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Musique enregistrée : BLURAY, CD & DVD musicaux, interprètes...

Glenn Gould.

Message » 22 Sep 2005 1:16

mcarre1 a écrit:
haskil a écrit:...Saint-Saëns...
La guerre de 70 etait passée par là...
...il a été l'inspirateur d'une petition visant à interdire la musique germanique, Beethoven et Mozart compris pendant la guerre de 1914... Petition que Ravel a refusé de signer répondant qu'il était patriote pour défendre son pays, mais pas en musique...

La réponse fut : vous êtes un traitre et l'on s'en souviendra quand la paix sera revenue...
Ravel qui est un compositeur aussi grand que l'homme...
Alain :wink:


D'un autre coté, tu conviendras qu'on n'allait tout de même pas jouer le Heil Dir im Siegerkranz. :wink:
Je suis d'accord pour trouver un tel boycott général dommage culturellement, voire carrément stupide de mon point de vue, et j'admire cette réaction de Ravel, mais si l'on considère la symbolique de jouer une oeuvre allemande après le profond traumatisme de 70 (perte de l'Alsace Lorraine, rançon astronomique) et en plein pendant la pire des guerres que nous n'ayions jamais connues en France, on n'est plus dans la même perspective.
Seuls certains mélomanes et musiciens sont capables de mettre la musique au-dessus de (ou disons de ne pas la mélanger avec) la politique en période de crise et malgré toutes les blessures endurées. Musik uber alles? Manifestement pas pour tout le monde. :-?



Qu'on refuse, à la limite, de jouer du Richard Strauss, du Reger, à l'extrême limite... mais du Mozart, du Beethoven, du Schubert, du Mendelssohn, du Haydn, du Bach qui n'ont jamais été allemand au sens que ce mot avait au début du XXe siècle et s'était évadé depuis longtemps des frontières de la germanie pour appartenir au monde entier était une c.onnerie colossale née dans le cerveau, petit, de quelques anti dreyfusards dont les menaces n'ont ni fait peur à Ravel, ni à Fauré, ni à Messager et quelques autres qui n'étaient ni moins ni plus patriotes que Saint-Saëns !

Ravel a été admirable et leur a répondu qu'il était patriote pour défendre sa patrie (réformé, il a exigé comme la loi l'autorise à être incorporé et il a été ambulancier sur le front alors même que son statut était déjà grand), il préfèrerait toujours la bonne musique allemande à la mauvaise musique française... et les musiciens embarqués dans cette pétition et les menaces pour ceux qui ne la signaient pas n'étaient pas de la valeur ni de Strauss ni de Ravel...


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haskil
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Message par Google » 22 Sep 2005 1:16

 
 
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Message » 22 Sep 2005 15:55

Bah, faut les comprendre les pauvres, ils avaient enfin une chance d’être joués ;) :lol:
Plus tristement, encore aujourd'hui, des artistes cubains sont interdits de séjour aux US :evil:
mcarre1
 
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Message » 22 Sep 2005 16:04

Sans parler des grands musiciens russes interdits de séjour aux US aussi pendant la guerre froide. La plupart n'avaient le droit, en quelque sorte, ni de partir, ni d'arriver...
fredicol
 
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Message » 22 Sep 2005 16:49

fredicol a écrit:Sans parler des grands musiciens russes interdits de séjour aux US aussi pendant la guerre froide. La plupart n'avaient le droit, en quelque sorte, ni de partir, ni d'arriver...


Là Fredicol... l'interdiction, pour le coup, venait des Soviétiques qui interdisaient à leurs musiciens d'aller aux Etats-Unis... les Américains n'ayant pas longtemps empêchés les musiciens soviétiques d'entrer chez eux...

cf. Gilels, Kogan, Oistrakh et quelques rarissimes autres à avoir eu le droit de sortir d'Union soviétique... et ils sont peu entrer et jouer aux Etats Unis pendant les années 1950 qui n'a pas bloque l'entrée des artistes soviétiques.


LEs Etats Unis le font avec les artistes cubains de l'ile (et encore pas tous semble t il) car les Etats Unis ont décidé un blocus de l'ile peu après la révolution castriste et leur débarquement raté de la baie des cochons ! Peut être même avant l'affaire des missiles soviétiques et des fameux jours où l'on a pu craindre une nouvelle guerre mondiale...

