Le Rêve Accessible

Installations — publié le 2 avril 2002
VN:R_U [1.9.22_1171]
Note: 0.0/5 (0 votes)
© Texte : Bastien Cluzet, Photos : Jean-Marie Rames. (Avril 2002)
Le “Rêve Accessible”.…une utopie ? Non, cas cette installation exemplaire démontre qu’il est possible, pour moins de 15000 € ( 100 000 F) tout compris, de réaliser par soi-même une salle dédiée home-cinéma de très haut niveau. Le secret ? Du temps, consacré à se documenter, à comprendre et à optimiser le rôle de chaque élément, du matériel acheté d’occasion et… du temps encore et beaucoup d’huile de coude pour mettre tout cela en action!

 

 

Cliquez pour voir une version plus grande...

Vue avant. On aperçoit à droite l’une des enceintes surround Dk200C

Nous nous trouvons ce soir en région parisienne, au sein d‘un quartier résidentiel bien tranquille de la banlieue sud, et où se trouve le pavillon que M. L. a acheté il y a quelques mois à peine. Bien avant de changer le papier peint du séjour, et au grand dam de sont épouse, les premiers week-end qui ont suivis l’emménagement ont été consacrés en grande partie à la réalisation d’une salle de home-cinéma au sous sol de la maison, dans un volume créé de toutes pièces. M. L. est bon bricoleur, et il ne compte pas ses heures. .Il a réalisé l’intégralité des travaux seuls, ce qui est assez remarquable ! Avant de détailler plus avant l’équipement de cette salle, découvrons brièvement ensemble quel a été le parcours de M. L. avant d’arriver à un tel résultat

 

Un passionné de longue date…

 

Cliquez pour voir une version plus grande...

Vue avant avec l’écran transsonore
M. L. n’est pas à proprement parler un « novice » dans le domaine du home-cinéma. Il s’y intéresse depuis de nombreuses années, et il s’est équipé, patiemment et progressivement, en achetant, revendant, puis en rachetant des appareils et des équipements de plus en plus évolués et performants, jusqu’au système qu’il possède aujourd’hui . Un parcours certes classique, mais semé d’embûches ! En effet, il est important, dès le départ, de faire des « bons choix », et notamment de ne pas s’équiper d’éléments impossibles à revendre, ou sur lesquels on perdrait trop d’argent lors de la transaction : le marché de l’occasion du matériel électronique est hélas souvent impitoyable, et les décotes sont très importantes surtout pour des appareils « passés de mode » (ce qui ne signifie par forcément qu’il sont mauvais !) : ils deviennent alors de vraies aubaines pour les acheteurs potentiels…

Cliquez pour voir une version plus grande...

Vue avant, sans l’écran

Toute sa « science » dans le domaine, M. L. la tire de la lecture de revues spécialisées comme Cinéma Chez Soi, mais surtout essentiellement d’Internet, un domaine qu’il connaît bien en tant qu’ingénieur informaticien. Il fréquente assidûment depuis des années de nombreux sites et forums de passionnés sur le sujet. C’est ainsi qu’il s’est constitué sa première installation, mise en oeuvre dans la maison où il habitait précédemment. Le manque de place ne lui permettait pas alors de réaliser une salle « dédiée », et le système était donc tout entier installé dans la salle de séjour .

 

Une évolution progressive

Cliquez pour voir une version plus grande...

Une enceinte surround Dk200C, un peu trop vers l’avant de la salle mais il était difficile de faire autrement
Cliquez pour voir une version plus grande...

Les électroniques avec de haut en bas : ampli Denon 3801, scope Sharp, lecteur DVD Sony 7700 modifié Cinématrix

Le système audio, bâtit autour d’enceintes Davis acquises dans un magasin de la chaîne Hifissimo, était déjà celui qui existe aujourd’hui, à savoir des Davis Galaxy en principales, une centrale Davis Galaxy, et des DK200C en surrounds. Ces sont les amplificateurs intégrés qui se sont succédés le plus souvent dont un Denon AVR 3300 que M. L a récemment revendu pour équiper sa nouvelle salle d’un Denon AVR 3801, qui lui amène le 7.1 ( DTS ES Discrete et Matrix) au passage.

Cliquez pour voir une version plus grande...

Vue arrière avec le projecteur Sony dans une boite ( “hush box”) insonorisante.

Le lecteur de DVD est depuis longtemps un Sony DVPS-7700, qui une référence incontestés du genre. . Le premier vidéoprojecteur de M. L. a été un Sony VPH1031 QM, acheté d’occasion auprès d’un revendeur Sony professionnel. Malgré qu’il totalisait un très grand nombre d’heures d’utilisation, et donc une usure assez prononcée d’un des tubes (le vert) qui occasionnait un léger flou dans le bas de l’image, ce tritube data acheté seulement 1000 € (6000 F environ) lui a procuré bien du plaisir . Il a d’abord fonctionné avec un doubleur de lignes externe Analog Way, puis M. L. l’a relié à un PC Home-Cinéma.

