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Tout sur les séries... Télévisées, mais aussi webséries ou VOD ( type Netflix )

Odyssey 5

Message » 27 Mar 2008 18:59

Je suis en train de me les faires , c'est plutôt sympa pour l'instant (4 épisodes) , et je trouve déjà dommage qu'il n'y ai que 20 épisodes ....
et oui cette série a coulée :(
http://www.allocine.fr/series/critiquep ... e=104.html
néo

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Message par Google » 27 Mar 2008 18:59

 
 
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Message » 23 Avr 2008 23:11

Quelques échanges sur Odyssey 5 dans le topic de Babylon 5 à partir d’ici et surtout de .
Il était logique que tôt ou tard les deux "5" de la SF se rencontrent... dans un forum. :wink:

Yves
yrad
 
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Message » 27 Avr 2008 15:21

J'ai fini les dvd ce matin vers 3h 8)
Donc pour être honnéte, on peut dire que j'ai bien aimé :wink:
Ceci dit, il m'a manqué un petit quelque chose pour que je parle de chef d'oeuvre.

Dans les points positifs, le coté "humain" des personnages est d'une richesse absolument exceptionnelle comme les relations Chuck avec sa famille ( femme, père, soeur, je mets Neil de coté ) ou Sarah avec son fils Corey.

Dans les points négatifs par contre...

En premier le personnage de Neil, il entre en seconde ( 1ere année de lycée ) et 5 ans plus tard il est astronaute en mission dans l'espace et sur terre il roule en Porsche ou en Harley...
Je ne l'ai absolument jamais trouvé crédible et je trouve que c'est un boulet que l'histoire se traine.

En deuxième l'histoire elle même, il y a déjà 50 planètes qui ont subit le sort ( dit par le seeker dans le pilote, ce fait est rappelé dans certains épisodes comme celui ou Chuck se fait télécharger sa conscience ), or à moins que par un hasard extraordinaire les 50 planétes aient développé Internet et que sur leur Internet il y ai eu des Sentients et que les Sentients en question aient été à cahque fois reponsable de la destruction de la planéte en question... Bref, y'a quand même infiniment + de chances que les destructeurs des 50 mondes soit les mêmes et plutot d'origine "extra-terrestre" donc quand je vois l'équipe surfer le web ou sombrer dans la théorie du complot contre les Cadres, je me dis qu'ils cherchent pas du bon coté ( confirmé dans la dernier épisode avec l'arrivée des "martiens" ;-) ).

J'ajouterai qu'on échappe pas aux poncifs du voyage dans le temps : dans un épisode Kurt perd tout son argent en pariant sur un match dont la fin ne se passe pas comme prévu et ensuite si j'ai bien compris il se paye quand même sa Ferrari comme ca ( avec des paris sportifs ), les aller retour "c'est pareil qu'il y a 5 ans", "c'est différent d'il y a 5 ans" sont assez pénibles, surtout que je trouve que ca fait trop scénariste qui se rattrape aux branches ( si tout se passe comme il y a 5 ans, ca fait que nos protagonistes seraient omniscients et ca casse un peu les possibilités de surpise et de suspens ).

Coté suspens justement, là aussi les "loupés" classiques : ils sont presque à l'asphixie dans la navette et oh miracle à la dernière seconde ils sont sauvés... Bon, s'ils étaient morts y'aurait pas eu de série donc on peut pas dire qu'il y ai eu un doute. De même quand Chuck abandonne l'équipe, la seule question étant "combien d'épisodes il va rester à part" vu qu'il est trop évident qu'il va revenir. Enfin, le classique débarquement des synthétiques chez l'un ou l'autre des protagonistes justement au moment ou il y a quelque chose qui se passe, alors que si j'avais un ennemi redoutable je ne rentrerai de toute facon plus chez moi vu que c'est là que l'ennemi va m'attendre pour me tuer ( 99.9% des séries ceci dit, la seule exception notale étant Supernatural qui ajoute un coté "road movie" )

Bref ( si j'ose dire ), une série très interessante, un énorme potentiel et de bons espoirs que ca aille en s'améliorant et que ce potentiel soit exploité (*) mais en l'état j'ai trouvé que c'était presque "trop" ambitieux et du coup pas toujours maitrisé....

(*) en surfant le web, j'ai l'impression d'avoir surtout trouvé énormément de regrets de l'arret de la série mais plutot pour ce qu'elle "aurait pu être" que pour les épisodes existants...

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Message » 28 Avr 2008 0:50

yrad a écrit:[...]lorsque tu arriveras au dernier épisode d'Odyssey 5, tu comprendras même à quel point "scandaleux" est un euphémisme...
Car la série était déjà particulièrement impressionnante dans ses dix-neuf premiers épisodes. Mais avec le vingtième et dernier, on a la surprise de découvrir que ce n'était finalement rien par rapport à ce qui allait suivre ! :o
Le potentiel d'Odyssey 5 était proprement exceptionnel. :D :cry:

Vous allez peut-être pouvoir m'expliquer ce qui se raconte dans le sous-sol du dernier épisode, parce que j'ai l'impression qu'on n'est pas aidé par la traduction : le doublage parle “d'Humains A” (donc des humains) et les sous-titres VO de “ahumans” (des inhumains ? donc des synthétiques ?) Je vous laisse la parole. C'est l'occasion d'utiliser les balises HIDE :wink:

Globalement, j'ai bien aimé, mais par moment ça m'a rappelé un épisode pastiche de Stargate :
– Capitaine, l'étoile se transforme en supernova.
– Armez les torpilles à photon !
– Mais Capitaine, les torpilles à photon sont impuissantes à empêcher l'étoile d'exploser.
– Oui, mais les spectateurs ne le savent pas.

Bref, les Dei ex machina pseudo scientifiques, ça me gave à la longue.

Sinon, je suis d'accord sur les qualités de la série énumérées par Ogobert. J'ai surtout regretté que le personnage d'Angela ne soit pas plus épais. Apparemment, quand elle n'est pas dans l'espace, elle n'est bonne qu'à rendre les hommes amoureux.
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Message » 28 Avr 2008 1:02

Attention spoilers !

Bravo ogobert de t’être immergé ainsi dans Odyssey 5, et merci pour cette belle analyse détaillée. Si tout le monde pouvait en faire autant après avoir visionné une série…

Tu as très bien relevé l'un des grands points forts de la série : la psychologie réaliste et les relations humaines.

Mais je ne suis toutefois pas d'accord avec tes points négatifs, et j’espère que tu ne me tiendras pas rigueur d’y répondre. :wink:
Et je maintiens mon qualificatif de chef d'œuvre. :mdr:

ogobert a écrit:En premier le personnage de Neil, il entre en seconde ( 1ere année de lycée ) et 5 ans plus tard il est astronaute en mission dans l'espace et sur terre il roule en Porsche ou en Harley...
Je ne l'ai absolument jamais trouvé crédible et je trouve que c'est un boulet que l'histoire se traine.

Formellement, ce n'est pas incohérent. Neil a suivi le programme de trois ans de la NASA, il était supposé être doué, et son père y fut peut-être aussi pour quelque chose.
Neil occupe les classiques fonctions du "doué qui s'ignore" pour "l'informatique", et du "jeune sympa" pour le public ado. Je conçois donc parfaitement qu'il puisse agacer, comme Wesley Crusher dans ST TNG.
Cela dit, Neil aura objectivement permis quelques développements intéressants (Kitten, l'or magique, les interactions avec son frère Marc...).

ogobert a écrit:En deuxième l'histoire elle même, il y a déjà 50 planètes qui ont subit le sort ( dit par le seeker dans le pilote, ce fait est rappelé dans certains épisodes comme celui ou Chuck se fait télécharger sa conscience ), or à moins que par un hasard extraordinaire les 50 planétes aient développé Internet et que sur leur Internet il y ai eu des Sentients et que les Sentients en question aient été à cahque fois reponsable de la destruction de la planéte en question... Bref, y'a quand même infiniment + de chances que les destructeurs des 50 mondes soit les mêmes et plutot d'origine "extra-terrestre" donc quand je vois l'équipe surfer le web ou sombrer dans la théorie du complot contre les Cadres, je me dis qu'ils cherchent pas du bon coté ( confirmé dans la dernier épisode avec l'arrivée des "martiens" ;-) ).

