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Les amplificateurs intégrés ( pré-ampli + ampli de puissance dans 1 seul appareil )

Nad, Power Drive, puissance des amplis ....

Message » 10 Juil 2007 20:44

Concernant Nad ou d'autres amplis, beaucoup de choses sont racontées deci delà.....

Voici un petit topo que j'avais présenté par ailleurs, ici

.......

noir a écrit:Il me revient à l'esprit une expérience interessante.
Il y quelques mois, je possédais une paire d'enceinte peu connue en france , des BIC Ventury Formula 6 spec II. :study:

Ces enceintes étaient équipées d'un dispositif de protection assez sophistiqué.

Celui-ci détectait, entre autre, le clipping des amplis. Cela surement dans le but de protéger le tweeter.

Avec ces enceintes , j'ai utilisé quatre amplis: Un yamaha ax 892, un ax 1090, un phase linear 700B et un Nad C372.
les puissances respectives sont de 2x 130 watts, 2x 200 watts, 2 x 365 et 2x 150 watts.

Le phénomène de distorsion, contrairement à ce que l'on pourrait croire, commence parfois, en fonction de la difficulté des enregistrements (dynamique très élevée et nécessaire sur un très court laps de temps) , assez tôt.

Sur le 892, parfois entre le quart et le tiers du volume ; sur le 1090 souvent à partir de la moitié; sur le phase linear, je n'ai pas pu atteindre ce phénomène; sur le Nad C372 à un peu plus des deux tiers.

Cette distorsion donne un son plus agressif paraissant, paradoxalement, plus dynamique. Néanmoins, le son est dur et l'on peut mettre en cause injustement soit l'enceinte soit l'enregistrement alors que c'est l'ampli qui l'est.

Il me semble, en considérant cette expérience, que le C372 ( ce soit être le cas d'autres NAD, bien sur) est capable de délivrer sa puissance entière ainsi qu'une puissance transitoire importante dans des conditions optimales contrairement à d'autres concurrents.

Salut Noir

Je suis tout à fait d'accord avec ton analyse....

Et ceci n'a rien à voir avec le hasard....

Mais avant d’aller plus loin, un peu de théorie pour commencer....


Pour faire court, à ce stade (veuillez me pardonner pour de nombreux raccourcis que je prendrais...), la puissance d’un amplificateur se mesure en multipliant la Tension (V) par l’intensité (I), ou courant.

V : Tension (Voltage) = RI, soit Intensité = V/R
I : Intensité, ou courant (Ampérage)

Prenons un ampli capable de délivrer une tension de 100 V (ce qui est considérable, mais permet de simplifier les calculs, tout à fait théoriques ici!)

100 V sous 8 ohms -> Intensité = V/R = 100/8 = 12,5 Ampères -> Puissance = VI = 100 x 12,5 = 1250 W
100 V sous 4 ohms -> Intensité = V/R = 100/4 = 25 Ampères -> Puissance = VI = 100 x 25 = 2500 W

En clair, théoriquement, et si l’ampli suit, la puissance double lorsque l'impédance moyenne est divisée par deux:

Image


Mais en réalité, que se passe-t-il sous 2 ohms?
En théorie, 100 V sous 2 ohms -> Intensité = V/R = 100/2 = 50 Ampères -> Puissance = VI = 100 x 50 = 5000 W

Mais en pratique, l’ampli ne sera le plus souvent pas capable de fournir une tension, donc un courant (ou intensité) infinis.

Dans l’exemple ci-dessous, on supposera que pour 100 V, l’ampli sera incapable de délivrer plus de 25 Ampères. Dans ce cas, il écrêtera (clipping).

Image
Domaine de fonctionnement nominal d’un amplificateur.



Mais revenons à nos moutons :

Au delà des caractéristiques supposées de l’alimentation (tension), ou annoncées (puissance globale), le domaine de fonctionnement nominal de l’amplificateur (voir schéma ci-dessus) peut être tout à fait variable.

D’autre part, un ampli ne fonctionne pas sur une charge simple, mais sur une charge complexe, résistive et réactive, fonction de la résistance propre de l’ensemble cable + haut-parleur et de la force électromotrice induite par le haut-parleur, qui s’oppose à l’amplificateur
.



