histoire.


Je pensais plutôts aux juifs, aux malades mentaux, aux opposants, aux communistes, aux tziganes, aux homosexuels allemands et autrichiens qui n'étaient pas moins allemands que leurs concitoyens.

haskil a écrit:C'est vous qui mélangez les choses. Jamais à aucun moment, je n'ai dit, pensé, que cela avait une influence sur le talent d'un musicien. En revanche, cela peut avoir une influence sur l'art de l'interprétation et de la représentation. Le message politique peut-être aussi au coeur d'une esthétique d'interprétation et de la représentation. cela étant, je connais assez bien l'art de cette chanteuse pour dire qu'il n'est en rien criticable de ce point de vue.


Polonsky répond : Je vais poser la question autrement alors: de quel droit vous instituez-vous en Tribunal ? Qu'est-ce qui vous permet un jugement aussi catégorique: "petite dame" ?


Si j'avais écrit : cette femme était admirable, d'une générosité sans pareille serions-nous là à palabrer ?

Ses propos parlent d'eux-mêmes.

haskil a écrit:Absolument pas, je la rejette pour ma part, me refusant aux vases communiquants. Vous refusez, en revanche, que tout ce qui peut porter atteinte à la grandeur d'un art soit dit ou su.


Polonsky écrit : Il n'est pas question de la grandeur de tel art. Simplement je ne mélange pas mes opinions privées sur une personne que je ne connais pas, sur un temps que je n'ai pas vécu avec mes jugements esthétiques.


Moi non plus, je fais cohabiter les deux sentiments que m'inspirent cette artiste et d'autres. Il n'est par ailleurs nul besoin d'avoir vécu en une époque donnée, en un endroit donné pour relater des faits et oser donner son opinion.

haskil a écrit:Cette question, fondamentale, a été posée et depuis bien longtemps. Chacun y repond, comme il l'entend. Vous n'allez pas prétendre fermer cette discussion.


Polonsky répond : Loin de moi cette prétention.


haskil a écrit:Jankélévitch a rejeté tout ce qui était germanique : compositeurs comme interprétes de quelque époque que ce fut. Je ne partage pas ce rejet.


Polonsky écrit : Dont acte.


J'avais été clair, pourtant.

haskil a écrit:Elle aurait été une héroïne de la luttre anti-nazie, elle aurait chanté sur le front pour soutenir le moral des troupes alliées, comme Dietrich, que cela gênerait beaucoup moins qu'on en parle.


Polonsky répond : Croyez-vous ? Oui, c'est possible. Cela ne donnerait pas plus d'intérêt ou plus exactement de crédit à une telle information. D'ailleurs ce ne serait ici que propagande contre propagande.


De quelle propagande parlez vous. le monde musical a loué, sans réserves, l'héroïsme de Myra Hess qui jouait sous les V2 à Londres et pour les blessés dans les hopitaux britanniques. Dire ce fait historique ne relève pas de la propagande. Passer sous silence, étouffer, excuser, ne pas vouloir entendre qu'un artiste a été compromis avec le régime nazi est plus gênant.

haskil a écrit:D'autre part, les propos de cette chanteuse au sujet des homosexuels, réitérés en maints endroits, tomberaient sous le coup de la loi de nos jours. Et il est permis de les disséquer et de les juger erronnés factuellement et sots.


POlonsky écrit : Tout vous est permis. Comme il m'est permis de discuter de la pertinence d'une telle remarque dans votre propos. Je reprends votre premier message dans le sujet: vous appréciez deux fois l'art de la chanteuse (immense artiste, sublime chanteuse), mais l'essence de votre message consiste en différentes remarques biographiques: engagement nazi, puis déclarations sur les homosexuels, puis anecdote sur un autre chanteur. Me permettez-vous de juger votre propos factuellement juste (je vous fais confiance), mais sot ?


L'exposé de faits ne peut être sot. par ailleurs tout n'est pas permis, notamment celui de tenir des propos discriminants et globalisants à l'égard d'un groupe de populations. Il est factuellement erronné de dire, comme elle l'a fait, que les "Homosexuels ont détruit l'Opéra" tout comme il est troublant de voir une artiste dire que seule la beauté peut être montrée sur une scène et qu'il faudrait interdire d'estrade un de ses collègues difforme. Cette dernière chose n'est pas une anecdote : c'est odieux. Pour lui notamment qui l'a su. Et c'est un grand artiste dont la voix ne souffre d'aucune infirmité.

haskil a écrit:Pourquoi ? Mais parce qu'il existe des biographies officielles qui passaient sous silence cela au profit de légendes.


