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Musique enregistrée : BLURAY, CD & DVD musicaux, interprètes...

rachmaninoff concerto

Message » 31 Oct 2006 15:55

haskil a écrit:Le début du 2e Concerto va te surprendre....

Alain :wink:


effectivement, sa manière d'aborder ce concerto est très personnelle...du coup l'effet obtenu est très très intéressant. en effet cette manière d'introduire le concerto donne le ton et du coup ce premier mouvement m'évoque un sentiment très différent des deux autres interprêtations et je dois dire que j'apprécie énormément ..

voilà mes premieres impressions, brut de décoffrage et à chaud:
je ne sais pas si mes mots vont bien traduire ma pensée et mes comparaisons pourront peut-être sembler hasardeuses à certains...les formules sont lapidaires et je simplifie un rien..comparativement, Je dirais de la version de Biron Janis qu'elle cultive le côté romantique avec ses envolées c'est plus lent, on se laisse aller a la mélodie peut ^tre en forçant le trait...alors que van cliburn attaque la partition en lui donnant un côté tragique ce petit côté requiem se poursuit avec l'orchestre.. ça va un peu plus vite et les élans romantiques sont moins appuyés..

Hough...lui rentre bille en tête sans rien forcer mais en forçant tout grace à une fermeté qui donne une intonation complétement différente, superbement relayé par l'orchestre...je ne sais pas si c'est la bonne comparaison, car c'est pas vraiment pareil, mais ça me fait le même effet que d'entendre glenn gould notamment dans brahms...il garde beaucoup de force à la musique tout en la dépouillant de sa gangue romantique en jouant "au premier degré"..c'est plus rapide, moins affecté mais tout aussi expressif....


J'ai pas encore tout écouté, mais je sens que c'est un disque magnifique, merci Alain

Blounote :wink:
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Message par Google » 31 Oct 2006 15:55

 
 
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Message » 31 Oct 2006 16:07

TODD-AO a écrit:
La pianiste dont j'ai emprunté le nom pour mon pseudo en est un exemple fameux. Peut-être le plus fameux de tous. Début de carrière flamboyant. Traversée du désert pendant 30 ans. Soudain le triomphe.

Merveilleuse pianiste (Schumann !) : sa "traversée du désert" n'avait elle pas pour cause des problèmes de santé ?


Elle a eu des problèmes de santé de 1914 à 1918. Puis a repris sa carrière. Partout ou elle jouait elle était acclamée, mais on ne le réinvitait pas ou rarement sauf en Suisse. Elle avait une personnalité difficile, n'était jamais contente d'elle et était un peu rude et d'une timidité maladive. En 1926, elle a fait un trîomphe à Philadelphie avec Stokowski, puis plus rien... Quelques rares concerts chaque année, mais pas grand chose.

Vers 1938, d'un coup sa carrière démarre... Mais la guerre arrive. Elle passe en Suisse. Après la guerre, un imprésario néeerlandais s'occupe d'elle. Il organise une tournée aux Pays Bas et là tout d'un coup Boumbadaboum : la gloire soudaine, inexplicable. 15 ans d'une carrière que l'on a connu à aucun autre pianiste par l'attachement du public et la stupéfaction des musiciens.

Pour son dernier concert public à Paris, il a fallu rajouter des chaises sur la scène du TCE...

Elle a eu des alertes cardiaques vers 57-58, mais a continué à jouer et est morte des suites d'une chute dans l'escalier de la gare du Midi à Bruxelles.

Tatiana Nikolaeva m'a raconté une histoire :

"""La première fois que je suis sortie d'Union soviétique pour aller à l'Ouest, c'était pour jouer le 22 e de Mozart avec Vienne et Schuricht à Salzbourg. On m'a dit en Russie, "si Karajan dirige, vas l'écouter c'est le nouveau Toscanini".

Arrivée à Salzbourg, il y avait un concert avec Karajan et une pianiste dont je n'avais jamais entendu parler. C'était Clara haskil. Le concert était bizarre : on jouait d'abord la 41e symphonie de Mozart, puis le 20e concerto pour piano.

Tres bel orchestre, très belle direction mais pas de nouveau Toscanini...