1. Dans le monde réel, à puissance annoncée égale, et malgré des alimentations à priori conséquentes, certains amplis seront à priori capables de fournir une tension théorique importante, donc (en théorie) de faire face à une forte demande de puissance (transitoires), mais s’effondreront en courant (incapacité à tenir face à une charge conséquente, ou à une demande en puissance continue, sur l’ensemble des canaux).

En l'occurrence, par exemple, un transformateur ou un circuit d'alimentation, dans son ensemble, mal réglés ou peu performants, peuvent produire une tension élevée quand ils alimentent une charge facile ‘de laboratoire’, et à contrario une très faible tension effective sur des charges complexes telles que des HP.

Image
Tension nominale élevée et intensité maximum disponible faible, caractéristiques typiques d’amplis puissants dans un cadre théorique (charge constante et facile sous 8 ou 4 ohms maxi), mais en réalité très sensibles à la charge, et souvent peu performants.



2. Inversement, d’autres amplis seront capables de fournir du courant (intensité), et s'avéreront relativement insensibles à la charge, mais offriront une faible puissance effective.

Image
Tension nominale faible et intensité maximum disponible élevée, caractéristiques typiques d’amplis capables de driver à peu près n’importe quoi, mais incapables de répondre à des fortes demandes de puissance.



Ainsi, très concrètement, on peut comprendre que la puissance affichée d’un amplificateur, ou les caractéristiques supposées de l’alimentation, n’ont, à priori, guère de signification dans le monde réel.

Théoriquement, un ampli valable devrait être en mesure, à puissance donnée, de se comporter de manière valable sur les deux critères, donc être tout à la fois capable d’une puissance effective réelle conséquente, y compris en réponse impulsionelle, et de ne pas s’effondrer face à la charge (résistance propre de l’ensemble cable + haut-parleur, force électromotrice induite par le haut-parleur).

Image
Tension nominale élevée et intensité maximum disponible élevée.



Ceci dit, si, très concrètement, la puissance affichée d’un amplificateur, ou les caractéristiques supposées de l’alimentation, n’ont, à priori, guère de signification dans le monde réel, un second problème se pose, d’une manière plus pragmatique, qui concerne les procédures d'évaluation de la puissance des amplis ...


Un petit retour en arrière :

Historiquement (et toujours aujourd’hui pour nombre d’entre eux...), la majorité des amplificateurs ont été conçu pour fonctionner dans un environnement théorique, avec des signaux sinusoïdaux et des résistances basiques, avec l’unique objectif d’offrir un faible niveau de bruit et peu de distorsions sur une charge stable de 8 ohms.

De tels amplificateurs pouvaient fort bien se comporter en laboratoire, mais offrir des performances musicales tout à fait décevantes.

Car en réalité, les mesures basiques de puissance continue ou de distorsion ne garantissent pas grand chose. La stabilité de l’amplificateur face à une charge réelle, sa capacité à gérer de faibles impédances ou la puissance dynamique face à des signaux musicaux réels (et complexes) doivent être considérés comme des critères bien plus importants.


En 1974, la FTC (Federal Trade Commission) donnait naissance à une norme (Amplifier Rule Compliance) censée rationaliser et uniformiser les procédures de mesure des amplificateurs, et éviter les abus de toutes sortes....

Cependant, sous la pression conjuguée de nombreux industriels de la hi-fi et du home-cinéma (amplis qui incorporent généralement cinq canaux ou plus), celle-ci fut très largement assouplie en 2000 (Federal Register).



Très globalement, toute latitude est laissée aux constructeurs pour réaliser les tests de puissance effectifs sur une charge simple ‘de laboratoire’, sans aucune contrainte de mesures de bande passante, d'impédance ou de taux de distorsion harmonique, séparément sur les différentes voies d’amplification, et non simultanément, etc.

Le critère minimal de la norme ‘Amplifier Rule compliance’ révisée de la FTC permet l’utilisation d’une charge simple de 8 ohms, et d’un test effectué sur une voie quelconque, avec un maximum de 2 voies, à une fréquence facile de 1kHz, sans précision du taux de distorsion.

