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Musique enregistrée : BLURAY, CD & DVD musicaux, interprètes...

Les termes musicaux que vous voudriez connaitre

Message » 30 Oct 2004 13:06

Question : un la majeur (fa dièse, do dièse, sol dièse à la clef) est-il ou non un la majeur si le la n'est pas à 440, mais un demi ton plus bas ou plus haut que ce fichu 440 ?

Alain, je pense que chacun l'appellera LA dans sa culture mais il n'en restera pas moins que les 2 gammes seront perçues comme étant differentes par n'importe quel auditeur si elles sont jouées dans la foulée sur 2 instruments, chacun accordé selon sa "culture" (idem avec des différences bien moindres qu'un demi-ton d'ailleurs).

Ton rappel sur le fait que le ré majeur a été jugé "brillant" (j'ai lu quelque part "martial" aussi, d'où des marches militaires en ré !?) alors qu'on ne parlait pas de la même fréquence physique au cours du temps ou dans divers lieux, montre que des préjugés ont peut être suivi des constatations sincères: bref cela n'invalide pas toute théorie des "couleurs" issues de fréquence physique (que connait la cochlée/nerf auditif avec précision). Je crois que nous sommes d'accord en fait.

Note qu'un préjugé - si cela en est un - peut se transformer en fait issu d'un conditionnement: à force d'entendre des marches militaires en Ré majeur à un époque et un lieu donné (à référence fréquentielle constante donc, même si ce n'est pas celui pensé par le compositeur), à supposer que l'auditeur ait un embryon de perception absolue, il va ensuite associer ce Ré majeur de cette fréquence au caractère martial puisqu'il n'aura jamais entendu autre chose dans cette tonalité! :D
Ca ne marche pas si l'auditeur est un grand voyageur dans l'espace-temps :wink:

cdlt,
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Message par Google » 30 Oct 2004 13:06

 
 
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Message » 30 Oct 2004 13:15

GBo a écrit:pour les modes, je crois bien que la musique classique en définit au minimum 7 en fait (ionien, dorien, phrygien, lydien, mixolydien, aeolin, locrien), bizarrement on ne nous apprend en effet qu'à monter les gammes majeureure (ionien) et mineur harmonique (aeolien modifié par une sixte mineure ). Je pense que les spécialistes voudront bien nous donner des exemples de musique classique modale (j'en perçois en tout cas dans Ravel etc...).


Bien sûr. Ces 7 modes sont les modes grégoriens, c'est à dire que sur un piano on ne joue que les touches blanches (mode de do, de ré, de mi, etc...). Des compositeurs de la fin XIXème et début XXème ont beaucoup utilisé cela, les organistes avant tout (Duruflé par exemple).
Mais on peut rajouter les 2 modes qu'utilise Debussy, constitués d'intervalle de tons uniquement.

Je parlais ici de la musique tonale, pour ne pas compliquer le débat, car il est clair que la différence entre deux modes est flagrante.


GBo a écrit:- pour expliciter mon histoire de "chatouillement de l'oreille interne", je voulais dire simplement que ce ne sont pas les mêmes cils ni les mêmes terminaisons nerveuses qui sont excitées à l'audition d'un do et d'un ré sinusoidal (un peu comme si on touchait un doigt de pied plutot qu'un autre ), il y a donc bien une information ABSOLUE qui est transmise au cerveau: même si celui-ci semble traiter préférentiellement les intervalles entre les notes, quelque part il a l'information absolue, c'est physiologique:


Là je comprend mieux... Mais il me reste des doutes.
:wink: Je vais me plonger dans les liens que tu donne...
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Message » 30 Oct 2004 13:22

Gilles R a écrit:Je suis d'accord avec Gil (GBo) quand il remarque qu'un fa4 ne sonne pas comme un mi4 sur un instrument acoustique.


Là aussi, je suis tout à fait d'accord

Gilles R a écrit:Déja un musicien rompu à la musique tonale, entend pour chaque degré du total chromatique, une identité proche d'une notion que l'on pourrait appeler le "timbre tonal", une "couleur" (pas celle de Messiaen) une tension plus ou moins forte. Cela vient de notre culture du ton d'"ut". Fixée dans la mémoire, cette référence inconsciente (oreille absolue ou non) place les autres degrés dans son champs d'attraction.


