Test HCFR des Erdre Audio D202, écouteurs intra

Test HCFR des Erdre Audio D202, écouteurs intra

Compte-rendu d’André_ajr

 

PRÉSENTATION

Comme vous aurez pu l’observer en regardant la vidéo de présentation HCFR, le fabricant Nantais va comme d’habitude à l’essentiel, puisque ses nouveaux écouteurs Erdre Audio D202 sont livrés dans une modeste boîte en carton, très simple à ouvrir, dans laquelle se trouve une petite housse de rangement siglée Erdre qui comporte l’ensemble de ce qui est livré.

C’est à dire: deux écouteurs, dont les coques sont réalisées en aluminium anodisé avec repérage des voies D et G à l’aide de deux cercles de couleur (bleu/rouge). Un câble de 1,20m avec télécommande. Une paire d’embouts en mousse de forme noire, trois paires d’embouts ronds en silicone de tailles différentes (s/m/l), ainsi qu’une dernière paire en silicone à double-ailette disposée sur les écouteurs à leur arrivée.

La petite sacoche de transport comporte deux filets internes qui permettent le maintien des éventuels accessoires que l’on envisage d’emporter. Comme un adaptateur 6,3mm ou d’autres embouts, si c’est nécessaire.

La housse de rangement est suffisamment grande pour pouvoir installer les écouteurs sans trop torturer leur câble, et de dimension suffisamment réduite pour pouvoir être mise très facilement dans une petite poche sans provoquer de réelle déformation du vêtement ou de véritable gêne.

Puisqu’il ne génère aucun bruit de frottement, le câble ne sera donc pas non plus critiqué.

Bien que les D202 2018 n’utilisent qu’un seul transducteur par écouteur qui bénéficie d’un module ETL, d’emblée, c’est la ressemblance physique avec leurs prédécesseurs D201G qui saute aux yeux lorsqu’on les découvre.

Deux voies avec deux drivers dynamiques, contre un seul transducteur dynamique large bande avec module ETL. Qu’est-ce qui est mieux ? C’est que nous verrons, peut-être, dans la partie à venir consacrée aux écoutes.

 

ECOUTES

Comme d’habitude et afin de conserver beaucoup de repères lorsque démarre les essais d’un casque ou des écouteurs arrivés pour un test, j’ai utilisé les fichiers flac 16bits/44.1kHz qui se trouvent sur la carte mémoire de 200 Go d’un DAP Astell & Kern AK70 en balade, ainsi qu’à domicile. Dans ce cas, avec le concours supplémentaire de l’amplificateur Creek OBH-11, de l’ampli/DAC RME ADI-2 DAC et des CD désormais bien connus de ceux qui portent quelque intérêt aux tests proposés par l’équipe qui anime l’univers du casque HCFR.

Aussi, autant l’annoncer tout de suite, les nouveaux écouteurs Erdre Audio D202 ont une franche ressemblance sonore avec les autres produits que nous avons pu tester de cette jeune marque française.

C’est franc, net, dynamique, riche en détails et très équilibré.

Toutefois, comme toujours, il a fallu, bien évidemment, trouver les bons embouts avant de parvenir à cela.

En ce qui me concerne, ce fut assez rapide, retirés les bi-flange installés qui ne me permettaient pas la très bonne isolation nécessaire pour obtenir des performances optimales. Ce sont les embouts ronds en silicone M et L que j’ai utilisé en alternance. Car, si les plus gros étaient mes préférés dans un fauteuil du salon, ils étaient éjectés petit à petit des conduits auditifs en phase de marche très rapide ou de passage dans des endroits escarpés, alors que ceux de taille M conservaient leur position et un équilibre tonal très appréciable dans ce genre de situation.

Avant de passer à des écoutes complètes choisies au hasard de l’instant, ce sont donc une partie des fichiers flac 16 bits/44,1 kHz de ma liste de lecture réservée aux tests qui furent d’abord écoutés.

