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Films (débats, critiques), personnalités (acteurs, réalisateurs), prochaines sorties, les salles, la presse spécialisée...

Olaf Stromberg. Le plus grand cinéaste de tous les temps !

Message » 11 Fév 2019 14:21

1989

George Herbert Walker Bush, qui était jusqu’alors vice président est élu au poste suprême. L’ancien directeur de la Cia et le reste du monde vont bientôt vivre un événement incroyable : le mur de Berlin tombe le 9 novembre et marque la fin supposée de la guerre froide. Pouf, en un instant, la donne change et personne ne l’avait prévu. Tous les services de renseignement et les spécialistes de l’armement de la planète s’interrogent, est-ce le début du chômage et des restrictions budgétaires ?

Passée la liesse chacun retourne vite à ses petites affaires. Les berlinois commercialisent des petits bouts de béton, les promoteurs immobiliers se frottent les mains devant les nouvelles perspectives. Ailleurs, de nouveaux dangers embryonnaires menacent le monde dit libre.

Un parti islamiste (le FIS) ambitionne de rétablir le califat en Algérie. Comme d’habitude, lorsqu’un gouvernement desserre la pression, des appétit émergent. Les militaires surveillent…

Une fois de plus, ça bouge du côté du proche orient avec la création de l’union du Maghreb arabe avec l’Algérie, la Lybie, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie. Le grand public se familiarise avec des appellations différentes qui disent la même chose (l’Orient, c’est tout ce qui se situe à l’Est de l’Europe). Les français parlent de Proche Orient, les américains et anglais préfèrent Moyen Orient, mais c’est surtout pour le différencier de l’extrême Orient, la Chine et l’Inde. Tout ce qui concerne le proche Orient est irrationnel car il est le berceau des trois grandes religions monothéistes. Tout le monde l’aime à sa manière. Logique.

L’Afrique du Sud réfléchit à abandonner le régime de l’apartheid. Bienvenue en civilisation.

300,000 tonnes de pétrole se déversent de l’Exxon Valdez au large du Canada. Ca pue.

Les Etats Unis sont à la manœuvre un peu partout : accord de libre échange entre Usa et Canada, plan Brady de réduction de la dette en Amérique Latine, vague de privatisations au Mexique, en Argentine…
Ils interviennent militairement au Panama pour renverser Noriega et rétablir la démocratie selon les uns, pour garder le contrôle sur le Canal de Panama, selon les autres.

En Afghanistan, c’est le souk. Les soviétiques se sont retirés mais la guerre continue à présent entre les amis d’hier unis contre l’Urss. (islamistes modérés Vs radicaux, et bien sûr Sunnites Vs Chiites, sans oublier les bagarres entre toutes les ethnies à présent solidement armées et qui rêvent toutes de se repaître de la carcasse).

A Tian Anmen, une place de Pekin, un autochtone fait un selfie devant un char. Il y a de nombreuses vues.

l’ayatollah Khomeiny meurt mais ses idées perdurent. Un peu partout il y a une recrudescence d’attentats qui semblent en passe de devenir l’arme préférée du musulman tant chiite comme en Iran que sunnite comme en Arabie Saoudite. L’européen observe sans trop rien comprendre les rivalités de ces frères ennemis. Parfois, ainsi au Liban, ce sont même des factions interchiites qui se castagnent, problème des zones tampons.

Le communisme est mal en point. Depuis Gorbatchev, tous les états satellites de l’ancien Pacte de Varsovie ont des velléités de liberté. Pologne, Hongrie, Roumanie, etc tous se désolidarisent. En Yougoslavie, c’est très chaud. Le 23 octobre, le Pacte de Varsovie est fini, les soviétiques quittent les bases à l’étranger et rentrent chez eux dans le calme. Les tchécoslovaques en profitent pour faire leur révolution de velours avec l’assentiment de leur peuple. Idem en Bulgarie…

Culture

Cinéma
John Cassavetes meurt. Il ne sera pas le seul en 1989, Salvator Dali, Bernard Blier, Charles Vanel, Sergio Leone, Laurence Olivier, Karajan, Simenon, Samuel Beckett, Bette Davis, Graham Chapman, Horowitz… c’est l’hécatombe. Notons aussi le décès de James Bond, un ornithologue américain.