Polonsky écrit : C'est un peu court, non ? Bonne biographie ou mauvaise biographie reste biographie.


Pardon, c'est votre réponse qui est courte...

Il est des biographies qui sont comme les photos de l'époque soviétique : on fait disparaître des faits, comme on fait disparaître des personnages sur la photo après qu'ils ont été éliminés physiquement. Voire on les récrit. Spécialité de la musicographie : effacer les passés compromettant pour ne pas écorner l'art d'un interprète.

haskil a écrit:Ce que vous montrez surtout, c'est le confusionisme malhabile derrière lequel vous vous abritez pour votre démonstration. Non, toutes les informations biographiques ne sont pas égales et tout ne relève pas du ragot.


Polonsky écrit : Moi je crois le contraire, à savoir que toutes les informations biographiques sont à peu près égales, sauf les principales qui ne livrent pas place à un jugement moral: sexe nationalité, date de naissance. Et je crois absolument qu'on peut mettre sur le même plan deux faits (par exemple): adhésion au parti nazi en 1935, propriétaire d'une Porsche, aime les haricots. Tout cela procède de la même valeur: l'insignifiance. Vous pouvez penser autrement, c'est à dire qu'un personnage public mérite que l'on s'arrête sur ce qu'il a fait ou dit, simplement parce qu'il a été un personnage public.


D'avoir roulé en voiture de luxe et d'avoir aimé les haricots ne conduit pas devant un tribunal de dénazification, sauf si l'on devient nazi pour assouvir son gout du luxe ou des haricots.

Et je suis d'accord avec le général De Gaulle à qui l'on demandait la grace pour Drieu la Rochelle en raison du fait qu'il était un écrivain de grand talent : "non, c'est justement parce qu'il est un homme de grand talent qu'il est impardonnable."

J'ajoute immédiatement que Schwarzkopf de près ou de loin n'a pas été impliquée comme lui dans l'horreur.



haskil a écrit:Quand à l'art d'interpréter la musique qui serait de "faire disparaître sa personne remplacée par un personnage" : voici un raccourci osé de l'art d'interpréter un rôle à l'opéra ou au théâtre. Il est cependant des rôles que certains chanteurs et acteurs ne peuvent pas aborder car ils sont trop loin d'eux et d'autres qui leur vont mieux. Interpréter un rôle n'est pas qu'un exercice de prestigitation extrait du réel.


Polonsky écrit : Est-ce un raccourci osé quand il s'agit bien de l'origine du théâtre, le masque ? Et c'est bien là où je veux en venir. La "Persona" c'est le masque, ce pourquoi on ne peut juger une personne, sinon des actes (au regard de la loi uniquement). La personne publique dans ce cas n'a qu'une fonction d'écran. Certes elle brille et réfléchit (comme le disait Schwarzkopf), mais avant tout elle masque. Vous qui connaissez bien Jankelevitch serez d'accord sur ce point.


la pratique, Polonsky, la pratique... S'oublier pour que l'oeuvre se ressouvienne est un voeu pieux auquel on n'accède pas facilement. C'est le but ultime d'un interprète, ce à quoi il travaille toute sa vie sans jamais y parvenir. Heureusement, du reste, dans bien des cas.

Polonsky écrit : La grandeur de l'oeuvre ou celle de l'interprète n'est pas ni dans sa biographie, ni dans son histoire mais dans son rapport à une conscience vivante. Ce sera la voix d'Elizabeth Schwarzkopf, une voix qui se veut condenser toute l'expérience humaine dans le chant. La musique transcende le temps (au sens trivial du terme).

Je précise enfin que je ne connais presque rien de la vie d'Elizabeth Scwarzkopf, pas plus que je ne fais partie des inconditionnels, j'admire son art parfois avec enthousiasme parfois avec des réserves, mais croyez que ma position ne tient pas à ce cas singulier.