La guerre froide a duré de la fin des années 1940 quand Staline n'a pas tenu ses promesses et a annexé : tchécosloquie, hongrie, pologne (il avait promis à Yalta de laisser les polonais tranquille, la yougoslavie.), à la chute du mur en 1989...

les Américains ont, et encore ça reste à vérifier, interdit l'entrée de leur territoire aux musiciens soviétiques pendant trois à cinq ans, pas plus : à cheval années 40 années 50 !

En pleines années 1950, tournées innombrables des artistes officiels soviétique en Amérique ! cf les disques réalisés là bas.

Et venue des américains en Russie aussi après le fameux concours Tchaikovksy gagné par un Américain en pleine guerre froide !

Dans ces année là : ce sont les Soviétiques qui interdisaient à leurs artistes de sortir : cf. Richter, par exemple... ou Mravinsky qui s'est rendu à l'Ouest en 1960, à Londres, pour la premiere fois (à part peut être un p'tit tour avant à Vienne une fois, mais Vienne était un nid d'espions soviétiques et autres !!!).

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Message » 22 Sep 2005 21:44

haskil a écrit:C'est intéressant, mais certaines choses sont assez drôles. Par exemple :

Gould écrit : La première est que, le grand public réagit de manière toujours infaillible par rapport à une œuvre ou un artiste, en tout cas plus juste qu’aucun groupe de professionnels ou de critiques.. Et si l’on considère que des millions de gens depuis un demi siècle ont la même réaction vis à vis d’un musicien, il est impossible d’ignorer le phénomène et de se contenter de répondre que son intonation a laissé à désirer sur un ré dièse.


A première vue, ça semble démagogique mais juste ce vox populi vox déi. Mais la notion de public est tellement récente historiquement que seuls deux siècles en gros de musique, ont eu ce type de reconnaissance du public. Et si l'on prend grand public : alors seulement depuis environ 70 ans...

Car le public puis le grand public s'est trompé sur Mozart de sa mort aux années 1950... après une tentative pendant les années 1930. Et il s'est trompé aussi parce que les professionnels ne jouaient pas Mozart. Car la notion de public décorellée de la notion de pro et de critiques ne veut rien dire du tout !

Comme beaucoup de choses écrites par gould cela semble juste, mais en réalité, comme beaucoup beaucoup de choses écrites par Gould c'est dans le fond d'une banalité de pensée aussi grande que la statue que certains lui ont élevé comme penseur.

Gould était un grand pianiste, ça c'est certain ! Mais il était un penseur de la musique très faible et un producteur d"émission de radio assez banal... très dans l'air du temps des années 50-60.

En temps que penseur ce n'est pas Charles Rosen (pianiste en revanche pas terrible), même pas Brendel pour ne rien dire de grands anciens comme Busoni.


Maintenant on peut aussi dire :

Si le musicien dont il parle est là où il est c'est que des professionnels se sont penchés sur lui depuis sa tendre enfance pour l'aider à devenir ce qu'il est.
Dans le cas de Menuhin, Zimbalist, Enesco, Nadia Boulanger, Paray and co... et je vais vous dire que ces musiciens là, malgré le génie du petit Menuhin, n'étaient pas, dans le boulot, les généraux de la bridade du rire...

Opposer des millions de gens sur des décennies à un groupe de professionnels ou de critiques qui s'expriment à un temps X relève d'un point de vue assez faible assez typique des musiciens qui ont un compte à régler :

Le groupe de professionnels fait partie de ces millions de gens. Mais il s'exprime de façon visible de tous, mais pour les millions de gens on ne retient que ceux qui applaudissent et sont contents à chaque concert... en les anonymisant d'une façon assez rigolote ou inquiétante.

Or chaque fois, dans chaque salle, à la fin de chaque concert, il y a parmis ces "millions de gens" qui suivent un artiste depuis des années ou qui l'écoutent pour la première fois, des anonymes ni pro ni critiques qui sont déçus et trouvent que le ré dièse dont parle gould n'était pas juste... ou qui ne font plus partie des "millions de gens" qui écoutent Menuhin car trop de ré dise à côté les ont lassé... mais ces individus, ni pro ni critiques, ne le font pas savoir au dela du cercle de leurs connaissances. Sauf quand ils sifflent.

