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Musique enregistrée : BLURAY, CD & DVD musicaux, interprètes...

Le Ring, Solti, SACD : L'Or du Rhin - Das Rheingold

Message » 06 Mar 2010 13:23

Esoteric a édité il y a peu en Super Audio Compact-Disc (SA-CD) l'intégralité du Ring des Nibelungen dans l'interprétation fameuse de Sir Georg Solti avec le Wiener Philharmoniker.

http://esoteric.teac.com/esoteric_remas ... ibelungen/

Il s'agit d'une édition limitée à 1 000 exemplaires pour le monde entier. Elle n'a été initialement distribuée qu'au Japon, probablement pour des raisons de droits d'auteur, mais de nombreux exemplaires ont été vendus à quelques distributeurs hors Japon, notamment aux Etats-Unis.

Je viens de recevoir mon coffret en provenance des Etats-Unis. 8)

L'objet est tout simplement magnifique. Le volumineux coffret cartonné renforcé couleur bordeaux protégé par un manchon plastique contient 14 SA-CD hybrides avec l'intégralité du Ring et un DVD documentaire sur la production du cycle. Tous les disques sont protégés dans huit boîtiers plastifiés taille DVD.

D'après le matériel promotionnel publié par Esoteric, les SA-CD ont été produits à partir de la numérisation du signal analogique provenant de la conversion des copies numériques en PCM 24 bits/96 kHz des masters analogiques que Decca avait réalisées il y a quelques années. Le convertisseur numérique/analogique qui a été utilisé est naturellement le meilleur du catalogue contemporrain d'Esoteric : deux convertisseurs monoraux D-01VU associés à une horloge G-0Rb. Le convertisseur analogique/numérique qui a été utilisé pour la conversion en DSD est un EMM Labs ADC8. La production a été réalisée avec le concours et dans les locaux de JVC.

Malheureusement, le matériel imprimé qui fait la richesse de ce coffret est en langue japonaise : un opuscule de présentation du cycle, un autre opuscule plus petit comportant l'indexation annotée des pistes de tous les SA-CD (avec des mentions en anglais sur les noms des rôles), les livrets de tous les opéras (en japonais et en allemand, la langue originale) en deux volumes, et le livre du preneur de son John Culshaw, Ring Resounding.

Pour ceux qui ne pratiquent pas le japonais, l'achat de ce coffret ne peut être motivé que par l'intérêt de disposer d'une édition en haute définition basée sur le remaster en 24 bits le plus récent ou par une démarche de collectionneur.

En effet, il est incompréhensible que Decca (ou plus exactement le groupe Universal) soit infoutu de réaliser une édition de cette qualité d'une des perles de son propre fonds discographique. :evil:

Comme j'étais persuadé que même si j'attendais encore quinze ans, Decca n'aurait pas republié ces enregistrements légendaires en haute définition et sous une forme aussi luxueuse, je me suis décidé à acquérir cette édition Esoteric.

Je viens d'écouter le premier des quatre opéras du cycle, l'Or du Rhin.

Dès les premières mesures de l'introduction, ce murmure sourd et profond qui semble surgir des tréfonds de la terre et au-dessus desquelles se pose comme des gemmes les voix d'Oda Balsborg (Woglinde), Hetty Plümacher (Wellgunde), Ira Malaniuk (Flosshilde), et Gustav Neidlinger (Alberich), j'ai été complètement absorbé, fasciné, captivé par ce monde grouillant de vie, débordant de puissance, foisonnant de surprises.

Beaucoup a été dit et écrit sur le déclin du chant wagnérien pour que je ne puisse me dispenser de souligner tout particulièrement la qualité de toute, absolument toute la distribution des rôles, tous chantés avec un allant et un caractère parfait, et une diction excellente. Mention toutes particulières aux rôles masculins, qui tirent le épingle du jeu de bout en bout.

Rappelons le travail immense réalisé sur cet Or du Rhin enregistré en studio pour donner l'image sonore d'une mise en scène opératique. Les chanteurs évoluent dans un espace et large profond posé sur le fondement d'un orchestre symphonique au grand complet et à chaque instant survolté par la baguette de Solti. L'équilibre entre chant et orchestre est très bien dosé ; même dans les moments les plus tonitruants, celui-ci ne masque pas celui-là. Le résultat est un bain sonore magistral, une immersion totale dans le spectable, malgré l'absence d'image. C'est un véritable tour de force.

