Modérateurs: Modération Forum Oeuvres & Multimédia, Le CA de l’Association HCFR • Utilisateurs parcourant ce forum: Cylon et 27 invités

Films (débats, critiques), personnalités (acteurs, réalisateurs), prochaines sorties, les salles, la presse spécialisée...

Brazil, ou l'archétype du film qui a mal vieilli.

Message » 04 Aoû 2003 12:58

alterman a écrit:King Kong de 1933 est un chef d'oeuvre incontestable ayant influencé plusieurs générations de cinéastes. Parler de technique à son propos est grotesque. "Les charlots contre Dracula" a une meilleur technique que "Nosferatu" par exemple.


Et c'est là où le poids historique d'une oeuvre compte parfois plus que ce qui la définit, au point de la faire sortir de ce cadre.

Je vais même reprendre King Kong (qui décidément est un excellent exemple) pour la démonstration suivante.

Chef-d'oeuvre: oeuvre, action parfaite.

Ca, c'est le ptit larousse !
Alors prenons donc King Kong, "oeuvre, action parfaite", et montrons-le à quelqu'un qui ne l'a jamais vu, et qui ne connait pas du tout son histoire. Bien entendu, on lui montre sans lui donner sa date de sortie.

Je vous mets au défi les uns et les autres, défenseurs vertueux des intouchables valeurs de notre passé, de trouver quelqu'un qui après la projection en ressorte enchanté.

Par contre, dites-lui que le film date de 1933 est qu'il a (là dessus mon très cher alterman tu as raison) influencé plusieurs générations de cinéastes, vous entendrez un "waouh".

A partir du moment où on est obligé de replacer dans le contexte un film pour l'apprécier, l'oeuvre n'est plus "parfaite" au sens qui lui est donné dans chef-d'oeuvre.
Donc c'est King Kong 1933 qui devient chef-d'oeuvre, et non plus King Kong.
CQFD.

Vous allez par contre trouver des films qui ne vieillissent quasiment pas, et qui enchanteront toujours.
Certains Lubitch, les Chaplin, la grande époque Minelli: vous pouvez être sûrs de les montrer, sans préciser l'âge, et avoir une réaction positive.
Re-CQFD.

On peut admettre qu'un film a vieilli, il n'en rougira pas forcément. :wink:

PS final pour Alterman: dieu merci un film ne se limite pas à sa technique. :lol: :lol:
Gambit
 
Messages: 2594
Inscription Forum: 04 Déc 2002 16:25
Localisation: Angers
  • offline

Message » 04 Aoû 2003 13:58

Bonjour,

Moi j ai adoré King Kong... bon j ai aussi adoré les premiers Godzilla...

Mais bon, pour alimenter le debat, prenons un autre exemple :
Dernier recours / pour une poignée de dollar / le garde du corps...

Quand on a vu ces trois films, on oublie bien vite le coté technique... On oublie aussi le scenario (identique en tous points)... Alors qu'est ce qui fait que le film de Kurosawa est grandiose, celui de Leone excellent et le dernier (de???) juste passable??

M@dx@V
M@dx@V
 
Messages: 348
Inscription Forum: 28 Nov 2002 16:39
  • offline

Message » 04 Aoû 2003 16:43

M@dx@V a écrit:Bonjour,

Moi j ai adoré King Kong... bon j ai aussi adoré les premiers Godzilla...

Mais bon, pour alimenter le debat, prenons un autre exemple :
Dernier recours / pour une poignée de dollar / le garde du corps...

Quand on a vu ces trois films, on oublie bien vite le coté technique... On oublie aussi le scenario (identique en tous points)... Alors qu'est ce qui fait que le film de Kurosawa est grandiose, celui de Leone excellent et le dernier (de???) juste passable??

M@dx@V


La qualité de la technique cinématographique, sans doute.

A ne pas confondre avec sophistication des effets spéciaux, puissance de l'éclairage, technologie de la caméra employée, ... :roll:
Scytales
 
Messages: 11576
Inscription Forum: 31 Mar 2002 2:00
  • offline

Message » 04 Aoû 2003 16:43

Très juste. Il faut différencier technique de technologie.
Gambit
 
Messages: 2594
Inscription Forum: 04 Déc 2002 16:25
Localisation: Angers
  • offline

Message » 04 Aoû 2003 17:38

J'ai dit ce que j'avais à dire sur le propos [de Brazil, NDA].