Et enfin pour toute une génération Menuhin était plus qu'un musicien et son aura dépassait le cadre de la salle de concerts. Pour d'autres c'était comme un vieil ami qu'on vient écouter même quand on sait que ses forces ont décliné et qu'il joue de plus en plus mal techniquement. Et le respect qu'il y a toujours eu pour lui fait que les critiques qui disaient la vérité de ce qu'ils entendaient dans leurs papiers étaient rarissimes...

Que des professionnels, comme Gould à l'encontre d'autres musiciens ou Richter, en revanche revenus à l'état d'anonymes contenus dans ses "millions de personnes" aient taillé des costards à certains de leurs confrères est en revanche une certitude. :mdr: Richter lui l'a même noté dans des carnets retranscrits par Monsaingeon et mal triés par le même...

Le troisième paragraphe est est du recopié de ce qui traine dans la littérature depuis le XIXe siècle, mais c'est intéressant car synthétisé et facile à comprendre !


Alain :wink:

Mon cher Alain,
Merci de ton petit mot qui m’a fait très plaisir. Je me permets de te répondre un peu en retard car j’avais du lait sur le feu.

Bien sûr, on serait tenté de prendre ton avis pour argent comptant, et réagir vivement à tes propos acerbes sur Gould qui laissent deviner ce que tu pourrais penser des lecteurs dudit « penseur faible ». Mais cette attitude serait aussi simplificatrice que de réduire ton propos à une poussée de corporatisme, à une réaction épidermique envers un artiste qui a toujours considéré la critique comme, je cite, « une espèce moralement compromise » :wink: .

En fait, je n’avais retranscrit cet extrait que pour répondre à ceux qui semblaient baser leur jugement sur le talent de Gould en se référant à des grognements et un physique par trop voyant :-? .

De plus, on ne peut que constater que Gould, en parlant de son Marxisme, cite explicitement ses influences du XIXème. On peut critiquer le manque d’originalité de ces propos, mais il faut garder en mémoire que ces mêmes idées du XIXème, ainsi que d’autres pas moins discutables, ont dramatiquement régi le monde de son vivant.

Pour ma part, j’ai la faiblesse d’apprécier ce « penseur faible » :oops: .
Pourquoi ? J'apprécie l’humour et l’autodérision dont il fait montre, dans un domaine ou le sérieux fait loi : cela tranche particulièrement avec ta description des généraux de la brigade du rire. Un exemple qui me vient à l’esprit est son auto-interview paru dans « Le dernier Puritain ».

Une autre lecture permet à un ignare comme moi de se laisser fasciner par son coté Diva du piano. On se laisse alors guider au gré de ses goûts et de son répertoire, comme par un grand frère ou un ami, dans notre découverte du monde musical.
Si selon toi, il y a mieux, je suis preneur ! ! !
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Message » 23 Sep 2005 8:50

Bjr.

Non musicien, donc incapable de critiquer ou apprecier un geste technique, je trouve que la demarche artistique, les partis pris esthetiques, les manies (sa chaise), etc, sont interessant et en font un des artistes les plus fascinant de 20eme siecle.

Voila, j'aime.

Maintenant, il n'y a pas que lui dans bach au clavier.

Une pianiste comme rosalyn tureck merite d'etre connue dans le clavier bien tempere, par exemple.
Dernière édition par astrorock le 23 Sep 2005 9:12, édité 1 fois.
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Message » 23 Sep 2005 9:06

astrorock a écrit:Bjr.

Non musicien, donc incapable de critiquer ou apprecier un geste technique, je trouve que la demarche artistique, les partis pris esthetiques, les manies (sa chaise), etc, sont interessant et en font un des artistes les plus fascinant de 20eme siecle.

Voila, j'aime.

Maintenant, il n'y a pas que lui dans bach au clavier.

Une pianiste come rosalyn tureck merite d'etre connue dans le clavier bien tempere, par exemple.


+1 avant d'aller au turbin :)
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Message » 23 Sep 2005 9:13

Vas bosser, faineant! :mdr:

+1 sur mon opinion de Gould ou sur tureck?
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Message » 23 Sep 2005 10:31

astrorock a écrit:Bjr.

Une pianiste comme rosalyn tureck merite d'etre connue dans le clavier bien tempere, par exemple.