Donc là on se situe bien des couleurs des tonalités par rapport à une autre (celle de do en locurence), et pas dans l'absolu

Gilles R a écrit:On dit les œuvres en sol : brillante, solaire, ouverte, ré mineur : mystique, do et la : gai, extérieure, si : mystèrieuse…


Et je suis en parti d'accord, surtout que j'ai également l'impression de ressentir cela, notament que la tonilité de mib M est plus douce que du sib, plus extravertie, mais je me suis toujours demandé si ce n'était pas un effet psychologique et pas objectif.
.... Et alors pourquoi ???? parce qu'à mon avis, on a toujours dans la tête ce que je pourrait appeler une référence tonale :-? qui nous donnerai le la (si je puis me permettre l'expression :wink: )
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Message » 30 Oct 2004 13:30

haskil a écrit:L'oreille absolue n'est en rien un "don naturel". Il est l'objet d'une culture, d'un environnement sonore. Si un enfant était élevé dans un environnement sonore qui ne prend pas en compte le la 400 mais une autre référence, à coup sur il aurait une oreille absolue différente de celle du gamin né dans un environnement tempéré qui prend ce là 440 comme référence...


+10


Haskil a écrit:Si c'est joué sur un instrument à clavier qui ne différencie pas les dièses et les bémols l'effet se fera moins sentir que si c'est joué par des cordes qui joueraient juste car si l''écart entre dièse et bémol est faible en terme d'intervalle, il est évident que pour celui qui joue il ne l'est pas psychologiquement : un violoniste mettra plus de "tension" dans le dièse que dans le bémol : sur un piano, c'est la même note...


Mais alors, ne serai-ce pas parce qu'un instrument à cordes comme le violon, accordé en quintes, ajouté à cette faculté de colorer dièzes et bémols différemment, va donner un tempérament musical propre, et ainsi rendre la perception des couleurs à nouveau possible ?


Question : un la majeur (fa dièse, do dièse, sol dièse à la clef) est-il ou non un la majeur si le la n'est pas à 440, mais un demi ton plus bas ou plus haut que ce fichu 440 ?


Justement non, c'est ça qui me turlupine, c'est à dire qu'on dise qu'un sol Majeur est obligatoirement majestueux, que ce soit avec un la à 398Hz ou à 440... Ce qui est énorme.
Etrange donc.......

Désolé de vous noyer avec mes doutes !!! :wink: :roll:
M.B. :wink:
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Message » 30 Oct 2004 13:33

GBo a écrit:Ton rappel sur le fait que le ré majeur a été jugé "brillant" (j'ai lu quelque part "martial" aussi, d'où des marches militaires en ré !?) alors qu'on ne parlait pas de la même fréquence physique au cours du temps ou dans divers lieux, montre que des préjugés ont peut être suivi des constatations sincères


ça je veux bien le croire...

GBo a écrit:Ca ne marche pas si l'auditeur est un grand voyageur dans l'espace-temps


Quelqu'un a-t-il de l'expérience dans ce domaine ??? :D :mdr:
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Message » 30 Oct 2004 14:05

Citation: Haskil écrit :
Question : un la majeur (fa dièse, do dièse, sol dièse à la clef) est-il ou non un la majeur si le la n'est pas à 440, mais un demi ton plus bas ou plus haut que ce fichu 440 ?



Griffield répond : Justement non, c'est ça qui me turlupine, c'est à dire qu'on dise qu'un sol Majeur est obligatoirement majestueux, que ce soit avec un la à 398Hz ou à 440... Ce qui est énorme.
Etrange donc.......


Eh oui !

Cela étant, transposer d'un demi-ton plus bas, comme ça a été fait dans les années 50 et 60, des oeuvres baroques pour retrouver le diapason ancien :o ne produit pas le même effet que jouer l'oeuvre un demi ton plus bas en accordant différemment les instruments !

La tension des cordes n'est pas la même et les harmoniques ne sont pas identiques, par exemple.

Du reste un piano, accordé plus bas ne sonne pas pareil qu'accordé plus haut... pour ne rien dire, mais c'est encore autre chose, d'un piano accordé en quintes justes qui ne sonne pas de la même façon qu'accordé selon une partition plus classique d'accord.

Cela étant, faut oublier le piano : car pour sonner juste, il doit être accordé faux note à note... Une piano accordé en fréquence pure note à note est une épouvantable casserole tant il sonne faux.