Dont acte. Nous allons donc en rester là.

Par contre, j'aimerais embrayer sur cela:

Non, on ne demande absolument pas à une oeuvre d'être objectivement bonne, puisque l'art est par essence subjectif. (et non pas objectif, j'ai peur que tu aies fait un terrible contresens là )L'objectivité à trouver une oeuvre "bonne", est un outil de lien social qui permet d'apprécier un travail artistique à plusieurs, à trouver un réferentiel commun. Ce qui est objectivable, c'est la technique qui te permet de construire une oeuvre. Pas l'oeuvre en elle-même...


Premièrement, tu peux m'indiquer à quel endroit de ma prose j'ai fait le contre-sens que tu me prêtes? Ou est-je écrit que l'art est objectif? :o

Deuxièmement, ma position sur le sujet est la suivante, qui bien que proche, semble être subtilement différente de la tienne, qui sépare l'objet artistique du chemin qui permet de le créer. Arrête-moi si je me trompe!

En ce qui me concerne, je ne peut pas séparer le but du chemin.

D'abord, je pense que l'artiste investit son oeuvre de sa subjectivité, ensuite que le spectateur ressent pour l'objet une émotion, se forme une opinion, qui lui appartiennent, et qui ne sont pas forcément les mêmes que celles que l'artiste éprouve pour son oeuvre...

Car, ensuite, l'objet artistique, quel qu'il soit, existe par lui-même, et il est appréhendé par deux subjectivités, celle de l'artiste; celle du spectateur, de sorte que cet objet, qui a une existence en soi, objective, a pour l'un et l'autre, l'artiste et le spectateur, une signification qui fait partie d'eux-même, qui est subjective.

En conclusion, l'art, ce n'est pas aussi simple que de dire "il est subjectif', ou "il est objectif". Le produit de l'art, qu'il soit film, peinture, photographie, ou que sais-je encore, a des caractériques qui sont parfaitement objectivisables. L'objet est objectif (normal :P); il répond a des règles qui correspondent à un canon et dont la qualité de la mise en oeuvre peut être appréciée et débattue avant même de laisser parler le coeur. L'émotion, les sentiments, ne sont, je pense, que des éléments purement personnels qui ne font qu'au mieux prendre l'objet artistique pour support; parfois, en ce qui me concerne l'émotion subsiste même alors que l'objet artistique a été oublié :o S'il y a subjectivité ce n'est pas tant dans l'art, mais autour de l'art. L'art est avant tout un processus de création, qui peut (doit?) être motivé par l'expression d'une subjectivité, mais qui se réalise par ou contre des règles.

La composition musicales répond à des règles; la peinture répond à des règles (en générale...); la sculpture aussi. Ces règles sont isues de la codification d'une technique, et je pense sincèrement que l'on peut apprécier la qualité de leur mise en oeuvre de façon objective. Ces règles, cette technique sont les outils que l'artiste utilise pour exprimer sa subjectivité (ou une simple et froide objectivité d'ailleurs: c'est ce que prétends faire un pan de la musique contemporraine, qui se veut le reflet de la science, de la rationnalité mathématique, et pour qui l'inspiration des sentiments est une déviance honnie de la "vieille musique").

Je sépare la technique artistique de l'émotion que je ressens subjectivement devant l'objet artistique. Il se trouve, en ce qui me concerne, mais c'est purement personnel, que mon émotion est décuplée par la perfection technique. Mais mon émotion n'est pas subordonnée à la perception de la technique artistique! J'adore des films sans envergure, des musiques pratiquement sans composition, qui sont plus proche du divertissement que de l'art. Inversement, l'audition d'une fugue de Bach me procurement une jouissance plus proche de la satisfaction intellectuelle que de la génération d'un affect.

Les vrais grands chefs-d'oeuvres de l'art, ceux qui sont capable de bouleverser, étant par ailleurs à mon avis les plus parfaits techniquement, je pense vraiment que l'objectivité dans l'art est un élément majeur de son aptitude à faire naître des sentiments dans la subjectivité des individus.

