[Ep.II] Igor Kirkwood : Le système

Haute-Fidélité — publié le 22 juin 2013
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L’historique des systèmes d’Igor

En bon passionné de la reproduction sonore, Igor conçoit son premier vrai système sur la base d’enceintes Audiotec. Ses premiers tweaks consisteront à modifier les HP d’aigu pour les remplacer par des Ionovac (tweeters sans membrane, donc aucune inertie) fonctionnant par décharges ioniques et montant à 40 kHz. Très rapidement, cela devient un système avec 16 HP de graves elliptiques 21cm x 32 cm et 2 amplis de 100 W. Un mur Biosonic avant l’heure en quelque sorte :wink:, mais à base d’Audiotec.

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Mais dès cette époque, Igor soigne l’acoustique et traite sa pièce pour tirer le meilleur parti de son matériel. Ce point est d’ailleurs une constante dans les écrits d’Igor. Ceux que nous avons pu lire et qui traitent d’amélioration d’un système d’écoute partent toujours du principe que la pièce d’écoute a été traitée acoustiquement. Les améliorations apportées par les enceintes ou l’électronique ne se conçoivent qu’une fois ce point traité. Sur ce plan, on notera que les deux grands “preneurs de son” (Igor Kirkwood et Philippe Muller) qui nous font l’honneur de contribuer régulièrement sur les fora de HCFR tiennent le même discours : l’acoustique de la pièce d’abord, les enceintes ensuite, l’électronique bien après !

A l’occasion de sa collaboration avec Diapason, Igor rencontre ainsi les grands noms de l’époque : M. Vaissaire d’Audiotec, Bernard Bonaldi, André Charlin…. Jacques Le Calvé (Calliope). C’est d’ailleurs suite à un article montrant la piètre qualité des cassettes Calliope que Jacques Le Calvé contacte Igor pour lui demander s’il connaissait une bonne usine de duplication de cassettes. Peu après cette rencontre, Igor intègre Calliope comme ingénieur du son. Il a depuis enregistré pour de nombreux autres labels, dont Jade, Le Chant du Monde, Timpani, Decca, Erato, etc.

A partir de ce moment, le système d’Igor devient un système mixte, qu’il utilise tant pour le montage et le mastering que pour ses écoutes personnelles. Il continue donc à le perfectionner en intégrant progressivement les apports de la technologie. Il fut ainsi en 1992 le premier utilisateur d’un ordinateur “portable” en enregistrement (un Macintosh à l’époque).Certains disaient qu’il “était fou”… Il fallait passer les nuits afin de réaliser des sauvegardes sur cartouches informatique Exabyte en double exemplaire. Mais cela autorisait une qualité sans système de correction d’erreur et rapidement en 20 Bits, mais surtout les écoutes comparatives de positions de micros étaient instantanées, et enfin le montage pouvait se réaliser tout ou en partie sur place. Au début de ce nouveau millénaire, son “studio itinérant” comprend des panneaux acoustiques permettant d’adapter son local. Mais à notre sens, le point clé est que Igor n’a toujours disposé que d’un seul système pour ses activités professionnelles (montage et mastering) et personnelles (écoute plaisir).

En 1978, il s’équipe de G150 d’Audiotec tri-amplifiées. Celles ci évoluent vers des ELSTAT en 1981. Le prototype (dont il a encouragé la réalisation et participé au staff d’écoute) comprenait :
- un électrostatique pour le médium (de petit diamètre)
- un push-pull pour le grave
- un dôme pour les aigus
La revue Compact, disparue bien trop tôt hélas, en avait fait ses enceintes de référence.

A cette époque, Igor a l’occasion d’effectuer des tests A/B entre des systèmes à filtrage actif ou passif. Sa conclusion, qui ne s’est pas démentie depuis, est qu’un système à filtrage actif donne le plus souvent une meilleure spacialisation qu’un système à filtrage passif. Et cela conditionnera pour partie la conception de son système actuel.

Suivront des enceintes Technics en nid d’abeille (SB 10 puis SB7), que Igor utilise d’ailleurs parfois, en monitor quand il enregistre et en surround dans son studio/salon ! Elles étaient alimentées à l’époque par un petit ampli Sony TAP7F du milieu des années 1970, intégrant déjà une alimentation à découpage et un système de refroidissement liquide, celui ci fonctionne toujours.

Tout en poursuivant son évolution, Igor met au point à base de Clear-com un système “d’interphone” permettant de simplifier la communication entre les musiciens et l’ingénieur du son, et d’automatiser entièrement le système d’enregistrement : One touch :wink: = démarrage de l’ordinateur + ouverture du micro d’ordre x secondes + fermeture du micro d’ordre + feu rouge clignotant + puis feu rouge + démarrage d’un magnétophone numérique professionnel (SONY 7000) à l’aide d’une carte maison + pose d’un index de repérage sur le 7000.

Enfin, Igor commande en 1987 une paire de Yamaha NS-1000x et décide après avoir notamment lu HCFR de tester l’apport d’un caisson en 2008. Convaincu, il s’offre un Vélodyne DD15.

Mais la mise au point de ce système fera l’objet d’un prochain article…

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