Test HCFR du JVC DLA-N5, projecteur 4K

Test HCFR du JVC DLA-N5, projecteur 4K

Compte-rendu de Luc_lukyfish

 

PRÉAMBULE :

Avant d’aller plus loin, je tiens à remercier l’Association des Membres HCFR, ainsi que JVC pour m’avoir confié ce tout nouveau projecteur JVC DLA-N5 en vue d’en réaliser le test HCFR que vous pouvez lire ici..

Il s’agit d’un modèle de présérie (firmware 0.91) mais apparemment similaire à la version finalisée.

Alors le JVC DLA-N5 existe en deux couleurs, en noir et en blanc :

C’est une version noire qui m’a été livrée avec une lampe à 144h au compteur.

Sachant que je venais d’un  JVC X7500 que j’ai revendu, j’ai acheté un JVC HD1 pour patienter et que, dans l’intervalle, j’ai eu l’occasion de tester tant un Sony 570es, qu’un 760es.

Alors j’étais prêt à franchir le pas pour l’achat d’un Sony 760es qui m’a bien séduit, mais le budget conséquent donne à réfléchir. Et je gardais néanmoins en tête l’idée de tester soit le N5, soit le N7 avant de me décider.

Sachant qu’avec ce prêt pour test HCFR du JVC DLA-N5, c’est donc au total un peu plus de deux semaines que j’aurais eu ce N5 à ma disposition dans ma salle dédiée et je suis conscient que c’est une réelle chance de pouvoir tester un appareil dans son propre environnement pour faire un choix.

Alors pour voir la vidéo de l’ “Unboxing” du N5 aller en page 3.

On y découvre un appareil massif, du même gabarit que le NX9 avec une coque de 2cm moins longue seulement.

 

Description :

Des grilles d’aérations plus grandes que les générations précédentes qui permettent une meilleure ventilation pour un bruit un peu mieux contenu. L’air est aspiré par l’arrière et refoulé par l’avant. Le flux est plus chaud et fort à l’avant gauche.

 

Le panneau arrière comporte de la gauche vers la droite :

  • le port de connexion du module 3D
  • les ports HDMI IN 1 et 2
  • le port RS-232
  • le port USB (Service) destiné aux mises à jour firmware
  • le port Ethernet destiné à la mise en réseau (auto-calibration)
  • le port Trigger (jack) pour commande d’appareil
  • le panneau de commande du projecteur avec les principales fonctions d’accès au menu en l’absence de la télécommande.
  • les 2 entrées d’air pour la ventilation.
  • la grille d’accès au filtre à poussière
  • la prise pour le raccordement au secteur

 

A l’avant :

  • les grilles d’expulsion d’air servant à la ventilation de l’appareil.
  • les 3 Leds témoin Warning / Light / Standby On.
  • le capteur infrarouge de la télécommande.
  • l’optique 65 mm tout en verre.

 

En dessous :

  • 4 pieds escamotables pour assurer le réglage de l’assiette de l’appareil.
  • en dévissant les pieds, on a accès aux 4 inserts permettant de suspendre l’appareil au plafond.

 

 

L’ENVIRONNEMENT DE TEST :

Mon installation se trouve en sous-sol dans une pièce dédiée relativement sombre.

La projection se fait sur une toile aux dimensions de 3m20 x 1m70 montée sur cadre en bois. Ceci permet de projeter une image de :

  • 3m00 x 1m70 en 16/9ème
  • 3m20 x 1m34 en 2:35

La toile est une micro-perforée blanche de chez Videopole (gain approximatif de 1).

Le projecteur est positionné à l’arrière de la salle dans une niche DIY.

La lentille du projecteur se trouve à 4m50 de l’écran.

 

PREMIER ALLUMAGE :

Toujours le même logo D-ILA

 

Et une mire de réglage (zoom, décalage, mise au point) différente, blanche et plus fine.

L’amplitude du lens-shift, aussi bien verticale qu’horizontale, permet un placement facile du N5.

Pour les habitués de JVC, on retrouve un menu très similaire complété par quelques options supplémentaires.