A l'entracte, je voulais partir, car mon concert était le lendemain et je devais me reposer et comme je ne connaissais pas cette pianiste... Mais je suis restée quand même...

Arrive la pianiste. J'ai eu peur qu'elle n'arrive pas au piano. Elle traine les pieds. Elle est pliée en deux, une masse de cheveux cache son visage tourné vers le fond de scène. Mon Dieu, elle ne pourra pas jouer ! Je voulais fuir. Mais comme j'étais au milieu du rang...

L'orchestre commence à jouer. Très beau, magnifique. Poujours pas de nouveau Toscanini au pupitre.

Et la sorcière, la tête près des touches, immobile... elle se redresse à peine, pose ses mains sur le piano, joue son entrée et je fonds en larmes immédiatement.... l

L'orchestre entre... et tout d'un coup le nouveau Toscanini était au pupitre... et il l'est resté par le seul pouvoir du jeu de cette femme jusqu'à la fin du concerto. Plus jamais de ma vie je n'ai eu une telle émotion musicale.

Et moi qui devait jouer le lendemain un concerto de Mozart au même endroit... Je me disais "pourvu qu'elle ne vienne pas m'écouter". """

On a raconté, son biographe notamment, que si Haskil avait eu du mal à faire carrière avant guerre, c'est parce que son jeu était trop épuré, trop peu virtuose... trop rigoureux.

C'esr faux !

On sait par des documents sonores qu'il n'en est rien du tout. Au piano, Haskil avant guerre c'était une sorte d'Argerich.

Et aussi par des témoignages de musiciens. J'en ai interrogé beaucoup à ce sujet et tous disent qu'elle jouait avec une technique pharamineuse (Horowitz du reste en avait gardé un souvenir ému lui qui avait joué avec elle à Paris dans le salon de la Polignac) et un répertoire axé sur le romantisme et le XXe siècle.

Perlemuter l'avait bien connue ainsi que Jacques Février et Magaloffi : tous trois m'ont raconté que ces vingt ans de trou entre 1918 et 1938 n'était explicable que par la personnalité d'Haskil...

Les pianistes la vénéraient, et elle passait son temps à dire qu'elle jouait mal, qu'il fallait pas l'inviter, que de toute façon elle viendrait pas.

Elle venait, mais passait son temps à dire, pendant la répétition, que ça marchait pas, qu'elle pourrait pas jouer le soir.

Bien sur, elle jouait. Et après se sauvait et se cachait :o après avoir copieusement engueulé tout le monde :lol:

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Message » 31 Oct 2006 16:27

Merci "haskil" pour cette belle histoire : je possède de Clara Haskil un enregistrement que je ne me lasse pas d'écouter : le concerto de Schumann* suivi des Kinderszenen, des Waldszenen et des variations "Abegg" op1.

* The Hague philarmonic / Willem van Otterloo

Pardon de m'être éloigné de Rachmaninov . :wink: :oops:
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Message » 31 Oct 2006 16:45

Il existe par elle une Etude Tableau de Rachmaninov qu'elle a enregistrée elle-même chez elle sur son piano, un quart Steinway :wink:

Si tu l'apprécies, il faudrait que tu cherches d'autres disques par elle. Plus réussis encore (surtout le concerto qui est un peu plat dans ce disque de studio qu'elle trouvait "infect"... ce qui n'est pas étonnant venant d'elle :lol: :lol: )...


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Message » 31 Oct 2006 19:03

haskil a écrit:Les pianistes la vénéraient, et elle passait son temps à dire qu'elle jouait mal, qu'il fallait pas l'inviter, que de toute façon elle viendrait pas.


:wink:

J'ajoute que l'on peut aussi remercier Clara Haskil d'avoir encouragé Géza Anda à se plonger dans Mozart, qui nous a ensuite donné la première (il me semble) intégrale des concertos pour piano.

Cordialement,
Polonsky
 
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Message » 31 Oct 2006 19:14

Pas la première, la deuxième. Lily Kraus avait précédé Geza Anda dans l'intégrale des concertos de Mozart. Mais effet, Haskil a encouragé Anda.

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Message » 31 Oct 2006 19:28

haskil a écrit:Pas la première, la deuxième. Lily Kraus avait précédé Geza Anda dans l'intégrale des concertos de Mozart. Mais effet, Haskil a encouragé Anda.