Alain :wink:

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Message » 30 Oct 2004 15:35

Ce qui est bien dans notre conversation, c'est que chacun précise les tentatives d'explication des autres. :wink:

Pour revenir à nos début… je comprend ce que veux dire Petrucciani et je crois que beaucoup de musiciens comprennent. Ma seule nuance rejoindrait ce que haskil précise, c'est à dire qu'il n'y a pas de "couleur" absolue. C'est aussi lié à la personnalité, à l'expériece et la mémorisation des hauteurs, à l'époque et bien sûr au diapason… cela fait un tout bien plus complexe que les quelques remarques données dans mon post.

GBo a écrit: Je voulais dire simplement que ce ne sont pas les mêmes cils ni les mêmes terminaisons nerveuses qui sont excitées à l'audition d'un do et d'un ré sinusoidal (un peu comme si on touchait un doigt de pied plutot qu'un autre ), il y a donc bien une information ABSOLUE qui est transmise au cerveau: même si celui-ci semble traiter préférentiellement les intervalles entre les notes, quelque part il a l'information absolue, c'est physiologique


Cette information transmise au cerveau, peut être considérée comme absolue quant au principe que tu relates… mais c'est une palette indifférenciable pour la conscience des hauteurs pour un individu qui n'a pas les repères d'un étalonnage. Rien d'inné là dedans. C'est l'apprentissage, et la mémorisation de l'échelle et ses repères dans ce champs qui donne au cerveau la capacité de différencier et de "nommer" la hauteur.
En visuel, il se passe la même chose… le spectre des couleurs ne signifie pas : rouge, vert ou bleu. C'est par l'éducation que l'on nomme certaines zones précises. Et beaucoup sont étonnés de découvrir le "vrai" rouge ou le "vrai" bleu dans les synthèses additives et soustractives de la lumière… Ce n'est pas toujours le bleu du ciel des gouaches de leur enfance.
L'œil est plus éduqué que l'oreille… mais c'est une autre histoire…

haskil a écrit:A cette époque les tonalités avaient des caractères répertoriés et il n'est pas impossible que les compositeurs aient été sensibles à ce préalable : ré majeur est brillant et triomphal composons une oeuvre dans ce climat dans ce ton là.

Le préalable est également valable dans l'autre sens… Je crois en effet aux croisements d'influences. Ce que tu dis Alain a du vrai, mais ce caractère répértorié n'est pas venu par décret, il a été établi par l'assimilation des constats issus de la pratique instrumentale et vocale de l'époque (et du lieu). Qu'en suite les compositeurs s'y réfèrent… bien entendu, nous sommes d'accord.

haskil a écrit: L'oreille absolue n'est en rien un "don naturel". Il est l'objet d'une culture, d'un environnement sonore.

Je n'y reviens pas.

haskil a écrit:Cependant, par exemple, la Philharmonie de Berlin joue un peu plus haut que les orchestres parisiens ce qui pose des problèmes pour l'accord des pianos parigots qui ne tiennent pas cette surtension des cordes a laquelle ils ne sont pas habitués. Aussi le son de Berlin, bien que plus profond de celui des orchestres français (éthiques cotes cordes) est il aussi plus brillant...

C'est vrai… mais cela n'a plus rien à voir avec l'impression individuelle d'un musicien d'une époque, comme je le sous-entendais.

Ce que tu dis des musiciens du Philar de Berlin et du diapason est vrai… un compositeur mis subitement devant une musique au diapason différent perdra ses références. C'est un peu la même chose que l'histoire des lunettes de soleil… quand on les met, cela change beaucoup… le temps passant… le cerveau rétabli ses "normes"… au bout d'un moment on ne sens plus la couleur des lunettes.
C'est pour cela qu'il fallait des commissions… parce que personne n'entendait plus le réhaut du ton auquel tout le monde s'était habitué à entendre et parfois à jouer plus haut… sauf les chanteurs !

haskil a écrit:Question : un la majeur (fa dièse, do dièse, sol dièse à la clef) est-il ou non un la majeur si le la n'est pas à 440, mais un demi ton plus bas ou plus haut que ce fichu 440 ?


Réponse : un la majeur à 440 Hz pour un musicien A d'une époque et d'un lieu précis est un la majeur. Si on lui donne un la majeur un demi ton au dessous, il dira la bémol majeur.
Le musicien B d'une autre époque habitué au la avec le diapason un demi-ton au dessous (la 415,31 Hz) entendra le la du musicien A comme un la#.