Cet Or du Rhin a été enregistré en stéréophonie en 1958. Et pourtant, la qualité sonore est inouïe. L'approche artistique privilégie la fusion des registres (ce qui donne cette sensation d'un maëlstrom sonore permanent), avec des fulgurances spectaculaires (les percussions exotiques, les fortissimi). L'échelle dynamique est impressionnante, mais sans aucune dureté. Les fortissimi passent comme lettre à la poste. La sensation de prise directe avec le réel est permanente, exaltante. On est au spectacle de bout en bout, et on en redemande ! Impossible de ne pas tout écouter d'une traite.

C'est en les découvrant qu'on comprend pourquoi certaines oeuvres ou certaines interprétations d'oeuvres vivantes sont entrées au Panthéon de la postérité. Cet Or du Rhin s'impose avec évidence à un nouvel auditeur comme l'une des illustres figures de la légende du disque.

Cette édition en SA-CD a largement répondu à mes espoirs. Du point de vue technique, il m'est difficile, vraiment très difficile, d'imaginer qu'un son d'une telle qualité puisse seulement tenir sur CD. Mais je peux me faire des idées.

Seconde époque à chroniquer : les Walkyries.

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Message par Google » 06 Mar 2010 13:23

 
 
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Message » 08 Mar 2010 21:52

Merci pour ce CR détaillé. J'ai moi-même la version CD, remasterisation de 1997 par James Lock.
Je voulais juste ajouter que les livrets qui viennent avec l'édition CD sont passionnants. Ils résument l'histoire en l'analysant, bien entendu, mais ils décrivent également la composition musicale : l'utilisation des leitmotivs, pourquoi tel groupe d'instruments à tel moment etc.
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Message » 09 Mar 2010 17:14

Merci Scytales, superbe ce coffret!

Je me souviens tu m'avais fait acheter après la lecture d'un de tes CR alléchants un préampli Yamaha C2, vais-je encore être tenté?

Je possède les 2 versions de cette tétralogie sur CD "normaux" et la remastérisation est sans conteste supérieure : dans Die Walküre, pourtant l'enregistrement le plus tardif, il y avait certaines duretés et Siegfried avait du souffle. Tout cela a été amélioré de façon notable dans la nouvelle version.
Par ailleurs j'ai toujours trouvé que l'enregistrement de Die Götterdämmerung était le plus réussi de tous, notamment dans le placement des chanteurs, avec une scène sonore assez réaliste.
Néanmoins la direction de Solti bien qu'épique a quelques effets appuyés un peu fatigants à la longue (et on perd parfois certains moments de lyrisme pur), et je pense que c'est aussi dû au placement des micros.

Car dans les mêmes années, DECCA a pourtant réussi quelques petits chefs-d'oeuvre, les extraits à Covent Garden (parus chez Eloquence) ou des intégrales comme Semiramide avec J. Sutherland, Orphée de Gluck avec M. Horne etc où l'équilibre voix/orchestre est mieux respecté, où la disposition même des pupitres est plus réaliste.

Je ne pense pas que cette version même en SACD puisse nous rétablir cela puisque le choix de la firme était d'enregistrer la tétralogie dans une perspective de spectacle presque recréé pour le disque au détriment de la scène comme à l'opéra. De plus l'acoustique à Vienne plutôt difficile n'a pas dû aider...
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Message » 09 Mar 2010 17:58

A part la présentation luxueuse du coffret - rappelons que tous les écrits sont quasi-exclusivement rédigés en langue japonaise - je ne sais pas dire si l'édition Esoteric du Ring apporte une plus-value technique sur la précédente édition.

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Message » 09 Mar 2010 18:19

Si en SACD, l'ancienne n'était qu'en CD!
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Le Ring, Solti, SACD : La Walkyrie - Die Walküre

Message » 02 Mai 2010 20:03

Après le prélude, le premier jour : la Walkyrie.

Je retrouve la même puissance expressive que dans l'Or du Rhin tout le long de l'opéra. Dans cette oeuvre, ce sont plutôt les rôles féminins qui attirent mon attention, avec notamment une Brünnhilde décapante. La mise en scène sonore est toujours aussi impressionnante, notamment dans le passage fameux de la chevauchée des Walkyries.