Au contraire, je trouve que c'est toute l'originalité d'Odyssey 5 de ne pas forcément imputer la destruction des 50 planètes à une cause extraterrestre commune !
Nous sommes en fait là au cœur du débat exobiologique : si la vie "sentient" s'est développée sur d'autres planètes de types terrestres, est-elle semblable à la vie humaine (dite alors humanoïde, aussi bien sur des bases darwiniennes, lamarckiennes que créationnistes), ou est-elle totalement différente (donc pas du tout humanoïde) ? Ne possédant pour le moment qu'un seul exemple (le nôtre), nul ne peut répondre vraiment à cette question.
La plupart des univers de SF audiovisuelle (Star Trek, Babylon 5, Stargate, Star Wars...) ont privilégié la première solution, car même si elle présente le défaut d'être trop anthropomorphe, elle reste la plus viable : 1) pour faire de la SF dans un budget "raisonnable" ; 2) parce que de vrais acteurs humains sont forcément plus riches et nuancés que des CGI ou des marionnettes à 4 têtes et 20 jambes ; 3) parce que dans le cas d'êtres sentients très différents des humains, les ressorts narratifs sont particulièrement limités. Ce troisième point est très bien illustré par les quelques romans et films qui ont tenté l'"expérience non-humanoïde" : L'invicible de Stanislas Lem, 2001 de Stanley Kubrick, Solyaris d'Andrei Tarkovsky, plusieurs épisodes de Star Trek (par exemple ST VOY 05-19 The Fight (Le combat)...). Ce type d'"expérience" transcende l'entendement humain : on n'y comprend pas grand chose, toute communication est en général impossible, c'est ultra-expérimental... Ce type d'"expérience" est peut-être intéressante tant qu'elle reste ponctuelle, mais il est impossible de la développer sur une série complète. Car c'est littéralement la question indicible du Nagual et du Tao...
Dès lors que la SF audiovisuelle prend le parti d'envisager la vie alien comme semblable à la nôtre, il est logique de supposer aussi un développement technologique comparable, moyennant des variations de rythme et de forme.
Ceci posé, l'idée de 50 planètes distinctes, abritant la vie sentient - donc humanoïde -, et qui auraient été toutes détruites sans l'intervention d'un agent extérieur, est une idée particulièrement audacieuse, car elle ne se résout ni dans l'évidence, ni dans la prévisibilité. Cela offre la possibilité d'explorer une possible étape systémique de l'évolution des humanoïdes : lorsqu'une certaine masse critique technologique est atteinte (que ce soit l'Internet terrestre ou d'autres types bases de données ou de systèmes interactifs), naissent inéluctablement des formes de consciences artificielles. Mais ces consciences ne sont pas organisées, elles ne forment pas un collectif, elles ne poursuivent pas un but commun (comme dans la plupart des SF sur ce thème). Ces consciences sont en réalité multiples, égarées, parfois même cinglées. Donc d‘autant plus dangereuses. Pour le coup, c'est une variation très originale de la thématique de l'IA, bien plus originale et audacieuse que "le méchant alien destructeur de planètes" !
Odyssey 5 a ainsi imaginé un facteur limitant radical dans l’évolution des humanoïdes, une étape que bien peu de sociétés humanoïdes seraient capables de franchir… Et les extraterrestres apparus dans le dernier épisode n’invalident pas forcément cette hypothèse, étant donné que leur rôle demeure totalement inconnu.

ogobert a écrit:J'ajouterai qu'on échappe pas aux poncifs du voyage dans le temps : dans un épisode Kurt perd tout son argent en pariant sur un match dont la fin ne se passe pas comme prévu et ensuite si j'ai bien compris il se paye quand même sa Ferrari comme ca ( avec des paris sportifs ), les aller retour "c'est pareil qu'il y a 5 ans", "c'est différent d'il y a 5 ans" sont assez pénibles, surtout que je trouve que ca fait trop scénariste qui se rattrape aux branches ( si tout se passe comme il y a 5 ans, ca fait que nos protagonistes seraient omniscients et ca casse un peu les possibilités de surpise et de suspens ).

Il est impossible de mettre en scène le voyage dans le temps sans en respecter les propriétés inhérentes. De la même façon que pour n'importe quelle autre thématique de SF qui se prend au sérieux.
Les voyages temporels dans le passé se déclinent en quatre possibilités :
- on ne peut changer la trame temporelle, parce qu'on est finalement simple spectateur ;
- on ne peut changer la trame temporelle, parce qu'elle est assujettie à un déterminisme qui rend vaine toute tentative de modification ;
- on peut changer la trame temporelle, mais uniquement en altérant certains point nodaux importants (selon le langage de Poul Anderson) ;
- on peut changer la trame temporelle, et la plus infime modification, même involontaire, bouleverse tout (ettet papillon).
Seules les troisième et quatrième possibilités peuvent ouvrir la voie sur des paradoxes plus ou moins élaborés, ainsi que sur des uchronies et des multivers. Et c'est bien pour ça que ces deux dernières possibilités sont les plus représentées en SF.
Odyssey 5 n'échappe pas à cette tradition. Mais elle propose sa propre tonalité. L'effet papillon est certes omniprésent, car des variations mineures peuvent avoir des impacts phénoménaux. Mais en même temps, le monde n'est pas transformé pour autant. Et bien souvent, les similitudes entre les deux trames temporelles sont illusoires.
Les "inserts bichromes" pratiqués par Odyssey 5 permettent de donner un aperçu de la trame temporelle initiale qui ne fut pas mise en scène dans la série, et donc que les spectateurs ne sont pas supposés connaître. Ces flashbacks alternatifs ne sont pas si nombreux, et sont toujours insérés avec beaucoup de finesse pour mettre en exergue les différences qui surgissent entre les deux trames temporelles. Des différences tantôt contrôlées (il est bien normal que les protagonistes s'efforcent de ne pas reproduire les même erreurs - qui n'a pas rêvé d'une seconde chance ?), tantôt improvisées (même leurs "petites victoires" soulignent toute l'impuissance des protagonistes face à une trame temporelle qui les dépasse largement).
Ces flashbacks très maîtrisés d'Odyssey 5 sont l'antithèse même de la lourdeur et de la stérilité de ceux pratiqués par JJ Abrams dans la série Lost (une série qui a même réussi à me dégoûter des flashbacks alors que j'adorais ça).
En comparaison avec les autres œuvres de SF audiovisuelles et littéraires qui traitent du voyage dans le temps, Odyssey 5 a su en donner une des plus fines représentations.
Maintenant, si le respect des propriétés du voyage dans le temps est considéré comme un poncif, c'est le voyage dans le temps lui-même qu'il faut récuser.
Il est permis de ne pas apprécier ce thème de la SF. Mais dans ce cas, il faut critiquer ce thème en lui-même, et non la série Odyssey 5.

Par ailleurs, il ne faut surtout pas chercher à rationnaliser la situation financière de Kurt, qui varie selon ses activités et ses lubies…:roll: L’instabilité comportementale du fantasque Kurt Mendel, ses perpétuels changements de situation et de priorités, participent de la psychologie passionnante du personnage, AMHA le plus réussi de la série, avec bien sûr Chuck Taggart.

ogobert a écrit:Coté suspens justement, là aussi les "loupés" classiques : ils sont presque à l'asphixie dans la navette et oh miracle à la dernière seconde ils sont sauvés... Bon, s'ils étaient morts y'aurait pas eu de série donc on peut pas dire qu'il y ai eu un doute. De même quand Chuck abandonne l'équipe, la seule question étant "combien d'épisodes il va rester à part" vu qu'il est trop évident qu'il va revenir.