C'est évident… mais comme toute l'échelle tonale glisse, le "ut" de référence latine glisse aussi, l'effet d'attraction des tonalités par rapport à l'ut" ne sera pas modifié et il est probable que les caractères des tonalités soient tout aussi pertinents… avec toutefois pour certaines corporations de musiciens des appréciations différentes… et là nous retrouvons nos chanteurs !
Sans oublier que les cordes un demi-ton au dessus ou en dessous ne sonnent plus de la même manière… et si il n'y avait que les cordes !
C'est donc un mélange compliqué…

grifield a écrit:Bien sûr. Ces 7 modes sont les modes grégoriens, c'est à dire que sur un piano on ne joue que les touches blanches (mode de do, de ré, de mi, etc...). Des compositeurs de la fin XIXème et début XXème ont beaucoup utilisé cela, les organistes avant tout (Duruflé par exemple).
Mais on peut rajouter les 2 modes qu'utilise Debussy, constitués d'intervalle de tons uniquement.

Des modes, il y en a d'autres… par exemple, ceux de Bartok et aussi les 7 modes à transpositions limitées de Messiaen… mais c'est un autre sujet…

grifield a écrit:Justement non, c'est ça qui me turlupine, c'est à dire qu'on dise qu'un sol Majeur est obligatoirement majestueux, que ce soit avec un la à 398Hz ou à 440... Ce qui est énorme.
Etrange donc.......


Cela est étrange… mais je réponds à ton interrogation dans ma réponse à haskil :
…mais comme toute l'échelle tonale glisse, le "ut" de référence latine glisse aussi, l'effet d'attraction des tonalités par rapport à l'ut" ne sera pas modifié et il est probable que les caractères des tonalités soient tout aussi pertinents… avec toutefois pour certaines corporations de musiciens des appréciations différentes…
Sans pour autant dire comme je le précise plus haut qu'il y est totale équivalence…


Mais pour revenir sur le choix de la tonalité pour une pièce particulière, vous oubliez l'influence de la lutherie et de l'ergonomie des instruments.

Le choix d'une tonalité pour Chopin était aussi influencé par la façon dont les idées et les mains tombaient et couraient dans des positions efficaces avec des passages de doigts sans trop de problèmes… pour lui!
En regardant les tonalités et la positions des mains sur le clavier cela parait évident.

Oui Alain… c'est plutôt compliqué… il n' y a pas une seule solution. Tout est affaire de culture d'une communauté musicale à un moment donné et de sensibilité individuelle dans ce même moment…
Donc… vaste sujet.

Gilles
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Message » 30 Oct 2004 18:49

Gilles R a écrit:vaste sujet.

Gilles


Là on est tous d'accord :wink:
M.B. :wink:
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Message » 31 Oct 2004 6:34

Suite à vos interventions toutes plus passionnantes les unes que les autres au point où je me demande si je n'ai pas usurpé honteusement le titre de "musicien", même amateur :oops: , j'ai accordé une guitare un demi-ton plus bas... pour voir, hé hé.

Idiot, n'est-ce-pas, je n'en avais jamais eu l'idée. (Bien que j'avoue avoir fait des "expériences musicales" avec des cordes presqu'entièrement relâchées... genre piano préparé de Cage)

D'abord, en vous lisant, je me suis dis... "les gars, ils déconnent sec, un demi-ton, c'est rien du tout"... en fait : un demi-ton... c'est ENORME comme différence. L'instrument n'est plus le même... mais alors pas du tout.

Voilà mon témoignage, il vaut ce qu'il vaut, mais ça m'a fait vraiment bizarre comme effet.

Donc, un accord sur 440 ou sur une autre valeur : j'admets que les instruments sonnent différement.

MAIS une fois les instruments accordés sur une "référence commune", le fait que le ré (Chaconne de Bach) ou le si bémol (messe de Schubert) soient plus spirituels qu'autre chose me paraît toujours mystérieux (de plus l'un est mineur, l'autre majeur, aïe, je complique la question...) à moins de prendre en compte le schéma de l'oreille de GBo, qui serait alors la seule (et finalement bien triste) explication possible : parfaitement rationnelle.

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Message » 31 Oct 2004 9:43

Non non rassure toi ça reste un mystère, les références vers l'anatomie montrent juste, à mon sens, que tout le monde est neurologiquement équipé pour localiser des informations fréquentielles absolues. Ensuite que le cerveau ait appris a les traiter, ce qu'il en fait, l'universalité de ces perceptions, etc... là c'est autre chose et le mystère reste entier!

