Test HCFR du Yamaha CX-A5200, processeur HC 11.2 canaux

Test HCFR du Yamaha CX-A5200, processeur HC 11.2 canaux

Compte-rendu de LUDOVIC_LUDOP31

Fafa étant un ami de longue date, lui rendre visite est toujours synonyme pour moi de découverte : si ce n’est pas un caisson à calibrer, c’est souvent pour découvrir du nouveau matériel. Et cette fois-ci ne fait pas exception… Ou plutôt si, puisqu’il s’agit carrément du vaisseau amiral de Yamaha en terme de préampli Home Cinema : le CX-A5200 !

 

Une apparence classique : 

A la découverte de la bête, je suis de suite frappé par… rien du tout en fait ! Pour le non-spécialiste que je suis, l’ampli ressemble comme deux gouttes d’eau à son prédécesseur, le CX-A5100, aujourd’hui âgé de 3 ans… Ah si, peut-être un logo Surround AI qui m’est inconnu.

La connectique arrière est très fournie, avec 7 entrées et 3 sorties HDMI (excellent d’avoir 3 sorties pour qui possède plusieurs diffuseurs!). Les entrées composites et composantes Y Pb Pr sont encore présentes, assurant ainsi une rétro-compatibilité avec ma jeunesse passée !

Au niveau audio, outre les 13 sorties pré-out asymétriques, on les trouve également en XLR symétrique, bien utiles pour installer les blocs de puissance à quelques centaines de mètres… ou plus simplement s’affranchir des parasites de modes commun qui pourraient être rencontrés.

En face avant, la connectique est de son côté… comment dire… spartiate. Avec uniquement une entrée RCA stéréo, l’absence complète d’entrée vidéo, HDMI ou même composite ou S-vidéo laisse un peu sur sa faim…

 

Une interface classique :

Bref, allons réveiller la bête. La télécommande est un vrai régal : équilibrée en poids, son revêtement très confortable permet une très bonne prise en main. Les formes des touches rendent vraiment cette télécommande … tactile, contrairement aux écrans tactiles de smartphones qui justement ne le sont pas vraiment si on y réfléchit ! Le rétro-éclairage, actif dès que l’on se saisit de l’objet, est extrêmement pratique.

Le fond d’écran, avec toujours la même image de piano, nous ramène 10 ans en arrière, mais les menus sont plus clairs qu’avant. L’ensemble des entrées est affiché à l’écran lorsque auparavant, on avait un menu présentant une icône pour chaque entrée. Peut-être un peu plus austère, mais plus compréhensible.

 

Une calibration classique :

C’est parti pour l’habituelle calibration YPAO, toujours une de mes préférées car très claire sur ses résultats et paramétrable à souhait. Pouic pouic pouic, pschh psschh pschh… Bon ce n’est pas une video d’ASMR, mais bien une calibration. Cette dernière est d’ailleurs relativement rapide pour une installation en 7.4.2.

La nouvelle présentation des courbes de calibration, les affichant toutes sur le même écran, est superbement claire et synthétique !

Le choix du réglage de l’YPAO  (plat, avant, naturel, direct) est similaire à ce qui se faisait précédemment. A l’écoute, le réglage « plat » semble le plus égalisé… presque trop à mon goût, avec un certain manque de naturel sur la musique. Je préfère le réglage « naturel » qui l’est justement bien plus même s’il doit être moins linéaire à la mesure…

 

Mais pourtant des nouveautés sonores : 

Allez, musique maestro ! The Police met l’ambiance, et ce qui frappe, c’est la sensation d’immersion associée à une excellente aération du message musical. Les attaques sont claires, précises, sans tomber dans l’agressivité. Les voix sont présentes, charnelles, et soutenues par la dynamique sans faille de l’instrumentation.