Ca, c'est vraiment un très mauvais procès !
95% des séries télévisées mettent en scènes des personnages récurrents, et ceux-ci sont à la base à la fois de la spécificité des séries et de leur puissance affective. Et toute série télévisée qui met en scène des héros récurrents, les préserve pour les épisodes suivants. De ce fait, à l'endroit des personnages principaux, les suspens sont toujours loupés (sauf lorsqu'un acteur quitte le cast au bout d'un moment). Les séries les plus audacieuses se permettent de faire durer certaines "altérations" sur plusieurs épisodes, comme l'a fait Odyssey 5 avec Chuck Taggart. Mais c'est bien le maximum qu'une série puisse se permettre envers son casting régulier.
Si l'on fait pareil reproche à Odyssey 5, la moindre des équités est alors de faire le même à toutes les séries télévisée, et même plus généralement au format série télévisée en lui-même !
Et dans ce cas, il faut plutôt regarder des films et des séries anthologiques (dont les épisodes ne possèdent aucun personnage commun comme The Twilight Zone). Là, le suspens sera complet, car la survie des protagonistes ne sera pas garanti.
Pour ma part, j'estime que le suspens est la composante la moins intéressante d'une œuvre, c'est juste une astuce pour retenir le spectateur devant l'écran et l'empêcher de zapper, au même titre que les bimbos dénudées et les scènes de cul.
Bref, Odyssey 5 ne mérite pas d'être tenu pour responsable des propriétés inhérentes au format série télévisé.

ogobert a écrit:Enfin, le classique débarquement des synthétiques chez l'un ou l'autre des protagonistes justement au moment ou il y a quelque chose qui se passe, alors que si j'avais un ennemi redoutable je ne rentrerai de toute facon plus chez moi vu que c'est là que l'ennemi va m'attendre pour me tuer ( 99.9% des séries ceci dit, la seule exception notale étant Supernatural qui ajoute un coté "road movie" )

En fait c'est exactement l'inverse ! Les séries paranoïaques conduisent systématiquement leurs personnages à se cacher ou à être nomades ! Les illustrations les plus notoires en sont : The Invaders (Les envahisseurs) ; V ; Earth Final Conflict (Invasion planète Terre) ; Code Name: Eternity (Code: Eternity) ; The Visitor (Le visiteur) ; Dark Skies ; First Wave ; Nowhere Man (L'homme de nulle part) ; The Incredible Hulk (L'incroyable Hulk) ; The Fugitive 1963 (Le fugitif) ; The Fugitive 2000 (Le fugitif) ; Strange World ; Surface ; Supernatural...
Les trois seules séries paranos à avoir eu l'audace et l'originalité de prendre le parti pris inverse sont The Prisoner (Le prisonnier), The X-Files (Aux frontières du réel) et Odyssey 5, et il n'est guère étonnant que ce soient précisément les trois meilleures... Bon, soyons honnêtes, les séries The Fugitive 1963 (Le fugitif), Dark Skies, et Nowhere Man (L'homme de nulle part) sont remarquables aussi.
Dans le cas d'Odyssey 5, deux raisons justifient ce parti pris.
D'une part, la réussite de la mission salvatrice des protagonistes repose essentiellement sur leurs positions sociales (astronautes, journaliste TV, scientifique renommé). La marginalisation sociale et le nomadisme doit être évité à tout prix. Comme je l'écrivais dans le topic voisin, Odyssey 5 prend le contre-pied de toutes ses séries paranos qui tentent de nous faire croire qu'un individu socialement exclu, isolé, et persécuté, peut malgré tout sauver le monde.
D'autre part, s'il y a bien un univers où l'ennemi n'est pas clairement identifié, c'est Odyssey 5 ! Il n'est pas question ici d'une force monolithique qui veut tuer les héros. Il est question d'un maelstrom très complexe de puissances politiques, synthétiques, et peut-être extraterrestres, qui poursuivent les buts les plus divers, les plus opposés, voire même les plus imprévisibles. Avec le paradoxe que la destruction de la Terre n'est de l'intérêt d'aucune de ces puissances. Dans une large mesure, les supposés adversaires ("Sentients" et "Synthétiques") forment une communauté aussi diversifiée et désunie que la communauté humaine elle-même, et c'est ce qui démarque Odyssey 5 de toutes ses concurrentes paranos, à la fois simplistes et manichéennes. C'est aussi cette audace qui s'inscrit dans la loi des grands ensembles à laquelle j'avais fait référence dans l'un de mes posts précédents. Dans un pareil contexte, il aurait été déplacé que les protagonistes se planquent...

ogobert a écrit: Bref ( si j'ose dire ), une série très interessante, un énorme potentiel et de bons espoirs que ca aille en s'améliorant et que ce potentiel soit exploité (*) mais en l'état j'ai trouvé que c'était presque "trop" ambitieux et du coup pas toujours maitrisé....

C'est très bien résumé. :P
Sauf que l'impression du pas toujours maîtrisé résulte du fait que Manny Coto n'a pas eu le temps de donner une pleine signification à toutes les remarquables problématiques qu'il a soulevées. C'est pour cette raison que j'ai plusieurs fois écrit que la gâchis de l'interruption sauvage d'Odyssey 5 est bien plus grand que dans les autres cas d'annulation. Odyssey 5 n'avait rien d'une série linéaire où les auteurs navigaient à vue. C'était un projet très ambitieux, très maîtrisé, mais à condition d’être porté jusqu'à sa conclusion naturelle...

ogobert a écrit:(*) en surfant le web, j'ai l'impression d'avoir surtout trouvé énormément de regrets de l'arret de la série mais plutot pour ce qu'elle "aurait pu être" que pour les épisodes existants...

Je pense que ces regrets plus orientés futur antérieur que passé résultent de l'effet bœuf produit par le dernier épisode. On peut initialement trouver géniaux les dix-neuf premiers épisodes (ce fut mon cas), mais lorsqu'on découvre le dernier, on se dit soudain que les dix-neuf premiers, c'était en fait que dalle (par rapport à ce qui allait suivre) ! Tout est toujours relatif.

Il est possible, ogobert, que ton sentiment évolue avec un second visionnage (dans plusieurs années par exemple :wink:). Car les revisionnages confèrent un recul d’appréciation souverain, et permettent de faire le départ entre les grandes œuvres pérennes et les petites œuvres éphémères. En fait, les revisionnages épuisent la majorité des œuvres, mais grandissent les chefs-d’œuvre. Et pour Odyssey 5, ça n’a pas raté. Je l’ai bien plus appréciée la seconde fois !

Yves
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Message » 28 Avr 2008 1:24

yrad a écrit:95% des séries télévisées mettent en scènes des personnages récurrents, et ceux-ci sont à la base à la fois de la spécificité des séries et de leur puissance affective. Et toute série télévisée qui met en scène des héros récurrents, les préserve pour les épisodes suivants. De ce fait, à l'endroit des personnages principaux, les suspens sont toujours loupés (sauf lorsqu'un acteur quitte le cast au bout d'un moment). Les séries les plus audacieuses se permettent de faire durer certaines "altérations" sur plusieurs épisodes, comme l'a fait Odyssey 5 avec Chuck Taggart. Mais c'est bien le maximum qu'une série puisse se permettre envers son casting régulier.
Si l'on fait pareil reproche à Odyssey 5, la moindre des équités est alors de faire le même à toutes les séries télévisée, et même plus généralement au format série télévisée en lui-même !

Je rêve d’une série qui éviterait cet écueil : une série sans héros dont on ne pourrait jamais être sûr qu’un personnage va réchapper d’une situation dangereuse. Je me rappelle d’un intense moment de vrai suspense dans le film “Mission to Mars” quand la femme est en danger dans l’espace. Sera-t-elle sauvée ou sacrifiée ?

yrad a écrit:Cela dit, Neil aura objectivement permis quelques développements intéressants (Kitten, l'or magique, les interactions avec son frère Marc...).

Si seulement on avait peu échapper à l’épisode Kitten ! Pendant un moment, j’ai vraiment espéré la destruction de la Terre... :cry:
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Message » 28 Avr 2008 8:42

Pyjam a écrit:
yrad a écrit:Cela dit, Neil aura objectivement permis quelques développements intéressants (Kitten, l'or magique, les interactions avec son frère Marc...).

Si seulement on avait peu échapper à l’épisode Kitten ! Pendant un moment, j’ai vraiment espéré la destruction de la Terre... :cry:

Odyssey 5 01-11 Kitten (Persécution par Internet) n'est peut-être le plus réaliste des épisodes sur un plan informatique et technologique (la prise de contrôle par Kitten de tous les équipements électroniques urbains et domestiques est supposée se faire par le gigantesque réseau que constitue la distribution électrique, façon super-CPL). Mais il constitue assurément un pur fantasme parano, très jouissif ! :P
Un peu comme le fut huit ans avant The X-Files 02-03(27) Blood (Mauvais sang). :D

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Message » 28 Avr 2008 8:48

Pyjam a écrit:
yrad a écrit:[...]lorsque tu arriveras au dernier épisode d'Odyssey 5, tu comprendras même à quel point "scandaleux" est un euphémisme...
Car la série était déjà particulièrement impressionnante dans ses dix-neuf premiers épisodes. Mais avec le vingtième et dernier, on a la surprise de découvrir que ce n'était finalement rien par rapport à ce qui allait suivre ! :o
Le potentiel d'Odyssey 5 était proprement exceptionnel. :D :cry:

Vous allez peut-être pouvoir m'expliquer ce qui se raconte dans le sous-sol du dernier épisode, parce que j'ai l'impression qu'on n'est pas aidé par la traduction : le doublage parle “d'Humains A” (donc des humains) et les sous-titres VO de “ahumans” (des inhumains ? donc des synthétiques ?) Je vous laisse la parole. C'est l'occasion d'utiliser les balises HIDE :wink:

Globalement, j'ai bien aimé, mais par moment ça m'a rappelé un épisode pastiche de Stargate :
– Capitaine, l'étoile se transforme en supernova.
– Armez les torpilles à photon !
– Mais Capitaine, les torpilles à photon sont impuissantes à empêcher l'étoile d'exploser.
– Oui, mais les spectateurs ne le savent pas.