Et pas que ceux là ! Fisher dans les WTK de Bach est une des intégrales les plus intéressantes. Richter, dans ses deux intégrales interprète avec succès quelques Préludes et Fugues aussi.
Dernière édition par fredicol le 23 Sep 2005 15:40, édité 1 fois.
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Message » 23 Sep 2005 15:30

Bien sûr, on serait tenté de prendre ton avis pour argent comptant, et réagir vivement à tes propos acerbes sur Gould qui laissent deviner ce que tu pourrais penser des lecteurs dudit « penseur faible ». Mais cette attitude serait aussi simplificatrice que de réduire ton propos à une poussée de corporatisme, à une réaction épidermique envers un artiste qui a toujours considéré la critique comme, je cite, « une espèce moralement compromise » .


C'est moins Gould qui est en cause... car il savait fort bien faire la différence entre penser la musique comme un interprète se doit de la penser pour pouvoir en faire et pllus un interprète est marquant et plus il la pense (quels que soient les chemins que prend cette pensée) et écrire des articles (le musicien devient alors un... journaliste/homme de radio/critique/esthéticien)...


C'est moins lui donc qui est en cause... que ses collègues journalistes/critiques/hommes de radio/esthéticien qui ont élevé une statue à cet aspect là de la production de Gould... qui ressemble assez à la leur... à la mienne donc en tant que critique et littérateur sur le sujet (et je ne me fais aucune illusion sur le caractère de ce que je peux produire dans ce domaine je te rassures tout de suite !) C'est superficiel et à jamais étranger à la nature de ce dont on parle : les musiciens eux mêmes quand ils pensent et travaillent ont un frein à la capacité de le mettre en oeuvre qui tient au passage à l'acte et à la différence entre eux de passer de l'abstraction à la pratique. Plus certains pensent et sont conscients de de différentiel et plus leurs passages à l'acte se raréfient (cf. Michelangeli dont la pensée reste à jamais insondable et d'une profondeur plus grande, à mon avis, que l'art parfois signalétique de Gould admirable musicien par ailleurs mais empêché car ce qu'il produisait en direct se dérobait tant à sa volonté qu'il a préféré le construire en studio : c'est là le principal de sa pensée de musicien et c'est fascinant, bien plus que ses écrits qui sont eux divertissants ce qui n'est pas rien !

Des Français sont particulièrement responsables de cela : Jacques Drillon (versus intelligent, brillantissime) ; Monsaingeon (versus adulateur sans recul n'ayant pas compris la manipulation que Gould lui faisait subir comme il n'a pas compris la perversité et la manipulation opérée par Richter à son encontre !).


En fait, je n’avais retranscrit cet extrait que pour répondre à ceux qui semblaient baser leur jugement sur le talent de Gould en se référant à des grognements et un physique par trop voyant .


Et tu as eu raison, car c'est une c.onnerie de lui reprocher d'être gould... et de ne pas se brimer en ne laissant pas son corps et son être accompagner ce qu'il fait !

Une anecdote ? Maurice Gendron m'a raconté qu'un jour qu'il donnait des cours d'inteprétation à des jeunes violoncellistes, l'un d'eux grognait en jouant une suite de Bach ! Gendron le lui fait remarquer...

Le violoncelliste répond : "Mais Casals fait ça dans son disque !"


Ce qui était naturel chez Casals, laisser son corps son être en fusion avec l'effort incommensurable qu'il y a de s'investir, de s'oublier dans l'acte de jouer... devenait une caricature...

Comme le sont tous les pianistes qui imitent gould : Andersewsky en tête !

De plus, on ne peut que constater que Gould, en parlant de son Marxisme, cite explicitement ses influences du XIXème. On peut critiquer le manque d’originalité de ces propos, mais il faut garder en mémoire que ces mêmes idées du XIXème, ainsi que d’autres pas moins discutables, ont dramatiquement régi le monde de son vivant.


Bien sur ! Mais alors il faut combler les trous d'une pensée qui s'exprime ici sur un ton que l'on peut reprocher à tant de littérateurs sur la musique !

Pour ma part, j’ai la faiblesse d’apprécier ce « penseur faible » .


Moi aussi, mais pour ce qu'il est pas pour ce que ses hagiographes nous ont fait croire qu'il était !


Pourquoi ? J'apprécie l’humour et l’autodérision dont il fait montre, dans un domaine ou le sérieux fait loi : cela tranche particulièrement avec ta description des généraux de la brigade du rire. Un exemple qui me vient à l’esprit est son auto-interview paru dans « Le dernier Puritain ».