Enfin je veux vous rendre ce que je vous dois: ma lecture de l'ensemble de vos propos était ici trop succinte et votre position est ici équilibrée bien qu'éloignée de la mienne et ma caricature était un peu forte. J'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur pour n'y voir que l'intérêt que je porte au débat. Et j'ose penser que les précisions que vous apportez sont utiles et signifiantes.


On peut difficilement, dans certains cas, séparer l'acte d'interpréter de la vie à l'entour ne serait-ce que quand un artiste prend la place d'un collègue interdit d'estrade... L'historiographie musicale abonde de vases communiquants quand la vie d'un interprète semble aussi admirable que son art. Il ne faut donc pas refuser de lire des informations qui ne sont pas de nature à coller avec l'admiration qu'on porte à un interprète.

Il faut lire et savoir faire la part des choses.

Je parlais de Cortot : lui a eu une fonction dans le gouvernement de Vichy et à fêté la révolution nationale de Pétain. Il a viré les Juifs de l'Orchestre national réfugié en Zone libre. Perlemuter qui était son élève avait coutume de dire qu'il haïssait l'homme et vénérait l'artiste. Cette position peut être la mienne.

Schwarzkopf n'était qu'une chanteuse sans responsabilités politiques. Mais il n'y a aucune raison que l'on ne veuille rien savoir de son parcours personnel quand il s'est associé à l'art dans un pays dominé par le nazisme.

Bien à toi,
Alain :wink:

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Message » 07 Aoû 2006 20:08

haskil a écrit:Il aurait fallu le demander à cette artiste qui a écrit son autobiographie une première fois (On and Off the Records), puis a accepté le jeu qu'une plume en écrive une seconde tout récemment.


Ce n'est pas vraiment une objection. Je peux m'autoriser à penser contre Elizabeth Schwarzkopf en son nom, enfin plus exactement au nom de sa singularité (qui n'est pas dans sa personne privée).


haskil a écrit:La différence étant que le premier n'a pas vécu cette période et que ce qu'il a dit au XIXe quand il l'a écrit il ne l'aurait peut-être pas dit s'il avait lu Gobineau, puis Barres.


Nous ne pouvons répondre à cette question. Mais la propos de Flaubert est inséparable de sa pensée de l'oeuvre d'art. Je crois que rien ne peut modifier cette vision à moins d'avoir une toute autre esthétique.


haskil a écrit:Je pensais plutôts aux juifs, aux malades mentaux, aux opposants, aux communistes, aux tziganes, aux homosexuels allemands et autrichiens qui n'étaient pas moins allemands que leurs concitoyens.


Sans doute, mais ici il s'agit d'une toute autre entreprise. Je n'ai rien contre le fait d'étudier l'Histoire et d'essayer d'en tirer des enseignements pour mener une vie bonne. Je trouve louable de remonter le fleuve de l'Histoire et d'y repêcher des existences naufragées. Je m'interroge toujours sur la relation entre la biographie et l'oeuvre.

haskil a écrit:
Si j'avais écrit : cette femme était admirable, d'une générosité sans pareille serions-nous là à palabrer ?

Ses propos parlent d'eux-mêmes.


On trouve dans le Talmud l'apologue qui explique qu'il ne faut jamais dire du bien de son prochain, car on vient par là à en dire du mal. Je crois que la calomnie guette dès que l'on abstrait quelqu'un ou le réduit à quelques phrases ou à une biographie.

haskil a écrit:Moi non plus, je fais cohabiter les deux sentiments que m'inspirent cette artiste et d'autres. Il n'est par ailleurs nul besoin d'avoir vécu en une époque donnée, en un endroit donné pour relater des faits et oser donner son opinion.


C'est exact. Il y a cependant un danger à juger du passé avec le regard d'aujourd'hui, c'est l'anachronisme.

haskil a écrit:J'avais été clair, pourtant.


C'est moi qui ne l'était pas. Mon "dont acte" vous rendait justice.

haskil a écrit:Elle aurait été une héroïne de la luttre anti-nazie, elle aurait chanté sur le front pour soutenir le moral des troupes alliées, comme Dietrich, que cela gênerait beaucoup moins qu'on en parle.