Bref, les Dei ex machina pseudo scientifiques, ça me gave à la longue.

Sinon, je suis d'accord sur les qualités de la série énumérées par Ogobert. J'ai surtout regretté que le personnage d'Angela ne soit pas plus épais. Apparemment, quand elle n'est pas dans l'espace, elle n'est bonne qu'à rendre les hommes amoureux.

Les VF, je ne les connais pas, elles ne m’intéressent pas, je les ignore délibérément. :mdr:

Hidden Text:
En VO, les vocables "Synth", "Ahumans" et "Sentients" sont utilisés presque indifféremment par le "Cadre" (Brian Perry, Cynthia Hodge…) pour désigner ceux qu'ils déclarent vouloir anéantir au moyen du projet "Bright Sky", et cela afin de préserver la suprématie de l’"organic life" sur Terre.
Toutefois, étant donné le champ de révélation de l’épisode Odyssey 5 01-20 Fossil (La roche lunaire) et l’esprit général de la série, il est probable qu’il existe en fait des nuances entre ces différentes dénominations *, voire même que la scène du sous-sol induise délibérément un quiproquo pour éconduire les spectateurs. Seule la deuxième saison aurait permis d’y voir plus clair...

* Nous savions déjà que "Sentients" = intelligences immatérielles résidant dans les réseaux informatiques de la planète, et que "Synthétiques" = "Sentients" incarnés dans de super-corps humanoïdes incubés artificiellement en cuve. Il est possible que "Ahumans" soit simplement un qualificatif générique utilisé par le Cadre pour englober les "Sentients" et les "Synthétiques" dans un même amour. :mdr:


Angela Perry a déjà révélé un potentiel dans ses rapports avec son père Brian Perry, mais la série a manqué de temps pour développer son personnage. :cry:


L'épisode Stargate SG-1 10-06 200 est plutôt une belle réussite (pour Stargate surtout :mdr:).
Cela dit, les pastiches de Star Trek et de Farscape y sont vraiment lamentables, car ils ne saisissent absolument rien des caractéristiques des œuvres parodiées. Quant au pastiche des Thunderbirds, il est beaucoup trop long...

Le propre technobabble de Stargate est bien moins crédible que celui de Star Trek !
Le technobabble de Stargate prétend reposer sur les sciences contemporaines, mais il commet des fautes grossières ! :roll:
Tandis que technobabble de Star Trek repose sur des concepts inconnus car hypothétiques, mais il les respecte rigoureusement. :)

Moi ce qui me gave, ce sont les SF prétendument sérieuses qui prétendent pouvoir se passer de toute dimension scientifique et technique. :evil:
Ce qui me gave, c'est ce colonel/général Jack O'Neill supposé être pilote d'élite et responsable d'une équipe d'astronautes chargée de piller un maximum de technologies extraterrestres, mais qui présente une allergie pathologique et incurable envers toute science ! :x
Fréquentant le monde des pilotes militaires et l'étant moi-même, je n’ai jamais rencontré chez qui que ce soit le millième de l'attitude de Jack O'Neill !
Et je sais aussi que la plus élémentaire des missions spatiales dans le monde réel nécessite cent fois plus de technobabble que n’en ont jamais montré tous les Dei ex machina des séries de SF ! :roll:

De manière générale, les séries et les films américains surévaluent les compétences et les possibilités informatiques (vitesse de programmation, crackers, hat hackers, mise en réseau des équipements ordinaires, omni-contrôle à distance, compatibilité des interfaces…), mais en même temps sous-évaluent sérieusement les compétences et les complexités scientifiques !
L’épisode Odyssey 5 01-13 The Trouble With Harry (Phaedra) est en revanche un vrai sans faute scientifique sur la question des strangelets (et un remarquable épisode par ailleurs).

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Message » 28 Avr 2008 9:08

yrad a écrit:Cela dit, Neil aura objectivement permis quelques développements intéressants (Kitten, l'or magique, les interactions avec son frère Marc...).


kitten est loin d'être le meilleur épisode de la série :(
Et les relations entre les 2 frères Taggart sont à mon avis les moins "naturelles" de la série ( à telpoint que je les avais même oubliées dans mon message précédent, lapsus révélateur surement ;-) )...

Ceci posé, l'idée de 50 planètes distinctes, abritant la vie sentient - donc humanoïde -,


Le Seeker n'est pas humain ( il prend l'apparence humaine lors de la rencontre avec l'équipe pour ne pas les choquer ) hors son monde a été détruit, et il a été détruit alors qu'il était d'un niveau technologique très supérieur à celui de la terre, ca invalide pas mal l'idée que les mondes implosent quand ils atteignent une certaine "masse critique" technologique...

Je regrette surtout qu'au niveau scénario, on n'ai jamais fait réellement "réfléchir" l'équipe sur la cause réelle à long terme de la catastrophe.
Il y a trop d'épisodes dont le plot peut se résumer à :
- Sarah voit arriver à la station une news "pas catholique"
- elle en fait part aux autres
- y'en a un qui dit "on va pas courrir après chaque lièvre" mais ils finissent quand même toujours par le faire
- il se passe un certain nombre de choses mais notre équipe finit toujours par gagner
- tout le monde se retrouve au troquet et y'en a un qui conclut "l'humanité mérite t'elle d'être sauvé" pour faire "conclusion philosophique" mais l'épisode d'après ca repart comme si de rien n'était...


Il est impossible de mettre en scène le voyage dans le temps sans en respecter les propriétés inhérentes. De la même façon que pour n'importe quelle autre thématique de SF qui se prend au sérieux.
Les voyages temporels dans le passé se déclinent en quatre possibilités :
- on ne peut changer la trame temporelle, parce qu'on est finalement simple spectateur ;
- on ne peut changer la trame temporelle, parce qu'elle est assujettie à un déterminisme qui rend vaine toute tentative de modification ;
- on peut changer la trame temporelle, mais uniquement en altérant certains point nodaux importants (selon le langage de Poul Anderson) ;
- on peut changer la trame temporelle, et la plus infime modification, même involontaire, bouleverse tout (ettet papillon).


Et je suis parfaitement d'accord !
Mais dans le cas précis d'O5, je ne me rappelle pas que nos protagonistes se posent la question "après tout peut on changer le cours de l'histoire", au contraire c'est souvent assumé, on a entendu au moins 10 fois "c'est notre présence qui a changé le cours du passé" ( jusque dans l'épisode de l'aspirateur à humidité ) sauf que dans ce cas ils ne devraient plus se raccrocher à leurs souvenirs du passé puisqu'ils l'ont déjà changé...
On a entendu plusieurs fois, "après tout on a changé le passé donc la terre ne sera peut être pas détruite dans 5 ans mais dans 5 jours" et après ... rien ... ca les affolent pas plus que ca.

Odyssey 5 n'échappe pas à cette tradition. Mais elle propose sa propre tonalité. L'effet papillon est certes omniprésent, car des variations mineures peuvent avoir des impacts phénoménaux. Mais en même temps, le monde n'est pas transformé pour autant.


Il devrait pourtant... Personellement, j'y vois une faiblesse scénariste "je change juste quand ca m'arrange". On peut en faire une autre lecture, ca prouve que la série est riche ;-)

En comparaison avec les autres œuvres de SF audiovisuelles et littéraires qui traitent du voyage dans le temps, Odyssey 5 a su en donner une des plus fines représentations.


Petite apparté, je me creuse la tête pour chercher des séries TV de SF qui ont comme base le voyage dans le temps, ce qui me vient à l'esprit c'est Time tunnel et Quantum leap.
Et une autre dont le titre m'échappe ou dans chaque épisode le héros revient 3 jours en arrière ( non ce n'est pas Tru Calling )
Il semble que finalement cette trame ai été assez peu utilisé?


Par ailleurs, il ne faut surtout pas chercher à rationnaliser la situation financière de Kurt, qui varie selon ses activités et ses lubies…:roll: L’instabilité comportementale du fantasque Kurt Mendel, ses perpétuels changements de situation et de priorités, participent de la psychologie passionnante du personnage, AMHA le plus réussi de la série, avec bien sûr Chuck Taggart.


