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Brassens, Georges Brassens

Message » 10 Déc 2005 17:27

dofé a écrit:Cette mysogynie me paraît être une longue tradition littéraire ...


Certes — mais elle peut s'entendre en deux sens, l'un, agressif comme chez Brel, l'autre, de la simple divergence de pensée — ce qu'au sens courant on ne désigne pas par misogynie:

à mon sens Brassens n'est nullement misogyne, donc… :wink:
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Message par Google » 10 Déc 2005 17:27

 
 
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Message » 10 Déc 2005 17:30

Tu mets Gainsbourg dans quelle catégorie?
dofé
 
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Message » 10 Déc 2005 17:38

dofé a écrit:Tu mets Gainsbourg dans quelle catégorie?


ma foi, c'est une bonne question
— L'amour physique e(s)t sans issue:
…dans la catégorie des désespérés absolus…
— (je t'aime) — moi non plus:
…teinté de cynisme.

Misogyne, c'est possible, mais je n'en suis pas certain. :wink:
Difficile chez quelqu'un comme Gainsbourg qui a pratiqué le dandysme et la provocation en leur conférant le statut esthétique d'oeuvre d'art de savoir exactement discerner les degrés de discours.

Je ne pense pas qu'aucune des chansons de Gaingain ou du grand Jacques atteigne la tendresse de Bécassine, ce qui serait une autre manière de prendre la question, — mais c'est aussi une question de point de vue.

Cdlt :wink:
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Message » 10 Déc 2005 17:54

Joliement dit dis donc! :wink:

Mais je crois que Brassens est tendre parcequ'au fond il n'est pas aussi passionnel dans ses rapports avec la gente féminine...
Brel le traduit par la douleur, Gainsbourg par la taquinerie.

Au fond je crois Brassens plus froid, plus droit, plus fort...

Pour Gainsbourg, j'ai vu une scène où il est au piano avec Berger. Il le taquine sur "les sucettes à l'anis" de sa petite France Galle...
Berger se contente de sourire...
Et là, c'est fort, très fort. Gainsbourg le regarde comme pourrait le faire un enfant tout plein d'admiration... Il devient en une seconde dune fragilité absolue.
Comme s'il enviait de tout son être ("quand je me regarde dans le miroir, je me noie...Je ne sais pas nager", "elle me voie ange de lumière, je ne sens que miasme et marécage") le côté pur et léger que laisse transparaître l'image de Berger, ainsi que le candide de France Gall...

Le jeu de "la sucette..." s'est retourné contre lui, c'est lui qui est damné...
dofé
 
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Message » 10 Déc 2005 18:06

dofé a écrit:Joliement dit dis donc! :wink:

Mais je crois que Brassens est tendre parcequ'au fond il n'est pas aussi passionnel dans ses rapports avec la gente féminine...
Brel le traduit par la douleur, Gainsbourg par la taquinerie.

Au fond je crois Brassens plus froid, plus droit, plus fort...

Pour Gainsbourg, j'ai vu une scène où il est au piano avec Berger. Il le taquine sur "les sucettes à l'anis" de sa petite France Galle...
Berger se contente de sourire...
Et là, c'est fort, très fort. Gainsbourg le regarde comme pourrait le faire un enfant tout plein d'admiration... Il devient en une seconde dune fragilité absolue.
Comme s'il enviait de tout son être ("quand je me regarde dans le miroir, je me noie...Je ne sais pas nager", "elle me voie ange de lumière, je ne sens que miasme et marécage") le côté pur et léger que laisse transparaître l'image de Berger, ainsi que le candide de France Gall...

Le jeu de "la sucette..." s'est retourné contre lui, c'est lui qui est damné...


Les Sucettes à l'anis… Toute une époque. Je crois me souvenir que France Galle pour qui Gainsbourg avait écrit ce petit bijou d'humour avait remporté le même prix que Poupée de cire, poupée de son par la compagne de Jacques Dutronc…

Mais il me semble aussi qu'une différence fondamentale consiste en ceci que Brassens a passé une bonne partie de sa vie avec Püppchen, en lui étant fidèle,
quand Brel comme Gainsbourg furent de grands séducteurs.

Cela ne veut pas dire que Brassens ne séduisit pas les plus grandes parmi les dames, j'entends bien. Gréco, fascinée par la première à Bobino qu'elle venait d'entendre, se rua dit-on dans la loge féliciter l'artiste, lui demanda quelle était sa chanson préférée, et, sur la réponse de Brassens qui lui en copia gentiment les paroles sur une feuille de brouillon, elle enregistra la Chanson pour l'Auvergnat et en sortit un disque…
… avant celui de Brassens lui-même!