Amber Rubarth -Storm are on the ocean -, Rachmaninov (Vêpres op.37) par l’orchestre national de l’URSS, Nacht und Traüme (David Daniels contre-ténor), Thaïs de J. Massenet par Renaud Capuçon que j’entendrai en concert avec l’orchestre des solistes de Lausanne en février 2019. Mahler (2ème mouv. de la symphonie n°4 par le royal concertbow d’Amsterdam), Debussy (Préludes pour piano par Philippe Bianconi). Alain Souchon – j’ai dix ans -, Géraldine Mac Gowen (Got to get you into my life), The Hot Club of San Francisco (Papa was a Rolling stone), Jacques Brel (Jojo, les Marquises/Barclay), Michel Petrucciani et Stéphane Grappelli (Flamingo :sweet Georgia Brown), BOF Drive, Blue Coast Collection 1 et 2, Pink Floyd (The dark side of the moon), Massive Attack, Jazz at the Pawnshop, Eric Bibb Fiends, Vivaldi (concerto pour 2 piccolos (Calliope).

De ces nombreuses écoutes avec le AK70, c’est l’extrême ressemblance avec ce qu’avaient délivré les D201G et H202 précédemment testés qui ressort à quelques détails près. Aussi, bien que n’ayant pas encore pu essayer les modèles haut-de-gamme et tous les modèles commercialisés par cette marque , je suppose que nous pouvons considérer que ce n’est pas un hasard et qu’il existe désormais un « son » Erdre Audio.

Comme d’habitude, les écoutes se sont poursuivies sur une petite chaîne Hifi constituée d’un amplificateur Rega Mira 2, d’un lecteur Rega Planet et d’un amplificateur pour casques Creek OBH-11. Ainsi qu’à partir d’une deuxième désormais opérationnelle pour tous les casques et tous les IEM, puisque celle du salon, sur laquelle était relié un système complet de la marque Stax (SRM-727 II/SR-009) vient de recevoir le concours d’un RME ADI-2 DAC. Amplificateur/DAC à très faible impédance et haute puissance qui offre une sortie 6,3mm pour casques et une autre de 3,5mm pour IEM, en plus de possibilités d’égalisation pouvant être très intéressantes.

Puis, à la version dématérialisées de CD précédemment cités, ont été ajoutés les suivants qui ont été lus sur un lecteur Rega Jupiter relié au RME à l’aide d’un câble optique (Toslink):

CD Diapason – 15 prises de son de rêve – . CD Prestige Audio-Vidéo, Sarah Vaughan, Natalie Merchant. Randy Weston and his African Rythms Trio, Canteloube – Les chants d’Auvergne – par Maria Bayo, Massive Attack. Dire Strait. Arvo Pärt – The Deer’s Cry -, Essences Baroques par A. Chambonnet (guitare/label Ad Vitam), Vivaldi -concerti pour hautbois, basson, cordes et continuo ( Alfredo Bernardini/L’armonia e l’inventione), Lou Tavano (entendue très récemment en concert).

Enfin, les nouveaux Erdre Audio D202 ont été comparés à mes FiiO FH1 et  AKG N40 qui sont ceux que j’avais le plus appréciés dans leur gamme de prix et que je conserve pour le moment pour mon usage personnel et les comparaisons nécessaires pour les tests HCFR.

 

Conclusion

Les fichiers et CD étant identiques, la réactivité des membranes et la présence du système ETL semblent  permettre apporter une plus grande précision au message musical. Qualités rarement entendues dans cette gamme de prix en considérant l’équilibre avec lequel cela est obtenu. On entend tout de suite que ces écouteurs ont dû être très probablement conçus en collaboration avec des musiciens ou en prenant en compte leurs avis et conseils.

Bien qu’ils ne disposent que d’un seul transducteur par côté, la scène est relativement large, ouverte, profonde et bien étagée si les enregistrements permettent aux D202 de parvenir à ce résultat.