Autant son instabilité en fait effectivement un personne + interessant que Taggart qui est trop "d'un bloc" ( encore qu'il y ai une certaine homogénéisation sur la fin : Taggart se complexifie - suite à la mort de sa femme- alors que Kurt "rentre dans le rang" je trouve ), autant il faut une certaine rationalité sur ses conditions de vie matérielles; la série étant quand même sensé être ancrée dans le réel


95% des séries télévisées mettent en scènes des personnages récurrents, et ceux-ci sont à la base à la fois de la spécificité des séries et de leur puissance affective. Et toute série télévisée qui met en scène des héros récurrents, les préserve pour les épisodes suivants. De ce fait, à l'endroit des personnages principaux, les suspens sont toujours loupés


Certaines séries jouent d'avantage en mettant en danger des personnages secondaires.
La question devient alors "le héros va t'il sauver la demoiselle en détresse" ( et dans une très bonne série il n'y arrive pas toujours ! ) et non "le héros va t'il suvrivre" ou la réponse est "oui" sans le moindre doute.
C'était plutot le sens de ma remarque.


En fait c'est exactement l'inverse ! Les séries paranoïaques conduisent systématiquement leurs personnages à se cacher ou à être nomades ! Les illustrations les plus notoires en sont : The Invaders (Les envahisseurs) ; V ; Earth Final Conflict (Invasion planète Terre) ; Code Name: Eternity (Code: Eternity) ; The Visitor (Le visiteur) ; Dark Skies ; First Wave ; Nowhere Man (L'homme de nulle part) ; The Incredible Hulk (L'incroyable Hulk) ; The Fugitive 1963 (Le fugitif) ; The Fugitive 2000 (Le fugitif) ; Strange World ; Surface ; Supernatural...


Oui et non, dans bcp de ses exemples ce n'est pas de la parano mais de la résistance avérée à une invasion déclarée ( V, EFC ... ), et dans les autres le nomadisme est une caractéristique du personnage ( Bruce Banner ne fuit parce qu'il est poursuivi par une entitée supérieure - juste un vague journaliste ;-) - mais pour ne pas s'attacher puis mettre en danger ses mêmes personnes ).

Les trois seules séries paranos à avoir eu l'audace et l'originalité de prendre le parti pris inverse sont The Prisoner (Le prisonnier), The X-Files (Aux frontières du réel) et Odyssey 5, et il n'est guère étonnant que ce soient précisément les trois meilleures... Bon, soyons honnêtes, les séries The Fugitive 1963 (Le fugitif), Dark Skies, et Nowhere Man (L'homme de nulle part) sont remarquables aussi.
Dans le cas d'Odyssey 5, deux raisons justifient ce parti pris.
D'une part, la réussite de la mission salvatrice des protagonistes repose essentiellement sur leurs positions sociales (astronautes, journaliste TV, scientifique renommé). La marginalisation sociale et le nomadisme doit être évité à tout prix. Comme je l'écrivais dans le topic voisin, Odyssey 5 prend le contre-pied de toutes ses séries paranos qui tentent de nous faire croire qu'un individu socialement exclu, isolé, et persécuté, peut malgré tout sauver le monde.


Pour le prisonnier j'ai un méga doute, pour X-Files c'est effectivement assumé ( "tuer Fox Mulder changerai son statut d'illuminé solitaire en martyr" ).

Pour O5, je persiste, entre les Sentients et les Cadres, notre équipe ne manque pas d'ennemis, ennemis qui n'hésitent pas à tuer quand c'est nécessaire ( mort du directeur de mission de la Nasa qui fait arriver la femme qui peut pas blairer Tagagrt et dont j'ai oublié le nom :oops: )
D'autant qu'au cours de la série, plusieurs fois, des synthétiques débarquent arme au poing chez l'un ou l'autre et nos héros en sont réduits à s'enfuir par l'échelle d'incendie...

Odyssey 5 n'avait rien d'une série linéaire où les auteurs navigaient à vue. C'était un projet très ambitieux, très maîtrisé, mais à condition d’être porté jusqu'à sa conclusion naturelle...


En phase sur le coté non linéaire, moins sur pour le coté très maitrisé on l'aura compris ;-)

Il est possible, ogobert, que ton sentiment évolue avec un second visionnage (dans plusieurs années par exemple :wink:). Car les revisionnages confèrent un recul d’appréciation souverain, et permettent de faire le départ entre les grandes œuvres pérennes et les petites œuvres éphémères. En fait, les revisionnages épuisent la majorité des œuvres, mais grandissent les chefs-d’œuvre. Et pour Odyssey 5, ça n’a pas raté. Je l’ai bien plus appréciée la seconde fois !


Je le "reregarderai" certainement ( gros intéret du dvd quand même ! ;-) ).
Je suis d'accord qu'il y a certaines séries ou je découvre encore des choses après 3 ou 4 visionnages, je pense qu'il y a infiniment de "matière" dans O5 et que ca va être le cas ;-)

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Message » 28 Avr 2008 16:28

ogobert a écrit:Il y a trop d'épisodes dont le plot peut se résumer à :
- Sarah voit arriver à la station une news "pas catholique"
- elle en fait part aux autres
- y'en a un qui dit "on va pas courir après chaque lièvre" mais ils finissent quand même toujours par le faire
- il se passe un certain nombre de choses mais notre équipe finit toujours par gagner
- tout le monde se retrouve au troquet et y'en a un qui conclut "l'humanité mérite t'elle d'être sauvé" pour faire "conclusion philosophique" mais l'épisode d'après ça repart comme si de rien n'était...

Et n'oublions pas qu'un épisode sur deux, un personnage est “possédé” d'une manière ou d'une autre.

À propos de la scène du sous-sol du dernier épisode :
Hidden Text:
Malgré (ou à cause) de la traduction déplorable, j'ai cru comprendre qu'un double jeu de la part d'Angela était invoqué (peut-être une conséquence de sa visite chez le psy). C'est bien cela ou est-ce moi qui comprend de travers ? Merci.
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Message » 28 Avr 2008 17:19

Pyjam a écrit:Et n'oublions pas qu'un épisode sur deux, un personnage est “possédé” d'une manière ou d'une autre.


C'est pas faux non plus ;-)

À propos de la scène du sous-sol du dernier épisode :
Hidden Text:
Malgré (ou à cause) de la traduction déplorable, j'ai cru comprendre qu'un double jeu de la part d'Angela était invoqué (peut-être une conséquence de sa visite chez le psy). C'est bien cela ou est-ce moi qui comprend de travers ? Merci.


C'est ce que j'ai compris aussi...

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Message » 28 Avr 2008 20:12

ogobert a écrit:Et les relations entre les 2 frères Taggart sont à mon avis les moins "naturelles" de la série ( à telpoint que je les avais même oubliées dans mon message précédent, lapsus révélateur surement ;-) )...

Je ne sais pas si ces relations manquent de naturel. J'ai connu personnellement un cas proche de celui de Marc versus Neil…
Beaucoup de séries américaines flattent les spectateurs en entonnant le crédo d'une réussite qui se gagne par leur seul travail. Mais Odyssey 5 montre le contraire. Or dans le monde réel, bien souvent les aptitudes font plus que le travail sincère et acharné.

ogobert a écrit:Le Seeker n'est pas humain ( il prend l'apparence humaine lors de la rencontre avec l'équipe pour ne pas les choquer ) hors son monde a été détruit, et il a été détruit alors qu'il était d'un niveau technologique très supérieur à celui de la terre, ca invalide pas mal l'idée que les mondes implosent quand ils atteignent une certaine "masse critique" technologique...

Je sais bien que le Seeker n'est pas humain ! C'est même le premier Synthétique consciemment rencontré par les protagonistes. Mais cela n'implique en rien qu'il n'est pas lui aussi issu d'une société humanoïde sur sa planète (comme les Synthétiques de la nôtre).
L'hypothèse que je formule est l'existence de parallèles entre les évolutions naturelles des vies présumées sentients sur toutes ces planètes détruites. Parce que la première saison de la série (à commencer par les assertions du Seeker) suggère plus une systémique de l'évolution (un thème vraiment nouveau) que l'action d'un méchant extraterrestre qui désintègre toutes les planètes qu'il rencontre (un thème ultra-banal).
Après, rien ne dit que le timing et la méthode de destruction sont identiques sur chaque planète (y compris celle du Seeker) ! C'est justement ça le principe de la masse critique : tous les chemins mènent à Rome, les chemins les plus divers et de toutes les longueurs.
En outre, comme Odyssey 5 a su développer une réalité infiniment complexe où rien n'est absolu, où rien n'est systématique, il est très possible que toutes les destructions dont a parlé le Seeker (y compris celle de sa propre planète) ne résultent pas de ce phénomène unique, même si ce phénomène est peut-être statistiquement dominant.
Bien sûr comme la série est inachevée, tout ça n'est que conjecture. Mais tout ce que je m'efforçais d'établir, c'est que :
1) il n'est pas nécessaire de recourir à un agent extérieur pour expliquer la destruction des 50 planètes (y compris celle du Seeker) ;
2) les concepts de systémique d'évolution et de masse critique sont plus intéressants et innovants que le concept de méchants aliens.

ogobert a écrit:Il y a trop d'épisodes dont le plot peut se résumer à :
- Sarah voit arriver à la station une news "pas catholique"
- elle en fait part aux autres
- y'en a un qui dit "on va pas courrir après chaque lièvre" mais ils finissent quand même toujours par le faire
- il se passe un certain nombre de choses mais notre équipe finit toujours par gagner
- tout le monde se retrouve au troquet et y'en a un qui conclut "l'humanité mérite t'elle d'être sauvé" pour faire "conclusion philosophique" mais l'épisode d'après ca repart comme si de rien n'était...