PREMIERES MESURES :

Les sources :

  • PC portable avec les logiciels Color HCFR et LightSpace
  • Oppo 203 tweakée par Coris
  • Panasonic DP-UB9000

 

Les sondes :

  • Datacolor Spyder 5
  • Xrite I1 Display Pro (I1D3)
  • Xrite I1 Pro 2

 

Le luxmètre :

  • Urceri

Luxmètre Urceri

Datacolor Spyder 5

Xrite I1 Display Pro (I1D3)

Xrite I1 Pro2

 

Alors pour commencer j’ai affiché une mire (BT709 – AVSHD) 100 IRE (100% du blanc) et fait des mesures avec Lightspace.

En mode lampe bas, on obtient 56 NITS une fois le blanc réglé, la mesure brute était à 60 NITS iris ouvert à fond.

Il a fallu fermer l’iris à -6 en mode lampe bas pour obtenir les 48/50 NITS recommandés en HD BT709.

Valeurs lampe basse

 

Puis une mesure en mode lampe haut m’a permis d’obtenir 70 NITS brut et 66 NITS une fois le blanc réglé avec l’iris ouvert à fond sur cette même mire de blanc.

Valeurs lampe haute

 

Par rapport à mon ancien X7500, les valeurs de luminosité relevées sont identiques. La lampe étant de la même puissance (265 Watts). Seul le bloc lampe a changé d’aspect, mais je pense que le bulbe est le même.

Lampe série N

Lampe série X

 

Il y a une différence conséquente de luminosité entre le mode lampe bas et haut.

Mais, l’amplitude de luminosité entre le mode haut et bas était plus grande à la mesure sur le Sony à lampe que j’ai eu l’occasion de tester (570es).

 

MESURES LUMINOSITE AU LUXMETRE :

Quelques mesures faites avec des mires HD et  HDR à 100% Blanc (100IRE) m’ont permis de remplir le tableau suivant :

Celui-ci indique les mesures faites avec le luxmètre en faisant varier l’ouverture du diaphragme de 0 à -15, la conversion a ensuite été faite pour ramener ces valeurs en Nits (plus compréhensibles).

 

 

Les MESURES COLOR HCFR :

Le réglage du blanc avec le logiciel LightSpace permet de retoucher, en direct, les Gains RVB pour ajuster le blanc.

J’ai ensuite utilisé le logiciel Color HCFR avec la sonde I1D3, Il ne reste donc qu’à régler les Offset pour aplanir la courbe RVB.

Mesures BT709 :

Luminance en BT.709

 

RVB en BT.709

Diagramme CIE en BT.709

 

Le diagramme CIE en BT709 est correct, mais ne va pas au-delà, il faudra donc éventuellement passer sur le JVC N7 ou NX9 avec leur ajout d’un filtre interne, pour atteindre le DCI-P3.

En effet les mesures en DCI-P3 :

Luminance en DCI.P3

RVB en DCI.P3

Diagramme CIE en DCI.P3

 

Les CONVERGENCES :

A froid, les convergences sont étonnamment décalées (2 pixels à la verticale et 1 pixel à l’horizontale).

Une fois le projecteur à température (après 20 bonnes minutes), tout rentre dans l’ordre et on retrouve le réglage établi à chaud.

Convergences à froid

Convergences à chaud

 

Le RAPPORT DE FOCALE :

La série JVC X couvre un ratio de 1.40 à  2.80

La nouvelle série JVC N a un ratio de 1.36 – 2.75

Ce qui implique, pour les anciens possesseurs de JVC de la série X, soit de reculer un peu plus leur nouveau projecteur de la série N pour remplir une même base d’écran, soit de réduire un peu la base de l’écran.

Toutefois, il y a une fonction  « zoom » dans le menu qui permet d’utiliser la matrice complète (4096 au lieu de 3840), ce qui permet ainsi d’obtenir une base identique.

 

L’IRIS DYNAMIQUE :

J’ai testé l’iris dynamique sur le mode AUTO1, j’ai constaté des effets de pompage en l’utilisant et nettement visibles dans un passage de film alternant des scènes claires et des scènes sombres. Je n’avais jamais constaté ce phénomène sur mes précédents projecteurs.