Oui, c'est bien possible. J'oubliais Lili Kraus dont je ne connais que des enregistrements épars des concertos. Et si je me souviens bien d'une intégrale (pour Columbia ?), il est possible qu'elle ait été la première achevée en effet. Par contre, il me semble (tu infirmeras au besoin) que l'intégrale de Anda était commencée avant celle de Kraus.

Cordialement,
Polonsky
 
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Message » 31 Oct 2006 19:56

De mémoire, l'intégrale des concertos Kraus l'a d'abord donnée en concerts au mitant des années 1950, avant de l'enregistrer pour un petit éditeur dont le nom m'échappe à l'instant. Je me demande même si elle n'a pas recommencé une intégrale en stéréo qui n'a pas été achevée.

Anda, c'est en stéréo pour DGG (avec l'orchestre Camerata Académica de Salzbourg ou du Mozarteum ?), au début des années 1960, pour la stéréo donc.

Et il a été le premier, ça c'est certain, à mener à bout une intégrale dirigée du clavier, suivant en cela l'exemple d'Edwin Fischer qui jouait souvent les concertos en dirigeant du piano, mais qui n'a pas enregistré l'intégrale des concertos.


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Message » 31 Oct 2006 20:11

haskil a écrit:De mémoire, l'intégrale des concertos Kraus l'a d'abord donnée en concerts au mitant des années 1950, avant de l'enregistrer pour un petit éditeur dont le nom m'échappe à l'instant. Je me demande même si elle n'a pas recommencé une intégrale en stéréo qui n'a pas été achevée.


Si tu retrouves ça m'intéresse énormément. Dans les années 50, je connais un disque avec Pierre Monteux (et Boston), ainsi qu'un autre disque dont j'oublie les références à l'instant. Dans les années 60, je crois me souvenir que Kraus fit une intégrale stéréo pour Columbia (chef ?), peut-être incomplète. Je ne crois pas qu'elle ait été éditée en cd.

haskil a écrit:Anda, c'est en stéréo pour DGG (avec l'orchestre Camerata Académica de Salzbourg ou du Mozarteum ?), au début des années 1960, pour la stéréo donc.


Camerata Academica du Mozarteum de Salzburg. Intégrale enregistrée à Salzburg intégralement à partir de 1962 (Grosses Festspielhaus, Kleines, et Mozarteum).

haskil a écrit:Et il a été le premier, ça c'est certain, à mener à bout une intégrale dirigée du clavier, suivant en cela l'exemple d'Edwin Fischer qui jouait souvent les concertos en dirigeant du piano, mais qui n'a pas enregistré l'intégrale des concertos.


Anda connaissait d'ailleurs bien Fischer à qui il succéda aux masterclasses de Lucerne. Ce qui est très intéressant, outre les points communs entre Kraus et Anda (pas dans le jeu mais dans les influences et les origines), c'est que tous deux accordèrent beaucoup d'intérêt aux cadences dans les concertos de Mozart.

Cordialement,
Polonsky
 
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Message » 31 Oct 2006 20:37

haskil a écrit:
Anda, c'est en stéréo pour DGG (avec l'orchestre Camerata Académica de Salzbourg ou du Mozarteum ?), au début des années 1960, pour la stéréo donc.


Polonsky répond : Camerata Academica du Mozarteum de Salzburg. Intégrale enregistrée à Salzburg intégralement à partir de 1962 (Grosses Festspielhaus, Kleines, et Mozarteum).


Donc pas l'Orchestre du Mozarteum de Salzbourg, mais la Camerata Académica du Mozarteum de Salzbourg qui mélange des professeurs et des étudiants et est 9 fois sur 10 moins routinier que l'autre orchestre dépendant, lui aussi, de cette école de musique.

Pour la première intégrale, de lili Krauss c'est une petite marque : j'hésite entre nos discophiles français (mais je crois pas), Vanguard ou encore une autre et c'était peut-être dirigé par son mari (? il me semble).

Le disque avec Monteux à Boston a un jeu vivant, alerte.