Il n'y a en fait que 5 épisodes /20 où l'intrigue démarre pas une news inquiétante repérée par Sarah. Et il aurait en fait été légitime qu'il y en ait bien plus étant donné la profession de Sarah.
Non, l'équipe ne "gagne" pas toujours à la fin, simplement elle survit à chaque fois comme dans n'importe quelle série composée de personnages récurrents.
Le troquet est un point de ralliement symbolique, avec un coté "le rendez-vous des conspirateurs", et cela participe de l'ambiance intimiste de la série, de sa focalisation sur les relations humaines.
Odyssey 5 est vraiment très très loin du monotone formula show pratiqué par 80% des séries, à commencer par les plus illustres comme Law & Order (New-York District), House M.D. (Dr. House), Columbo...

ogobert a écrit:Mais dans le cas précis d'O5, je ne me rappelle pas que nos protagonistes se posent la question "après tout peut on changer le cours de l'histoire", au contraire c'est souvent assumé, on a entendu au moins 10 fois "c'est notre présence qui a changé le cours du passé" ( jusque dans l'épisode de l'aspirateur à humidité ) sauf que dans ce cas ils ne devraient plus se raccrocher à leurs souvenirs du passé puisqu'ils l'ont déjà changé...
On a entendu plusieurs fois, "après tout on a changé le passé donc la terre ne sera peut être pas détruite dans 5 ans mais dans 5 jours" et après ... rien ... ca les affolent pas plus que ca.

En fait, la proposition du Seeker de renvoyer les protagonistes dans le passé postule d'emblée la possibilité de changer le cours de l'histoire. Puis dès la seconde partie du pilote, les protagonistes constatent que la trame temporelle peut être modifiée : la mort d'Ed Scrivens, l'issue différente du match... Il est donc logique que cette question-là ne soit plus sujette à débat.
Pour autant, cela n'empêche pas les protagonistes d'avoir perpétuellement des doutes sur leur capacité à sauver la Terre…
Les protagonistes devraient-ils devenir agités voire hystériques à chaque fois qu'ils "psychotent" sur l'éventuel avancement de la date de la fin du monde ? Je ne le crois pas !
Ils se sont tous un peu "habitués" à cette fatalité, comme un condamné un mort, comme un malade en phase terminale. L'affolement ou l'hystérie stériles n'auraient pas du tout été compatibles avec la solide psychologie des personnages d'Odyssey 5.
Le réalisme a été au contraire de décliner les répercussions psychologiques sous différentes formes de dépressions : angoisses, enfermement, négation, fuite, hédonisme... sans compter que "psychoter" sur le perpétuel avancement de la fin du monde est déjà en soi une forme de dépression.

ogobert a écrit:
Odyssey 5 n'échappe pas à cette tradition. Mais elle propose sa propre tonalité. L'effet papillon est certes omniprésent, car des variations mineures peuvent avoir des impacts phénoménaux. Mais en même temps, le monde n'est pas transformé pour autant.

Il devrait pourtant... Personellement, j'y vois une faiblesse scénariste "je change juste quand ca m'arrange". On peut en faire une autre lecture, ca prouve que la série est riche ;-)

Ce n'est pas parce que certains événements ont changé que cela implique que tous les événements de la trame temporelle initiale doivent changer selon un effet domino. L'effet domino, c'est justement la grosse facilité scénaristique attachée au principe de l'effet papillon.
Mais Odyssey 5 a plutôt respecté l'esprit des très nombreux voyages temporels de l'univers Star Trek, où les effets papillons sont dépeints de façon bien plus complexes, avec des flux et des reflux non linéaires, se mesurant plutôt en coefficients variables d'altérations des trames temporelles.

ogobert a écrit:Petite apparté, je me creuse la tête pour chercher des séries TV de SF qui ont comme base le voyage dans le temps, ce qui me vient à l'esprit c'est Time tunnel et Quantum leap.
Et une autre dont le titre m'échappe ou dans chaque épisode le héros revient 3 jours en arrière ( non ce n'est pas Tru Calling )
Il semble que finalement cette trame ai été assez peu utilisé?

Oh si, elle a bien été utilisée et réutilisée ! Mais les séries concernées ne sont pas toujours très connues en France, et leur inspiration et leur crédibilité sont très variables.

The Time Tunnel (Au coeur du temps) est un navet absolu. A pisser de rire tellement c'est inepte.
Quantup Leap (Code Quantum) est une très belle série, plus sociale que SF d'ailleurs, avec une conclusion magnifique. C'est peut-être la meilleure production de Donald P Bellisario. Et Scott Bakula est presque aussi mémorable en Dr. Sam Beckett qu'en Captain Jonathan Archer !
Tru Calling est une série de type formula show, donc assez répétitive, mais elle possède des aspects intéressants et des moments réussis. Je la préfère d‘ailleurs à Early Edition (Demain à la une) dont elle a repris le principe général.
La série dont tu cherches le titre est Seven Days (Sept jours pour agir) (66 épisodes sur 3 saisons entre 1998 et 2001). Elle a été beaucoup critiquée, pourtant je la trouve pleine de qualités et toujours plaisante à suivre. Son héros (Lt. Frank Parker) recule en fait de sept et non de trois jours à chaque fois.
Il ne faut pas oublier Doctor Who, noble institution britannique, et qui repose plus encore sur le temps que toutes les autres. Malheureusement, sa considération du temps est beaucoup trop linéaire, et elle est passée à côté de bien des problématiques "intra-temporelles". C'est à mes yeux l'une de ses principales insuffisances. Même sous la houlette de Russel T Davies, elle est restée un peu trop fidèle à sa pusillanime vocation originelle : explorer successivement différentes époques pour éveiller la jeunesse britannique à l'histoire. Cela dit, octor Who est audacieuse sur bien d'autres plans...
Autre série classique britannique, mais tombée dans l'oubli alors que pourtant ambitieuse sur les questions temporelles : Sapphire & Steel.
Et il est impossible de ne pas citer la série française écrite par Noël-Noël : Le voyageur des siècles. Cette "julvernerie moderne" de 1971 en noir et blanc est un pur chef d'œuvre d'écriture !

Beaucoup d'autres séries reposent également sur les voyages temporels avec plus ou moins de bonheur. Je songe en vrac à : Life On Mars ; Journeyman ; Terminator: The Sarah Connor Chronicles ; Crime Traveller ; Timecop ; Time Trax ; Outlaws ; Time Squad ; Voyagers! ; Land Of The Giants (Au pays des géants) ; The Georgian House ; Maddigan's Quest ; The Girl From Tomorrow (Alana ou le futur imparfait) ; Primeval (Nick Cutter et les portes du temps) ; Timeslip ; Time Express ; It's About Time ; Phil Of The Future ; Mentors ; Where in Time Is Carmen Sandiego? ; Back To Sherwood ; Moondial (Le mystère du cadran lunaire) ; Mirror, Mirror ; Do Over ; Finders Keepers. Je dois en oublier plein, notamment les séries orientées fantasy (qui ne m'intéressent pas tellement). Et je n'ai cité aucune série d'animation (car sinon on n'en sort plus).
Je pourrais peut-être aussi mentionner Buck Rogers In The 25th Century (Buck Rogers) (assez médiocre), Planet Of The Apes (pas vraiment indispensable après la pentalogie ciné), Cleopatra 2525 (insupportable), et Red Dwarf (une pure merveille british), qui toutes quatre débutent avec la projection de terriens dans leur lointain futur.
Et puis, il y a ces séries jonchées de flashbacks historiques comme Highlander, Forever Knight (Le justicier des ténèbres), The Collector (Le messager des ténèbres), Roar (La légende de Conor)... Mais là on s'éloigne un peu...

