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Films (débats, critiques), personnalités (acteurs, réalisateurs), prochaines sorties, les salles, la presse spécialisée...

Je l'ai vu et j'aime...

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Batman v Superman : Dawn of Justice (Zack Snyder)

Message » 10 Nov 2016 17:14

Sledge Hammer a écrit:
Darkhan a écrit:Quant on en arrive à laisser dans le montage final l'espèce de scene grotesque en slow motion à Juarez avec la plebe en pleine génuflexion sans que cela choque personne, ... pour moi on est au dela de l'erreur individuelle.

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Je ne sais plus à quel moment du film est cette scène mais à la limite peu importe (ou presque...) : dans l'absolue, je pense que cette scène devrait justement être une grande scène de cinéma.

Aucun film de super héros n'a il me semble encore osé aborder cet ultime aspect du super héros (ou en tout cas pas de façon aussi iconique) alors même que c'est une sorte de quintessence thématique du genre. Les premiers Superman n'ont pas franchi ce pas il me semble par exemple.

Pourtant si l'on tente 2 secondes d'imaginer que cela arrive dans la vrai vie d'avoir un Superman qui se balade dans Paris, je crois que nous aurions une réaction tenant à la sidération et à la prosternation.

On en sait en fait rien car a priori personne n'en a jamais fait l'expérience (je suis athée). Mais en revanche les créations humaines artistiques et mystiques, nourrissent notre imaginaire, caressent ce fantasme absolue qui bouscule et interroge notre existence même.

Des grandes scènes cinématographiques renvoyant à cette iconographie il m'en vient 2 exemples : Moïse face à la mer rouge ou cette marie madeleine et son bébé faisant taire les guerriers dans Children of men.

Mais pour susciter la fascination, bouleverser notre rationalité, provoquer un sentiment éthéré, nous rendre acteur par le fait d'une forme d'identification aux personnages, il faut que le film nous y amène, il faut une écriture, un cheminement, une cohérence dans le propos.

Ce qui ne veut pas dire rendre croyant ne serait ce que 2 mn mais simplement produire la fameuse suspension d'incrédulité.

Or dans ce film ça provoque juste la consternation ou le rire ou le sentiment d'un gâchis. On veut d'un côté nous faire ressentir une expérience mystique intime mais de l'autre côté on me demande d'adhérer à des facilités indignes, c'est pas possible, tout s'écroule (ma maman s'appelle Suzette et toi ? Moi je sais pas je veux juste tuer Superman parce qu'il est très très méchant. Mais ouf, voilà Wonder woman pour aider à lutter contre gargamel luthor...)

Bon et tout ça sans compter, qu'il n'y a pas de respiration, trop d'évènements, trop de tout selon moi mais c'est devenu banal de le constater pour les films d'entertainment, en particulier pour lesquels l'action prédomine et peut être de façon accrue depuis que les fx numériques ont débridé les potentiels.

Pour moi le Man of steel est très supérieur d'ailleurs. Mais il m'a fallu un deuxième visionnage pour le trouver plutôt correct, voir même assez bon.
Unjeff
 
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Message par Google » 10 Nov 2016 17:14

 
 
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Message » 10 Nov 2016 22:28

Scène un peu facile et Très naïve (plus surréaliste que de voir un homme voler) si personne ne l'a fait avant c'est qu'il a une bonne raison !

Comme on le disait Snyder joue avec des idées simplistes et celle la en est une autre, après le chien et les Momans des 2 Super héros, il croit que ce genre de scéne va lui attirer la sympathie du public , il doit le croire ultra religieux alors . :hein:

Car dans la vie réelle il serait accueilli avec crainte et des fusils ,remember les Mutants de Chris Claremont ou Le jour ou la terre s’arrêta !

On sait que la nature humaine a peur de tout ce qui est différent d'elle, si ce n'était pas le cas la xénophobie et le raciste n’existeraient pas a un tel niveau, rien que d'avoir une couleur de peau différente suscite la haine .

Et pas la peine de vous dire pourquoi les USA ont ce nouveau Président , il a su flatter tout ce qu'il y a de pire dans l'Américain moyen !

Les Blockbusters US sont aussi pas mal conservateurs !
jhudson
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Message » 11 Nov 2016 17:38

Unjeff a écrit:Pourtant si l'on tente 2 secondes d'imaginer que cela arrive dans la vrai vie d'avoir un Superman qui se balade dans Paris, je crois que nous aurions une réaction tenant à la sidération et à la prosternation.