Bref, le bonhomme a peut-être été mordu par quelque écureuil de passages, qui le délaissa peut-être après avoir dévasté son amandier — il est possible que de ses pleurs il ait fait monté le niveau de la Seine à en noyer les pieds du Zouzou…
Mais on a du mal à le croire.

A partir du Mauvais sujet repenti:
«On n'tortille pas son popotin
D'la mêm' manière
Pour un droguiste un sacristain
Un fonctionnaire
…/…
Comme je n'étais qu'un salaud
J'me fis honnête»

c'est surtout la tendresse pour les femmes qui me frappe chez lui — même quand il chante P… de toi:
«Le comble enfin misérable salope
Comme il n'restait plus rien dans le garde-manger
Tu as couru tu as couru et pour une escalope
Te jeter dans le lit du boucher
Ah! pauvre de moi! Ah! putain de toi!»
Il faut je pense en entendre la version à la Villa d'Este, avec les rires, pour comprendre que l'expression «salope» n'est pas nécessairement une pure et simple insulte…

Cdlt :wink:

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Message » 10 Déc 2005 18:14

:lol:

Bon, tu as réussi à me faire mettre le Brassens que j'ai...
dofé
 
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Message » 10 Déc 2005 18:16

dofé a écrit::lol:

Bon, tu as réussi à me faire mettre le Brassens que j'ai...


Je m'en réjouis! :lol: :lol:

Les autres chansons n'attendent qu'une oreille ouverte, d'ailleurs, pour s'y glisser et n'en plus jamais sortir — ça fait partie des premières choses que j'ai entendues (et chantées) dès la maternelle m'a-t-on dit chez moi… Une sorte de déformation, en somme.

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Message » 10 Déc 2005 20:04

dub a écrit:
dofé a écrit:Cette mysogynie me paraît être une longue tradition littéraire ...


Certes — mais elle peut s'entendre en deux sens, l'un, agressif comme chez Brel, l'autre, de la simple divergence de pensée — ce qu'au sens courant on ne désigne pas par mysogynie:

à mon sens Brassens n'est nullement mysogyne, donc… :wink:


Dire que Brel ou Brassens étaient mysogines, ce serait mal les connaître !! :o Si l'un n'a réellement aimé qu'une seule femme toute sa vie et l'autre en a aimé plusieurs, ils se rejoignent sur une chose: leur pudeur pour parler d'amour, peut-être même une façon de tourner en dérision leurs sentiments... car on sait qu'un homme qui avoue son amour perd aux yeux de la plèbe un peu de sa virilité :wink:
(Je vous conseille, tiens, de lire du Sacha Guitry !! :wink: )

Ces hommes ont connu des femmes, une époque qui n'était pas la nôtre, où les moeurs étaient bien plus rigides !!
En ça, il est clair que Brassens était un sacré libertaire, et un avant-gardiste, quant au regard qu'il portait sur la Femme et au rôle qu'il eût voulu qu'elle eût dans la société... Il se moque bien + des moeurs de son époque que de la Femme !!! Et c'est ainsi qu'il faut lire ou écouter ses textes ! :wink:

Pour ma part, il se trouve que je n'ai jamais entendu plus joliement parler des femmes que par Brel et Brassens !! 8) :wink:
Quant à l'amour, aux sentiments, ils sont exprimés avec force et une sensibilité bien plus poignante que de simples "je t'aime" qu'on entend seriner dans les niaiseries actuelles !!! :wink:

Voilà mon point de vue, et je le partage volontiers ! :mdr:
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Message » 10 Déc 2005 20:51

C'est ce que je disais!!

Je pensais à Guitry en l'écrivant d'ailleurs :D

En plus, au fond, homme ou femme, on ne veut pas être aimé... On veut aimer!! :mdr:
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Message » 10 Déc 2005 21:04

christelle 31 a écrit:Pour ma part, il se trouve que je n'ai jamais entendu plus joliement parler des femmes que par Brel et Brassens !! 8) :wink:


Je ne te dirai pas le contraire, tu penses bien… :wink:
Quoique — il existe quelques chansons de Moustaki, l'autre Georges,
ou de Ferland:
«C'est à trente ans, que les femmes sont belles,
Avant, elles sont jolies, après, ça dépend d'elles;
Celles qui le pensent pas n'ont pas encore trente ans
Ou bien ne les ont plus, depuis déjà longtemps…»
du même:
«Qu'êtes-vous devenue, vous que j'ai tant aimées, etc…»
allusion fort évidente au poème «que sont mes amis devenus« — mais qui s'avère émouvante au plus haut point.

