gailuron a écrit :Je ne m'exprimais pas sur la FM ou le DAB mais sur les tuners HiFi, c'est-à-dire des appareils immobiles reliés à un ampli. Ce sont ces appareils qui sont obsolètes, pas la radiodiffusion elle-même qui conserve tout son intérêt en mobilité.
Sur le plan de la radiodiffusion FM, sans tomber dans la guéguerre entre diffusion analogique et numérique, il me semble que c'est un peu plus compliqué que cela. Ce qui rend obsolète la diffusion FM sur le plan technique, c'est la plupart du temps les caractéristiques du signal déterminées à l'émission par la quasi-totalité des stations. Même de vieux tuners FM d'entrée de gamme, qui ne sont pas représentatifs de l'état de l'art de la réception en modulation de fréquences, et Dieu sait si on a trouvé des moyens très élaborés pour l'améliorer, ont des performances qui sont aujourd'hui sur-spécifiées pour réceptionner proprement la plupart des stations commerciales. Il n'y a guère que France Musique, et, dans une certaine mesure, France Culture qui émettent (en France) un signal digne d'intérêt sur le plan sonore et même ces stations ne sont pas à l’abri des critiques. La compression dynamique qui affecte certains concerts diffusés par France Musique, compression qui fait reculer l'orchestre ou le soliste de 10 à 20 mètres à chaque transition entre un passage
piano et un passage
fortissimo m'insupporte au plus haut point et est un véritable tue-la-musique.
La radiodiffusion FM est un cas tout de même assez extraordinaire de sous-emploi notoire des capacités techniques des récepteurs FM à cause des pratiques des diffuseurs de contenus. On pourrait faire aux éditeurs de CD un procès de même nature, notamment dans la variété, eux qui se sont embarqués dans une pratique similaire ayant consisté à comprimer toujours plus la dynamique des programmes (notamment les rééditions d'anciens albums, qui sont très souvent meilleurs dans leur état originel que "remasterisé" au bulldozer, un état de fait lamentable qui est connu comme le loup blanc par une quantité de plus en plus importante d'amateurs de musique).
Par ailleurs, il faut tout de même le souligner, ce qui n'est pas du tout, mais alors par du tout obsolète sur le plan technique avec le
broadcast (la diffusion -par radio en l’occurrence- d'un point vers tous en simultané), c'est l'anonymat absolu du récepteur, qui permet une préservation parfaite de sa vie privée. C'est un champ de réflexion qui touche aux libertés publiques plus qu'à la qualité sonore, mais qu'il est bon de garder à l'esprit. On vient de fêter l'appel du 18 juin du Général de Gaulle. Imaginez ce qu'il en eut été si la BBC avait diffusé ses émissions au moyen d'un protocole de communication point à point qui aurait permis de remonter jusqu'à l'auditeur plutôt qu'en broadcast. Ou pensez à la Chine d'aujourd'hui et à la surveillance des contenus diffusés en ligne qui y est opérée. Je m'égare, mais peut-être pas tant que ça, et cela valait la peine d'être écrit.