ericb56 a écrit : 18 janv. 2026 17:50
Le sujet Cabasse est toujours miné. Entre ceux qui ont un avis sans avoir écouté dans des conditions correcte, ceux qui comme moi ne connaissent que les modèles ayant passé avec succès le test de la "live music" et en profitent au quotidien et tous ceux qui voudraient bien savoir, le sujet reste entier.
30 ans après le départ de Georges Cabasse, sa philosophie de la recherche de la fidélité reste un caillou dans la chaussure de l'audiophilie. Peut-on espérer plus que la reproduction fidèle de l'enregistrement? Georges Cabasse pensait que si la prise de son était à la hauteur, il était possible d'accéder à la reproduction fidèle de l'évènement sonore. D'où la "live music" avec la satisfaction de ceux ayant assisté à ses démonstrations au festival du son et les commentaires acerbes de ceux qui se contentent de moins.
La "live music" n'est pas seulement une méthode de validation de la conception des enceintes, c'est aussi une remise en cause des pratiques de l'enregistrement par la plupart des maisons de disque. Cette remise en cause vise à assurer une cohérence depuis la captation de l'évènement sonore jusqu'à la reproduction à domicile. Il est dommage de constater que le Cabasse d'aujourd'hui a abandonné cette ligne.
Ayant assisté aux démonstrations de live music de Cabasse et aux autres également, je ne peux qu'être à la fois admiratif et en même temps prudent quand il s'agit d'aller trop loin dans la vénération pour ces démonstrations.
Je rappellerais une fois encore que depuis le phonographe on a fait de telles démonstrations - eh oui ! - et que Pathé en 1920, avec des chanteurs de l'opéra et leur grand phonographe, les deux derrière un rideau sur la scène de l'Opéra -, comme Quad - eh oui le britannique l'a fait aussi avec les ESL 63 à Londres -, ces démonstrations ont toujours réussi et le public a toujours été "berné"... assistez vingt ou trente fois de suite à une telle démonstration et vous entendrez les différences.
Et la hifi domestique n'est pas là pour faire entrer un orchestre ou un quatuor à cordes dans un salon, pas non plus un chanteur de lieder, mais juste d'en faire une reproduction homothétiquement plausible.
Et il est fort heureux que Cabasse ait rompu avec un esprit maison qui avait quand même tendance à regarder les autres de haut et à les mépriser :ils ont failli en mourir enfermés dans leur tour d'ivoire : tout le monde se trompe sauf nous.
Cabasse s'était enfermé dans un système de prise de son qui n'a été validé par aucune étude scientifique et n'a pour lui que l'apparence de la simplicité de l'oeuf, système de prise de son que personne n'a jamais voulu employer à part deux éditeurs de renommée discrète : on appelle ça un bras mort de l'évolution quelque soit les qualités des disques ainsi produits.
Et il n'était pas du tout dans la capacité scientifique, intellectuelle et artistique d'un fabricant d'enceintes, ni dans son rôle, de remettre en cause des pratiques de prise de son qui lui échappent par définition : ce qu'on demande à une enceinte, c'est de reproduire le plus fidèlement possible le signal qu'elle reçoit en entrée : quelque soit ce signal sur le plan esthétique. Et Cabasse a réussi a en produire de remarquables.