Festival de Cannes.
Wim Wenders, copain d’Olaf, est président. Il insiste pour qu’il soit invité mais le festival n’est pas prêt. Il faut avouer qu’un peu avant Stromberg s’était fendu d’un communiqué un peu rock’n’roll :
«Avec John (Cassavetes) on a souvent causé de Cannes au bistro et il ne comprenait pas pourquoi aucun de ses films n’avait réellement intéressé ce festival. Ca lui aurait fait du bien car il ramait et aurait bien aimé avoir un coup de projecteur français sur sa démarche. Il se disait que si les frenchy ne comprennent pas ce qu’il fait, qui le comprendra ? Là, il est mort. Pas envie de boire du champagne là-bas sans lui... » Wenders ira seul.

Palme d’Or : Sexe, mensonge et vidéo de Steven Soderbergh.
(Ca va, mais Olaf aurait préféré couronner Trop belle pour toi de Blier… ou le Temps des gitans de Kusturica… ou Mystery Train de Jarmush… ou Monsieur Hire de Leconte… )

1989 reste un cru cinématographique moyen avec quelques pépites  : Quand Harry rencontre Sally, Cyrano de Bergerac, Cinema Paradisio, un poisson nommé Wanda, Camille Claudel…

Musique

Sting a un nouveau copain qui a des plumes. Il attire l’attention des jeunes sur la déforestation amazonienne.
Les français dansent (très mal) sur la lambada en buvant de l'Orangina.
La Mano Negra (avec Renaud et Clegg) chantent gratuitement place de la Bastille. Putas Fever.
Jean Pierre François le footballeur sort un tube « je te survivrai »
Eagles nous convie à l’Hôtel California avec Madonna, like a prayer…

Mais, et surtout, joe Dassin, nous gratifie enfin d’une cassette VHS de ses plus grands succès !!!


Précision : L'album Hotel California est sorti le 8 décembre 1976. Mais en 1989 il réussit encore le tour de force de venir régulièrement chatouiller les concurrents dans le top10 américain.
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Message par Google » 11 Fév 2019 14:21

 
 
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Message » 12 Fév 2019 10:36

peg-harty a écrit:
Palme d’Or : Sexe, mensonge et vidéo de Steven Soderbergh.
(Ca va, mais Olaf aurait préféré couronner Trop belle pour toi de Blier… ou le Temps des gitans de Kusturica… ou Mystery Train de Jarmush… ou Monsieur Hire de Leconte… )



Mystery train ou le temps des gitans pour moi également :oldy: Michel Blanc dans M. Hire: :love:

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Message » 12 Fév 2019 10:39

La K7 de Joe! :love: :love:

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Message » 12 Fév 2019 13:36

Formidable mise en perspective de cette année 1989. J'avais complètement oublié la mort de James Bond, le célèbre ornithologue (ainsi que la chute de ce mur à Berlin).

Bravo à Olaf pour son soutien passé avec Cassavetes. C'est sans doute grâce à lui qu'Opening Night(1977) sera présenté à Cannes, en Séances spéciales... en 1992.
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Message » 12 Fév 2019 13:58

Olaf et les chemins de traverse.


Durant les tournages étrangement complémentaires et conjoints de ses deux derniers films Olaf sentait le besoin irrépressible de faire se croiser des destins et des trajectoires.

A l’instar de Wim Wenders il s’ennuie dans le microcosme professionnel des money makers hollywoodiens. Rares sont les acteurs qui sont conviés à ses célèbres soirées Rollmops. (citons pêle mêle Jack Nicholson, Robert de Niro, Sean Penn, Peter Falk, Wim, Jarmush, Sean Connery ou encore Scorcese… ).

Il préfère réunir dans sa maison des musiciens de toute génération qui partagent avec lui le goût de l’inattendu. Bowie et Iggy bien sûr mais aussi Neil Young, Nick Cave, George Harrison, Paul mais aussi les ambigus New Order, Tom Petty, les bouillonnants Depeche Mode, Madonna etc.

Un melting pot détonnant où chacun prend plaisir à découvrir les sincérités artistiques des autres. La bière coule à flot et les chapeaux côtoient les plumes, les jeans et les lunettes noires.