J’ai donc positionné l’iris sur OFF et je n’ai pas testé sur AUTO2.

 

le CMD :

L’utilisation du Clear Motion Drive (CMD) sur “bas” me convient, je l’utilisais déjà avec mes autres projecteurs JVC. Et avec le N5, je n’ai pas noté “d’effet caméscope” marqué.

 

Le BRUIT VIDEO :

J’ai constaté peu de remontées de bruit vidéo sur des extraits de films connus, notamment sur « Mission Impossible – Fallout ».

Alors même que j’avais constaté beaucoup de bruit vidéo sur ce film avec le Sony 760es.

 

Le BRUIT DE FONCTIONNEMENT :

Difficile de réaliser des mesures fiables sans le matériel adéquat. En effet le sonomètre que j’utilise pour ajuster mes enceintes avec un bruit rose n’est pas assez sensible.

Alors avec l’application Androïd « sonomètre » pour téléphone portable, les valeurs lues sont 32db en mode lampe bas et 34db en mode lampe haute, micro du téléphone placé à 1 mètre devant le projecteur.

Pour info, le bruit ambiant de ma pièce  a été mesuré à 28db dans le silence complet, avec tous les appareils coupés dans la salle et les pièces voisines (chaudière, VMC, etc…)

 

L’OBJECTIF :

L’objectif en 65 mm est apparemment le même que sur la génération précédente et commun aux JVC DLA-N5 et N7, le NX9 quant à lui, bénéficie d’une optique en 100 mm.

Une bague souple a été intégrée sur le pourtour de l’objectif, certainement pour éviter les fuites de lumières.

 

Le TEST EN 3D :

Un petit test en 3D pour confirmer que l’émetteur (PK-EM2) et les lunettes 3D JVC (PK-AG3) des anciens modèles sont bien compatibles, ça marche et l’image est vraiment sympa, pas de ghosting remarqué.
Test réalisé sur “Le voyage extraordinaire de Sammy” qui n’est pas le plus facile.

 

L’ACCROCHE HDMI :

Le temps d’accroche HDMI a bien été réduit depuis les générations précédentes et est devenu acceptable. J’ai ainsi mesuré :

  • de 9 à 10 secondes pour lancer un disque bluray,
  • 2 secondes à partir du menu pour lancer le film.
  • 6 à 7 secondes pour lancer une vidéo à partir d’un support dématérialisé.

 

L’INPUT LAG :

Mesuré par Stéphane  (Chewee Levelu) avec le mode “faible latence” activé:

 

L’AUTO TONE MAPPING :

La fonction “Auto Tone Mapping” est très intéressante, elle permet d’exploiter le format HDR sans prise de tête (pourvu que les informations nécessaires soient inscrites sur le disque).

On peut voir dans le menu les infos MaxFALL / MaxCLL et la qui est correction apportée.

 

La TELECOMMANDE :

La forme de la télécommande de cette nouvelle gamme a été entièrement repensée et est plus compacte.

 

Lors du test du NX9, j’avais constaté que les deux générations de télécommandes étaient compatibles (celles de mon X7500 et celle du NX9).

Avec des formes plus arrondies de cette nouvelle télécommande JVC, la prise en main est agréable. Elle bénéficie d’une touche pour activer le rétroéclairage, bien pratique dans l’obscurité d’une salle dédiée.

Sachant que le rétroéclairage est indispensable car la nouvelle ergonomie de cette télécommande fait que les touches sont affleurantes et de la même texture que la coque, donc, plus difficile de trouver les fonctions voulues juste au toucher comme sur l’ancien modèle.

 

Les MATRICES 4K :

Sur les mêmes extraits de film, la supériorité des matrices 4K natives par rapport aux matrices Full HD est sans appel, même sur une base modeste. Il y plus de détails dans l’image et une texture plus fine.

Il n’y a pas de phénomène d’ « overscan » en visionnant les mires dédiées.