Par contre, la qualité de la prise de son est moins homogène. Certains passages sont clairement compressés (l'orchestre recule), mais globalement la qualité sonore est excellente.

Globalement, cette production de la Walkyrie me laisse le sentiment d'une moindre réussite que l'Or du Rhin, captivant de bout en bout. La distribution des rôles me paraît en outre moins parfaite.

Prochaine étape : Siegfried

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Message » 04 Mai 2010 18:15

Scytales je partage avec toi cette impression sur la prise de son, avec des effets parfois trop accentués. Néanmoins elle s'intègre très bien dans cette tétralogie. Certains (surtout américains) disent que la version Leinsdorf/RCA de 1961 remplit mieux son rôle de suite logique du Rheingold avec le Wotan à nouveau de London (face à celui soit disant fatigué de Hotter), le couple Vickers/Brouwenstijn plus enflammé que King/Crespin (ça se discute) et surtout la Brünnhilde de Nilsson plus jeune et chronologiquement enregistrée dans l'ordre.
Malgré ses défauts, je trouve la Walküre de Solti à sa place dans la Tétralogie de Solti!

PS: j'ai eu l'occasion d'écouter des passages sur des enceintes type LS3/5A, mon Dieu quelles merveilles pour les enregistrements de cette époque!!! (aussi testé les Noces de Kleiber, le Don Juan de Giulini etc)
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Message » 05 Mai 2010 9:20

Bonjour à tous, pour ma part j'ai commencé avec Wagner par ce vinyle que j'ai racheté en CD:
Image
C'est toujours bien ou il y a mieux depuis? :roll:
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Message » 05 Mai 2010 12:14

Salut,

Le CD (Vol. I) que tu mentionnes faisait partie d'une réédition seulement partielle en 2 CD de l'intégrale en vinyle, partielle car certains morceaux étaient passés à la trappe du 33t au CD.

Depuis EMI a réédité l'absolue intégrale dans la collection "Great Recordings of the Century" en un coffret de 2 CD seulement mais mieux remplis (quasi 80 min chacun) et remastérisés pour l'occasion :
Image

Cela reste une excellente version classique des ouvertures et versions orchestrales de la Mort d'Isolde, Chevauchée des Valkyries etc.

Toutefois si tu veux du neuf, tu peux essayer la version live de Janssons, moderne et dynamique :
Image

Tu peux écouter cet album intégralement et gratuitement ici :
http://www.musicme.com/#/Mariss-Jansons ... 93128.html

Si tu veux quelque chose de franchement décapant, il faut écouter la version de Norrington (chez EMI avec les Classical Players) qui joue Wagner absolument sans vibrato, on aime ou on déteste mais on ne peut rester indifférent! :wink:
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Message » 05 Mai 2010 18:44

Merci Ha-Dê! :wink:

Edit: Tu as raison je viens de vérifier: sur le Vinyle => 6 titres, sur le CD => 8 titres. Et pas forcement les mêmes...
screw_squirrel
 
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Message » 06 Mai 2010 5:20

Je crois qu'il y avait 3 vinyles en tout. :D
Ha-Dê
 
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Message » 06 Mai 2010 9:33

Ha-Dê a écrit:Je crois qu'il y avait 3 vinyles en tout. :D

Oui, j'ai l'album III. :mdr:
Je l'avais acheté vers 1985 parce qu'il y avait la "chevauchée des Walkyries" , je venais de voir "Apocalypse Now" de FFC au cinéma copie neuve 70mm, son dolby etc... :o
On est vite impressionnable à vingt ans! :D
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Message » 06 Mai 2010 14:23

screw_squirrel a écrit:
Ha-Dê a écrit:Je crois qu'il y avait 3 vinyles en tout. :D

Oui, j'ai l'album III. :mdr:
Je l'avais acheté vers 1985 parce qu'il y avait la "chevauchée des Walkyries" , je venais de voir "Apocalypse Now" de FFC au cinéma copie neuve 70mm, son dolby etc... :o
On est vite impressionnable à vingt ans! :D


Moi je trouve ça très bien!

Mais il me semble que dans le film c'est une version avec voix (originales de l'opéra), enfin je ne sais plus, et peut être bien extraite de l'intégrale du Ring de Solti.
Ha-Dê
 
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Message » 04 Déc 2011 16:39

:oldy:
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