LIENS INTERNET
L’installation ayant été intégralement réalisée par son propriétaire, nous pouvons néanmoins vous signaler quelques liens Internet intéressants :

Le site Web des magasins Hifissimo :

http://www.hifissimo.fr

Sur le X 10 :http://www.madomotique.com/X10/x10.html(explications très détaillées) :
http://www.plmsystem.com  ( revendeur en ligne, en français)

Un forum Internet en francais très actif de passionnés de home-cinéma:
http://www.homecinema-fr

Le site de référence sur les projecteurs tritubes Sony série 12xx :
http://www.biggerhammer.net/mediaroom/
(en Anglais)

Plus tard, il l’a revendu pour acheter, toujours d’occasion, un autre tritubes Sony : un 1272 QM. Le saut qualitatif entre les deux machines est assez éloquent : le Sony 1272 est équipé de tubes de 8 pouces ( le 1031 est un 7 pouces) sa fréquence de balayage horizontale atteint 90 kHz ce qui le rend compatible avec un « quadrupleur » de lignes ( le 1031 ne dépassait pas 31 kHz) , et son châssis entièrement numérique permet d’effectuer tous les réglages de géométrie et de convergences à la télécommande ( le 1031 est entièrement manuel et analogique sur ce point). De plus, ce 1272 lui a été vendu avec les trois tubes neufs ! Un excellent projecteur, donc, qu’il a payé 30000 F.

Après l’avoir utilisé un temps avec le même PC home-cinéma, M. L. décide de se faire installer une carte Cinématrix PSM1 au sein de son Sony 7700. Rappelons que la carte PSM1 Cinématrix, dont Cinéma Chez Soi a été la première revue à vous faire découvrir les bienfaits, est un desentrelaceur/ scaleur interne entièrement numérique, car elle récupère les signaux directement en sortie de la carte de décompression MPEG2.

Le résultat est excellent, qualitativement supérieur au PC Home-Cinéma, son coût est très raisonnable, et son utilisation est infiniment plus simple et conviviale que celle du PC ! Enfin, sur le plus audio, il s’est pour finir équipé d’un solide caisson Jamo 3015 et deux enceintes Davis Diva pour les surrounds arrières.

La construction de la salle
L’installation de M. L. :
Pièce dédiée
Sources :
Lecteur de DVD Sony DVP S-7700 modifié Cinématrix PSM1
Magnétoscope hi-fi stéréo Sharp VCMH 75 FPM
Amplificateurs intégré:
Denon AVR-3801, 7.1, Dolby Digital, DTS ES Discrete, Neo 6 et Matrix
Enceintes :
Frontales : Davis Galaxy (x2)
Centrale : Davis Galaxy
Surrounds latérales: Davis DK 200C ( x2)
Surrounds arrières: Davis Diva (x2)
Caisson de graves : Jamo 3015 THX
Diffuseur vidéo :
Vidéoprojecteur tritubes Sony VPH 1272 QM
Ecran :
Toile Oray transsonore microperforé format 16/9, 280 cm de base, sur cadre bois.
Télécommande / domotique:
Marantz RC5000
Commande des lumières par un convertisseur IR –X10 et un récepteur variateur temporisé X10 Rail-DIN ( x1)
Câblage :
Audio : Oelhbach
Vidéo : Belden RG6
Divers :
Traitement acoustique : 10 cm de laine de roche en deux couches croisées derrière l’écran et sur les cotés ( « bass traps »), mousse à picots sur les murs latéraux à l’avant.
Coût total de cette installation hors travaux :
moins de 15000 € (100 000 F) dont 1500 € (10000F) de matériaux divers : plaques de plâtre, laine de roche, bois, électricité, spots, peinture, etc…

Cliquez pour voir une version plus grande...

Détail de l’écran transonore et du montage sur le cadre en tasseaux. Simple, non ?

C’est donc en Juillet dernier que notre ami emménage dans cette nouvelle maison, qui dispose d’un vaste sous-sol où il va enfin pouvoir donner libre cours à sa passion. La pièce qui va recevoir le système n’existe pas encore : il va falloir dans un premier temps créer une cloison, et M. L. va construire un mur en plaque de plâtre BA13 sur une ossature métallique ( PlacoStyl) , qui va constituer l’un des murs latéraux de la future salle. Ses dimensions seront environ 5 m par 4 m , soit une vingtaine de mètres carrés.

Cliquez pour voir une version plus grande...

Une partie de la collection de DVD , avec à gauche un accessoire bien utile : un sonomètre analogique.