Lorsque Hans Zimmer nous joue Pirate des Caraïbes, la sensation de dynamique est intense. Les graves sont puissants, un peu trop à mon goût sur l’un des 2 caissons (le Velodyne DD-15) ; il aurait peut-être fallu utiliser la calibration intégrée au caisson, probablement plus précise que ce que propose l’YPAO. Néanmoins, la sensation d’immersion est phénoménale, bien loin de ce que je peux avoir sur mon installation Hi-Fi.

Les bandes-sons de film ne sont clairement pas en reste et bénéficient à la fois de l’effet d’immersion et de la vivacité des attaques du CX-A5200. Le claquement des balles dans le soldat Ryan est époustouflant, et l’aération permet clairement de compter ces balles une par une, à condition de compter vite quand ça tire de partout…

L’excellente spatialisation fait de The Revenant un élément du film à part entière : l’effet d’espace, associé à la présence des effets sonores, nous transportent littéralement dans la forêt.

 

Surround AI : l’intelligence artificielle est-elle le futur des DSP ?

Yamaha étant un spécialiste reconnu des DSP depuis des années, nous avons toujours pris le parti de … ne jamais les utiliser. Pourquoi ? Simplement parce que les DSP apportent une ambiance s’ajoutant à celle déjà présente dans la bande-son originale.

Si sur certains passages d’un film, ajouter tel DSP peut s’avérer bénéfique, il faudrait sur la scène suivante passer à un autre DSP plus adapté… et faire ça tout au long du film !

Le Surround AI, si j’ai bien compris, promet de gérer cela seul grâce à son intelligence artificielle…

A l’écoute, le résultat est… intéressant. Ajoutant souvent une sensation de profondeur, il semble par moment également enlever de sa lisibilité au message sonore, perturbant l’excellente aération naturelle… Bref, à chacun d’essayer et de se faire son avis, l’utilisation des DSP dépendant de toute façon de l’acoustique de la pièce ainsi que des goûts de chacun.

 

Un préampli Hi-Fi autant que HC ?

Pour compléter ces essais, et vu que nous sommes des personnes sensées, quelle peut-être la meilleure utilisation d’un préampli Home Cinema 11.2 avec des égalisations et DSP de fou ? De la stéréo, en  allant jusqu’à désactiver l’égalisation et les DSP, bien sûr !!! (mode Pure-Direct).

Clairement, on entre dans un domaine à priori pour lequel ce préampli n’est pas conçu.
Et pourtant, il s’en sort très bien : sa dynamique naturelle, l’aération et cette clarté associée à la fluidité rendent le message musical très agréable.

En comparant avec le CX-A5100, on trouve un petit avantage à l’ancêtre : son image stéréo latérale mieux définie en 2.0, avec des voix plus centrées, mais en revanche avec une sonorité plus sèche et une profondeur moins marquée.

Le CX-A5200 amène une sonorité plus large et profonde, et soyons clairs : c’est ce qui permet l’excellente spatialisation des bandes-sons multicanales, que ce soit sur de la musique ou des films.

Mais honnêtement, qui va utiliser un ampli 11.2 pour écouter de la musique en 2.0 sans égalisation ni DSP ??? Bref, Yamaha a fait le choix d’une scène sonore ample, et c’est un excellent choix pour un ampli multicanal.

 

En résumé :

Au final, le Yamaha CX-A5200 est un appareil bluffant. Cachées sous une apparence quasi identique à son aîné de 3 ans, il présente toutes les compatibilités nécessaires pour les années à venir et apporte de réelles améliorations ergonomiques, mais surtout sonores. C’est exactement ce que l’on demande à un préamplificateur !

Merci à Fafa, Audiocox et bien évidemment à HCFR et Yamaha de nous avoir permis de tester dès sa sortie cet appareil vraiment surprenant !

 

Ludovic_Ludop31
HCFR – Novembre 2018

 

 

– lien vers le sujet HCFR dédié au processeur Yamaha CX-A5200 : http://www.homecinema-fr.com/forum/son-audio-preamplificateurs-decodeurs-homecinema/yamaha-cx-a5200-pre-proc-hc-generation-2018-2019-t30089771.html

 

 

 

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