Moi aussi, je te rassures ! Et celle de Rubinstein ! Mais cf. supra ça en fait un journaliste très talentueux, bien plus que la moyenne ça va sans dire !, mais pas un grand penseur de la musique dans ses écrits. Ce qu'il ne pensait pas être.


Une autre lecture permet à un ignare comme moi de se laisser fasciner par son coté Diva du piano. On se laisse alors guider au gré de ses goûts et de son répertoire, comme par un grand frère ou un ami, dans notre découverte du monde musical.


Bien sur que c'était une diva du piano et un menteur patenté ! C'est précisément ce qui le rend fascinant particulièrement quand il relève les mensonges des autres (cf. Szell) quant ils sont à son avantage et quand il fait croire qu'il ne travaillait pas son piano !

J'ai écrit un jour un long, très long papier qui s'appelait "les deux menteurs". consacrés à Rubinstein et Gould. Le premier a toujours dit qu'il ne travaillait pas son piano... comme le second... Or, les deux étaient des bourreaux de travail... ce que deux lettres m'ont confirmé : une du Canada, d'un ami de Gould (car il ne vivait pas seul enfermé dans sa maison mais sortait vivait allait au concert et au restaurant) et une de france de la secrétaire de Rubinstein (pas celle avec qui il s'est maqué à la fin de sa vie, mais la vraie, celle qui s'occupait de ses affaires)... les deux pour me dire en substance 'bravo d'avoir démonté ces légendes fabriquées par coquetterie et reprises ad nauseum par les hagiographes... (on pourrait en faire autant avec Argerich et freire qui travaillent énormément devant le piano et en dehors du piano, métronome sur le piano et mains séparées : alors que partout on lit qu'ils ne travaillent pas !).

Si selon toi, il y a mieux, je suis preneur ! ! !


Je ne sais pas ce que veut dire mieux à un tel niveau ou moins bien... Mais il y a un danger Gould : celui de ne plus pouvoir entendre d'autres jeux, moins signalétiques moins immédiatement reconnaissables à des éléments qui doivent pour les deux tiers à la technique d'enregistrements et aux instruments eux mêmes), celui de penser que la façon de gould soit une sorte de référence incontestable.

Pour moi qui l'ait connu, il y a longtemps déjà bien avant d'avoir lu un de ses textes, mais après Cortot, Rachmaninov, Backhaus, Richter, gilels, Novaes, Lipatti, Haskil bien sur :wink: , Horowitz, Rubinstein, Serkin, Arrau, Gould est un immense pianiste qui propose une vision plus facilement identifiable et répérable que celles des autres mais pas plus intéressante et captivante.

J'irais même plus loin : l'apparente neutralité de Clara Haskil dans certains disques me parait bien plus captivante en raison même de cette apparente neutralité qui provoque chez tant d'auditeurs un trouble mystérieux qui tient dans un jeu dont les nuances, le phrasé, la sonorité, la dynamique sont microscopiques...

Ex. la phrase d'entrée du Concerto en ut mineur KV 491 de Mozart par Haskil ouvre sur un mystère insondable... Gould montre et démontre le même passage : elle ne dit rien et dit tout, lui dit tout et dit si peu sur Mozart...

Et pourtant il ne le fait pas par hasard, car c'est gould...

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Message » 23 Sep 2005 15:52

Bjr.

Ce que vous signalez tous deux, c'est la difference qu'il y a entre hagiographie et information.

Ceci dit, les films de Monsaingeon ont fait connaitre certaines choses interessantes.

Comme alain le fait remarquer l'image dilue le message. C'est vrai de tout temps et c'est pour cela qu'a mon avis les dvd muicaux n'apportent pas la meme chose que l'ecoute sans image.

Je me livre souvent avec ma famille ou mes amis a des ecoutes comparatives sans preciser qui est l'interprete (moi seul le connais et je me prive de la moindre remarque avant d'avoir entendu les commentaires des auditeurs) et c'est assez instructif.

Finallement, peut importe les ecrit ou les professions de foi, seul reste les disques. Et la l'artiste peut bien raconter ce qu'il veut, soit l'auditeur est touché, soit il est indifferent, soi intrigué.
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Message » 23 Sep 2005 16:38

astrorock a écrit:Bjr.

Ceci dit, les films de Monsaingeon ont fait connaitre certaines choses interessantes.