 

Les mires 1 à 4 pixels passent bien :

La netteté est bonne et uniforme :

 

Les EXTRAITS VISIONNES :

“Planet Earth 2” 4K HDR :

 

“Billy Lynn” 4K HDR 60hz :

“Tarzan 4K ” HDR 24hz :

 

“Black Panther 4K ” HDR 24hz

Fonction zoom :

 

“X-Men – Apocalypse” HDR 24hz :

“Michel Vaillant” DVD :

AUTO-ETALONNAGE (AUTO-CALIBRATION) :

Comme tous les projecteurs de la gamme JVC depuis quelque temps, un soft constructeur permet de faire un auto-étalonnage.

Ce logiciel ne reconnaît que deux sondes, la Datacolor Spyder 5 et la Xrite I1 Pro 2. J’ai en ma possession ces deux sondes et j’ai pu tester sur l’exemplaire N5 de ce test HCFR.

Le positionnement de la sonde doit se faire dans le faisceau lumineux du projecteur et de manière assez précise, le soft nous guide pour cela.

L’inconvénient en est que les mesures se font avec la sonde Spyder 5 orientée vers le projecteur, l’environnement de la pièce n’est donc pas pris en compte, ni le type d’écran sur lequel on projette l’image.

Je n’ai pas réussi à lancer l’étalonnage avec le I1 Pro2, il y a eu un souci pour la faire reconnaître. Dommage, car il me semble que le soft me demandait de l’orienter face à l’écran (à vérifier).

Premier étalonnage fait sur le mode « Naturel » en BT709 :

Deuxième étalonnage fait sur le mode  « HDR » :

Le placement de la sonde n’est pas évident, un mauvais placement de celle-ci peut rendre l’étalonnage mauvais et générer des dérives chromatiques.

J’avais constaté un excès de rouge dans les basses luminosités en réalisant l’auto-étalonnage de mon X7500. Il suffit juste de recommencer dans ce cas.

Sachant que c’est fait rapidement en 15 minutes environ. Toutefois la mise en réseau peut parfois être fastidieuse aussi, plus sûre en liaison filaire.

Cet étalonnage permet entre autre de rattraper les dérives chromatiques liées à l’usure de la lampe ou des panneaux D-ILA, mais ne peut remplacer une vraie calibration.

 

CONCLUSION :

Après quasiment 60 heures de tests et visionnages, j’ai en effet rendu le N5 avec 203 heures au compteur, il s’avère que ce N5 est bien séduisant pour qui veut profiter du HDR sans se lancer dans des réglages fastidieux.

En effet le rendu des couleurs en HDR est bon, même sans que la colorimétrie n’atteigne le DCI-P3 et j‘ai vraiment aimé la qualité des images en HDR avec des disques 4K et la platine Panasonic DP-UB9000, mais également avec les disques bluray HD et la platine Oppo 203 + mCable (version Cinéma).

En SD, pour la lecture des DVD, on perd en qualité, mais je pense que ceci est lié à l’encodage des disques. Sur certains bons DVD, l’image est très correcte. Alors je n’ai pas fait le comparatif avec le X7500 que je n’avais plus au moment du test, mais je n’ai pas remarqué de perte en SD par rapport au JVC HD1 qui est actuellement chez moi.

Sachant que le rendu des noirs et le contraste image du JVC DLA-N5 ne sont pas du niveau du X7500 que j’ai eu pendant un an, mais l’ensemble est toutefois du domaine de l’adéquat, ceci dans le contexte de mon utilisation lors de ce test effectué avec l’iris dynamique sur Off.

Aussi merci à l’Association des Membres HCFR d’avoir demandé à JVC le prêt de ce projecteur, ce qui a permis ce test HCFR… et bien sûr merci à JVC tant pour ce prêt, que pour cette réalisation.

Luc_lukyfish
HCFR – Mars 2019

 

– lien vers le sujet HCFR dédié au projecteur JVC DLA-N5 : https://www.homecinema-fr.com/forum/projecteurs-uhd-4k/jvc-dla-n5-et-dla-n7-proj-4k-natifs-article-hcfr-post-1-t30089794.html 

 

 

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