De même, les mesures de bande passante, d'impédance ou de taux de distorsion harmonique peuvent être effectuées dans un cadre tout à fait artificiel, en laboratoire, sur charge stable, à fréquence fixe, et à un niveau de puissance non spécifié!



Ainsi, de très nombreux constructeurs produisent aujourd’hui des amplificateurs qui sont tout juste capables de satisfaire les nouvelles normes de la FTC, alors qu’avant ils ne l’auraient jamais été, alors que les constructeurs capables de répondre aux standards minima de la norme originale n’y trouvent aucun bénéfice. Au final, la nouvelle norme est indubitablement plus bénéfique aux petits fabricants d’électroniques, pour la simple raison qu’il est fort coûteux de pourvoir des amplificateurs performants de puissants blocs d’alimentation, de transistors de haute qualité et de technologies sophistiquées.

Du point de vue des consommateurs, ces nouvelles normes conduisent à une incapacité à juger en toutes connaissances de cause des matériels, dont nombre d’entre eux sont tout à fait sur-évalués.

....
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Message par Google » 10 Juil 2007 20:44

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Message » 10 Juil 2007 20:45

Mais je reviens à Nad...


En réponse à la norme ‘Amplifier Rule compliance’ révisée de la FTC, NAD a élaborée sa propre norme ‘Full Disclosure Power Rating’.

Selon Mark Stone, responsable chez NAD, interviewé par Alison Aulph (The Issue of the FTC's Amplifier Rule, SoundStage.com, mars 2005), la nouvelle norme permet tout simplement aux constructeurs de vendre leurs électroniques comme étant bien plus puissantes qu’elles ne le sont réellement, et souvent de très loin.

Celui-ci, critique virulent de la norme ‘Amplifier Rule compliance’ révisée de la FTC, rappelle que l’intégré NAD 3020 s’est vendu à 1.5 million d’unités (ce qui serait un record jamais égalé par aucun autre constructeur), et que, si les amplificateurs NAD sont réputés depuis 30 ans pour leur capacité à ne pas s’effondrer devant la charge et à offrir une puissance ‘réelle’, ce n’est pas par hasard...

Par exemple, un transformateur et le circuit d'alimentation dans son ensemble, mal réglés ou peu performants, peuvent produire une tension élevée quand ils alimentent une charge facile ‘de laboratoire’ (donc offrir une puissance théorique élevée), et à contrario une très faible tension effective sur des charges complexes telles que des HP.

D’autre part, selon Mark Stone, « la plus grosse lacune est que la FTC ne spécifie pas à quelle puissance ont été faites les mesures de distorsion... »

Ce pourquoi, pour de très nombreux produits, la puissance annoncée ne correspond pas à des conditions opérationnelles. « Beaucoup d’amplificateurs affichés pour 100 W ne sont en réalité capables que de livrer qu’une fraction de cette puissance lorsqu’ils alimentent une enceinte, toutes voies alimentées. »



La technologie (brevetée) Power Drive NAD, développée par Bjorn Erik Edvardsen, directeur de recherche et développement chez NAD, et concepteur depuis près de 30 ans des amplificateurs NAD (d’où les initiales BEE), a pour objectif d’offrir un domaine de fonctionnement nominal de l’amplificateur aussi performant que possible (tension nominale élevée ET courant maximum disponible élevé)

Image


L’intensité maximum disponible, qui détermine la capacité à gérer de faibles impédances et une charge complexe et la puissance dynamique réelle, dépend avant tout de la qualité et de la puissance du transformateur, et plus généralement du circuit d’alimentation. Celui-ci doit être capable de fournir une tension élevée (hauts voltages) sans s’effondrer, et de gérer l'alimentation de manière 'intelligente', en rapport à des conditions opérationnelles extrêmement variables et complexes (impédance, force électromotrice des haut-parleurs, fonctions de l’enceinte, du volume sonore, des fréquences).