De quelle propagande parlez vous. le monde musical a loué, sans réserves, l'héroïsme de Myra Hess qui jouait sous les V2 à Londres et pour les blessés dans les hopitaux britanniques. Dire ce fait historique ne relève pas de la propagande. Passer sous silence, étouffer, excuser, ne pas vouloir entendre qu'un artiste a été compromis avec le régime nazi est plus gênant.


Faire campagne auprès de l'armée américaine ou soutenir un régime nazi (par le chant ou tout autre mode) quand on est un personnage public c'est faire de la propagande (vous preniez l'exemple de Dietrich).

haskil a écrit:L'exposé de faits ne peut être sot. par ailleurs tout n'est pas permis, notamment celui de tenir des propos discriminants et globalisants à l'égard d'un groupe de populations. Il est factuellement erronné de dire, comme elle l'a fait, que les "Homosexuels ont détruit l'Opéra" tout comme il est troublant de voir une artiste dire que seule la beauté peut être montrée sur une scène et qu'il faudrait interdire d'estrade un de ses collègues difforme. Cette dernière chose n'est pas une anecdote : c'est odieux. Pour lui notamment qui l'a su. Et c'est un grand artiste dont la voix ne souffre d'aucune infirmité.


Je ne dis pas le contraire, encore qu' ici les propos que vous rapportez tomberaient aujourd'hui sous le coup de la loi française, mais il en allait autrement hier et il en va parfois autrement dans d'autres pays. La pluralité des législations montre que la morale (ce qui est admis ou pas) change selon le temps et le lieu. Et pour répondre, oui on peut faire le reproche au présent à celui qui prononce une phrase de ce genre, mais il est plus juste de le faire quand la personne est en face de vous et qu'elle peut vous répondre. Cela ne lève pas le reproche (infime) que je vous fais: réduire la personne (et non pas la chanteuse) à des détails biographiques.

haskil a écrit:Il est des biographies qui sont comme les photos de l'époque soviétique : on fait disparaître des faits, comme on fait disparaître des personnages sur la photo après qu'ils ont été éliminés physiquement. Voire on les récrit. Spécialité de la musicographie : effacer les passés compromettant pour ne pas écorner l'art d'un interprète.


On peut par conformisme ou idéologie, préférer la légende à la vérité. Sur le principe je vous suis tout à fait. Reste cette épineuse question: bonne ou mauvaise, que nous apprend la biographie ?

haskil a écrit:D'avoir roulé en voiture de luxe et d'avoir aimé les haricots ne conduit pas devant un tribunal de dénazification, sauf si l'on devient nazi pour assouvir son gout du luxe ou des haricots.


Vous n'êtes pas habilité à demander un extrait du casier judiciaire, même à une personnalité publique. Même si celle-ci veut embellir son passé ou plus exactement le maquiller. Ne craignez-vous pas que l'on finisse par faire les poubelles des gens célèbres afin de leur demander des comptes, simplement parce qu'ils sont connnus ?

haskil a écrit:Et je suis d'accord avec le général De Gaulle à qui l'on demandait la grace pour Drieu la Rochelle en raison du fait qu'il était un écrivain de grand talent : "non, c'est justement parce qu'il est un homme de grand talent qu'il est impardonnable."


Je ne sais pas. Les hommes doivent répondre de fautes devant un tribunal et ils y comparaissent en tant qu'hommes, non pas en tant que talent singulier. Je ne demande pas à un artiste d'être exemplaire, parce que je pense que son oeuvre est plus intelligente que lui. La création ou l'interprétation permettent de s'élever au-delà de notre identité sociale et balaye notre vanité.

haskil a écrit:la pratique, Polonsky, la pratique... S'oublier pour que l'oeuvre se ressouvienne est un voeu pieux auquel on n'accède pas facilement. C'est le but ultime d'un interprète, ce à quoi il travaille toute sa vie sans jamais y parvenir. Heureusement, du reste, dans bien des cas.


C'est très vrai.

On peut difficilement, dans certains cas, séparer l'acte d'interpréter de la vie à l'entour ne serait-ce que quand un artiste prend la place d'un collègue interdit d'estrade... L'historiographie musicale abonde de vases communiquants quand la vie d'un interprète semble aussi admirable que son art. Il ne faut donc pas refuser de lire des informations qui ne sont pas de nature à coller avec l'admiration qu'on porte à un interprète.