Anecdote : Un soir de 1987 quatre déglingos débarquent en blouson noir et pantalons troués lors d’une fête. Personne ne les avait invité mais leur notoriété était assez grande pour qu’Olaf – qui possédait tous leurs albums – arbore un sourire démesuré à leur arrivée.
Ils ne semblaient pas très à l’aise au départ mais leur hôte leur glissa immédiatement à chacun un hareng dans la main en criant « les gars, vous êtes ici chez vous, bienvenue ». Il s’agissait évidemment des vrais faux frères Ramones, ce groupe de punk rock qui ne savait compter que jusqu’à quatre, chiffre largement suffisant pour tous ceux qui avaient compris le film Poulidor entre les lignes. Le hasard qui n’existe pas leur avait signalé l’existence d’une maison où il pourrait terminer leur soirée quand tous les bars de la ville les auraient expulsé. Dans les nuits rollmops d’Olaf, Il y avait toujours une scène avec des amplis Marshall chauds pré-réglés sur 11 pour qui s’en sentait l’envie et le courage. Un bon concert improvisé !

Le public était de choix et la prestation des quatre new yorkais avait interpellé nombre d’oreilles expertes. Un groupe qui avait résolument et depuis longtemps décidé de remplacer la technique par l’efficacité…

Preuve que les frontières n’existent pas, la fraîcheur juvénile du quatuor avait incité ensuite d’autres musiciens présents à se lancer dans des bœufs bizarres. A cette occasion il y eut sur les planches Tom, George, Bob et Jeff. Succès immédiat. Ils allaient ensuite le faire plus sérieusement et en studio : les Travelling Wilburys étaient nés...
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Message » 12 Fév 2019 14:04

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Message » 13 Fév 2019 8:19

Ben, et Roy alors :o ... Pas de Traveling Wilburys sans lui !

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Message » 13 Fév 2019 10:32

autrichon gris a écrit:Ben, et Roy alors :o ... Pas de Traveling Wilburys sans lui !



Le débat Roy Orbisson et Travelin Wilburys.

Que serait le rock'n'roll sans ses mythes, ses incertitudes, ses exagérations, ses disputes, sa mauvaise foi ?

les faits avérables : Bob est venu vers 21h, plusieurs invités le confirment. Il ne voulait pas revivre l'expérience de la dernière fête où il n'y avait plus de Babybell à son arrivée. George était déjà sur place, avec son fils Dhani. Ce sont eux qui géraient le parking en fin d'après-midi et de nombreux voisins se souviennent de ses stridents coup de sifflets lorsqu'un invité essayait de se garer sur la place réservée aux handicapés. Jeff, ancien Electric Light Orchestra a téléphoné vers 23h pour signaler qu'il ne pourra pas être là avant 22h. (la cassette du répondeur est dans le dossier et porte le numéro 44)
Deux témoins se souviennent que vers minuit, Olaf, inquiet, aurait interrogé Bob et George. De mémoire, il aurait dit "ben il est où Jeff ?". Ce à quoi il aurait répondu "ben je suis là" en lui tapotant l'épaule.
Donc, à minuit, George, Bob et Jeff sont présents et assistent au concert improvisé des Ramones. Vers une heure du matin, pendant Surfin Bird, on aperçoit un Tom hilare siroter un Peppermint près du bar (en vert sur la photo, pièce du dossier numéro 52). Roy Orbisson n'est pas présent.

Vers 2 heures du matin les Ramones disparaissent, on les retrouvera douze heures après, en tas, endormis sur des pneus été dans le garage. Ca, ce sont les faits.

Ensuite, les supputations. Pendant le bœuf George aurait, et il faut retenir le conditionnel, soufflé à l'oreille de Jeff "t'imagines, si Big O était au chant ?". (Big O est le surnom de Roy dans le petit monde des surnoms).

S'il est indéniable que Roy a rejoint la fine équipe lors de l'enregistrement studio, il est tout aussi vrai qu'il était absent de la scène ce soir là.