En tout cas, certain de certain : son intégrale des sonates chez Columbia (aujourd'hui Sony) est pétillante de vie, de théâtre, d'invention, de charme !

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Message » 31 Oct 2006 20:47

haskil a écrit:Donc pas l'Orchestre du Mozarteum de Salzbourg, mais la Camerata Académica du Mozarteum de Salzbourg qui mélange des professeurs et des étudiants et est 9 fois sur 10 moins routinier que l'autre orchestre dépendant, lui aussi, de cette école de musique.


Oui, c'est bien lui. Orchestre que dirigea ensuite un autre hongrois Sándor Végh avec un grand bonheur (et notamment dans l'une des plus belles intégrales des concertos de Mozart, du point de vue orchestral du moins ou dans des symphonies).

haskil a écrit:Pour la première intégrale, de lili Krauss c'est une petite marque : j'hésite entre nos discophiles français (mais je crois pas), Vanguard ou encore une autre et c'était peut-être dirigé par son mari (? il me semble).


La guilde du disque ou quelque chose comme ça ? Mais je ne sais pas si c'était dirigé par son mari par contre.

haskil a écrit:Le disque avec Monteux à Boston a un jeu vivant, alerte.

En tout cas, certain de certain : son intégrale des sonates chez Columbia (aujourd'hui Sony) est pétillante de vie, de théâtre, d'invention, de charme !


Il faut que j'écoute à nouveau. Mais c'était une très grande dame du piano !

Cordialement,
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Message » 31 Oct 2006 20:57

blounote a écrit:comparativement, Je dirais de la version de Biron Janis qu'elle cultive le côté romantique avec ses envolées c'est plus lent, on se laisse aller a la mélodie peut ^tre en forçant le trait...


C'est curieux, je trouve l'inverse avec Janis : si j'osais, pour moi c'est "l'anti-vautrage" sur les concertos en question : je trouve qu'il est on ne peut plus éloigné du mode "pompier" (voire musique de film) que l'on trouve si souvent. Il a un rythme, et même parfois une certaine sécheresse, que j'aime beaucoup. Alors que tant d'autres se "vautrent" dans un genre à la limite du dégoulinant. Tout ceci AMHA et avec des expressions peut être un peu excessives :mdr:.

J'en déduis que Van Cliburn doit être très "particulier" dans son interprétation :lol:
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Message » 31 Oct 2006 23:57

Je viens de trouver un Katsaris très "Cziffra-ien" là :

http://www.youtube.com/watch?v=bGArQngketU

Ca donne une idée du personnage... et illustre quelque peu mes précédents propos. A certains endroits, les similitudes de jeu (le mimétisme ?) sont assez troublants.

Cordialement,
David.

Sinon, je suis aussi tombé sur ça :

http://www.youtube.com/watch?v=TuQo-l4k ... ed&search=

http://www.youtube.com/watch?v=OVrHhFYV ... ed&search=

http://www.youtube.com/watch?v=kwq-hxZn ... ed&search=

Franchement : voir (et non plus seulement entendre) le premier mouvement du concerto pour piano solo d'Alkan joué... comme ça.

Il le joue exactement comme sur le disque de studio : ce type est incroyable ! hallucinant ! Et c'est une oeuvre si fascinante, si unique et si... ouarf (environ) ! C'est à la limite du concevable... et en plus de mémoire... sans doute une des oeuvres les plus difficiles du répertoire. Chapeau bas...

Au-delà (mais aussi avec) Rachmaninoff, ce post, du coup, m'a fait me replonger dans mes disques de piano : je n'écoute plus que ça depuis hier. Merci à tous !
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Message » 01 Nov 2006 8:58

IL n'y a décidément rien dans le jeu de Katasaris qui rappelle Cziffra. Et surtout pas dans cette fantaisie hongroise de Liszt ! Ni musicalement, ni pianistiquement !

Que Katsaris ait un mécanisme parfait est une chose, qu'il y ait le début du commencement de la moindre électricité et tension dans son jeu en est une autre. Chez Cziffra il y a toujours une totale indifférence au beau piano : il joue vrai, se lance dans la musique.