Il faut lire et savoir faire la part des choses.

Je parlais de Cortot : lui a eu une fonction dans le gouvernement de Vichy et à fêté la révolution nationale de Pétain. Il a viré les Juifs de l'Orchestre national réfugié en Zone libre. Perlemuter qui était son élève avait coutume de dire qu'il haïssait l'homme et vénérait l'artiste. Cette position peut être la mienne.

Schwarzkopf n'était qu'une chanteuse sans responsabilités politiques. Mais il n'y a aucune raison que l'on ne veuille rien savoir de son parcours personnel quand il s'est associé à l'art dans un pays dominé par le nazisme.


Je n'ai pas grand chose à redire. Votre position est réfléchie et certainement heureuse. Quelque chose m'empêche de m'y résoudre, je reste donc en désaccord quant à la question biographique uniquement, parce que je ne peux parvenir à calomnier des gens que je ne connais pas. Et tout comme vous, quand je lis Céline me vient parfois à l'esprit le sentiment que je ne voudrais pas être l'ami de cet homme.

Comme je ne suis finalement pas loin d'être d'accord avec vous, je n'insiste pas. J'ai tellement peur des incompréhensions. Acceptez mes excuses et n'en parlons plus !

Bien cordialement,
Polonsky
 
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Message » 08 Aoû 2006 8:28

Polonsky écrit : Je ne dis pas le contraire, encore qu' ici les propos que vous rapportez tomberaient aujourd'hui sous le coup de la loi française, mais il en allait autrement hier et il en va parfois autrement dans d'autres pays. La pluralité des législations montre que la morale (ce qui est admis ou pas) change selon le temps et le lieu. Et pour répondre, oui on peut faire le reproche au présent à celui qui prononce une phrase de ce genre, mais il est plus juste de le faire quand la personne est en face de vous et qu'elle peut vous répondre. Cela ne lève pas le reproche (infime) que je vous fais: réduire la personne (et non pas la chanteuse) à des détails biographiques.



Elle a tenu ces propos, il y a trois ans encore dans un grand quotidien français. La question qu'il fallait se poser était la suivante : pourquoi Le Figaro a-t-il publié cet entretien recueilli par un journaliste musical qui savait fort bien ce que Schwarzkopf allait lui répondre en allant la voir pour lui poser certaines questions.


Polonsky écrit : On peut par conformisme ou idéologie, préférer la légende à la vérité. Sur le principe je vous suis tout à fait. Reste cette épineuse question: bonne ou mauvaise, que nous apprend la biographie ?


Dès lors qu'un artiste devient un personnage public et n'est pas un pur esprit retiré sur sa montagne ou au fond de sa caverne :wink: , dès lors qu'il entretient d'étroites relations avec le pouvoir, totalitaire ou non, qu'il met son art au service du dit pouvoir, alors la biographie nous apprend des choses... aussi sur son art.


Haskil écrit : D'avoir roulé en voiture de luxe et d'avoir aimé les haricots ne conduit pas devant un tribunal de dénazification, sauf si l'on devient nazi pour assouvir son gout du luxe ou des haricots.


Polonsky écrit : Vous n'êtes pas habilité à demander un extrait du casier judiciaire, même à une personnalité publique. Même si celle-ci veut embellir son passé ou plus exactement le maquiller. Ne craignez-vous pas que l'on finisse par faire les poubelles des gens célèbres afin de leur demander des comptes, simplement parce qu'ils sont connnus ?


Comme tout citoyen, j'ai-tu-nous avons accès aux archives publiques relatant les faits de justice.

Mme Schwarzkopf est bien passée deux fois devant un tribunal de dénazification à Vienne. On connait même l'attitude des généraux commandant les forces d'occupation sur le sujet. Tout est public. Il faut juste se donner l'effort de chercher. Ce qu'a fait un biographe, par ailleurs admirateur de l'art de cette artiste.

Ce qui est intriguant, c'est que quand le passé de Karajan a été précisément connu tout le monde lui est tombé dessus et il s'est trouvé fort peu de personnes pour lui tendre la main. Comme s'il devait à lui seul supporter cette période (pour ce qui est des musiciens), Schwarzkopf elle serait une icone sacrée et intouchable ?