Là-dessus, mon avis diverge de celui d'Haskil. :wink:

Evidemment que les films de Monsaingeon sont très intéressants ! Personne n'a interdit à d'autres de faire mieux avant lui ! Et pire, s'il ne l'avait pas fait, personne d'autre n'aurait pu ou ne l'aurait fait ! J'ai une sainte horreur des émissions radiotélévisées ou des films sur le classique. C'est ampoulée, snob, faux, ridicule à quelques exceptions près dont les films de Mr Bruno font partie. J'ai assisté à l'avant-première du film qui s'est déroulé dans une célèbre école de musique à Moscou. Il y avait quelques 500 musiciens. Aucun d'eux n'a pas été transporté par l'Enigme (le film sur Richter).

Il se laissait volontairement manipuler parce que c'était peut-être là le seul moyen de collaborer avec ce genre de monstres sacrés. Monsaingeon est un type intelligent, cultivé, talentueux, passionné honnête et vrai. Il n'a peut-être pas toujours très bon goût en matière de musique et se laisse volontiers duper par le physique avantageux de certains artistes (mais comme tellement d'autres !) mais à côté de cela, il fait un travail en tout point remarquable. :wink:

Et puis quel courage d'abattre un tel travail ! Ce n'est pas tout d'avoir toutes les qualités, encore faut-il les utiliser. Mon éditeur m'a dit un jour qu'un ami devait faire un livre sur les pianistes du XXe siècle. Une idée qui m'a paru passionnante par ailleurs et je déplore bien que ce dernier n'ait jamais vu le jour, l'éditeur en question aussi ! :wink:
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Message » 23 Sep 2005 16:46

astrorock a écrit:Bjr.

Ce que vous signalez tous deux, c'est la difference qu'il y a entre hagiographie et information.

Ceci dit, les films de Monsaingeon ont fait connaitre certaines choses interessantes.

Comme alain le fait remarquer l'image dilue le message. C'est vrai de tout temps et c'est pour cela qu'a mon avis les dvd muicaux n'apportent pas la meme chose que l'ecoute sans image.

Je me livre souvent avec ma famille ou mes amis a des ecoutes comparatives sans preciser qui est l'interprete (moi seul le connais et je me prive de la moindre remarque avant d'avoir entendu les commentaires des auditeurs) et c'est assez instructif.

Finallement, peut importe les ecrit ou les professions de foi, seul reste les disques. Et la l'artiste peut bien raconter ce qu'il veut, soit l'auditeur est touché, soit il est indifferent, soi intrigué.


Sont-ils de Monsaigeon ?

Il y a quantité de films de la CBC que Monsaingeon a remonté (suppression des bancs titres, mais pas touché au filmage lui même qui ne pouvait pas être remonté de façon fine), en les faisant précéder de plans le montrant devant la caméra expliquant ce qu'on allait voir et entendre : admirons la modestie du gars qui s'approprie un travail de captation musicale fait par d'autres... qui ne se montraient pas, eux à l'écran !

D'autres films ont été tournés par Monsaingeon... qui pose des questions écrites par Gould... et on peut peut-être même aller jusqu'à : Monsaingeon a fait des films pensés et scénarisés par Gould qui aura trouvé un "réalisateur" pliable à sa volonté.

Monsaingeon se met en scène lui même, comme dans d'autres films (nettement moins réussis quand Gould n'est pas le sujet), en se mettant trop souvent, toujours même, devant la caméra comme s'il était un interlocuteur égal à celui qu'il interviewe ou portraiture...

Ceux là ne pourront pas être remontés... et l'on se fadera toujours et toujours Monsaingeon parlant d'égal à égal avec des gloires dont une partie du prestige rejailli sur lui...

Monsagaingeon serait ainsi le commandant Cousteau du film sur la musique : Cousteau, lui, il fallait que son nom soit prononcé toutes les minutes : visionnez et vérifiez.

Les seuls films sur la musique réellement captivants sont les captations de concerts, c'est le plus difficile et là Monsaingeon fait un travail d'une qualité médiocre : 10/20...

A comparer, par exemple, avec les films de Reichenbach pour ce qui est des portraits (cf. Rubinstein, oscarisé) ou avec Clouzot/karajan (on peut ne pas aimer, mais c'est du vrai cinéma, du vrai filmage !).

