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A la Merveille (To the Wonder, Malick)

Message » 19 Jan 2013 18:20

Lien et image ne marchent pas. C'est celle-ci :

Image

Oui, elle est belle. :wink:
Cylon
 
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Message » 19 Jan 2013 19:55

Bizarre, chez moi ça marche (Chrome).

Le lien que j'ai mis pointe normalement sur l'affiche en HD qu'on peut trouver en cliquant sur le modèle réduit dispo ici :

http://www.ecranlarge.com/movie_image-v ... -movie.php
Emmanuel Piat
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Message » 19 Jan 2013 20:17

Ah ben si, ça (re)marche. :wtf: :D
Cylon
 
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Message » 11 Mar 2013 1:50

Bon, je prends le risque de me ridiculiser mais...

j'ai trouvé ça tout bonnement épouvantable. Comme si c'était une parodie du style de Malick avec tous les tics de son cinéma : le personnage féminin filmé de façon vaporeuse qui lève les bras et tournoie sur elle-même pendant que la caméra la suit en traveling avant, la narration à base d'extraits d'un blog d'un étudiant en première année de philo (ou de séminaire), de la musique classique (Wagner + compositeurs du XXème siècle), de l'auto-citation (là, il y a carrément des plans repris de The Tree of Life).

Thématiquement, le film emprunte à ses deux longs métrages précédents : la question de pouvoir aimer à nouveau, de façon plus prosaïque, évoque le dernier tiers du Nouveau Monde (avec l'arrivée du personnage de Christian Bale) tandis que le cadre du film, une banlieue dans le Sud profond des États-Unis, est très proche de celui de The Tree of Life, transposé aujourd'hui (À la Merveille est d'ailleurs son premier film à ne pas être un film d'époque).

Dans un effort soutenu de castration des plus grandes stars hollywoodiennes (Colin Farrell, Sean Penn...), Malick soutire de Ben Affleck une performance digne de sa période "Mais au fait, pourquoi il est connu ce mec ?" et il est donc hyper-fade face aux deux actrices. Rachel McAdams ne fait qu'une très courte apparition et c'est Olga Kurylenko qui est la figure centrale du film et qui a donc la charge de poser en français (et en voix-off) des questions existentielles comme "Quel est cet amour qui nous aime ?" ou "Comment l'amour devient-il de la haine ?". Le titre du film est une citation d'un de ces passages. Depuis Le Nouveau Monde, j'ai le sentiment que ces voix off sont devenues très pompeuses chez Malick et le fait de les entendre directement en français n'a pas aidé à dissiper cette impression.

Javier Bardem, en curé hispanophone, a la (très lourde) charge d'incarner le versant amour divin du projet de Malick (face à l'amour terrestre du mariage Affleck/Kurylenko). Pour moi, la perspective mystico-catho tourne globalement à la bondieuserie, l'ensemble du film étant (pour être cynique) la sublimation du rapport d'un grand dadais incapable de savoir vraiment aimer une brune ou une blonde canon qui préfèrent marcher pieds nus. Mais Bardem est lié aux meilleurs passages (très épars), quand Malick montre le rapport du prêtre à des prisonniers, malades mentaux et autres "freaks" que l'on feint sinon d'ignorer.

Reste une photo bien évidemment magnifique, mais j'ai le sentiment que Malick a besoin d'un récit fort pour structurer ses films. Badlands partait d'un fait divers, Les Moissons du ciel d'Alexandre Dumas (relisez l'histoire de Milady dans Les Trois Mousquetaires), La Ligne rouge d'un roman de guerre, Le Nouveau Monde d'un récit légendaire et The Tree of Life de souvenirs d'ensemble. Là, son étude d'un couple ne fait que flotter et, sans que ça m'ait vraiment surpris, le film est dédié à Mme Malick...
Sledge Hammer
 
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Message » 11 Mar 2013 13:06

C'est un film qui va clairement partagé radicalement, encore plus que Tree of life je pense. Le film est maintenant ou presque exclusivement formel, il n'y a plus vraiment de récit, mais des rémanences, des pensées, des sensations que Malick met en image au gré de son inspiration. Tout ici n'est plus qu'image, montage et son, le reste est accessoire. Perso j'ai adoré, mais en même temps je ne peux pas nier d'avoir été gêné par moments.
Parce qu'en effet si on ne rentre pas dedans, on peut trouver ça complètement autiste voire un peu ridicule, mais c'est aussi ce que j'adore : sa radicalité dans sa proposition (magnifique). C'est un film qui a maintenant son propre langage, son propre monde, sa propre existence qui ne ressemble à rien d'autre qu'à lui-même. J'ai jamais vu quelque chose de semblable, même Tree of life me paraît plus classique à côté. Alors que pourtant il est resserré sur un thème plus concret comme l'amour et son délitement par exemple.
Et c'est aussi un Malick dans lequel on voit beaucoup plus le contemporain, la modernité, c'est moins accès sur le rapport à la nature (tout en étant bien sûr présent), mais j'ai vraiment l'impression que là il fait son film le plus personnel, le plus intime tant il me semble traversé encore plus que dans Tree of life par son propre vécu, ses propres interrogations profondes. Sa propre crise de foi.
A la merveille c'est un peu comme le Inland Empire de Lynch, des propositions très radicales, toujours proches d'une forme de caricature ou d'épuisement, qui divisent même les fans. Pourtant j'ai trouvé l'objet-film en lui-même tellement splendide, il y a des moments de cinéma là-dedans qui sont pour moi au-dessus de tout. Chaque plan est d'une beauté renversante, et même si certains y voient beaucoup d'auto-citation, chez moi ça reste constamment d'une pureté totale.
Je fonds.
Nikolai
 
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Message » 09 Oct 2013 23:43

Vu.