Pour revenir sur ton expérience, ça n'illustre pas forcément toute la question: en réaccordant ta guitare 1/2 ton plus bas, tu modifies certaines caractéristiques mécaniques de l'instrument (tension sur les cordes, sur le manche...) et pas d'autres (surface et volume d'air de la caisse...). Bref tu changes radicalement son timbre (et ça serait pire sur un piano dont la physique est encore plus compliquée).
Si on raisonne en bon expérimentateur, on ne peut donc pas savoir si tu es davantage troublé par la différence de timbre ou par la transposition d'1/2 ton. Afin de séparer quelque peu les variables, une idée "de labo" serait de faire des expériences de transposition avec un synthé utilisant des formes d'ondes exclusivement sinusoïdales (= absence de timbre), sur une mélodie séquencée en MIDI pour ne pas s'embrouiller les doigts lors de la transpo. Je crois savoir que tu es équipé!

cdlt,
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Message » 31 Oct 2004 9:54

blue dream a écrit:MAIS une fois les instruments accordés sur une "référence commune", le fait que le ré (Chaconne de Bach) ou le si bémol (messe de Schubert) soient plus spirituels qu'autre chose me paraît toujours mystérieux


Tu ne l'entends pas comme 99,99 pour cent des individus (et mon chiffre est optimiste) parce que tu n'as pas eu une éducation solfègique forcenée et un travail impitoyable sur la justesse. D'ailleurs moi non plus… Je n'ai pas l'oreille absolue… et sa précision est fluctuante, tout dépend des périodes ou je l'affine par le travail ou l'exercice.
Par exemple, pour préparer le concours d'entrée au Conservatoire de Paris, cela fait partie d'une de ces périodes… je me la suis bien affutée comme il faut cette oreille… Durant cette période, le moindre écart de justesse était perçu, et chaque note avait sa "couleur" son timbre (j'ai toujours cela en mémoire).
Avec des amis musiciens, et certains avec des oreilles redoutables, surtout ceux qui sont solistes avec des instruments graves, comme Gérard Buquet (tuba), nous avons confronté nos perception des "timbres des notes"
Et bien cela va encore t'étonner… cela convergeait totalement. Je me souviens de notre unanimité à reconnaitre la couleur du "fa" en particulier…

Mais si tu n'entends pas cette effet, cela n'a aucune importance. Et je te l'ai dis… moi aussi j'ai l'oreille qui est très relative selon les moments.
J'ai commencé le travail sérieux en musique à l'âge de treize ans… souvent bien trop tard pour avoir l'oreille absolue.
Ceux que je connais avoir cette qualité… déjà nourrison avait par leur entourage l'oreille sollicitée par cet étalonnage. Mais il ne sont pas plus musiciens pour autant !

blue dream a écrit:
(de plus l'un est mineur, l'autre majeur, aïe, je complique la question...) à moins de prendre en compte le schéma de l'oreille de GBo, qui serait alors la seule (et finalement bien triste) explication possible : parfaitement rationnelle.


Oui c'est un autre effet celui des modes, majeur et mineur. Mais là tout le monde l'entend !
Le ton mélancolique ou triste du mineur n'a pas besoin d'une conversation aussi longue pour que nous nous comprenions.

Mais Bernard, as-tu remarqué que nous les musiciens, employons le terme "ton" utilisé également chez les peintres… Tu vois y a des correspondances… Cela a bien un sens…

Bonne journée Bernard,

À bientôt :wink:

Gilles
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Message » 31 Oct 2004 15:36

blue dream a écrit:Suite à vos interventions toutes plus passionnantes les unes que les autres au point où je me demande si je n'ai pas usurpé honteusement le titre de "musicien", même amateur.


Mon cher Bernard,

Cette remarque… si tu savais combien de fois je me la suis posée, depuis que je nage dans le milieu de la musique "sérieuse"…

Que de fois j'ai ressenti des complexes devant des confrères ou des musiciens interprètes…
J'ai rencontré presque tous les compositeurs nés après guerre…
Certains m'ont impressionné dans un domaine qu'ils ont particulièrent développé. Je me suis dit devant certaines présentation d'œuvres… bah… dis donc… qu'est ce que je fais là… ?
Jusqu'au jour où j'ai eu l'occasion de travailler et de "mettre les mains dans le moteur" avec eux où alors qu'ils soient amené à écouter en situation de concert mon travail… et de m'apercevoir qu'à l'inverse, ce qui me paraissait facile à faire, soit techniquement ou artistiquement était pour eux une énigme.
Ils étaient dans la situation où je me trouvais antérieurement, devant leur métier.

