Serais-je passé à côté du film qui relèguerait les autres au rang d’attraction de foire ? Vais-je être forcé de baisser culotte afin que les verges de la raison viennent me lacérer le fondement ? J’avoue avoir senti mon front se ceindre du rouge de la honte...
Et puis, au bout d’une dizaine de minutes de projection, je commençais à me rasséréner : j’étais bien en présence d’un film de Jean Pierre Jeunet. Les acteurs forçaient le jeu, les dialogues étaient creux et l’ensemble du film un salmigondis de clichés éculés.
Les personnages étaient aussi épais psychologiquement que l’estomac de mon phallus et les sentiments rose bonbon qui dégoulinaient le long de l’écran devaient sans doute beaucoup à la jeunesse dorée du réalisateur-marchand de lessive.
Car c’est de lessive qu’il s’agit : tout est propre, bien en couleur et tout le monde est gentil comme dans une pub pour ménagère de moins de 50 ans.
À vomir.
Pourquoi ce film sans talent plaît tant alors ?
Parce qu’il est FAIT par un publiciste. Parce qu’il ressemble à de la publicité.
Parce que depuis votre plus tendre enfance, chaque émission à la télévision est encadrée par de la pub quand elle n’est pas coupée par de la pub.
Parce qu’il y a de la pub PARTOUT et que vous n’oseriez même pas concevoir la vie sans publicité.
Le Ripolin Amélie est devenu votre façon de voir les choses : tout dans l’esbroufe et rien dans la demi-teinte.
En voyant ce film, vous êtes CHEZ VOUS !
Quant aux trisomiques qui déclarent que ce film a changé leur vie, je ne vois plus que l’euthanasie qui pourrait leur rendre service.
Un coup de téléphone salvateur d’un ami au milieu du film m’a fait sursauter au moment où mes paupières s’allaient clore.
Heureusement, sans quoi, je pense que je n’aurais pas pu aller au bout, tellement l’ennui me gagnait. Cette dinde de Tautou a des vertus soporifiques balladuriennes...
En bref, je déclare « Le destin d’Amélie poulain » navet franchouillard de l’année, ex aequo avec « Le pacte des loups ».
Je ne sais plus quel homme politique a déclaré avoir honte à la France, mais je le comprends... La simple idée que ce pauvre film ait fédéré tant de gens me donne des hauts le cœur !
Bon. Pour cette fois, je vous pardonne, mais n’y revenez plus.
Tupeutla fait loi.
<font size=-1>[ Ce Message a été édité par: tupeutla le 2002-01-27 15:24 ]</font>