Ce qui semble me séparer de ton opinion, c'est que, pour moi, la technique, l'objectivisation qu'elle permet (quoique on peut objectiviser aussi des sentiments, des affects: Freud et ses émules l'ont bien fait...), ne disparaît pas avec la naissance (achèvement de l'oeuvre), et que l'objectif ne s'arrête pas au dernier coup de pinceau sur la toile. L'objectif demeure, comme produit de la technique et comme finalité. Une finalité: c'est-à-dire une qualité technique mise en avant dans le but de....

Les moyens du tournage de Shining ("technique qui permet de construire une oeuvre", selon ton expression), ne m'intéresse pas en tant que tel. Ce qui m'intéresse, c'est la qualité objective de la technique cinématographique vu sur l'écran: le cadrage et la composition des scènes dans le cadre (très beaux jeu de symétrie, peut-être un symbole du replis, replis de l'histoire des personnages dans le temps et l'espace?), la caméra "semi-subjective", appelons-la ainsi (Jack filmé comme s'il semblait se contempler dans les scènes où il sombre dans son univers intérieur, devant le bar ou dans la chambre froide; la montée sur l'escalier alors que Wendy vient de découvrir le manuscrit, où le regard de la caméra est au côté du regard, mais n'est pas le regard, c'est-à-dire qu'elle ne cesse d'être narrative, distanciée, clonique pourrait-on dire).

Voilà, en résumé, ma position, qui ne se résumme pas en un péremptoire "l'art est objectif" que je n'ai jamais écrit!
Scytales
 
Messages: 11576
Inscription Forum: 31 Mar 2002 2:00
  • offline

Message » 04 Aoû 2003 18:10

Scytales a écrit:Appliqué au cinema, le "objectivement bon" se réfère à ce qui fait l'essence même du cinema, la mise en image, auquel s'ajoute des éléments supplémentaires mais pas moins essentiels (musique, dialogue, scénario, ...). Tout ces élements font partie soit de la technique cinématographique la plus pure, soit à des compétences qui ressortent du domaine de l'art (musique, écriture, dramaturgie, ...), toutes choses parfaitement objectivisables!


On chipote, mais c'est quand même important de le préciser puisque tu me le demandes. :wink:
Il aurait fallu que tu sois dans ce cas plus explicite, en distinguant nettement les compétences qui accompagnent et construisent une oeuvre, de l'oeuvre elle-même (sachant que musique, écriture et dramaturgie sont également oeuvres d'art elles mêmes.. )

Tu parles de subjectivité. A ce titre, je t'invite à réflechir sur l'accord de deux subjectivités. Si on considère que cet accord (qui fait qu'en sortant d'une salle on reste bouche bée, transporté par les deux heures de bonheur qu'on vient de passer) n'est absolument pas fortuit, alors il faut considérer que l'oeuvre, une fois accouchée de son créateur, ne lui appartient plus.
Ce n'est donc plus sa subjectivité, mais bien la notre, qui prend les commandes.
Le travail de l'auteur ne fait que donner des directions, des élements. Mais le chemin n'est suivi que par le spectateur, et uniquement en fonction de sa propre subjectivité. Par divers mécanismes de projection, nous allons donner du sens à ce qui se passe à l'écran, et par identifications ou mécanismes de sublimation (en général les oeuvres "intellectuelles" qui s'adressent plus à la tête qu'au coeur) nous allons faire de cette oeuvre la notre, une oeuvre unique.
Cette oeuvre nous touchera à partir du moment où elle rentrera, dans le cadre pulsionnel, à notre définition du beau, qu'il soit sublimé ou pas. C'est là où notre histoire personnelle intervient de manière énorme sur nos goûts.
Voilà pour le coté subjectif. C'est ce qui explique que certains, malgré une grande culture, peuvent ne pas aimer certains films "intouchables". J'ai connu ainsi un premier assistant cinéphile devant l'éternel qui ne supportait pas Welles.
De la même manière, le cinéma Fellinien me donne de l'urticaire.
Le subjectif.
Et c'est ce qui au final, va faire que tu aimes ou pas un film. Et c'est ce qui définit l'art, une forme de beau qui en fonction de ta subjectivité va te parler, ou non.
:wink:

A coté de ça, tu peux trouver, et c'est là où je rejoins ton point de vue, des qualités objectives à un film. Une perche qui apparait dans le cadre, il n'y a pas ambiguité ! :wink:
Si on adoucit mon exemple, certaines mise-en-scènes sont grossières, certains décors baclés et certaines musiques innapropriées...
Le choix du cadre, l'importance vitale du montage vont être de ces données qu'on discute et argumente à loisirs dans les écoles de cinéma (l'un des exemples les plus frappant étant Citizen Kane, véritable caverne d'Ali Baba en terme de trouvailles à l'époque).
De la même manière, on pourra décrypter un script, pour comprendre ce qu'il fait qu'il va "marcher" ou pas. Hitchcock disait à ce titre qu'une bonne histoire était caractèrisée par le fait que si on enlevait une scène, tout le film s'écroulait. C'est au final la réputation de "north by northwest" (la mort aux trousses).