Ou avec le Premier de TchaIkovski par Gilels au TCE, ou avec Children's Corner par Tourneur et Cortot, ou avec des captations américaines des années 40, 50 et 60 : les mecs derrière la ou les caméras étaient aux ordres de grands réalisateurs. Avec le celèbre petrouchka par Weissenberg, avec la valse de Chopin par Brailowski, etc.


S'il n'y a pas à faire tomber la statue Gould, il faut s'interroger sur les fabricants de statue qui présentent parfois des produits qui ne sont pas d'eux ou qui sont un brin détournés... et qui inventent, parfois avec la complicité de celui qui les manipule, des images fausses des artistes...

A lire, la préface par Monsaingeon d'un des volumes d'écrits de Gould : il dit "moi" toutes les dix lignes et commence par une belle preuve d'ignorance...

Il raconte sa rencontre avec l'art de gould, à Moscou....

Il dit qu'il trouve :

'un disque inconnu de moi (!!!) et que ce nom, celui de gould, ne lui pas penser à autre chose qu'à des pianistes pour séries économiques et il cite les noms de

Guiomar Novaes et de Felicja Blumenthal...


Pas de bol, pour Monsaingeon, la première est l'une des plus grandes pianistes du XXe siècle... La seconde est dédicatrice d'oeuvres de Penderecki et de Villa Lobos... élève de Karol Szymanowski et a fait une grande, grande carrière tout au long des années 40, 50 et 60...

Ne pas les connaître, même de réputation, pose un problème quand on dit par ailleurs que Gould est LE génie protéiforme de la musique au XXe siècle...

C'est toute cette littérature de m. fondée sur un égotisme qui se fait au détriment réel des artistes en parasitant ce qu'ils font par un discours nourri de méconnaissance qui me gêne, pas Gould...

Monsaingeon, qui dix ans avant de tourner son film sur Richter disait en public : ce pianiste n'a rien laissé de bons car tous ses disques sont enregistrés en public et sont imparfaits... il aurait dû écouter le conseil de Gould et accepter qu'il soit le directeur artistique de ses enregistrements...


Catherine Collard présente l'a agoni en lui disant qu'il racontait n'importe quoi car il n'entendait rien du génie de Richter et que s'il n'était pas capable de comprendre ce qui les séparait fondamentalement et les rend si interessants tous deux, c'était tanr pis pour lui...

Je ressents encore le coup de pied dans la jambe lancé par Catherine Collard sous la table avant qu'elle ne s'élance :lol:


Moins, pour le coup, on en sait sur le discours bâti sur Gould, moins on a vu les films bavards de Monsaingeon et plus on peut apprécier l'art singulier, le jeu éminemment critique (car dans son jeu, Gould est l'un des plus grands critiques que j'ai jamais "lus" et c'est en cela qu'il est un penseur) de ce pianiste dont il ne faut pas prendre toutes les interprétations pour des monuments qui disent la vérité d'une oeuvre ou en épuise les possibles, mais parfois pour des railleries (sonates de Mozart prises à contrepied de tout ce que l'on avait pu penser d'elles avant lui à travers les jeux de Fischer, Schnabel, Haskil), mais qu'un Gulda avait déjà singulièrement réenvisagées, parfois pour des contreprieds évidents : l'Empereur de Beethoven qui sape l'idée du concerto opposant soliste/orhchtre, soliste, chef pour imposer celle d'une symphonie ave piano concertant et ce disque là est un chef d'oeuvre qui en dit long sur la musique elle même, le rôle du soliste et la société dans laquelle nous sommes.

Tiens vl'a que je fais ce qu'il ne faudrait pas trop faire : plaquer un discours sur la musique forcément étranger à elle :lol:


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Message » 23 Sep 2005 16:55

Mon éditeur m'a dit un jour qu'un ami devait faire un livre sur les pianistes du XXe siècle. Une idée qui m'a paru passionnante par ailleurs et je déplore bien que ce dernier n'ait jamais vu le jour, l'éditeur en question aussi !


Je vais te dire pourquoi j'ai renoncé à le faire : c'est inutile de parler des interprétes morts ou des vivants dans un livre pour dire, redire ce qui a déjà été dit... ou dire le contraire de ce que l'on pense d'eux dans la presse généralement au moment ou ce livre s'écrit du temps de leur vivant...