Sinon, beaucoup de séries "généralistes" traitent périodiquement du voyage dans le temps : Star Trek ; Babylon 5 ; Red Dwarf ; Farscape ; The X-Files ; The Outer Limits (Au-delà du réel) ; The Twilight Zone (La quatrième dimension) ; Sliders ; Space 1999 (Cosmos 1999) ; Stargate ; Andromeda ; Lost In Space (Perdus dans l'espace) ; BSG 1978 ; Poltergeist: The Legacy ; Charmed ; Bewitched (Ma sorcière bien aimée) ; Are You Afraid Of The Dark? ; The Simpsons (Les Simpson) ; Futurama ; South Park ; Family Guy (Les Griffin) ; American Dad! ; Goosebumps, SeaQuest DSV (SeaQuest, police des mers) ; Voyage To The Bottom Of The Sea (Voyage au fond des mers) ; The Adventures Of Brisco County Jr. (Brisco County) ; Flash Gordon ; Baywatch Nights (Mitch Buchannon) ; et beaucoup d'autres...

In fine, j'estime que les voyages temporels à la fois les plus mémorables et les plus cohérents de toute la SF audiovisuelle se trouvent dans l'univers Star Trek ! A l'origine, c'est d'ailleurs par la haute qualité de l'ensemble de ses thématiques temporelles que Star Trek a vraiment commencé à gagner toute mon estime !
Et j'ai beau chercher, je ne trouve vraiment rien nulle part qui puisse rivaliser avec des épisodes temporels comme : ST TOS 01-28 The City On The Edge Of Forever (Contretemps) (en passant, le titre français est un modèle de traduction :mdr:), ST TAS 01-03 Yesteryear (Retour dans le passé), ST TNG 05-26+06-01 Time's Arrow (La flèche du temps), ST TNG 06-15 Tapestry (La tapisserie), ST DS9 04-03 The Visitor (Le visiteur), ST VOY 04-08+04-09 Year Of Hell (L'année de l'enfer), ST ENT 03-08 Twilight (Une autre dimension)...

ogobert a écrit:
En fait c'est exactement l'inverse ! Les séries paranoïaques conduisent systématiquement leurs personnages à se cacher ou à être nomades ! Les illustrations les plus notoires en sont : The Invaders (Les envahisseurs) ; V ; Earth Final Conflict (Invasion planète Terre) ; Code Name: Eternity (Code: Eternity) ; The Visitor (Le visiteur) ; Dark Skies ; First Wave ; Nowhere Man (L'homme de nulle part) ; The Incredible Hulk (L'incroyable Hulk) ; The Fugitive 1963 (Le fugitif) ; The Fugitive 2000 (Le fugitif) ; Strange World ; Surface ; Supernatural...

Oui et non, dans bcp de ses exemples ce n'est pas de la parano mais de la résistance avérée à une invasion déclarée ( V, EFC ... ), et dans les autres le nomadisme est une caractéristique du personnage ( Bruce Banner ne fuit parce qu'il est poursuivi par une entitée supérieure - juste un vague journaliste ;-) - mais pour ne pas s'attacher puis mettre en danger ses mêmes personnes ).

Tout dépend en fait de la définition que l'on donne à parano !
Selon moi, le degré d'identification de l'éventuel péril ne détermine en rien le caractère parano ou non-parano d'une série.
Les séries parano sont des œuvres de fiction (j'exclus donc les séries historiques ou de guerre) caractérisées par l'exposition potentielle ou réelle à un péril polymorphe tel qu'il plonge les protagonistes (et donc par transitivité les spectateurs) dans un perpétuel état d'angoisse et d'oppression psychologique. Les séries parano suggèrent que "tout peut arriver à tout moment", et baignent généralement dans l’ambigüité et le mensonge (au moins en puissance).
Si le caractère parano d'une série était fonction du degré d'identification puis de connaissance des éventuels ennemis, la plupart des séries considérées comme paranos ne le resteraient pas bien longtemps !
Selon cette définition, V fut très parano à ses débuts (duplicité, double langage, manipulations, incertitudes, inquiétude croissante), elle peut donc être globalement considérée comme relativement parano (même si ce n'est évidemment pas sa seule caractéristique). Maintenant, il est certain que la troisième et dernière saison (à ce jour) de V est tellement bancale, que la paranoïa a fait place au ridicule. Cette troisième saison fut produite contre la volonté du créateur de la série Kenneth Johnson, d'où son départ fracassant (mais aujourd'hui il assume ce qu'il avait répudié afin de produire sa suite V: The Second Generation).
The Incredible Hulk (L'incroyable Hulk) met en scène une errance à l'instar de celle de The Fugitive (Le fugitif). Si le péril affronté par le Dr. Richard Kimble réside dans les autorités légales qui peuvent fondre sur lui à tout moment, le péril affronté par le Dr. David Bruce Banner réside dans les interactions imprévisibles entre sa composante incontrôlable et le monde inique qui l'entoure. A tout moment, le Dr. David Bruce Banner pourrait devenir littéralement le Dr. Richard Kimble, voire pire : l’ennemi public n°1. Cette potentialité contient une puissante paranoïa. En outre, le nomadisme n'est ni une vocation ni une caractéristique du Dr. David Bruce Banner. Si celui-ci n'avait pas été exposé aux rayons gamma, il n'aurait jamais pris la route...
D'ailleurs, toutes les séries de Kenneth Johnson ont un fond paranoïde, y compris Alien Nation à un certain niveau.
Earth Final Conflict (Invasion planète Terre) distille dans sa première saison une pesante ambivalence à l'endroit des Tealons. La paranoïa est alors maximale car le spectateur s'attend vraiment à tout. Évidemment, dans les saisons suivantes, la pure paranoïa se réduit au fur et à mesure que la série s'éloigne du projet originel de Gene Roddenberry...

ogobert a écrit:
Les trois seules séries paranos à avoir eu l'audace et l'originalité de prendre le parti pris inverse sont The Prisoner (Le prisonnier), The X-Files (Aux frontières du réel) et Odyssey 5, et il n'est guère étonnant que ce soient précisément les trois meilleures... Bon, soyons honnêtes, les séries The Fugitive 1963 (Le fugitif), Dark Skies, et Nowhere Man (L'homme de nulle part) sont remarquables aussi.
Dans le cas d'Odyssey 5, deux raisons justifient ce parti pris d'auteur.
D'une part, la réussite de la mission salvatrice des protagonistes repose essentiellement sur leurs positions sociales (astronautes, journaliste TV, scientifique renommé). La marginalisation sociale et le nomadisme doit être évité à tout prix. Comme je l'écrivais dans le topic voisin, Odyssey 5 prend le contre-pied de toutes ses séries paranos qui tentent de nous faire croire qu'un individu socialement exclu, isolé, et persécuté, peut malgré tout sauver le monde.

Pour le prisonnier j'ai un méga doute, pour X-Files c'est effectivement assumé ( "tuer Fox Mulder changerai son statut d'illuminé solitaire en martyr" ).

Pour O5, je persiste, entre les Sentients et les Cadres, notre équipe ne manque pas d'ennemis, ennemis qui n'hésitent pas à tuer quand c'est nécessaire ( mort du directeur de mission de la Nasa qui fait arriver la femme qui peut pas blairer Tagagrt et dont j'ai oublié le nom :oops: )
D'autant qu'au cours de la série, plusieurs fois, des synthétiques débarquent arme au poing chez l'un ou l'autre et nos héros en sont réduits à s'enfuir par l'échelle d'incendie...

Dans The Prisoner (Le prisonnier), Number Six aimerait beaucoup devenir nomade, mais le Village ne le lui permet pas. En effet, cet exemple n'est guère pertinent car son cas est très contrarié. :oops: A ce compte-là, j'aurais pu aussi bien citer Oz, Prison Break, Jericho, Lost...
Mais c'est tant mieux finalement, car cela réduit à seulement deux le nombre de séries vraiment paranos à avoir osé ne pas planquer leurs personnages (hors cas d'"emprisonnements") : The X-Files et Odyssey 5 !

Feu le directeur de mission de la NASA se nomme Ed Scrivens.
La femme qui ne peut pas blairer Taggart se nomme Cynthia Hodge.