Je me demande d'ailleurs si l'on trouve chez Brassens ou Brel de véritable chansons (de déclaration) d'amour:
chez Moustaki ou Ferland, oui!

Cdlt :wink:

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Message » 10 Déc 2005 21:34

christelle 31 a écrit:car on sait qu'un homme qui avoue son amour perd aux yeux de la plèbe un peu de sa virilité :wink:
(Je vous conseille, tiens, de lire du Sacha Guitry !! :wink: )


Ne generalise pas!
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Message » 10 Déc 2005 21:36

dub a écrit:
dofé a écrit::lol:

Bon, tu as réussi à me faire mettre le Brassens que j'ai...


Je m'en réjouis! :lol: :lol:

Les autres chansons n'attendent qu'une oreille ouverte, d'ailleurs, pour s'y glisser et n'en plus jamais sortir — ça fait partie des premières choses que j'ai entendues (et chantées) dès la maternelle m'a-t-on dit chez moi… Une sorte de déformation, en somme.

Cdlt :wink:


Le florilege que j'ai publié (en page 1 je crois) ne passe pas une semaine sans tourner sur mon lecteur cd.

Indispensable avec Brel et ferré.

Plus le guidoni de 1989.
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Message » 10 Déc 2005 21:38

Sur les femmes, "les passantes" me tire les larmes des yeux a chaque fois.

J'ai laissé passé une passante il y a 23 ans, pas une année sans que j'y pense avec regret. :oops:

Je veux dédier ce poème
A toutes les femmes qu'on aime
Pendant quelques instants secrets
A celles qu'on connait à peine
Qu'un destin différent entraîne
Et qu'on ne retrouve jamais

A celle qu'on voit apparaître
Une seconde à sa fenêtre
Et qui, preste, s'évanouit
Mais dont la svelte silhouette
Est si gracieuse et fluette
Qu'on en demeure épanoui

A la compagne de voyage
Dont les yeux, charmant paysage
Font paraître court le chemin
Qu'on est seul, peut-être, à comprendre
Et qu'on laisse pourtant descendre
Sans avoir effleuré sa main


A la fine et souple valseuse
Qui vous sembla triste et nerveuse
Par une nuit de carnaval
Qui voulu rester inconnue
Et qui n'est jamais revenue
Tournoyer dans un autre bal

A celles qui sont déjà prises
Et qui, vivant des heures grises
Près d'un être trop différent
Vous ont, inutile folie,
Laissé voir la mélancolie
D'un avenir désespérant

Chères images aperçues
Espérances d'un jour déçues
Vous serez dans l'oubli demain
Pour peu que le bonheur survienne
Il est rare qu'on se souvienne
Des épisodes du chemin

Mais si l'on a manqué sa vie
On songe avec un peu d'envie
A tous ces bonheurs entrevus
Aux baisers qu'on n'osa pas prendre
Aux cœurs qui doivent vous attendre
Aux yeux qu'on n'a jamais revus

Alors, aux soirs de lassitude
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir
On pleure les lêvres absentes
De toutes ces belles passantes
Que l'on n'a pas su retenir
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Message » 10 Déc 2005 21:44

astrorock a écrit:Sur les femmes, "les passantes" me tire les larmes des yeux a chaque fois.
J'ai laissé passé une passante une fois, pas une année sans que j'y pense avec regret. :oops:



L'un des génies de Brassens: avoir su mettre une musique sur un tel poème — et demandé à Nicolas de prendre son archet.
Mais Maxime a eu raison de reprendre le couplet éliminé: "à la fine et souple valseuse, qui vous sembla triste et nerveuse…" etc.

Sinon, en fait de florilège, j'ai presque fini mon intégrale en format 24/48 (dont je ferai ensuite un copie 16/44,1): et franchement, tout réécouter est aussi une expérience très enrichissante (surtout dans l'ordre chronologique).
Je n'ai de réticence que vis-à-vis des poèmes récités (Germaine Tourangelle, à Mireille dite petit verglas) dont je regrette l'absence de musique
autant que l'absence de paroles sur la musique du Drapeau noir flotte sur la marmite.

Et finalement les versions publiques que j'ai sont quand même très bonne — quoiq qu'en disent les esprits chagrins! Mais qu'il est dommage que France Inter ne sorte pas ses archives: car mes inédits sont quand même de mauvaise qualité.

Cdlt :wink:
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Message » 10 Déc 2005 21:53

dub a écrit:Je n'ai de réticence que vis-à-vis des poèmes récités (Germaine Tourangelle, à Mireille dite petit verglas) dont je regrette l'absence de musique.


Idem.
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