Les amplificateurs NAD utilisent donc un transfo sur-dimensionné, régulé de manière ‘intelligente’, ce qui leur permet, selon Mark Stone, de « mesurer leurs amplis, y compris multi-canaux, avec une charge réelle sous 4 ohms, toutes voies alimentées simultanément, sur la totalité de la bande passante et à un niveau de distorsion nominale spécifié. » Cette méthode d’évaluation est infiniment plus exigeante que le critère minimal de la norme ‘Amplifier Rule compliance’ révisée de la FTC, qui permet l’utilisation d’une charge simple de 8 ohms, et d’un test effectué sur une voie quelconque, avec un maximum de 2 voies, à une fréquence facile de 1kHz, sans précision du taux de distorsion.

La technologie Power Drive, quant à elle, permet à l’amplificateur de ‘sentir’ les enceintes, et de réguler en continu les caractéristiques de l’alimentation en conséquence. L’amplificateur est ainsi capable de gérer des charges complexes d’impédance aussi basses que 2 ohms, alors même que les circuits d’alimentation chauffent moins.


D’autre part, Nad a choisi d’intégrer à la norme ‘Full Disclosure Power Rating’ la mesure de la puissance impulsionelle sous 8, 4 et 2 ohms, qui permet de traduire de manière plus réaliste la performance technique d’un amplificateur. En effet, sur un signal musical complexe (transitoires), un amplificateur doit être capable de fournir une puissance impulsionelle, ou dynamique, souvent très supérieure à la puissance nominale et continue de l’amplificateur.

Un second circuit d'alimentation (‘rail’ à haut voltage) permet de doubler la tension nominale, donc la puissance nominale sur des courtes périodes, et d’offrir une surpuissance ponctuelle face à des demandes impulsionelles (transitoires). Pour l'info, Crown utilise ce même type de technologie sur ses amplis classe I (classe D évoluée).


Au final, la technologie PowerDrive offre une très grande stabilité à l’amplificateur, une quasi insensibilité à la charge, et un excellent comportement en puissance face aux transitoires, ce qui participe d’un niveau distorsion particulièrement bas.


En conclusion, d’une manière générale, notons que les les modifications récentes apportées à la norme ‘Amplifier Rule compliance’ révisée de la FTC ont réduit à néant la protection qu’offrait la norme de 1970 aux consommateurs
. De très nombreux amplificateurs ne font que se conformer simplement à la norme actuelle, qui sont très loin d’offrir la puissance annoncée, et pire, la musicalité attendue, puisque, rappelons le, la puissance annoncée, elle-même souvent tout à fait théorique et sur-évaluée, peut avoir été calculée sur une charge simple de 8 ohms, sur une voie quelconque, à une fréquence facile de 1kHz, sans précision du taux de distorsion.

......
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Message » 10 Juil 2007 21:02

Concernant les amplificateurs Nad, que j'adore non pas par amour béat mais pour les connaître presque par coeur et depuis longtemps, comparativement à beaucoup d'autres matériels, j'avais posté ici quelques cr, que j'avais développé par ailleurs.....

Pour info, en faisant trés court à ce stade, la technologie Power Drive se rapproche pour partie, en ce qui concerne la question de l'insensibilité à la charge, et en terme de résultat, des transformateurs de sortie, qu'une marque comme Mc Intosh utilise même sur ses amplis à transistor, ou encore de la technologie ICEpower dans le domaine de la classe D. La rolls étant la classe I, développée par Crown (groupe Harman), technologie classe D 'élaborée', qui participe globalement des deux mêmes objectifs du système Power Drive.

Naturellement, certains amplis de puissance Accuphase ou SimAudio se dispensent de ce type de technologie, offrant d'emblée une conception d'ensemble excessivement 'lourde' (alimentation sur-dimensionnée et excessivement performante, etc.), naturellement pour un prix qui n'est en rien comparable, et de trés loin, à puissance (réelle) et tenue à la charge (effective) plus ou moins équivalente....

Afin de prévenir les critiques faciles, souvenez-vous qu'il ne s'agit PAS d'un document technique de 500 pages, mais d'un condensé, en language vulgarisé, ce qui ne veut pas dire faux. Trés loin de la.

En souhaitant que toutes ces infos puissent permettre à beaucoup d'y voir un peu plus clair, et en même temps de mettre en perspective quantités d'infos qui le mériteraient plus que trés largement........