Je persiste aussi. :wink:
Lorsqu'on ne connait rien de son ennemi, qu'on ne sait même pas s'il est constitué, se planquer, c'est perdre de précieuses ressources, de précieux moyens et de précieux appuis pour un accroissement dérisoire du niveau de sécurité. Ce serait un assez mauvais calcul.
En outre, lorsque l'ennemi est synthétique, qu'il occupe tous les réseaux informatiques de la planète, et qu'il peut contrôler à distance n'importe quel équipement relié au réseau électrique, il me semble que le concept de planque devient sans objet. Et ce n'est évidemment pas en s'isolant sans technologie dans les coins les plus reculés de la planète que les protagonistes vont sauver le monde...
Odyssey 5 aurait-elle été aussi singulière si elle avait ressemblé à First Wave et à ses nombreux homologues ?
De toute façon, étant donné la "chasse à l'homme" lancée par le Cadre et l'arrestation de Kurt Mendel, rien ne dit que Manny Coto ne prévoyaient pas de faire passer ses héros plus ou moins à la clandestinité dans la seconde saison...
En tout état de cause, je continue à penser qu'Odyssey 5 a occupé la seule ligne de crêtes réaliste possible ! Les personnages se devaient de cultiver une perpétuelle vigilance, d'être stratégiquement hyper-créatifs, mais en même temps de préserver au maximum ces atouts qui les ont initialement tous conduits dans l'espace pour assister au "feu d'artifice". Et qui sait, peut-être y gagneront-ils ainsi une troisième chance ? :lol:

ogobert a écrit:
Il est possible, ogobert, que ton sentiment évolue avec un second visionnage (dans plusieurs années par exemple :wink:). Car les revisionnages confèrent un recul d’appréciation souverain, et permettent de faire le départ entre les grandes œuvres pérennes et les petites œuvres éphémères. En fait, les revisionnages épuisent la majorité des œuvres, mais grandissent les chefs-d’œuvre. Et pour Odyssey 5, ça n’a pas raté. Je l’ai bien plus appréciée la seconde fois !

Je le "reregarderai" certainement ( gros intéret du dvd quand même ! ;-) ).
Je suis d'accord qu'il y a certaines séries ou je découvre encore des choses après 3 ou 4 visionnages, je pense qu'il y a infiniment de "matière" dans O5 et que ca va être le cas ;-)

Heureux que tu mesures tout l'intérêt des revisionnages. :wink:

Yves
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Message » 28 Avr 2008 21:07

Pyjam a écrit:Et n'oublions pas qu'un épisode sur deux, un personnage est “possédé” d'une manière ou d'une autre.

Euh... Il y a seulement 4 épisodes /20 où l’un des personnages est "possédé" : Odyssey 5 01-08 Rapture (L'or magique), Odyssey 5 01-10 Flux (Infection), Odyssey 5 01-12 ark At The End Of The Tunnel (La terre promise), et Odyssey 5 01-14 Skin (Prise de contrôle). Avec la proportion d'un épisode sur cinq, on est tout de même assez loin d'un épisode sur deux !
Ce ne serait pas très honnête de comptabiliser l'effacement des consciences téléchargées par le Seeker (Odyssey 5 01-05 Time Out Of Mind (Panne de mémoire) et l'expérience de réalité virtuelle (Odyssey 5 01-16 Vanishing Point (Rêve ou réalité)) au nombre des "possessions".
Quant à Odyssey 5 01-17 Follow The Leader (Écran-meurtres) et à Odyssey 5 01-19 Rage (Les nerfs à vif), certains groupes d'humains y sont victimes de manipulations mentales, mais aucun des protagonistes n’est touché.

Pyjam a écrit:À propos de la scène du sous-sol du dernier épisode :
Hidden Text:
Malgré (ou à cause) de la traduction déplorable, j'ai cru comprendre qu'un double jeu de la part d'Angela était invoqué (peut-être une conséquence de sa visite chez le psy). C'est bien cela ou est-ce moi qui comprend de travers ? Merci.

Un texte caché en appelle un autre :
Hidden Text:
Cette scène du sous-sol met en scène une révélation d'autant plus dérangeante qu'elle repose sur une gigantesque méprise, et pourtant très logique.
Chuck Taggard est soupçonné par plusieurs membre du Cadre d'appartenir au "camp" des Sentients+Synthétiques car la preuve a été apportée qu'il a saboté Bright Sky 1 (jalon du plan pour anéantir les Synthétiques), et aussi parce qu'il est proche de Kurt Mendel réputé lié au Dr. Naran Chandra (impliqué dans le développement des Sentients). Comme Angela fréquente assidûment ce groupe, et est réputée avoir développé une loyauté et un attachement filial envers Chuck Taggard (qui lui a sauvé la vie deux fois), elle est par transitivité soupçonnée par le Cadre d'avoir également rejoint le "camp" des Sentients+Synthétiques. Ceci conduit le Cadre à considérer les protagonistes de la série comme étant des ennemis. C'est l'exemple même d'un coup de théâtre délibérément frustrant, car le spectateur découvre que les "méchants" sont apparemment dans le même "camp" que les "gentils", et nul ne le sait.
Mais au fond, les protagonistes et le Cadre sont-ils vraiment dans le même "camp" ? Le Cadre a pour but d'anéantir les Sentients+Synthétiques. Tandis que les héros veulent empêcher la destruction de la Terre. Rien ne prouve que ces deux objectifs soient les mêmes. Rien ne prouve (malgré le projet avorté de Phaedra) que la destruction de la Terre soit imputable aux Sentients+Synthétiques. Peut-être que la fin du monde résulte justement de l'action entreprise par le Cadre pour éradiquer les Sentients+Synthétiques. Ou peut-être que la fin du monde résulte de causalités que la série n'a pas même encore effleurées... Peut-être même que toutes ces forces en présence conduisent - chacune à leur manière - à l’issue fatale.
Complexe et ambitieux dans tous les cas.


Yves
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Message » 28 Avr 2008 21:21

Euh... Il y a seulement 4 épisodes /20 ou l’un des personnages est “possédé“ : Odyssey 5 01-08 Rapture (L'or magique), Odyssey 5 01-10 Flux (Infection), Odyssey 5 01-12 ark At The End Of The Tunnel (La terre promise), et Odyssey 5 01-14 Skin (Prise de contrôle). Avec une proportion de 1/5, on est tout de même loin du 1/2 imaginé !

Certes, mais tu auras remarqué que ça fait tout de même 4 fois sur 7 épisodes d'affilé avec une belle alternance d'un sur deux. :wink: Pendant une longue période, j'ai ressenti comme une certaine redondance du thème !

Merci pour l'explication sur la scène du sous-sol. En VF, on comprends qu'il y a 4 groupes qui s'affrontent : les Sentients, les Cadres, Buckaroo Banzaï…, euh pardon : la bande à Chuck, et les Humains A ! Mais alors, il y aurait aussi des Humains B, voire des Sentients de la planète Mars, et peut-être aussi le Grand Spaghetti Volant. :wink:
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Message » 28 Avr 2008 23:04

Pyjam a écrit:Merci pour l'explication sur la scène du sous-sol. En VF, on comprends qu'il y a 4 groupes qui s'affrontent : les Sentients, les Cadres, Buckaroo Banzaï…, euh pardon : la bande à Chuck, et les Humains A ! Mais alors, il y aurait aussi des Humains B, voire des Sentients de la planète Mars, et peut-être aussi le Grand Spaghetti Volant. :wink:

:lol:

Faisons donc un peu de théorie des groupes :
Hidden Text:
Selon la scène du sous-sol en VO, il n'y a officiellement pour le Cadre que deux groupes : eux (le Cadre, champions de la suprématie de l'"organic life" sur Terre), et les Sentients+Synthétiques (que le Cadre appelle alternativement "Synth", "Ahumans" et "Sentients" *).
Mais comme ces deux groupes ne sont pas exclusifs, peuvent en être déduits deux autres crypto-groupes - implicites : les humains qui ne sont au courant de rien, et les humains qui collaborent avec les Sentients+Synthétiques (la "bande à Chuck" comme tu l'appelles est soupçonnée par le Cadre de faire partie de ce dernier crypto-groupe).
Quant aux "extraterrestres" qui émanent de la roche lunaire, nul membre du Cadre n'y fait référence, même allusivement. Il est possible que le Cadre ne connaisse pas (encore) ce "groupe"-là, si tant est que c'en soit un.

* Comme je l'ai déjà écrit dans un post précédent, nous savons que "Sentients" = intelligences immatérielles résidant dans les réseaux informatiques de la planète, et que "Synthétiques" = "Sentients" incarnés dans de super-corps humanoïdes incubés artificiellement en cuve. Il est possible que "Ahumans" soit simplement un qualificatif générique utilisé par le Cadre pour englober les "Sentients" et les "Synthétiques" dans un même amour.


Yves
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