Test HCFR du Denon AH-D7200, casque audio

Test HCFR du Denon AH-D7200, casque audio

Compte-rendu d’André_ajr

 

Présentation et écoutes

Comme il est possible de le constater sur la vidéo HCFR de présentation ainsi que sur toutes les photos disponibles de ce nouveau casque Denon, tant dans son aspect global que dans chacun de ses plus infimes détails, le D7200 est très séduisant.

L’on sent immédiatement que Denon n’a absolument rien négligé de sa conception lorsque l’on prend le D7200 en main. Et, même si l’écrin dans lequel il est livré n’est pas aussi luxueux que ceux de certains autres casques haut de gamme qui emploient des matériaux comme le bois ou l’aluminium anodisé par exemple, la première impression est très favorable et l’on se dit que ce casque mérite vraiment chacun des euros demandés. Mais faudrait-il s’en étonner de la part d’une marque qui fabrique des casques depuis plus de cinquante ans ?

Une fois les oreillettes du D7200 très facilement et rapidement réglées à la bonne hauteur arrivent ces sensations de légèreté et de confort qui donnent immédiatement l’assurance que l’on pourrait porter ce nouveau casque Denon pendant plusieurs heures d’affilée sans qu’aucun problème de poids ou de pression de celles-ci sur la tête ne puisse survenir. Confort auquel participent cette autre sensation de parfait équilibre du casque et la douceur des coussinets en mousse à mémoire de forme recouverte d’un cuir doux au contact très agréable sur la peau.

Aussi, à ce stade de la présentation, il est déjà possible d’affirmer que le Denon D7200 est un magnifique casque, très confortable, fabriqué d’excellente façon.

Puis, comme le hasard de la programmation des tests HCFR a fait que ce Denon D7200 s’est trouvé chez votre serviteur au même moment que le Fostex T60RP. Cette double présence a permis de comparer directement ces deux casques, ainsi que ceux en ce moment à demeure.

Mais, en commençant par de la musique classique, avant de passer au résultat brut de ces écoutes comparatives, voyons plus en détail ce que m’a laissé entendre ce très beau casque japonais des extraits musicaux suivants, régulièrement utilisés pour les tests HCFR.