Qu'il admire Cziffra est une certitude, mais tous les pianistes admirent Cziffra ou quasi ! :wink: Je l'ai vu et entendu imiter volontairement Cziffra en hommage à ce dernier : vol du bourdon... mais comme il a voulu montrer qu'il pouvait jouer plus vite que son modèle... il a réussi, mais Cziffra n'était pas là... :lol:

Car l'essence du jeu de Cziffra n'est pas ni la vitesse ni la perfection des doigts...

Ce que l'on entend, ce sont des doigts parfaits (encore que cette fantaisie hongroise ne soit pas un monument de difficultés, elle fait plus d'effet qu'elle n'est difficile : la totentanz est plus vache !), mais rien de l'ivresse pianistique, rien de la fantaisie au sens fort du terme, rien de l'esprit chevaleresque et batailleur, rien de l'esprit tzigane qui sont l'essence de cette oeuvre et que Cziffra, Clida, Richter mettent dans la même oeuvre.

Là c'est du piano magnifique par un pianiste qui a laissé la musique au vestiaire pour un étalage impassible et narcissique de ses doigts... et qui en plus ne fait pas d'effet et ne soulève pas l'auditeur de terre !


Hamelin, c'est une autre dimension de musicien que Katasaris... un gros cran au dessus... quant à ses doigts (en plus il lit à vue comme s'il lisait le journal !) ils sont parfaits.... et lui n'a pas ce narcissisme de Katsaris... mais son jeu ne rappelle pas non plus celui de Cziffra...

Ils leur manque à tous l'électricité et la verve, ils ont des arrières pensées et Cziffra justement n'en n'avait pas : il jouait comme il était et pas comme il voulait être vu (Katasaris...).

Hamelin a enregistré le plus beau A prole do bébé (deuxième cahier) de Villa Lobos de toute la discographie (maigre, hélas de cette oeuvre) et un disque consacré à un compositeur russe qui écrivait du jazz imrovisé dont malheureusement le nom m'échappe à l'instant...

Parfois, manque à Hamelin une présence d'interprète qui transcenderait ses seules facultés digitales, m'enfin on est musicalement bien au dessus de Katsaris et pianistiquement au même niveau.



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Message » 01 Nov 2006 11:20

haskil a écrit: un disque consacré à un compositeur russe qui écrivait du jazz imrovisé dont malheureusement le nom m'échappe à l'instant...


Nikolai Kasputin.

haskil a écrit:Hamelin, c'est une autre dimension de musicien que Katasaris... un gros cran au dessus... quant à ses doigts (en plus il lit à vue comme s'il lisait le journal !) ils sont parfaits.... et lui n'a pas ce narcissisme de Katsaris... mais son jeu ne rappelle pas non plus celui de Cziffra...


Evidemment... la seule chose ici qui m'importe, c'est la pièce qu'il joue d'Alkan... comme il la joue.

C'est vraiment sans équivalent à ma connaissance... comme je le disais, je suis "tombé dessus" sans vraiment la chercher cette inerprétation. Et là... c'est renversant.

Pour Katsaris : compte tenu des mots et des tournures que j'ai utilisé ("mimétisme ?" par exemple), cet extrait illustre parfaitement mes propos.

Après, je l'ai noté également, le jeu de Cziffra (par bien des côtés, pittoresque car très marqué, par nombre de choses, personnelles, historiques, ethniques aussi) ce n'est pas de l'effet... mais d'abord son sang qui s'exprime. Des canons et des fleurs... :wink:

Rien à voir donc : c'est une tension immanente qui soudain se libère et amène une vraie transcendance incandescente. Pour être la réincarnation de Liszt... il faut sans doute être hongrois, déjà quelque part, et sans doute complètement ! :mdr:

"Proche" (par certains côtés et par certains choix stylistiques, dans le cas de Katsaris, car Cziffra n'était d'aucun style) ne veut pas dire "identique". Evidemment.

C'est en ce sens que la notion de "comparaison" est pertinente, par rapport à ce qui peut sembler proche... et ce qui ne l'ai que sur des apparences (effets).

Par conséquent, "être cziffra-ien" (et être convaincu de l'être)... ça n'est pas "être Cziffra" (qui est, en tout cas dans la plupart des oeuvres Lisztiennes, mon pianiste préféré).

Cordialement,
David.
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