Son bouillon de potage allait-il satisfaire notre appétit jusqu’à satiété, Pierre et moi-même étant habitués et friands de porridge (cf http://www.homecinema-fr.com/forum/viewtopic.php?t=29781144) bien consistant…
Pour situer les forces en présence, Devas possédait lors de ma dernière venue une Consonance CD 2.2 qui n’avait de point commun avec l’original que le châssis et la télécommande, une petite merveille de pré ampli DevasMade à tube enchâssé dans un boîtier Electrocompagniet (comme quoi tout n’est pas bon à jeter), un amplificateurs de puissance AudioNote Concqueror en 300B Svetlana quelque peu retouché et du câblage Ag/coton/teflon en modulation et un petit câblage cuivre/ag isolé Kapton, Teflon, tresse métallique dont nous tairons volontairement la provenance. Il possédait également de superbes Audio Lineaire Y21.2.
Une petite vue vaut mieux que de grand discours :
La Bretagne étant une région tempérée il n’est pas rare que les audiophiles bretons se contentent d’un simple ampli à tubes en guise de chauffage, les tubes étant avantageusement disposés dans le lit après usage en guise de chaufferette.
Ayant déjà ouie auparavant le système de Devas, ce dernier m’avait demandé de me soumettre à une écoute en aveugle afin d’apprécier qu’elles puissent être les évolutions d’écoute liée à une modification de son système jalousement tenue secrète. C’est bien volontiers que je me suis livré à ce petit jeu, adhérant et pratiquant bien volontiers la pratique de l’écoute en aveugle.
Après contrôle de l’opacité de mon masque Delta Air Line, je me retrouve installé sur le canapé les oreilles dressées. Les déplacements de Pierre et de notre hôte dans la pièce me confirme qu’il y a des choses à voir autant qu’à entendre.
Petites indications sur les CD à écouter et Devas envoie l’album de Patricia Barber dans Cafe Blue.
Incontestablement, l’écoute a changé. Mais, tout d’abord une évidence jaillit dans mon esprit : Quelle aération, quelle liberté dans le son et quelle hyper rapidité. Le son remplit la pièce d’écoute à l’image d’une écoute live comme débarrassé de tout carcan de toute retenue : cela vie, respire incroyablement et accélère comme rarement entendu. Les cymbales éclatent dans la pièce, la contrebasse délivre des résonances boisés rondes et tenues, les tomes de la batterie claquent formidablement avec la richesse de la caisse et la voix de Patricia bien en profondeur est reproduite avec une luminosité appuyée traduisant sans détour les sifflantes, sibilance et réverbérations si caractéristiques de cet enregistrement
L’écoute se prolonge et je crois discerner une progression dans la consistance du son. On s’approchait maintenant davantage du consommé de légumes que du bouillon de potage.. C’était un petit défaut que j’avais signalé lors de ma dernière visite, les Y21.2 m’apparaissait parfois alléger quelque peu la « patte » sonore ceci étant d’autant plus perceptible à l’écoute de formation orchestrale.
En matière de grave, c’est timbré et beaucoup plus précis que la fois dernière avec une très grande lisibilité du grave et haut grave perdant ce rendu un peu diffus que j’avais noté la fois dernière. Je note cependant à l’écoute de Minneapolis (Portal) une atténuation du grave et je fais la remarque qu’un ingé son aurait du mal à faire un bon mix d’une basse électrique avec le système en l’état. Cependant l’écoute est équilibrée et cette atténuation ne nuit pas à l’équilibre général du rendu.
Je confirme également que le timbre du piano et l’hyper réactivité des Hp me semble caractéristique d’une membrane papier très légère. Je note quelques petites duretés en haut du spectre mais suis toujours bluffé par la définition du médium médium/aigu et la formidable rapidité de l’écoute.
Je note enfin que la formidable libération du son se fait un peu au détriment de la précision spatiale en précisant qu’il pouvait s’agir probablement des éléments diffusant (tables et chaises) qui la fois précédente étaient positionnés entre l’auditeur et les enceintes.
Après quelques écoutes diverses, je fais état des appréciations pré citées sans avoir aucune idée de précise de la nature des modifications effectuées.
Il est alors temps de lever le masque sur :
http://gillesamert.free.fr/DevasHP.jpg
ces étranges enceintes qui trônent à la place des Y21.2.
Ne cherchez pas. Vous les verrez nulle part ailleurs : il s’agit d’une réalisation en cours DevasMade qui a nécessité que 3 petits jours de réalisations et quelques centaines d’euros. Faut-il préciser que la réalisation n’est pas encore finalisée (placement du tweeter et type de tweeter).
La qualité du travail, la qualité d’optimisation du système et le rendu du système laisse pantois. Je ne peux réprimer un rire nerveux. Décidément dure et encourageante semaine pour un breton. Il faut se rendre à l’évidence Devas a un talent inversement proportionnel à sa modestie et sa gentillesse. Sa simplicité, son humilité et sa curiosité, son aptitude à sans cesse rechercher la progression transparaît dans l’élaboration de ce système minimaliste dans la conception et, oh combien, maximaliste dans le naturel et l’émotion ressentie à son écoute.
J’ajouterais que c’est la première fois j’ai entendu un si beau saxophone dans Take Five de Dave Brubeck poussant la reproduction de cet instrument à un degré de réalisme saisissant.
J’ajouterais enfin que le résultat d’écoute n’est pas le simple fait de l’écoute d’un HP type large bande mais est bien le résultat d’un travail méticuleux sur l’optimisation de l’ensemble du système. Devas l'affirme haut et fort : l'écoute est a base du travail de mise au point, toujours l'écoute et encore l'écoute. Il semblerait effectivement qu'à l'écoute du résultat, certains concepteurs d’enceintes aient oublié cette démarche. L’écoute de ce petit proto en ferait blêmir plus d’un. Et quand on rapporte ceci au coût de réalisations de l’enceintes (certes l’expérience n’a pas de prix), on éprouve une immense lassitude… et un formidable espoir.
C'est décidé mon prochain achat audiophile sera une scie circulaire et des serres-joints...
Devas et Pierre en pleine discussion.
Félicitations et milles encouragements à Devas.