  • Vivaldi. Concertos pour hautbois, basson et cordes. Alfredo Bernardini, l’Armonia e l’Inventione. Astrée-Auvidis. Si le hautbois est un peu plus riche que de nature et par rapport aux casques les plus fidèles, le D7200 conduit ce concert avec autorité, ouverture, vie, nuances, offrant de très belles cordes et présence des instruments.
  • Richard Strauss. Ainsi parlait Zarathoustra. Orchestre symphonique de Chicago dirigé par Fritz Reiner. SACD RCA Living Stereo. Les timbales sont superbes et nettes. Bien qu’un peu à l’étroit, l’orchestre se déploie dans un espace profond et large pour un casque de type fermé. Les timbres des instruments sont très beaux avec cette petite retenue par rapport à ce qu’il est possible d’entendre au concert.
  • Schubert. Notturno. Trio Wanderer. Harmonia mundi. Le trio Wanderer ayant interprété cette œuvre au cours du concert auquel j’avais assisté en fin d’année dernière, je l’avais écoutée quelques minutes après son terme avec le Stax SR-009. Avec le Denon, le piano est plus proche des instruments à cordes, la sensation du concert est moins importante. Bien que toujours très agréables à l’oreille, les timbres sont moins justes dans cette double sévère confrontation.
  • Arvo Pärt. The Deer’s Cry. ECM. – Cet enregistrement magnifiquement réalisé par Igor Kirkwood dont il convient également de conseiller, entre autres, celui de Hildegarde von Binden – O Nobilissima Viritidas – par Catherine Schroeder (Champeaux), fait la part belle aux retours de réverbération qui sont bien appréhendés par le D7200 y ajoutant assez d’ampleur dans la reproduction des chœurs dont il est possible de différencier également les choristes.
  • CD Diapason : 15 prises de son de rêve. Comme je le connais particulièrement bien, j’utilise régulièrement ce CD pour les tests HCFR. En particulier les pistes 2/3/4/5/7/8/10/11/13/14 et cette fois-ci en comparaison directe avec l’ensemble Stax SRM-727 II/SR-009.
  •  2 – Santa Cruz : Jacaras. Rolf Lislevand, E. Eguez, Béatrice Pornon (Astrée-Auvidis). La restitution, à nouveau très agréable, avec de belles castagnettes, est d’une tonalité un peu plus grave qu’avec le Stax SR-009.
  • 3 – Cabezón : Tiento IX par Georges Lartigau (Virgin). Un orgue somptueux et grandiose que l’on peut écouter à fort volume avec le D7200.
  • 4 – Chant grégorien par Hervé Lamy, le chœur grégorien de Paris et la maîtrise de Toulouse (Jade). Excellente reproduction des voix et de l’environnement acoustique (espace, écho, réverbération) de ce très bel enregistrement.
  • Frescobaldi : Toccata settima par Pierre Hantaï (Astrée-Auvidis). Cela pétille de vie dans une douce chaleur avec d’excellentes perceptions vibratoires du clavecin.
  • 7 – Mozart : La Flûte enchantée. John Eliot Gardiner (Archiv). Très bonne représentation avec ce léger recul de l’aigu par rapport au grave qui pourra provoquer une légère déception aux amoureux du glockenspiel.
  • 8 – Schubert : sonate pour piano D 784 par Abdel Rahman El Bacha (Forlane). Ce piano sonne assez bien même si on constate un aigu légèrement en retrait.
  • 10 – Offenbach : Les Contes d’Hoffmann avec Catherine Dubosc, José Van dam, Roberto Alagna, orchestre de l’opéra national de Lyon. Dir. Kent Nagano (Erato). Ce très bon enregistrement qui permet de vérifier le timbre des diverses voix, l’espace qui sépare les chanteurs et leur positionnement en latéralité, profondeur et hauteur, trouve un bon partenaire avec le D7200 qui se défend plutôt bien sur tous ces registres.
  • 11 – Beethoven : sonate pour piano n°30 par Alfred Brendel (Philips). Ce piano est plus équilibré que le précédent dans Schubert avec des aigus qui scintillent bien davantage sans être cependant agressifs.
  •  13 –    Mahler : lieder eines fahrenden Gesellen par Anne Sofie von Otter, le NDR Sinfoniereorchester dirigé par John Eliot Gardiner (DG). Comme on le constatera encore avec l’extrait suivant, le D7200 est très à l’aise avec les grands orchestres auxquels il offre un très bon soutien et suffisamment d’espace pour qu’ils ne se sentent pas trop à l’étroit.
  • 14 – Bruckner : symphonie n°5. Orchestre philharmonique de Berlin dirigé par Günter Wand (RCA).

Jazz et variétés.

  • Diana Krall. From this Moment on (Verve). Un écrin fait de rythme, d’assise sonore tout à fait bien architecturée, pour la voix de Diana Krall.
  • Jacques Brel. Les Marquises. Barclay. Le début des – F…- permet d’entendre un grave net et franc qui a plus d’impact qu’avec beaucoup d’autres casques, ainsi qu’une image à nouveau large et détaillée. Dans – Jojo – ni trop grave ou trop claire, la voix de J. Brel est très bien équilibrée, très bien restituée. Autre superbe reproduction avec – Les Marquises -.
  • Amy Winehouse. Back to black. Universal. Ambiance de très petite salle avec une présentation concentrée au centre. On distingue cependant bien les instruments dans un registre assez sombre.
  • Randy Weston and his African Trio. Mariage réussi avec le D7200 qui offre une très belle dynamique et un équilibre très intéressant, notamment sur le très beau piano de la piste 7 et même des détails dentelés sur la piste 9 sans qu’aucun désagrément n’apparaisse.
  • Ewen Carruthers. When time turns around (Stockfish records). Une nouvelle très belle présentation avec beaucoup de détails qui ne se perdent pas dans un espace d’une largeur intéressante. Très belles guitares.
  • Chicago Transit Authority. J’ai ressorti le CD correspondant au double album 33t CBS que je possède encore et que j’ai tant écouté à partir de 1968, de ce groupe qui ne s’appela plus ensuite que Chicago. D’Introduction à Liberation en passant par Does anybody really know what time it is ? Puis, Beggining, Questions 67 and 68 et en bonus sur le CD, I’m a man, If you leave me now, Bigger than Elvis. Plaisir renouvelé avec brio par le D7200 qui introduit à nouveau l’auditeur dans un très bel espace bidimensionnel où peuvent s’épanouir les voix et instruments, dont des cuivres, trompette et trombone, rutilants. Ce qui permet d’estimer que ce nouveau Denon D7200 est très habile sur scène, même s’il ne peut, bien évidemment, pas prétendre être plus grand qu’Elvis dont j’ai revu très récemment le concert – Elvis, Aloha from Hawaii – enregistré à l’International Center Arena d’Honolulu en janvier 1973 qui fut retransmis par satellite pour un milliard et demi de téléspectateurs.

