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Musique enregistrée : BLURAY, CD & DVD musicaux, interprètes...

L'oeuvre pour orgue de César Franck

Message » 04 Juin 2002 22:13

Un de mes amis, qui se trouve être un honnête organiste et un amateur assez bien éclairé en matière de musique baroque, m'a prêté toutes ses intégrales de l'oeuvre pour orgue de Franck:

Daniel Roth (Motette), Joris Verdin (Ricercar), Louis Robillard (Festivo), ainsi que Maurice Moerlen (Obbligato).

J'ai personnellement acheté l'intégrale André Isoir (Calliope).

Le 3e choral de Franck fut l'une des rares oeuvres classiques qui ont bercé mon enfance et ma préadolescence. Cette pièce impressionnante avait le don de déclencher en moi une passion dévorante.

J'ai commencé, en craignant un peu l'overdose, à me plonger dans toutes ces intégrales.

Au premier menu, le volume 3 de l'intégrale Roth.

Le 3e choral est joué trop lentement à mon goût, mais quel plaisir d'entendre rugir les basses de l'orgue de Saint-Sulpice dans la coda!

Cantabile (1878) et la Pièce héroïque m'on causé un choc. Je ne suis pas fana de musique d'orguee, mais là, je me suis demandé comment j'ai pu passer à côté d'un tel génie du roi des instruments! Quel registration merveilleuse dans Cantabile!

Et le choral n°1 est une petite merveille thématique et rythmique.

Pour une premiere approche de l'oeuvre d'orgue de Franck, je n'ai pas été déçu, bien que certains tempi trop pesants m'aient laissé parfois sur ma fin.

En tout cas, j'espère susciter une discussion en règle sur ce répertoire, pour la bonne compréhension et de ses oeuvres, et de leurs interpétations.

Amoureux de l'orgue, à vos clavier!
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Message par Google » 04 Juin 2002 22:13

 
 
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Message » 23 Juin 2002 10:29

Si vous tombez sur le disque de Moerlen, chez Obliggato, fuyez-le! Je me suis rarement autant em***** en écoutant de la musique...

Il n'y a pas le moindre début de commencement de tentative d'interprétation. Cet organiste (dans ce disque) est un égreneur de notes qui, pour lui, semblent toutes égales!

En plus, la technique d'enregistrement n'est pas au point: c'est brouillon, because manifestement double couple de microphones (son direct + son réverbéré) mal mixés. On ne sais plus du tout où on est...

Et puis, l'orgue est pas trop folichon. Le seul Cavaillé-Coll d'Alsace, malheureusement massacré par des « améliorations » mal venues au début du siècle dernier. On tente de retrouver l'état originel actuellement, mais ce n'est pas encore une réussite: c'est le premier Cavaillé-Coll qui me laisse franchement indifférent. Certains registres sont même ridicules.


En revanche, l'audition du premier disque de l'intégrale Robillard a été une heureuse surprise!

Ce disque comporte le 1er choral, la Prière, la Pastorale et la Grande Pièce symphonique, enregistrés sur les Cavaillé-Coll de St-François-de-Sales à Lyon et de St-Sernin à Toulouse. Malheureusement, je ne peux associer exactement les orgues enregistrés aux morceaux, car le livret du boîtier est très léger et je ne connais pas ces instruments (que ce soit en vrai ou au disque), donc je ne peux pas les reconnaître.

En tout cas, ces interprétations sont vraiment bonnes. Il y a du rubato bien senti, de subtiles accélérations et retards imperceptibles dans les attaques de notes qui rendent le jeux très vivant et laisse l'attention constamment en éveil. De plus, Robillard produit des notes très franchement attaquées, ce qui dessine très nettement toutes les lignes mélodiques. La grande partie fuguée de la Pièce symphonique est ainsi un régal d'intelligibilité! Cette pièce est d'ailleurs le tour de force du disque, elle est très impressionnante!

Quant aux orgues, il sont beaux, voire magnifiques, il n'y a rien à redire, car Robillard les fait bien « chanter ».