En ce qui me concerne (et c'est là où nous sommes peut être différents), je peux être admiratif d'un film sans l'aimer (pour les raisons objectivables), et je peux aimer un film sans en être admiratif (exemples typiques chez moi "flatliners" qui me parle pour des raisons personnelles, et "Conan le barbare" parce que c'est un souvenir d'enfance).

Mais le résultat final, celui qui restera chez toi au niveau conscient et surtout inconscient, celui qui fera que les poils de ta nuque se redresseront, c'est un résultat purement artistique. Totalement subjectif.
Si en plus tu aimes la technique.... tant mieux, c'est un plus.

Là où je pense il y a confusion, c'est dans la tentative de féderer le plus grand nombre sur une oeuvre. Car dans ce cas la technique, la perfection du traitement, joue dans le sens où elle est remarquée par tous, elle est objectivable directement.

La virtuosité d'un Fincher n'est jamais remise en question.. alors si en
plus, tu as un scénar d'enfer joué aux petits oignons derrière, bing, tu t'approches du Nirvana. :wink: Une technique, basée sur des connaissances communes, apte à être reconnue (car l'essentiel est là) et admirée, fonde l'objectivité de l'attrait qu'on trouve à une oeuvre.

(j'ai quand même l'impression que dans le fond on est assez d'accord mdr)





PS: Pour Shining, je m'accorde avec ton analyse. J'y ajouterai la volonté hypnotique de placer des labyrinthes en poupée russe avec les trois structures fondamentales:
- l'hotel
- le labyrinthe extérieur
- le psychisme de Jack
C'est un des films qui me fascinent le plus pour l'utilisation de cette caméra (merci le steadycam), qui nous permet, tels des voyeurs, de visiter la destruction depuis l'intérieur. La scène du barman est pour moi la plus forte, la plus terrible, dans le sens où elle signe l'abandon de Jack aux forces/pulsions qui le tenaillent.



PS: Freud n'a pas objectivé les sentiments, il a tenté de le faire au début de sa carrière, étant neurologue. Il a utilisé des modèles mécaniques pour parler de quantums d'affect, ce qui lui a permis de considérer l'inconscient en termes topiques et économiques. Mais son invention, la psychanalyse, au final ne s'appuie que sur les phénomênes de transfert et contre-transfert qui eux sont totalement subjectifs. :wink:
Gambit
 
Messages: 2594
Inscription Forum: 04 Déc 2002 16:25
Localisation: Angers
  • offline

Message » 04 Aoû 2003 19:06

Mince...
Je me fais vieux tout à coup.

Maintenant, c'est la premiere fois que je vois un "jeune" expliquer aussi correctement pourquoi il n'apprecie pas des "vieux" films considérés comme majeur par ma generation et celle d'avant.
Car pour beaucoup, le meilleur du cinema, c'est Terminator, Star Wars et le Seigneur des anneaux.

Bons argument Aragorn.
Un symptome des "conflits" de generations ?

Je dois avoir de la chance, j'apprecie les anciens films, et les nouveaux aussi.
_________________


Ca me fait plaisir ce que tu me dis Kassad,d'autant que je pensais m'etre mal exprimé.Surtout a coté de Gambit ou d'autres critiques .

Je les admire car ils voient des choses que j'arrive pas a voir et que je pense n'y arriverait jamais.

Mais ils m'inquiete quand meme ,car pour moi un film se regarde avec des sentiments,on plonge dans l'univers du film ;et je pense que l'analyse tue les sentiments .D'ailleur je suis pas tres bon en francais car je n'arrive pas a voir derriere les mots ,je lis les livres comme des histoires pas comme une attaque contre le systeme ou autre demonstration.Meme si quelque fois je repere ce que veut dire l'auteur mais pas tout le temps,il faut que ce soit assez explicite.