 

Conclusion

Si l’on peut trouver que le Denon D7200 manque un peu de caractère, puis, bien que sans véritable excès, d’un grave trop soutenu. Ainsi, que d’une scène sonore qui ne peut être comparée aux casques qui fonctionnent en mode ouvert. Soit dit en passant, ce que l’on ne peut vraiment pas totalement lui reprocher, puisque la solution fermée présente quelques autres avantages parfois bien utiles. Ce Denon D7200 a néanmoins retenu mon attention par un ensemble d’agréments qui en font un casque véritablement très attachant, grâce à sa polyvalence, sa précision et son sens du détail. Toutes choses qui peuvent être autant attribuées au sérieux de sa fabrication qu’à sa performance sonore. Et, qualités d’autant plus appréciables qu’elles sont offertes à l’auditeur dans un très grand confort, ainsi que pour un prix très inférieur à celui de la plupart des autres casques de la catégorie Premium.

Le hasard des tests HCFR ayant fait que le Fostex T60RP se soit trouvé au côté du Denon D7200, j’en ai profité pour effectuer quelques écoutes comparatives de ces deux casques avec mes Focal Spirit Professional, Sennheiser Momentum circum-auriculaire M2 et Beyer DT911 personnels. Hormis le fait que nous ne sommes pas dans la même catégorie de prix, que certains qui ne manquent certainement pas de qualités sont destinés à la balade. Activité à laquelle le D7200 n’a vraisemblablement pas été destiné, bien que ses impédance et sensibilité pourraient très facilement lui permettre quelques escapades extérieures. Si je ne devais conserver qu’un seul casque de ceux qui viennent d’être cités, ce serait très sûrement le Denon D7200 pour son ensemble de qualités qui lui permettent de véritablement satisfaire tous les usages.

Parce que le Denon D7200 offre un son très agréable, ouvert, spacieux pour un casque de type fermé, relativement bien équilibré sur l’ensemble des fréquences, avec suffisamment de détails et sans jamais se départir de ses belles dispositions qui lui permettent de toujours bien maîtriser les enregistrements qui irritent les membranes de casques plus difficiles à gérer en certaines situations.

D’ailleurs, me souvenant de la formule qui avait été utilisée par la très sérieuse et regrettée Revue du Son lors de l’essai, paru à l’époque, de l’amplificateur Denon POA-1500 et du préamplificateur PRA-1000, qui avait comparé ce duo, avec lequel j’avais cohabité durant quatorze années (en compagnie des Opus de Jean-Marie Reynaud), au son des produits de la légendaire marque Mc Intosh et au fonctionnement souple, puissant et onctueux d’un moteur automobile V8 américain.

Je reprends très volontiers celle-ci pour le compte du Denon D7200, parce qu’il conduira assurément l’auditeur  jusqu’à la note finale, sans lui occasionner aucune des séquences inconfortables qu’il pourrait être amené à entendre avec certains concurrents utilisant des typicités ergonomiques et sonores qui amplifieront les désagréments de certains des parcours musicaux empruntés.

Avec le Denon D7200, rien ne viendra troubler les excursions musicales parce que le voyage sera toujours très agréable et absolument confortable.

Enfin, je ne sais pas si Denon a pensé à ce genre d’utilisation en imaginant son nouveau casque, mais je le vois bien s’intégrer dans un système home-cinéma, car il devrait également très bien convenir aux longues séances de visionnage de spectacles musicaux de tous genres, ou de films, notamment ceux dont la bande audio offre des effets spectaculaires.

 

André_ajr
HCFR – Septembre 2018

 

– lien vers le sujet HCFR dédié au casque Denon AH-D7200 : http://www.homecinema-fr.com/forum/casques-sedentaires/denon-ah-d7200-t30074240.html

 

 

 

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