Les timbres des instruments et des voix qui parviennent aux oreilles sont plutôt justes avec une sensation de très grandes proximité et de transparence. Toutes les scènes bénéficient tout à coup d’un très bel éclairage.

Avec les bons embouts, les basses sont franches et très bien contrôlées. Elles offrent une belle assise sans  jamais déborder du cadre qui leur est fixé. Je souligne à nouveau ce tout dernier point, parce que les D202 sont sensibles à l’obligation d’obtenir une très bonne étanchéité si on ne veut pas avoir à penser que le grave est en retrait et trouver les instruments miniaturisés. Chose qui devrait être obtenue très simplement, en raison des très faibles masse et poids des D202 qui permettent de les placer avec une très grande facilité dans les oreilles. Sur ce point crucial si on veut éviter des déceptions et la simplification du message musical, il conviendra de se concentrer pendant au moins deux à trois secondes lorsqu’on positionnera les D202 alors que la plupart des autres paires d’écouteurs nécessiteront bien davantage d’attention et de temps pour effectuer la même chose.

Rendement et impédance n’ont posé aucun problème aux Sony-Ericsson Kyno, Samsung Galaxy S7 et, bien sûr au Astell & Kern AK70.

La transparence des D202 m’a permis de constater que l’amplificateur de casque Creek OBH-11 livre des sonorités plus rondes, plus floues, que celles du RME ADI-2 DAC et que la reproduction de la bande des fréquences apparaît immédiatement tronquée aux deux extrémités sur le petit amplificateur anglais. Toutefois, comme les écoutes avec l’une et l’autre de ces configurations ont montré que les D202 étaient également sensibles à la signature sonore de ce qui est en amont. Autant en profiter pour les marier selon les goûts sonores de chacun, puisqu’ils ne se comporteront pas de façon systématiquement répétitive.

Venons-en enfin aux comparaisons qui sont parfois redoutables pour un casque ou des écouteurs lorsqu’ils doivent se frotter directement à de la concurrence.

Après avoir eu plusieurs paires d’écouteurs dont le prix se situe sous la barre des 100€, j’avais placé les Erdre Audio D201G testés il y a un an au sommet de ceux que j’avais eus ou entendus. Ils avaient cependant été détrônés quelques mois plus tard par les FiiO FH1 dans leur configuration avec câble symétrique sans télécommande avec mini-jack 2,5mm qui permettait des performances très nettement supérieures à celles offertes par le deuxième (asymétrique) pour Smartphones, équipé d’un mini-jack 3,5mm également livré.

Toutefois, Décembre 2018 sonne la revanche Erdre Audio, puisque s’ils ne peuvent quand même pas venir bousculer les AKG N40 (399€), sur le plan sonore les Erdre Audio D202 obligent les FiiO FH1 à leur céder cette première place, toute personnelle, et ne déméritent vraiment pas face aux AKG N40, prince de leur catégorie, qui devraient toutefois s’incliner si le seul rapport qualité/prix devait être retenu.

Les + :

  • Équilibre, transparence, netteté, dynamique, respect des timbres, proximité avec les voix, les instruments et la scène.
  • Très légers, faciles à mettre, discrets.
  • Fabricant Français (SAV).
  • Soucis de ne pas encombrer d’accessoires et d’emballages souvent inutiles.
  • Rapport qualité sonore/prix.

Les – :

  • Comme tous les IEM, mais un peu plus en raison de l’équilibre de la reproduction de la bande des fréquences, ils demandent un peu d’attention au moment du positionnement dans les conduits auditifs.
  • Le strict nécessaire qui pourrait chagriner ceux qui aiment recevoir davantage d’accessoires et un emballage plus valorisant.

 

André_ajr
HCFR – Décembre 2018

 

 

– lien vers le sujet HCFR dédié aux écouteurs Erdre Audio D202 : http://www.homecinema-fr.com/forum/casques-haute-fidelite/erdre-audio-iem-de-france-t30082272.html

 

 

 

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