Il m'arrive meme parfois que lorsque je regarde un film je ne ressent rien,pas parce qu'il est nulle( car je ne ressent meme pas d'ennui d'ailleur),meme parce que j'arrive au cinema avec une mauvais disposition(fatigue,pas trop de motivation...).Comme Matrix 2,mon pere ma demandé ce que j'en pensais du film ,je lui ai repondu que je ne savais pas .Il m'a regardé d'un air bizarre d'ailleurs :) .Enfin j'etais dans un etat neutre ,j'ai eu ni plaisir ni ennui.

Est ce que ca vous arrive aussi des fois?

Et Gambit tout ce que tu vois dans un film(critque de la société...),tu le vois des la premiere vision ?
ARAGORN elessar
 
Messages: 911
Inscription Forum: 20 Juil 2003 11:09
  • offline

Message » 04 Aoû 2003 19:21

Gambit a écrit:
(j'ai quand même l'impression que dans le fond on est assez d'accord mdr)


A la lumière de ton dernier messsage, et surtout de sa première partie, je le pense aussi (à prendre dans tous les sens de l'expression :lol:)!

Ce n'est en tout cas pas l'aptitude à admirer un oeuvre qui nous déplait qui va nous séparer. Je ressens le même tiraillement, en cinéma comme en d'autres choses. Je ne peux ainsi pas supporter la façon d'interpréter de Chung dans certaines oeuvre où sa façon me semble inapropriée, il n'empêche que c'est un chef admirable et admiré.

Je dirais simplement, que si on peut admirer une oeuvre qui déplait pour des raisons objectivables, c'est peut-être la preuve empirique que l'art n'est pas nécessairement d'essence subjective, et en tout cas pas purement subjective... :wink:

(Petite apparté: ouvrir une filière sur Shining, un des sommets de l'art de Kubrick, ne serait pas une mauvaise idée!)
Scytales
 
Messages: 11576
Inscription Forum: 31 Mar 2002 2:00
  • offline

Message » 04 Aoû 2003 19:37

Non Aragorn, je ne vois pas tout ça à première vision, et qui dit le contraire sera un fieffé menteur. Ce qui arrive par contre très souvent, c'est de découvrir de nouvelles choses au fur et à mesure des visions, ce qui permet de voir différemment et d'apprécier ce que tu n'as pas aimé au départ. L'exemple s'est rêvélé chez moi pour 2001, Magnolia, mais aussi Mulholland Drive de Lynch.
A l'inverse, quand tu as apprécié un film, et qu'au bout de la troisième vision tu le trouves au final raté ou démodé (Brazil ou Willow par exemple chez moi), peu de chances que tu reviennes en arrière.

Chacun voit un film à sa manière, c'est en substance ce sur quoi Scytales et moi-même débattions plus haut.

Mais nul besoin d'analyser. On peut se livrer à cet exercice, mais il est purement facultatif, il est bon pour ceux qui aiment bien parfois couper les cheveux en 4. :wink:

Un seul mot d'ordre: ton plaisir. Le reste, s'il devient prédominant sur ce plaisir, pervertit ce bel art qu'est le cinéma, à mon avis. Il n'est pas forcément souhaitable de rationnaliser un film, ça lui fait perdre parfois de son attrait. C'est une des raisons pour lesquelles je ne suis pas friand de making-of (ou alors avec 20-30 ans de recul voire plus), je ne veux pas perturber mon plaisir par "l'envers du décor".
Gambit
 
Messages: 2594
Inscription Forum: 04 Déc 2002 16:25
Localisation: Angers
  • offline

Message » 05 Aoû 2003 11:31

Bonjour,

Juste pour rajouter ma pierre a l'édifice de la subjectivité/objectivité de l'art...
Je nuancerai chacun de vos propos...
Pour moi, la beauté, ou hideur (quintescence de l'art) est universelle et donc purement objective (merci Voltaire). L'art n'est pas de créer cette beauté, mais de la montrer aux autres, et c'est la que l'art est subjectif, car c'est le point de vue de l'auteur sur la beauté objective de l'oeuvre...
Pourquoi les gens aiment l'art, s'extasient devant une toile ou un film??? Tous les elements sont deja dans la nature autour d'eux. En fait ce que l on apprecie c'est la facon dont ils nous sont revelés et non les elements eux memes.
De plus, je pense qu'il faut egalement dissocié la technique de l'oeuvre...
La technique n'est que le biais de l'artiste pour nous faire decouvrir l'oeuvre, et tout comme cette oeuvre elle est opjective. Alors pourquoi on aime ou on aime pas?? Je pense que c'est parceque l'utilisation de cette technique ne correspond pas a notre vision de l'oeuvre.
Bizarrement, personne ne deteste l'integralité des toiles d'un peintre, d'une parcequ'il evolue dans sa technique et deux parcequ a un moment la technique employé pour l'oeuvre meme si elle nous plaisait pas avant correspond cette fois a notre vision.