On en sait en fait rien car a priori personne n'en a jamais fait l'expérience (je suis athée). Mais en revanche les créations humaines artistiques et mystiques, nourrissent notre imaginaire, caressent ce fantasme absolue qui bouscule et interroge notre existence même.

Des grandes scènes cinématographiques renvoyant à cette iconographie il m'en vient 2 exemples : Moïse face à la mer rouge ou cette marie madeleine et son bébé faisant taire les guerriers dans Children of men.

Mais pour susciter la fascination, bouleverser notre rationalité, provoquer un sentiment éthéré, nous rendre acteur par le fait d'une forme d'identification aux personnages, il faut que le film nous y amène, il faut une écriture, un cheminement, une cohérence dans le propos.

Ce qui ne veut pas dire rendre croyant ne serait ce que 2 mn mais simplement produire la fameuse suspension d'incrédulité.

Or dans ce film ça provoque juste la consternation ou le rire ou le sentiment d'un gâchis. On veut d'un côté nous faire ressentir une expérience mystique intime mais de l'autre côté on me demande d'adhérer à des facilités indignes, c'est pas possible, tout s'écroule (ma maman s'appelle Suzette et toi ? Moi je sais pas je veux juste tuer Superman parce qu'il est très très méchant. Mais ouf, voilà Wonder woman pour aider à lutter contre gargamel luthor...)

Bon et tout ça sans compter, qu'il n'y a pas de respiration, trop d'évènements, trop de tout selon moi mais c'est devenu banal de le constater pour les films d'entertainment, en particulier pour lesquels l'action prédomine et peut être de façon accrue depuis que les fx numériques ont débridé les potentiels.

Pour moi le Man of steel est très supérieur d'ailleurs. Mais il m'a fallu un deuxième visionnage pour le trouver plutôt correct, voir même assez bon.


Dans Man of Steel, Snyder procède déjà à sa lecture hyper-réductrice du personnage de Superman. C'est ce qui me rend le film aussi rageant, de le voir plaquer à tout prix une imagerie chrétienne (plus exactement chrétienne scientiste) pour faire à tout prix de Kal-El Jésus et Jésus seulement.

Je trouve pourtant très intéressant que le film soit finalement du point de vue d'un être d'exception, montrant ce qu'il peut ressentir comme trouble ou comme confusion. Il devait y avoir dans l'histoire de Christopher Nolan un certain potentiel, mais là où Snyder est très mauvais, ce que Batman V Superman a confirmé, c'est qu'il n'arrive pas au final à raccrocher le personnage (et le film) à l'humanité, ce qui est pourtant son centre de gravité : un type qui choisit de vivre avec les humains et de ressentir autant que possible ce qu'ils éprouvent. Là, on n'arrive pas à comprendre pourquoi il en pince autant pour Lois Lane en particulier, le combat final se concentre sur Superman vs Zod, alors qu'il y a visiblement des dizaines de milliers de personnes qui sont en train de mourir dans les immeubles et que la mise en scène ne fait pas du tout attention à ça, etc.

Là, ce que j'aurais aimé retrouver plus en fil conducteur du film, c'est la façon dont Clark Kent est au départ totalement paumé dans le monde, à cause par exemple de sa vision qui lui fait voir sous la peau des gens (le flashback sur l'enfance), pour arriver ensuite à faire la mise au point, en trouvant des repères qui constituent au final sa part d'humanité. Mais bon, chez Snyder, on se retrouve au début de Batman V Superman avec Clark et Lois qui forment un couple tout à fait ordinaire et sans intérêt.
Sledge Hammer
 
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Message » 14 Nov 2016 19:08

Sledge Hammer a écrit:
Unjeff a écrit:Pourtant si l'on tente 2 secondes d'imaginer que cela arrive dans la vrai vie d'avoir un Superman qui se balade dans Paris, je crois que nous aurions une réaction tenant à la sidération et à la prosternation.

On en sait en fait rien car a priori personne n'en a jamais fait l'expérience (je suis athée). Mais en revanche les créations humaines artistiques et mystiques, nourrissent notre imaginaire, caressent ce fantasme absolue qui bouscule et interroge notre existence même.