Plus jusqu’au-boutiste que Tree of Life, il ne s’en détache pas assez pour surprendre. Une sorte de prolongement naturel, mais avec des pans entiers dont le traitement paraît au mieux douteux, au pire raté (les séquences avec Javier Bardem notamment, qui est pourtant immense et dégage, comme d’hab’, un charisme fou). Dans Tree of Life, l’immersion était totale pour peu que l’on n’y soit pas hermétique, et l’implication émotionnelle aussi. Ici, les trop nombreux plans d’Olga qui sautille dans l’herbe, Olga qui danse sur son lit, Olga qui regarde par la fenêtre, Olga qui tourne sur elle-même en rigolant, ça fait décrocher, et sortir du cadre. Le mutisme de Ben Affleck, cette désincarnation, pèse elle aussi, à la longue.

Et pourtant il y a beaucoup de choses magiques. Au milieu de certaines réflexions banales, il y en a des sublimes. Le traitement linguistique, ce mélange de français, anglais, espagnol et italien, colle parfaitement au sujet universel qu’il veut embrasser. Comme toujours, Malick ne film pas une histoire, mais des sensations, des forces intangibles, des émotions. Il n’y parvient pas en permanence, mais dans ses moments de fulgurance, il est fantastique. Et puis la musique porte le tout (à bout de bras), fait corps avec l’image. Rien que la séquence avec le Cantus Arcticus de Rautavaara, quel pied. :ohmg:

Ce n’est pas le chef-d’œuvre qu’il aurait dû être. L’exercice de (haute) voltige de Malick est dangereux, et parfois il s’y brûle les ailes. Mais il y a suffisamment d’éléments qui marquent à vie, et suffisamment d’instants de grâce, pour qu’il me soit impossible de le détester.

2.5/5

Edit : A vous lire, Sledge et Nikolai, et à lire d'autres critiques, je me rends compte que je suis dans la minorité des tièdes, tant ce film clive.
Cylon
 
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Message » 10 Oct 2013 11:29

J'ai revu le film ce week end, et ça remonte un chouia dans mon estime, parce que le film est d'une beauté absolue qui, je trouve, compense en partie son manque de liant. Je reste fondamentalement plus proche et amateur de la 1ere moitié du film, que je trouve d'une grâce folle, et qui fonctionne parfaitement comme un prolongement de The Tree of Life.

Le problème, c'est que cette 1ere partie s'arrête avec le départ des filles, et l'arrivée soudaine de Rachel McAdams, le tout centré sur Ben Affleck. C'est une cassure nette qui stoppe complètement le film dans son élan, et brise la dynamique narrative entre Kurylenko et Affleck, ainsi que la montée progressive des éléments de dissension du couple. Soudainement, c'en est trop, alors elles s'en vont, et voilà...

Par dessus se greffent les quelques passages sur le boulot d'Affleck, les réactions des habitants d'une zone polluée (et donc, dont la beauté a été corrompue ?), et sur les interventions de Javier Bardem, mais c'est tellement épars qu'on se demande franchement pourquoi ne pas les avoir carrément complètement éliminé. C'est d'autant plus dommage qu'ils soient présents sous leur forme actuelle, car ils sont frustrants, tant ils auraient pu apporter un plus notable permettant d'élargir les thématiques du film à autre chose que ces 3 personnages principaux. C'est probablement la plus grosse déception du film, car en l'état, il n'en subsiste plus que quelques minutes, qui le plus souvent consistent à montrer un prêtre qui doute mais répète jusqu'à plus soif que Dieu est partout / en nous / autour de nous / près de nous / nous / ...

Pour autant, le film reste d'une grande légéreté et d'une grande fluidité. J'ai trouvé le temps beaucoup moins long qu'en salles, où j'avais franchement subi la 2e heure du film en attendant que ça se termine, parce que la rupture du milieu de film m'en avait complètement sorti.

Là, la beauté et la fluidité des sensations ont pris le dessus. C'est juste magnifique, une évocation de la beauté en elle-même, que ce soit celle de la nature, des gens ou des sentiments.

8/10
tenia54
 
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Message » 10 Oct 2013 14:41

8/10, ca laisse plus beaucoup de place pour les vrais grands films ca.....
astrorock
 
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Message » 10 Oct 2013 17:58

Je pense que A la merveille est un très bon film. Il a des faiblesses qui se sont majoritairement estompées, et ont laissé un film qui m'a touché et emporté malgré ses limites.

Cependant, je conçois amplement qu'on puisse être plus sujet aux problèmes narratifs du film, notamment la grosse rupture dont j'ai parlé.
tenia54
 
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Message » 10 Oct 2013 18:46

La "rupture du milieu", ce n'est pas ce qui m'a dérangé. Ni les flottements narratifs, je m'attendais même à quelque chose de plus décousu, d'encore plus informel. C'est la vacuité de certaines séquences et la répétition à outrance de certains mouvements qui me posent problème. Et Malick, quand on n'adhère pas ou quand on décroche, c'est terrible. Ça m'est arrivé pour Le Nouveau Monde (et pour les 2 visionnages), et plombe un peu la magnificence de la démarche (et de la forme).

La beauté et la perfection de quelques scènes dans A la Merveille ne me laissent tout de même pas le goût amer du Nouveau Monde, qui sur sa durée en avait moins. Même si, l'Or du Rhin plaqué sur les images de Magic Malick me laisseront un souvenir impérissable.
Cylon
 
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[FILM] To the Wonder (Terrence Malik) / à la merveille

Message » 12 Déc 2013 11:53

10/10 : le parfait !
WhyHey
 
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Message » 21 Déc 2013 19:00

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