Le seul petit bémol que j'adresserais à ce disque viendrait de la prise de son. Elle est très éloignée de l'instrument et fait la part belle à la mise en situation des orgues dans l'acoustique des nefs, que l'on perçoit sur toute leur longueur. Du coup, on se sent parfois un peu à l'étroit dans ces « tunnels ». Mais c'est un reproche bien léger, car là, le dosage entre son direct et son réverbéré est vraiment excellent, et fait honneur à la lisibilité du jeu de l'organiste. Il y a peut-être beaucoup de souffle (sauf sur le choral), mais le spectre sonore est très large, très naturel, avec des basses très profondes (Sur la Pièce symphonique, toujours, le grave descend si bas que ma boîte crânienne s'est mise à résonner: c'est la première fois que ça m'arrive, et, gloups!, c'est une sensation assez curieuse!)

Hmm, j'y pense, sur le choral, on n'entend pas de bruit de mécanique, quelqu'un a-t-il une idée de l'identité de l'orgue utilisé grâce à cet indice?

Bref, si les autres disques de cet intégrale sont à l'avenant, celle-ci pourrait être un excellent choix pour qui veut prendre son pied avec Franck.
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Message » 10 Juil 2002 21:35

Je confirme que l'intégrale Robillard est vraiment de haute tenue, même si les deux autres disques ne sont pas vraiment à la hauteur de la qualité du premier.

En tout cas, il est nettement plus inspiré que Joris Verdin.

Celui-là confond vraiment vitesse et précipitation et c'est particulièrement malvenu sur la plupart des oeuvres. Elles perdent ainsi beaucoup de leur caractère héroïque et lyrique. Il paraît que Verdin s'est livré à une profonde recherche musicologique pour en arriver là. Je doute de sa pertinence. Avec des tempi aussi prestes, l'ouverture et la fermeture de la boîte expressive de la plupart des orgues est en retard sur les mesures où elle est sensée faire son effet... Je doute que Franck ait fait une impasse technique aussi grossière lorsqu'il a composé.

En plus, la prise de son est distante, bouchée et confuse.
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Message » 12 Aoû 2002 17:31

Par contre, l'intégrale Rott est souvent limite ennuyeuse. Un beau lyrisme dans les parties lentes des chorals, certes, mais un manque d'engagement qui prive cette musique de tous ses accents épiques, et même liturgiques.


Le volume 3 est plus recommandable que les autres: Rott retrouve un peu de l'énergie de Robillard.

Prise de son bof... Manque de définition, trop éloignée.
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Message » 14 Aoû 2002 14:59

bonjour Scytales,
l'orgue est surement le roi des instruments, mais difficile d'approche!

dans tout ce que tu viens de citer, que conseillerai-tu à quelqu'un (c-à-d moi-même) qui ne connait que trop peu de chose en orgue mais qui voudrait découvrir?
(quel auteur, quelle édition, ...?)

merci
vincent
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Message » 14 Aoû 2002 17:01

bonjour vincent,

à mon avis pour découvrir l'orgue, rien ne vaut les oeuvres de bach et notamment les toccatas et fugues.

quelques grands interprêtes : andré isoir, marie-claire alain ou ton koopman

cordialement

Jérôme
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Message » 15 Aoû 2002 11:00

Et bien... Franck! C'est une première approche, comme Bach d'ailleurs mais le Cantor de Leipzig est à un niveau spirituel et surtout technique et intellectuel vraiment au-dessus de tout. Il faut savoir apprécier l'écriture contrapunctique et les subtilités de la fugue pour l'apprécier dans la plénitude de son génie. Ce n'est parfois pas évident. D'autant que nombre d'interprètes de Bach cherchent à en mettre plein la vue (notamment dans les fameuses Toccatas et Préludes et Fugues) en ne jouant pas sur les orgues les plus appropriés pour cela: les gros orgues symphoniques de l'époque romantique. Quelque soit le talent de l'organiste, cela ne surpasse pas l'atmosphère de légèreté distinguée et stricte des beaux orgues baroques d'Allemagne et d'Alsace. Cela dit, ce n'est pas une raison de passer à côté de Bach! Les disques de petits labels recèlent parfois des pépites, parce qu'ils mettent en valeur un instrument particulier et l'organiste attitré, qui le connaît comme sa poche. Car il en va de l'orgue comme des violons: il y a les Stradivarius, les Gretsch, ... Pour les orgues, il y a les Cavaillé-Coll, les Silbermann, ... Et il faut savoir apprivoiser ces instruments.