J'ai aussi rencontré des phénomènes… des interprétes, incroyables lecteurs.
Des pianistes déchiffrant instantanément des partitions vraiment à la limite du jouable, d'une très grande complexité… et bien, il la jouait du début à la fin sans sourciller.
Cela a été le cas pour "Diffluences"… je suis tomber sur le c…l. Jouée recta !
Et bien figures toi, qu'un autre pianiste, lui a mis un mois à la travailler tous les jours… ce n'était pas n'importe qui… puisqu'il s'agit de Håkon Hausbø… haskil doit le connaitre… il a fait l'intégrale Messiaen et les pièces à quatre mains de Debussy avec Claude Helffer (entre autres).
Et bien le mois de travail… et la peine… donne quelque chose d'un autre niveau que la facilité sans trop d'effort !
Je suis encore ce soir là tomber sur le c.l ! mais pour d'autre raison… un idéal de musicalité à chaque touche enfoncée…

D'ailleurs je ne résiste pas à mettre un lien pour montrer le catalogue de ce pianiste :
www.amazon.fr/exec/obidos/search-handle ... 77-5373853

Comme je le disais dans un post plus haut, quand tu vois des partitions d'orchestre à une bonne trentaine de parties instrumentales, déchiffrées et jouées à vue par certains confrères… tu rentres la tête dans les épaules courbée… écœuré.
Je pourrais te donner beaucoup d'autres exemples…
Ce ne sont pas toujours les forts en thème des classes de composition qui font une Œuvre des plus intéressantes… mais parfois les laborieux… où les imaginatifs tenaces… avançant plus lentement.

Avec l'âge… j'ai fini par ne plus mesurer mes capacités par rapport aux confrères… cela ne correspond à rien sur les domaines de l'imagination et de l'expression.

Tout est affaire de sensibilité et de travail… l'univers de la personnalité unique d'un artiste (comme tout individu) se révèle en partie malgré lui. Il est, comme artiste, autant par ses rencontres, son travail, que par ce que la musique lui donne en échange de sa sincérité.

Donc… pas de panique… Travaille sans te préoccuper des richesses présumées des autres…
Il n'y a pas un seul vrai chemin et un seul modèle de musicien… La nature aime la diversité !

Et ce thread n'est pas là pour décourager ses utilisateurs… mais plutôt pour motiver.

Alors !

Salut à toi, Bernard.

Bien cordialement

Gilles
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Message » 31 Oct 2004 23:46

Salut à tous,

J'ai donc procédé de manière scientifique selon GBo :wink: à savoir la même mélodie avec un son sans timbre joué dans diverses transpositions :
> plus c'est haut, plus ça semble gai et inversement (je suis vraiment nul :cry: )

puis j'ai ajouté une donnée supplémentaire : une première partie plutôt lente et grave, une seconde partie plus vive et chantante :
> quelle que soit la valeur de la transposition, la première partie semble plus triste que la seconde.

N'était-ce pas prévisible ? Devrais-je constater que le départ sur un ré semble plus spirituel que sur un do ? Certainement, mais si on devait graduer la force suggestive de cette mélodie dans les différentes versions, je mettrais le rapport relatif entre les tons et l'expression intrinsèque (choix de la succession des notes et vivacité) en premier lieu, et seulement le choix du ton en second lieu. N'y a-t-il donc aucun compositeur qui a écrit une symphonie joyeuse en ré mineur ? Ou ce projet saugrenu est-il Obligatoirement voué à l'échec ? Ou est-ce une voie à explorer ? (Gilles si tu le fais, penses à moi pour les droits d'auteur :mdr: )

(Gilles, au sujet des modes tu as dû mal me comprendre, puisque je parlais du ré mineur et du si bémol majeur comme exprimant tous les deux un état de spiritualité, alors que l'un est majeur et l'autre mineur)
Tu ne l'entends pas comme 99,99 pour cent des individus (et mon chiffre est optimiste) parce que tu n'as pas eu une éducation solfègique forcenée et un travail impitoyable sur la justesse

Là c'est moi qui ne comprend pas (la tournure de la phrase) : tu veux dire que presque 100% des gens ont une éducation solfégique forcenée ???