Amicalement
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Message » 10 Juil 2007 21:22

Je précise au cas ou que ni je ne travaille pour Nad, ni d'une quelconque manière dans le monde de la Hi-Fi / Musique / HC / electronique....

Bref, je suis simplement un passionné, qui constate de trés nombreuses choses depuis des années, qui écoute, et qui, au fûr et à mesure, aime approfondir pour y voir plus clair, au delà des trés nombreux écrans de fumée qui sont, comme dans tous les domaines, susceptibles d'entrainer une mystification de réalités souvent plus ou moins palpables.......

Ceci est vrai ici, mais dans tant d'autres domaines de la hi-fi.

Non pas que tout soit explicable, du moins de manière simple, mais qu'un cadre général bien compris permet souvent d'échapper à ce qui est souvent présenté comme étant totalement subjectif, si ce n'est, pourquoi pas spirituel :lol:

Pour ma part, j'ai une certaine tendance à réserver l'art à la musique, le bonheur à notre esprit, et la technique, autant que possible naturellement, du moins pour tenter de décoder certains fondamentaux, au matériel....

Cdlt
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Message » 10 Juil 2007 23:20

Bonjour.

Il y a plusieurs détails qui me chagrinent dans tes messages.

Le plus important est cette histoire de "charge facile de laboratoire" pour tester des amplificateurs. On ne peut pas dire que coller des résistances de 4 ou 2 ohms, ou moins, à la sortie des amplificateurs leur facilite la tache. Comme tu l'écris toi-même, plus l'impédance de charge est basse, plus l'amplificateur est obligé de débiter du courant.

Ce sont des conditions très difficiles pour un amplificateur, d'autant plus que les tests de laboratoires normalisés imposent parfois de maintenir le niveau maximum de sortie pendant des durées bien plus longues que ce qu'imposerait de la musique écoutée à des niveaux à s'en faire éclater les tympans.

Ainsi, la norme FTC dont tu parles impose de mesurer la puissance des amplificateurs sur une durée de 3 minutes. La norme allemande DIN, plus anciennes, imposait 10 minutes. Dix longues minutes pendant lesquels l'amplificateur ne devait pas afficher plus de 0.5 ou 0.7% de distorsion à sa puissance maximale, selon qu'il s'agissait ou non d'un ampli intégré, et cela, sans que les protections thermiques ne se déclenchent. Ces 10 minutes n'étaient sans doute pas une norme fixée par hasard : elles correspondent peu ou prou au phénomène d'inertie thermique dans les radiateurs chargés de dissiper la chaleur dégagée par le fonctionnement des transistors de puissance.

Donc, franchement, parler de "charge facile de laboratoire" dans les conditions dans lesquelles sont normalement testés les amplificateurs me parraît hasardeux.

Ce d'autant plus que certains laboratoire pratiquent des mesures sur des charges potentiellement encore plus "lourdes" que des résistances pures, en ajoutant condensateurs ou bobines aux résistances afin de déphaser tension et courant, comme le ferait une enceinte acoustique. Dans ces conditions, lorsque courant et tension sont déphasés, l'amplificateur est obligé de dissiper encore plus de chaleur que le laisserait penser sa puissance de sortie, qui parraît alors bien modeste. Et bien sûr, on teste au niveau maximal de sortie, et avec le pire déphasage que l'on puisse rencontrer en pratique. Voir à ce sujet ce très intéressant article de vulgarisation, malheureusement en anglais.

Non, vraiment, penser qu'en laboratoire, on épargnerait les amplificateurs alors que de simples conditions réelles d'utilisation ne les épargneraient pas est une idée qui me parraît fausse.

S'agissant du circuit Power Drive (anciennement ISC pour Impedance Sensing Circuit) de NAD, on peut en trouver le principe sur le site de l'Office Américain des Brevets, en accès libre. J'avais posté le lien sur le forum. je vais essayer de le retrouver.