Des grandes scènes cinématographiques renvoyant à cette iconographie il m'en vient 2 exemples : Moïse face à la mer rouge ou cette marie madeleine et son bébé faisant taire les guerriers dans Children of men.

Mais pour susciter la fascination, bouleverser notre rationalité, provoquer un sentiment éthéré, nous rendre acteur par le fait d'une forme d'identification aux personnages, il faut que le film nous y amène, il faut une écriture, un cheminement, une cohérence dans le propos.

Ce qui ne veut pas dire rendre croyant ne serait ce que 2 mn mais simplement produire la fameuse suspension d'incrédulité.

Or dans ce film ça provoque juste la consternation ou le rire ou le sentiment d'un gâchis. On veut d'un côté nous faire ressentir une expérience mystique intime mais de l'autre côté on me demande d'adhérer à des facilités indignes, c'est pas possible, tout s'écroule (ma maman s'appelle Suzette et toi ? Moi je sais pas je veux juste tuer Superman parce qu'il est très très méchant. Mais ouf, voilà Wonder woman pour aider à lutter contre gargamel luthor...)

Bon et tout ça sans compter, qu'il n'y a pas de respiration, trop d'évènements, trop de tout selon moi mais c'est devenu banal de le constater pour les films d'entertainment, en particulier pour lesquels l'action prédomine et peut être de façon accrue depuis que les fx numériques ont débridé les potentiels.

Pour moi le Man of steel est très supérieur d'ailleurs. Mais il m'a fallu un deuxième visionnage pour le trouver plutôt correct, voir même assez bon.

Dans Man of Steel, Snyder procède déjà à sa lecture hyper-réductrice du personnage de Superman. C'est ce qui me rend le film aussi rageant, de le voir plaquer à tout prix une imagerie chrétienne (plus exactement chrétienne scientiste) pour faire à tout prix de Kal-El Jésus et Jésus seulement.

Je trouve pourtant très intéressant que le film soit finalement du point de vue d'un être d'exception, montrant ce qu'il peut ressentir comme trouble ou comme confusion. Il devait y avoir dans l'histoire de Christopher Nolan un certain potentiel, mais là où Snyder est très mauvais, ce que Batman V Superman a confirmé, c'est qu'il n'arrive pas au final à raccrocher le personnage (et le film) à l'humanité, ce qui est pourtant son centre de gravité : un type qui choisit de vivre avec les humains et de ressentir autant que possible ce qu'ils éprouvent. Là, on n'arrive pas à comprendre pourquoi il en pince autant pour Lois Lane en particulier, le combat final se concentre sur Superman vs Zod, alors qu'il y a visiblement des dizaines de milliers de personnes qui sont en train de mourir dans les immeubles et que la mise en scène ne fait pas du tout attention à ça, etc.

Là, ce que j'aurais aimé retrouver plus en fil conducteur du film, c'est la façon dont Clark Kent est au départ totalement paumé dans le monde, à cause par exemple de sa vision qui lui fait voir sous la peau des gens (le flashback sur l'enfance), pour arriver ensuite à faire la mise au point, en trouvant des repères qui constituent au final sa part d'humanité. Mais bon, chez Snyder, on se retrouve au début de Batman V Superman avec Clark et Lois qui forment un couple tout à fait ordinaire et sans intérêt.


Sur l'aspect réducteur, je suis d'accord ma foi... Une ouverture aurait été plus que bienvenue. Moins simple à traiter mais justement ça aurait donné une toute autre ampleur à l'entreprise :bravo: Ce personnage, américain, semble à l'heure de chercher sa voie, trouver conseil auprès d'un cureton. Prosélytisme, facilité scénaristique, ancrage dans le Comics, ou cohérence avec le milieu familiale et culturelle du personnage ? Tout ou parti de ça ? Je ne sais pas.

Sur l'aspect de son humanité, je suis encore d'accord... Même si les postulats sont un peu différents, il me semble que tu as mis le doigts sur ce qui finalement fait, pour une très grande part, fonctionner des films comme les premiers Xmen et Spiderman : les tourments intimes et sociétaux de ces êtres extraordinaires confrontés à leurs environnements, sont très largement abordés. C'est incarné et on s'identifie. :bravo:

Cet aspect n'est pas absent su Man of steel (flashbacks, rapport aux parents dont le père surtout, vie d'errance et volonté de se fondre avec les humains) mais on aurait pu faire un film plus intime plutôt que de faire dans la destruction massive.
Unjeff
 
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