Sinon, quand je parlais de technique, je parlais evidement de l'evolution technique des materiels et FX...

M@dx@V
M@dx@V
 
Messages: 348
Inscription Forum: 28 Nov 2002 16:39
  • offline

Message » 06 Aoû 2003 0:10

Gambit a écrit:Désolé d'avoir pour certains égratigné un mythe de jeunesse.
Je n'ai peut être plus l'âge pour le propos (contestons mes frêres le système, contestons !), et c'est vrai qu'étant ado à l'époque, ça m'avait -forcément- emballé.
Mais j'ai grandi, et augmenté de manière exponentielle mon paysage cinématographique. (:lol:)
La technique de Brazil est vieillotte, poussive, manque cruellement de subtilité.
Le jeu des acteurs est.. bon j'en dis pas plus.

tu t'arretes sur le moins important...bien que l'on pourrait encore en discuter un moment (technique poussive) ce film compte parmis les plus originaux de la creation, la musique est sublime, le message et son traitement sont nettement moins "simplistes" que ce que tu decris (le dictateur de chaplin, pour piocher dans tes references, n'est pas moins simpliste, est ce que c'est mauvais pour autant ?) quand au jeu des acteurs, il est parfait dans le contexte.... l'humour est digne de gilliam, le plus prolifiques des monthy python...on est donc trés loin de benny hill


Alors ok, un film culte n'est pas forcément un grand film (attendez que j'écorche le Rocky Horror, là vous allez frémir ! :wink: ), et je m'attendais plus ou moins à ces réactions.
Il y a des films qu'on ne doit pas effleurer de la moindre critique.
Tant pis, j'ose ! :wink:
Que certains en aient fait leur film préféré, soit. Que ce soit un chef-d'oeuvre pour autant, surement pas.

tu as surtout le droit de te tromper ;) (encore)

Déjà pas à l'époque à cause de sa technique euh approximative, encore moins aujourd'hui à cause de son propos aussi daté qu'un manifeste du PC.
:roll: pas besoin d'argumenter, c'est ridicule, j'aurais jamais du te dire de prendre ce que te dit ta femme pour argent comptant...surtout quand elle a dormi pendant le film ! :)

Dommage le mythe, mais moi je vérifie mes réfs tous les 10 ans au moins. :wink:

ça change rien au fait que tu n'ais pas les bonnes apparemment...(j'ai revu brazil le jour de sa sortie dans une edition correcte...deux mois environ, certaines limites du decors m'ont plus marqués qu'à l'epoque, c'est certain, mais ce n'est rien par rapport à l'ensemble de cette fresque geniale)


PS pour Scytales: tu défends admirablement ton film culte, je te concède ça. Mais objectivement.... ça ne tient pas tellement. Maintenant, depuis quand demande-t-on à un film d'être objectivement bon ? Il suffit qu'il plaise à une personne pour qu'il soit réussi, ce qui semble être son cas. :) Bel éloge donc, même s'il ne peut être que personnel.

je ne vais pas revenir sur qui a été dit brillamment sur la derniere page, mais je suis "objectivement" d'accord avec scytale...le cinema n'est en rien comparable à la cuisine. Les personnes qui aiment un film determinent sa qualité intrinseque, et ce n'est pas uniquement une question de nombre....(il y aura toujours un neuneu pour aimer la pire bouze, ça ne transforme pas le film en reussite pour autant...en revanche quand des milliers de cinephiles, la plupart des critiques adorent un film, il y a peu de chance pour que cela soit un mauvais film, meme si tu ne l'aimes pas....)