Alors pour me décomplexer un peu (merci Gilles de m'y aider :wink: ) j'ai fais ceci : j'ai complètement désaccordé la guitare... puis l'ai accordée seulement à l'oreille. Bingo : vérifié à l'accordeur numérique, j'étais pile dans l'accord juste, mais vraiment pile. Mon oreille ne doit pas être si rouillée que ça. Ouf !

Quant aux correspondances couleurs-sons, j'ai eu l'occasion de traiter ce sujet pour attribuer des noms de couleurs à des compositions. Je l'ai fais au seul instinct (comme le jeune Jedi que je suis !) Une autre fois, je serais bien intéressé de confronter mes choix à ceux que vous feriez...

Mais dans le domaine des couleurs comme dans celui des sons, les systèmes évoluent au fil du temps. Pour Léonard de Vinci, les couleurs fondamentales étaient le blanc, le jaune, le vert, le bleu, le rouge et le noir. Pour Newton c'étaient le rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo, violet. Système contre lequel Goethe s'est élevé...

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Message » 01 Nov 2004 0:09

Gilles R a écrit: [...]
D'ailleurs je ne résiste pas à mettre un lien pour montrer le catalogue de ce pianiste :
www.amazon.fr/exec/obidos/search-handle ... 77-5373853

Ce lien ne marche pas chez moi, mais j'ai retrouvé le pianiste avec cette orthographe compatible avec notre alphabet :wink: : Hakon Austbo par Rechercher-> Musique classique, j'ai obtenu:
http://www.amazon.fr/exec/obidos/search ... 53-2612167

blue dream a écrit: J'ai donc procédé de manière scientifique selon GBo [...]

:lol:
Bon, ben j'essaierai aussi puisque mon cobaye a survécu 8)

cdlt,
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Message » 01 Nov 2004 0:46

blue dream a écrit:S N'y a-t-il donc aucun compositeur qui a écrit une symphonie joyeuse en ré mineur ? Ou ce projet saugrenu est-il Obligatoirement voué à l'échec ? Ou est-ce une voie à explorer ? (Gilles si tu le fais, penses à moi pour les droits d'auteur :mdr: )


À l'heure où je te répond, je n'ai plus trop en tête les œuvres combinant la gaîté et le mode mineur…
Mais, c'est tout à fait faisable… combiner un rythme "joyeux" et une mélodie en mode mineur… Tiens un compositeur de cinéma l'a beaucoup fait, Nino Rota. C'est ce qui donne à ses fanfares cette joie un peu trouble… et les passages en majeur des courts éclairages d'espoir…

blue dream a écrit:(Gilles, au sujet des modes tu as dû mal me comprendre, puisque je parlais du ré mineur et du si bémol majeur comme exprimant tous les deux un état de spiritualité, alors que l'un est majeur et l'autre mineur)


Là Bernard, le côté spirituel… c'est difficile à mesurer… Mais en fait, je n'ai pas compris le cheminement de ta question.
Excuse-moi.

blue dream a écrit:
gilles R a écrit:Tu ne l'entends pas comme 99,99 pour cent des individus (et mon chiffre est optimiste) parce que tu n'as pas eu une éducation solfègique forcenée et un travail impitoyable sur la justesse

Là c'est moi qui ne comprend pas (la tournure de la phrase) : tu veux dire que presque 100% des gens ont une éducation solfégique forcenée ???


Non ! bien sûr l'inverse… 99,99 n'entendent pas ce que Pertrucciani entend et dit en parlant de la couleur de l'intonation d'une note ou d'une tonalité. Et j'ose affirmer, que comme toi ils n'ont pas eu d'éducation solfégique forcenée. Heureusement pour toi et pour eux.

blue dream a écrit:Mais dans le domaine des couleurs comme dans celui des sons, les systèmes évoluent au fil du temps. Pour Léonard de Vinci, les couleurs fondamentales étaient le blanc, le jaune, le vert, le bleu, le rouge et le noir. Pour Newton c'étaient le rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo, violet. Système contre lequel Goethe s'est élevé...


Et bien tu vois nous ne sommes pas les seuls à discuter des tons et des couleurs…

Salut et bonne nuit :wink:

Gilles
Dernière édition par Gilles R le 01 Nov 2004 0:51, édité 1 fois.
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