De mémoire, le Power Drive, c'est simplement le fait que le courant et la tension à travers les transistors de sortie sont mesurés (comme le ferait n'importe quel circuit de protection bien conçu) et que lorsque la combinaison courant*tension instantanée dépasse la zone d'opération sûre des transistors de puissance (Safe operating area en anglais, un paramètre spécifié dans n'importe quelle documentation de fabriquant de transistors), l'alimentation commute sur un rail de tension plus basse pour limiter la puissance de sortie afin de préserver l'intégrité des transistors. Pour moi, c'est plutôt un dispositif de protection qu'autre chose. Les NAD auraient des dissipateurs thermiques et des étages de sortie plus substanciels qu'ils n'auraient pas besoin de Power Drive (Les NAD série Silver, le haut de gamme avant la gamme Master, se passaient d'ailleurs très bien du Power Drive, tout comme les NAD 218 ou 208 THX).

Quant à l'idée que la puissance impulsionnelle serait plus importante que la puissance continue pour juger des qualités d'un amplificateur, haskil, et plus loin dans le temps, François Yves Le Gal, lui avaient fait un sort sur le forum.

En réalité, la mesure de la puissance impulsionnelle consiste simplement à mesurer la puissance moyenne d'un signal pendant une très courte période, et à couper le signal le reste du temps pour permettre à l'amplificateur de "se reposer".

Dans ces conditions, l'alimentation, notamment, mais aussi les étages de sortie, sont moins sollicités, notamment du point de vue de leur dissipation thermique. C'est pourquoi, souvent, la puissance impulsionnelle est plus importante que la puissance continue.

Mais sur les amplificateurs qui ont des alimentations elles-mêmes très puissantes, puissance continue=puissance impulsionnelle, ou peu s'en faut ! C'est que leurs alimentations et leurs étages de sorties ne souffrent pas de débiter en permanence à leur maximum... car ils sont suffisament robustes !

De tels amplificateurs ne s'en laisseront compter par aucune enceinte, pour peu que la puissance de ceux-là soit adaptée à la sensibilité de celles-ci. On peut être certain que leurs puissances maximales seront disponibles à n'importe quel moment, ou, pour le dire autrement, que le comportement de ces amplificateurs ne changera pas en fonction de la difficulté du travail qu'on leur demandera de faire.

La mesure de puissance impulsionnelle est souvent présentée comme un mesure de la qualité, en tout cas de la conception des alimentations, et pas comme une mesure de la qualité d'un amplificateur dans son ensemble. Dans ce cas, moins l'écart entre la puissance impulsionnelle et la puissance continue est importante, plus l'alimentation est robuste. Une faible différence entre puissance continue et puissance impulsionnelle serait donc plutôt un facteur de qualité !

En utilisation de terrain, la puissance impulsionnelle ne signifie pas grand chose. La norme IHF (qui a dû être remplacée aujourd'hui par une norme IEC analogue) prévoit de mesurer cette puissance impulsionnelle sur des trains d'impulsion de fréquence 1 kHz et de durée 20 millisecondes (ms), séparés par 500 ms de quasi-silence.

Or, quelques voix se sont élevés pour faire observer que, dans la réalité, les impulsions sur signaux musicaux présentent souvent des durées très supérieures à 20 ms. Et elles n'attendent pas forcément au moins 500 ms pour se succéder. Faire une recherche google sur "dejan veselinovic", "AES" (Audio Engineering Society), ou "Meyer Sound" (une boîte pro) et "impulse power", et vous en trouverez certaines. Des mesures sur train d'impulsions de 200 à 500 ms de durée sont évoquées pour obtenir des données significatives. On se rapproche dangereusement du régime continu.

Intuitivement, on sent d'ailleurs bien que la puissance doit être disponible dans la durée, car on veut qu'elle soit là non seulement pour le premier coup de percussion, mais aussi pour les suivants ! Et pour toute la musique qu'il y a en même temps que les coups de percussion !

Pour en discuter.
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Message » 10 Juil 2007 23:39

Accès direct vers le brevet américain de M. Edvardsen :

http://patft.uspto.gov/netacgi/nph-Pars ... PN/4521742
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Message » 11 Juil 2007 2:29

Scytales a écrit:Accès direct vers le brevet américain de M. Edvardsen :

http://patft.uspto.gov/netacgi/nph-Pars ... PN/4521742


Merci pour ce lien!

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