Pour les autres murs, ils seront doublés avec des panneaux de BA10 + laine de roche « Placomur 10+40 » ( épaisseur de la laine de roche 40 mm) , sauf le mur derrière l’écran qui reçoit, quant à lui, 100 mm de laine de roche en rouleau laissée à nu en deux couches croisées et scotchées ( le « bass-trap »), puis peintes en noir mat . La plafond est en dalles de polystyrène collées, une bonne solution qui a l’avantage de ne pas trop réduire une hauteur sous plafond, déjà critique comme ici. Pour les appareils, M.L creuse un trou au milieu du mur du fond qui sépare la salle de projection de la chaufferie, et ne laisse apparaître que les faces avants, du coté salle de home-cinéma. Ainsi, il garde une accessibilité totale de l’arrière des appareils. Au dessous des appareils, toujours coté chaufferie, il installe un petit tableau électrique dédié, équipé de coupe-circuits séparés pour les prises, l’éclairage, le chauffage, le projecteur et les électroniques. Il insère également dans ce tableau un module variateur X10 « Rail DIN », auquel sont reliés tous les éclairages de la salle. Le projecteur tri tubes Sony est installé au plafond, et reçoit un coffrage en bois destiné à réduire son bruit de ventilation qui est assez sensible. Ce coffrage est équipé à l’avant d’une simple vitre, pour mieux confiner le bruit. Pour assurer une ventilation et donc un refroidissement suffisant de l’appareil, il est toutefois largement ouvert sur l’arrière.

Cliquez pour voir une version plus grande...

La centrale Davis Odyssée

La totalité des câbles ont été masqués dans la structure, y compris ceux des nombreux spots halogènes basse tension qui ont été disséminés dans la salle. Un spot est judicieusement placé au dessus des appareils pour éclairer le lecteur de DVD, ce qui facilite nettement son utilisation. Enfin, détail essentiel, l’intégralité des murs intérieurs de la salle, plafond inclus, ont été peints en noir mat, une étape absolument fondamentale pour obtenir une belle image en vidéoprojection, bien contrastée, avec des arrières plans qui restent bien détaillés, même lors des scènes les plus sombres. Le sol reçoit pour finir une simple moquette grise foncée, posée à même la dalle ciment. L’écran est une toile Oray transsonore microperforée de dernière génération, simplement agrafée et clouée sur un cadre fait de tasseaux de bois. L’utilisation d’une toile transsonore permet de bien exploiter toute la largeur disponible, et d’obtenir ainsi une base d’écran de près de 2m80 au format 16/9ème . Les trois enceintes avant sont placées derrière l’écran, comme dans un « vrai » cinéma, ce qui renforce de manière spectaculaire le réalisme du spectacle. Un bord noir est inutile ici, puisque la totalité des murs autour de l’écran sont déjà noirs. Pour éviter de trop marquer le bord de la toile, M. L. à un petit « truc » : il a cloué une fine baguette arrondie au bord du tasseau et tout autour du cadre, ce qui évite à celle-ci une pliure excessive qui serai visible et inesthétique.

© Texte : Bastien Cluzet, Photos : Jean-Marie Rames.
Nos impressions
Cliquez pour voir une version plus grande...

Vue arrière des appareils , accessible par la pièce limitrophe. Remarquez le petit tableau électrique dédié avec le module variateur X10.

Nous avons testé le système de M. L. sur quelques disques que nous connaissons bien, comme le CD DTS de Sheryll Crow pour se mettre en appétit sur de l’audio, puis des extraits des DVD du Pacte des Loups (la scène de combat du début du film) , Pearl Harbor (l’attaque), Desperado en édition Superbit, et enfin quelques passages du Fabuleux Destin d’Amélie Poulain.

Nous avons tout d’abord été très impressionné par l’image. La PSM1 fait merveille avec le Sony 1272, dont la géométrie et les convergences étaient réglés à la perfection .

Notre hôte est très méticuleux sur ce point, et il a passé beaucoup de temps à peaufiner les réglages de son projecteur, dont certains qui sont réputés assez pointus comme les ajustements de G2 et d’astigmatismes ( bien décrits sur un site Web, coordonnées en fin d’article).

Cliquez pour voir une version plus grande...

Détail du caisson de graves Jamo 3015 THX

La PSM1 a été positionnée en « 1024p », M. L. ayant remarqué que c’était la résolution qui générait le moins d’artefacts avec les DVD PAL… artefacts qui sont au demeurant, assez rares. L’image du couple 1272/PSM1 sur l’écran transsonore Oray est vraiment somptueuse, avec une fluidité, un naturel, une profondeur de champ et une fidélité dans le rendu des couleurs qui sont – répétons-le et quoiqu’on en dise !- l’apanage de la technologie tri tubes. Seul bémol : un très léger manque de piqué – typique de ces projecteurs à focus électrostatique.

Cliquez pour voir une version plus grande...

Vue générale arrière

La toile perforée Oray est réellement bluffante : les trous sont invisibles 99% du temps, sauf sur des scènes très claires et à condition de chercher à les voir !

La luminosité du projecteur ne semble nullement affectée, et surtout le son reste parfaitement clair, précis et détaillé, sans qu’en aucune façon la toile ne donne l’impression de « boucher » le son. Un réussite totale que ce système home-cinéma, et que nous n’hésiterons pas à citer en exemple !