Au bout du compte on a un nom d'auteur sur un livre où finalement on en apprend plus sur celui écrit le livre que sur les artistes qui en sont le coeur. A moins de faire des fiches de dictionnaire...

J'ai compris depuis des années que cet exercice était inutile... personne n'a rien à foutre de ce qu'une personne pense des pianistes du XXe siècle et personne n'attend quelqu'un pour trier pour lui...

cela étant, il y aurait eu des vivants qui auraient fait :o en voyant que leur nom n'aurait pas été cité :mdr:

Mais même ça : je pense que ce n'est pas bien !


Dans le film sur Richter, il y a un propos ignoble, parmis d'autres, sur Philippe Entremont et un autre tout autant sur Moura Limpany... pour ne rien dire de celui sur Maria Yudina avec ses dents pourries... Un hagiographe prend ça pour argent comptant, un réalisateur cultivé, intelligent, sensible reprend celui qui dit ça, dans un contexte particulier qui ne veut pas dire ce que l'apparence des choses laissent supposer...


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Message » 23 Sep 2005 17:22

haskil a écrit:Je vais te dire pourquoi j'ai renoncé à le faire :


Et moi qui avais été discret pour une fois ! :lol:

c'est inutile de parler des interprétes morts ou des vivants dans un livre pour dire, redire ce qui a déjà été dit... ou dire le contraire de ce que l'on pense d'eux dans la presse généralement au moment ou ce livre s'écrit du temps de leur vivant...


Mais ça n'a jamais été fait ! Des articles ponctuels oui ! Mais un ouvrage amibtieux qui relaterait le parcours de chacun, son répertoire, la façon dont sa carrière s'est construite, éventuellement de ce que les critiques de son époque pensaient de lui ou elle, et des anecdotes... je doute que cela ait été déjà fait. Et puis, il y a des pianistes sur lesquels on a écrit mais d'autres qu'il serait bon de remettre au goût du jour !

Au bout du compte on a un nom d'auteur sur un livre où finalement on en apprend plus sur celui écrit le livre que sur les artistes qui en sont le coeur. A moins de faire des fiches de dictionnaire...
on en apprend toujours sur l'auteur de l'ouvrage que l'on est en train de lire !

J'ai compris depuis des années que cet exercice était inutile... personne n'a rien à foutre de ce qu'une personne pense des pianistes du XXe siècle et personne n'attend quelqu'un pour trier pour lui...


Il est certain, comme tu l'as dit plus haut, qu'il est difficile de faire un livre sans être impliqué et le danger est de faire finalement un livre sur soi. Mais je ne pense sincèrement pas que tu serais tombé dans ce piège même si cette peur est compréhensible. Il aurait été difficile de risquer que l'on te reproche ce pour quoi tu t'es dressé devant un type comme Monsaingeon.!? :idee:

cela étant, il y aurait eu des vivants qui auraient fait :o en voyant que leur nom n'aurait pas été cité :mdr:

Mais même ça : je pense que ce n'est pas bien !


Tu es maître de tes décisions mais personnellement, je ne vois pas en quoi cela est gênant... Le problème s'est posé pour la collection des Grands Pianistes du XXe, bon et puis finalement, tout le monde se foutait qu'il n'y ait pas Sombard, sauf elle ! C'est une blague naturellement... :lol:


Dans le film sur Richter, il y a un propos ignoble, parmis d'autres, sur Philippe Entremont et un autre tout autant sur Moura Limpany... pour ne rien dire de celui sur Maria Yudina avec ses dents pourries... Un hagiographe prend ça pour argent comptant, un réalisateur cultivé, intelligent, sensible reprend celui qui dit ça, dans un contexte particulier qui ne veut pas dire ce que l'apparence des choses laissent supposer...


Je trouve bien qu'il l'ait laissé. Tout d'abord parce que ce n'est pas faux ! :lol: Mais surtout parce que Monsaingon prend la peine de la présenter (et que l'on comprend tout de même très vite qui elle est et ce qu'elle représente) et qu'au final, cela dessert surtout Richter... Richter n'est pas que poésie, virilité et intelligence sur scène, il pouvait aussi se révéler tout le contraire dans la vie courante. Il y a souvent cette dualité chez les artistes, le tout est de savoir ce qui sert de contrepoids : la poèsie ou la connerie ? C'est peut-être cela "L'ENIGME" :lol: :lol:

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