Pour Bach, Isoir ou Alain est un bon choix pour commencer. Plus Isoir qu'Alain à mon humble avis. Par la suite, il est toujours possible de creuser.

Tenez, pour Franck, je dirais les 3 chorals, par le sieur Robillard dont je parle dans le thread, qui n'est pas mal du tout. Aussi très bien dans la Pièce Héroïque. Isoir aussi est bon dans ce registre si j'en crois mon souvenir, mais il faut que je me fasse encore son intégrale. Ces morceaux sont très impressionnants, vous verrez: c'est de la musique romantique sur les orgues en rapport, des instruments monstrueux capables pourtant de l'intime le plus délicat comme du fracas le plus tonitruant. Ressentir la pédale de grave d'un orque de l'acabit de ceux de St-Sulspice (Paris) ou de St-Sernin (Lyon), 16 Hz sortis par des tuyaux allant jusqu'à 20 m de haut, c'est une expérience sonore enivrante. Et si en plus la musique est bonne et l'orgue beau (cas du second instrument cité par exemple), c'est le pied. Évidemment, il faut un ampli et des enceintes capables de soutenir le jus nécessaire pout reproduire un orgue dans toute son ampleur sans lui « couper les pieds »...

Pour Bach, il y a évidemment ses Préludes et Fugues célébrissimes, ses Toccatas et Fugues (particulièrement la BWV 547), mais aussi son petit livre d'orgue (Orgelbüchlein), l'Art de la Fugue (Die Künst der Fugue). Pour le petit livre, j'aurais tendance à recommander le disque issu de l'intégrale Bach parue chez Hänslerr, mais je ne me souviens plus du nom de l'organiste. Pour les Préludes et Fugues, c'est vrai que j'aime bien Isoir, chez Calliope, qui a enregistré deux fois ces oeuvres, même si ce n'est pas très historique au niveau de l'interprétation.

Mais pour commencer en beauté, ce que je recommande le plus chaudement, c'est une pièce jubilatoire, spirituelle et impressionnante en diable: Le Concerto pour orgue, timbale et orchestre à cordes de Francis Poulenc. C'est absolument ébouriffant, et vous saurez de quoi un orgue symphonique, même à demi-utilisé, est capable. Là, je vous recommande sans hésitations aucune Isoir à l'orgue Didier de la cathédrale de Laon avec l'Orchestre de Picardie dirigé par Colomer, parue chez Assai (référence 207172). Orchestre en grande forme pour une interprétation atypique, assez ascétique aux cordes, mais finalement très proche de l'esprit de la musique de Poulenc. Timbalier très percussif! Et un organiste dans ses grands jours, qui arrive à extraire de sa partie des mélodies intermédiaires qu'aucun autre organiste à ma connaissance n'expose avec autant de talent.
Dernière édition par Scytales le 12 Oct 2003 21:40, édité 1 fois.

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Message » 18 Aoû 2002 9:32

Je déconseille l'intégrale Franck d'André Isoir.

Le célèbre organiste bénéficie certes de la prise de son la mieux définie, mais elle avoue quelques limites en terme de bande passante, à la fois dans l'aigu et l'extrême-grave (ce qui est un peu gênant pour un orgue :( ).

Une bizarerie: sur certaines plages, l'orgue est enregistré de face, sur d'autre, il est latéralisé, ce qui fait qu'il est situé à droite de l'enceinte droite. Frustrant.

En ce qui concerne l'interprétation, elle est extrêment propre, très lisse, les notes sont allongées de sorte que toutes les lignes mélodiques peuvent imprégner aisément l'auditeur. Le touché d'Isoir est fabuleux, les sonorités du magnifique orgue Cavaillé-Coll de la cathédrale de Luçon sont éthérées, fines, magiques.

Mais ces interpétations manquent de vie, de fougue. Elles privilégient le son sur le rythme, le lyrisme. Le jeu d'Isoir est statique. La mayonnaise ne prend vraiment qu'avec les Préludes, Fugues et Variations, ce qui est bien peu sur deux disques...

Encore une pluie de récompenses incompréhensibles (Ça arrive!).

Je reste sur mes premières impressions: préférer le coffret Robillard et en bonus, le 3e volume de Ross.

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