Les Traveling Wilburys ont continué à jouer de cette absence pour façonner le mythe :
24 octobre 1988 : sortie de Traveling Wilburys Vol. 1 (avec Roy Orbisson)
29 octobre 1990 : sortie de Traveling Wilburys Vol. 3 (sans Roy Orbisson)

Un esprit alerte notera l'absence du Vol. 2
Les uns y verront un clin d'oeil à Olaf et à son Poulidor, d'autres, une carence mathématique dans l'univers du rock.
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Message » 13 Fév 2019 10:37

peg-harty a écrit:Les Traveling Wilburys ont continué à jouer de cette absence pour façonner le mythe :
24 octobre 1988 : sortie de Traveling Wilburys Vol. 1 (avec Roy Orbisson)
29 octobre 1990 : sortie de Traveling Wilburys Vol. 3 (sans Roy Orbisson)

Un esprit alerte notera l'absence du Vol. 2


Mais a-t-on réellement connaissance de TOUT ce qui s'est passé dans les magasins de disque entre le 24 et le 29 octobre 1989? non n'est-ce pas?… donc…… :idee: :idee:

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Message » 13 Fév 2019 11:15

Je vous rejoins sur l'autoroute de l'incertitude raisonnée.
Mon travail de biographe de la vie d'Olaf est animé par une recherche incessante du vraisemblable mais je ne peux pas exclure le doute voire l'erreur. J'ai encore en mémoire Alec_Eiffel et sa judicieuse annotation sur le vol inaugural du Concorde.
C'est ce qui a motivé la création de l'équipe "vérification et rectification" qui se charge d'enquêter et le cas échéant d'intervenir pour maîtriser et contrôler les dérapages. L'année dernière nous avons demandé à Sebastien Loeb de nous rejoindre pour gagner les quelques secondes qui peuvent faire la différence entre une prestation honorable et la victoire.

Votre question, si je la reformule, devient : "peut-on humainement tout connaître dans un secteur spécialisé, par exemple celui du disquaire entre le 24 et le 29 octobre 1989 ?"
La date n'est évidemment pas choisie au hasard car vous avez noté que les dates des sorties d'album des Traveling Wilburys semblent suivre un rituel précis si l'on se réfère à un calendrier. Nous avons consulté un scientifique spécialisé du secteur disquaire qui nous enjoint à la prudence. Les occurrences ne sont pas assez nombreuses (2) pour en tirer une généralité. Il faudrait qu'ils sortent une centaine d'albums vers la même période pour éliminer complètement le facteur hasard. C'est la Loi des grands nombres sur lesquels on peut appuyer une science statistique exacte et deux n'est pas, à leurs yeux, un nombre assez grand.

Toutefois, il convient de relativiser le doute en fonction du caractère de la démarche artistique et de l'expérience professionnelle. Si on tient compte du poids des protagonistes dans l'industrie musicale (on est chez des géants) et de leur parfaite connaissance des Mystères et des Symboliques nous serons nombreux à discerner une intention réelle. La première chose qui vient à l'esprit lorsqu'on passe du Un au Trois, c'est qu'il en manque un.
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Message » 13 Fév 2019 12:24

Oui, cela est d'autant plus troublant qu'en 1989 sortait l'intégrale de Joe Dassin en 9CD :o :idee:

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Message » 13 Fév 2019 12:48

Peg-Harty, tu dois avoir raison.

Il es toutefois certain que Roy Orbison a passé qqes jours dans la résidence secondaire d'Olaf. On le voit ici à la fin du séjour avec le chien d'Olaf, celui qu'il a fait "jouer" dans "un homme nommé lapin", son excellent film de 1968. Tout le monde se souvient de la scène ou le chien courre après l'acteur qui joue le lapin, une grande scène tragicomique.

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Message » 14 Fév 2019 12:14

Olaf Stromberg et les rumeurs.