Bon, voilà nous avons exposé nos points de vue et il n'y a aucun problème de mon côté je vous rassure : il est naturel que des sujets comme ceux-là soient discutés de façon serrée et polémique.


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Message » 08 Aoû 2006 14:33

Eleves Polonsky et Haskil c'est fini les enfants, rendez vos copies....

La semaine prochaine le sujet c'est "A la lumiére de son comportement pendant la collabaration, peut on encore apprécier l'oeuvre de Louis Ferdinand Céline", z'avez 4 heures ... :wink:
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Message » 08 Aoû 2006 15:18

Elève EA, vous poser mal le sujet :lol:


Jamais, ni moi, ni a fortiori Polonsky, n'avons tenté d'apprécier l'art de cette artiste à l'aune de son comportement pendant les années 1933-1945, ni du reste à l'aune de ses déclarations toutes récentes sur notre époque.


A la grande différence de la musique instrumentale qui est un art non signifiant, sauf en de rares occasions (et encore, les mots sont une chose, la musique en est une autre : privés de mots la musique ne veut rien dire d'autre qu'elle : comme disait Stravinsky "on ne peut pas mettre deux oeufs sur le plat en musique"), ou de l'interprétation (qui peut être contaminée par une idéologie totalitaire, mais c'est subtil et difficile à démontrer, mais possible), la littérature est un art signifiant.

les écrits d'un auteur peuvent donc conduire à sa mise à l'index, à son interdiction formelle de publication et de vente en librairie. Même si la loi pour incitation à la haine raciale ne peut pas être invoquée de nos jours, car elle ne peut être rétroactive. Des militants du MRAP ont tenté de faire saisir des exemplaires de livres chez les bouquinistes mais n'ont pas pu. Cela étant, la jurisprudence, dans ces affaires là peut être mouvante.

Les Décombres de Lucien Rebattet sont théoriquement interdits de publication. Bien qu'une réédition partielle en ait été faite par Pauvert en 76.

De rares ouvrages de littérature française sont donc ainsi interdits : ils relèvent le plus souvent de cette période ou sont jugés immoraux (pédophilie, par exemple). Parfois, l'interdit est levé, parfois reconduit. Et d'autres peuvent l'être en fonction de la loi de 1972.

Ce n'est donc pas en fonction de son comportement pendant l'occupation que l'on doit apprécier l'oeuvre de Celine ou d'un autre écrivain de cette époque. Mais discriminer dans son oeuvre ce qui relèverait de l'apologie du racisme le plus abject et quitterait alors le domaine de la littérature pour celui de l'apologie d'une idéologie dont la loi estime qu'elle doit être mise hors du champ démocratique de discussion et d'exposition des idées.


Et là, la veuve de Celine a décidé pour nous : suivant en cela la volonté de Celine qui a fait supprimer certaines de ces oeuvres de son catalogue lors de l'édition complète de ses oeuvres, elle interdit la publication, y compris annotée, ou partielles des trois pamphlets anti-sémites publiés par Celine avant guerre, plus du pamphlet anti communiste dont j'ai oublié le titre : impossible donc d'acheter une nouvelle édition de Bagatelles pour un massacre, de Les Beaux Draps, de L'Ecole des cadavres. Elle attaque en justice toute personne qui, en France ou à l'étranger fait éditer ces oeuvres. Et gagne toujours.


Le reste de l'oeuvre de Celine est de la littérature.




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Message » 08 Aoû 2006 21:56

En tout cas merci pour les précisions sur les propos d'E.Schwatzkopf que j'ignorais, même si ca rend la dame un peu moins parfaite que dans mes rêves, ça la rend peut-être plus humaine finalement....

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Message » 09 Aoû 2006 11:28

Ce que Schwarzkopf a ete pendant la guerre, je m'en fiche; il nous reste les disques et écoutez la donc dans le COSI de Karajan soupirer le << giusto ciel....>>et vous saurez ce qu'emotion musicale veut dire!!
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Message » 09 Aoû 2006 11:40

Je ne me fiche en rien de ce qu'elle a été pendant la guerre et encore moins de ce qu'elle a pu déclarer récemment et l'admire pour ce qu'elle laisse en tant qu'interprète.

C'est moins confortable comme posture, certes, mais permet de ne pas extraire la musique ni de la vie ni de l'histoire.

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