PPS pour Nobo: ma femme s'est endormie devant. Elle le découvrait, je lui ai dit "tu vas voir c'est formidable". A la fin, elle m'a regardé en me demandant ce qu'il y avait de formidable dans un film tourné comme un épisode de série anglaise des années 70, au discours anti-système simpliste, et à l'humour aussi poilant qu'un épisode de Benny Hill (et ça c'est une sacrée insulte de sa part). :o
Moi j'ai été plus tendre, plus tempéré.. aaaah nostalgie...

Aucune excuse pour ta douce et tendre (qui t'a influencé encore une fois, on voit qui porte la culotte dans certains couples du forum ;)), on peut s'endormir devant brazil, c'est concevable, le reste est une caricature de mauvaise critique potache...qui n'a pas vu le film :)
Nobo
 
Messages: 10617
Inscription Forum: 25 Déc 2000 2:00
Localisation: nice
  • offline

Message » 06 Aoû 2003 0:19

Nobo, comme toujours tu te laisses emporter par ton éternel défaut...
"si c'est encensé par la critique, c'est que c'est bon !"

On va pas redébattre là-dessus, je ne suis pas entièrement d'accord avec toi.
Sur Brazil, je n'aime plus, je n'aime plus.
Juste pour terminer, euh, défendre la musique, toi non plus tu n'as pas l'air conditionné chez toi...Car la musique se résume à cette même mélodie brésilienne tout du long. Un peu juste quand même... :-?

J'ai juste un élement qui te permettra peut être de comprendre pourquoi la deuxième vision l'a atomisé.
Je n'ai jamais beaucoup ri aux lourdeurs des monty python. Ceci expliquant peut être cela...
Gambit
 
Messages: 2594
Inscription Forum: 04 Déc 2002 16:25
Localisation: Angers
  • offline

Message » 06 Aoû 2003 2:39

Houlalaaa..."'lourdeurs des monthy python".... tu dis ça parce que tu reves d'une clope hein ? ;)



ps : je sais que je ne devrais pas te titiller en cette difficile periode, mais en ciblant ta nervosité sur un etranger, ça te permettra de ne pas te defouler sur ton entourage,
entourage que tu dois preserver pour qu'il t'encourage toujours a poursuivre ton sevrage ...ça reste donc une bonne action de ma part, et en plus ça rime.... ;)
Nobo
 
Messages: 10617
Inscription Forum: 25 Déc 2000 2:00
Localisation: nice
  • offline

Message » 06 Aoû 2003 2:44

Euh, j'ai le droit de ne pas être à genoux d'admiration devant l'humour british ?
:wink:

Rhalalalala... ton paysage culturel est trop codifié pour moi, mon bon Nobo...
ce qu'il faut aimer, ce qu'il faut dénigrer....
On va pas y arriver.
8)
Gambit
 
Messages: 2594
Inscription Forum: 04 Déc 2002 16:25
Localisation: Angers
  • offline

Message » 07 Aoû 2003 15:11

Je me permet d'intervenir car g revu BRAZIL avant hier et j'ai retrouvé le même plaisir qu'aux premieres visions : le "délire" (négatif) "Orwellien" d'une société de ronds de cuirs mesquins, péteux, étroits d'esprits, revanchards... le délire positif d'harry Tuttle (De NIro excellentissime) trublion subversif d'une société trop encrouté dans ses routines bureaucratiques, le délire onirique du héro qui échappe petit à petit à la réalité, jusqu'à disjoncter et être enfin "libre" (dans sa tête) ... le pessimisme de l'histoire de ce type qui n'a qu'une envie : vivre sa vie comme il le souhaite, sans les entraves de cette société inhumaine, et qui ne peut que perdre la partie.... je trouve que, contrairement à Gambit, ce film n'a rien perdu de son impact, au contraire, en ces temps de "libéralisation" outrancière de NOTRE société de consommation, où on se dirige de plus en plus vers une société "à la Brazil", je trouve ce film plutôt visionnaire (et je le déplore!!) et c à mon avis un avant goût de notre future réalité :cry: brrrrr!! (rappelez-vous ces autoroutes bordées d'affiches de pubs ensoleillées qui cachent un décor industriel, pollué, gris et toxique...) bref, est-ce utile de préciser : 'jadore Brazil :wink:
Pierre T
 
Messages: 744
Inscription Forum: 01 Déc 2001 2:00
Localisation: Montpellier - FRANCE
  • offline


Retourner vers 7ème Art