Hollywood est un milieu très éloigné de la Suède. En Scandinavie, on a pris depuis longtemps l’habitude de ne se soucier de son voisin que pour privilégier l’harmonie. Cette manière simple de vivre en société et d’aborder la vie en tempérant les excès est bien sûr aux antipodes des préoccupations de la Cité des Anges. Ici tout peut se résumer à victoires, échecs, gains, pertes, influence, mise à l’écart, amour, haine…

Olaf, même s’il en donne parfois l’impression, ne cède pas véritablement aux sirènes des modes. Mieux, il est obligé de se défendre d’en lancer. Un journal de Detroit l’accuse en 1987 de travailler pour l’étranger. On lui reproche d’être un agent d’influence au service de Volvo !
Dans son garage, sous une couverture, repose une vieille Porsche 911 mais il se déplace régulièrement avec une antédiluvienne 144. Pire, il ne possède aucune Ford Mustang alors qu’il en a certainement les moyens !

Sa première rencontre avec Peter Falk en 1977 sera placée sur le signe de l’incompréhension. Il était persuadé que Peter roulait réellement quotidiennement avec la Peugeot 403 décapotable et celui qui allait devenir un véritable ami découvrait qu’il existait enfin de vraies valeurs dans le monde de paillettes synthétiques de Los Angeles.

Cette étrangeté comportementale, ainsi que ses pulls en laine de mouton, sont une mine pour la presse qui ne manque aucune occasion de colporter des rumeurs extravagantes. Un jour on lui prête une relation avec Jodie Foster (rumeur qu’il n’infirmera jamais, se contentant de sourire et d’appliquer son index à la verticale de ses lèvres), un autre de diriger une secte qui parle aux cailloux et aux arbres. On sait aujourd’hui qu’il avait effectivement longtemps dragué Jodie avant de devoir admettre l’infaisabilité d’une relation autre que celle d’une amitié avec celle à qui il allait offrir le rôle principal dans « Cours après moi Chérie ».
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Message » 15 Fév 2019 8:53

extrait d'un interview télévisé pour une chaîne locale de télévision de Los Angeles en 1990

le journaliste tortillant sur sa chaise : ]odie, après votre Oscar pour les Accusés, vous avez déclaré votre intérêt grandissant pour passer de l'autre côté de la caméra. Ne craignez-vous pas de trop brouiller les pistes ? de froisser un public qui a plaisir à vous retrouver sous les lumières et qui sera forcément un peu déçu de voir votre nom à l'affiche sans avoir le plaisir de vous y découvrir dans un rôle ?

Jodie très naturelle : J'ai réellement envie de raconter une histoire. Je sais que je cours le risque de désappointer mais je vais le prendre et espérer que le public me suivra. Je ne veux pas me priver de cette expérience mais je connais son prix. Je ne cours pas après les honneurs et j'ai intégré depuis longtemps la notion toute relative de succès et d'échec dans nos métiers. On me salue pour mon travail ici ou là et j'accepte de la même manière que d'autres films, non moins méritants parfois, ne rencontrent pas les faveurs d'un même public. Il y a environ cinq ans j'ai travaillé avec Claude Chabrol qui m'a prouvé qu'on pouvait aborder différemment notre vie professionnelle et que ce qui comptait, c'était la sincérité.

le journaliste sourire béat d’admiration devant Jodie, très naturelle : Dans quelques semaines nous découvrirons "Cours après moi Chérie" le nouveau film d'Olaf Stromberg où vous incarnez le rôle d'Elisabeth, une jeune femme un peu perturbée face à l'amour d'un homme. Comment s’est passé le tournage ?

Jodie, encore plus naturelle qu’avant : En 1982 une amie m’a téléphoné pour me signaler qu’elle avait entendu parler d’un film absolument extraordinaire. Un film au nom bizarre, Rumoff de Pearl (NDLR : Röm öf d’r Pöl) d’un cinéaste suédois et elle voulait que nous allions ensemble à la projection, dans une petite salle près de Santa Monica freeway. Elle insistait tellement qu’à la fin de notre conversation téléphonique j’ai entendu un concert de klaxons, elle était déjà en bas dans ma rue, impatiente. Pas question de me défiler. J’ai à peine eu le temps de me changer et déjà nous roulions sur Melrose Avenue dans sa vieille décapotable blanche. Il faisait beau, je me souviens très bien de la lumière qui irradiait son chapeau à larges bords, des rubans qui flottaient au vent en fouettant son visage, de son excitation. Jamais la ville ne m’avait semblé aussi belle. Lorsque nous sommes arrivés il était trop tôt et nous sommes allés boire un verre dans un bar mexicain dans une rue adjacente. Le personnel était charmant, c’était un jeune couple qui venait de s’installer et nous n’étions que nous quatre… et sur la carte tout était écrit en espagnol, le serveur nous a mimé tous les cocktails sous le regard attendri de sa compagne qui, dès qu’il semblait manquer d’inspiration, en profitait pour esquisser un pas de danse mexicain en faisant virevolter sa robe à pois. Nous choisissions au hasard puis ils disparaissaient derrière le comptoir. Je n’avais jamais vécu une parenthèse aussi agréable. Nous vidions nos verres et le couple réapparaissait, chaque fois dans un costume différent pour nous faire découvrir de nouveaux breuvages de leur invention. Mon amie m’a donné un coup de coude pour attirer mon attention : leurs habits étaient assortis systématiquement à la couleur des nouveaux cocktails. Il y a eu du bleu, du jaune, du mauve, du rouge, du blanc, de l’arc-en-ciel, du vert. Nous piaffions comme des adolescentes puis un orchestre a commencé à jouer, il y avait un musicien avec une énorme guitare et une moustache. Les morceaux ressemblaient énormément à ce qu’on entend dans les dessins animés de Speedy Gonzalès, vous savez, au moment où il dit « Fiestaaaa ». Nous répliquions à tue-tête « arriva, arrivaaa » et c’était comme si tout s’accélérait. Ça tournait tout vite et puis le bar s’est rempli. Il y avait partout des cruches en terre cuite sur les tables et elles débordaient de vin puis des gens sont venus, ils riaient et poussaient des chariots à bras qui dégorgeaient de fruits aux arômes de soleil. On se serait crus dans un marché de Puebla…

Le journaliste, interloqué, devant Jodie très naturelle : Euh… et donc, le film…

Jodie, soudain surprise : Le film ?!?… Quel film ?!?
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Message » 15 Fév 2019 10:32

Cours après moi, chérie (1989)
film couleur américain. Comédie sentimentale, durée 1 h 26 mn.
Réalisé par Olaf Stromberg avec Jodie Foster, Kevin Costner, John Goodman, Karine Viard.

Résumé : Elisabeth, une jeune femme séduisante rencontre Oliver, un homme extravagant. Elle est étonnée, contrairement aux autres, il ne la drague pas mais semble jouer les indifférents. Elle s’en confie auprès de Florencia, sa meilleure amie qui, peu à peu, va devenir envieuse...

Chassé croisé amoureux, quoique, où le réalisateur s’amuse à débusquer les confusions sentimentales et les mécanismes farceurs de la Nature. Deux protagonistes féminines faussement désinvoltes jouent à entraîner Oliver sur un terrain dont elles maîtrisent chaque once. Lui semble décidé à ne rester qu’ami avec Elisabeth sans se douter qu’on va lui reprocher l’irréprochable. A moins que…

Les ligues féministes américaines réagiront contre ce film en dénonçant son absence de machisme qu’elles percevront comme le plus haut degré de… machisme. Bizarrement, elles verront dans la désinvolture très amicale d’Oliver un danger pour toutes les femmes en général. Olaf Stromberg ne se défendra pas contre les attaques virulentes des associations qui y verront dès lors une soit-disant preuve supplémentaire d’une tentative de domination masculine par l’indifférence.
Olaf en discutera longuement avec Jodie et tous deux conviendront qu’il vaut mieux laisser aux roses… leurs épines.

On sait que, bien plus tard il félicitera sincèrement Jodie pour son film « Week-en en famille » (1995). Il lui confiera être toujours bouleversé par Holly Hunter et surtout par le final, le retour sur l’enfance filmé en super-huit. La justesse millimétrique du plan, son adéquation avec la musique, sa sensibilité d’une exactitude parfaite. Elle sera étonnée des larmes d’Olaf à son évocation. Des larmes de joie précisera t-il. Selon lui, il n’y a guère que François Truffaut et la course finale sur la plage dans ses célèbres 400 coups qui peuvent rivaliser sur le terrain de l’émotion, avec un avantage à ses yeux pour Week-end en famille.
Dernière édition par peg-harty le 15 Fév 2019 11:10, édité 3 fois.
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