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BOUM !
Ford vient de tomber bien bas dans mon estime...
Un commentaire des pros US ? Reivilo ?
Betekaa
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Scytales a écrit:Comme nico- l'a fait remarquer, il est dangereux de partir du produit pour déduire les intentions de l'artiste. A moins de considérer que la création échappe à la volonté de son créateur
Ainsi, je peux difficilement concevoir le choix de la musique de Richard Strauss, l'introduction de Also sprach Zarathoustra, comme le signe d'une volonté de Stanley Kubrick de «prêcher la bonne parole» tel Zoroastre descendant de sa montagne. En effet, je vais peut-être t'apprendre que cette musique n'a servi que de substitut à la partition original que Alex North, si je ne me trompe pas, devait composer pour le film, mais qui n'était pas prête pour le montage. Ce n'est qu'a posteriori que Kubrick à renoncer à la musique de peu d'envergure qu'a écrite North pour conserver les oeuvres classiques que nous connaissons. Comment voir alors dans l'association entre la signification des images et le propos de la musique un message conceptualisé comme tel par Kubrick?
[...]
Ton axiome de départ n'en est pas un: ta proposition -2001 est une création finie- est réfragable.
Si ce n'est pas une manifestation pure de la pensée de Kubrick que tu as analysée, tu y as introduit des éléments exogènes.
la vérité artistique n'existe pas. L'art n'est pas langage. L'art est un faux-semblant. L'art dupe. Sans dupe, il n'est pas d'art.
Finalement, il n'y a pas à comprendre 2001 tel que tu le fais, puisque tu n'as compris que ce que tu penses du monde que tu perçois, et pas ce qu'est l'oeuvre (tu ne te serais pas laissé abuser par l'apprence que Kubrick a lié ses images à la musique que cela n'aurait rien changé à ce que tu penses).
nico- a écrit:J ai vraiment l impression qu il est tres presomptueux de decrire avec autant de precision ce que l auteur d un film ou d un tableau ou autre voudrait soi disant exprimer.
Certains auteurs doivent bien rigoler en lisant toutes ces interpretations
michaelM86 a écrit:et il manque quand même un élément essentiel à tout ça, le génial Arthur C Clarke....

nico- a écrit:Pure masturbation intellectuelle tout ca....
Betekaa a écrit:s
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Betekaa
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Scytales a écrit:Je n'ai jamais écrit que l'on doive renoncer à comprendre!?
Affirmer une chose pareille serait pour moi un suicide psychique!
Tout ce que j'ai remis en cause, c'est l'univocité de l'interprétation de Bobor, c'est tout. Et cela pour mieux lancé le débat.![]()
Quelque chose dans la dissertation a attiré mon attention: il s'agit de la description de la place du nutritif dans ce film. Cela m'interpelle, car il me semble, mais je peux me tromper, que dans une école psychanalytique, la relation centrée sur le repas traduit une régression collective à un stade dit foetal.
Vous comprenez pourquoi je mentionne cette idée... Malheureusement, ma connaissance de la psychanalyse est pour ainsi dire réduite à la portion congrue, mais si quelqu'un maîtrise le sujet, il pourra peut-être nous éclairer. Nous aurions ainsi une point de départ pour développer une autre analyse de 2001, autour des théories psychanalytiques, qui, comme chacun le sais, ont une place relativement importante dans la société américaine.
Je pense aussi que la dimension satirique de l'oeuvre de Kubrick en général constitue un indice pour situer 2001 dans la perspective d'une chronique de la décadence, de la régression, peut-être de la futilité de l'agitation humaine vers, ... quoi? Là est le problème.
Je suis un peu fatigué pour poursuivre sur ma lancée, mais je dirais encore que, de Docteur Strangelove à Shining en passant par Lolita (et peut-être même dans The paths of glory), je crois que l'un des thèmes centrales de la filmographie kubrickienne, c'est la déliquessence, la décrépitude d'un état ou d'un ordre, sa régression vers un stade d'organisation inférieur. Dans The paths of glory, on peut en voir l'illustration dans la perte de dignité des soldats lors de leur exécution, dont l'un sanglote sans aucune retenue: le vernis du héros martial est complètement terni. Dans Docteur Strangelove, les officiels perdent peu à peu toute contenance à mesure que la situation échappe au pouvoir qu'ils pensaient conserver sur elle, jusqu'à un anéantissement qui ne devait pas être final, car le film devait se terminer sur l'image de l'ambassadeur soviétique "entartant" le président des Etats-Unis, lors d'une bouffonerie. Entretemps, les hommes semblent passer par tous les stades de l'absurdité (le soldat qui qui se soucie des intérêts de la Coca Cola Company alors qu'il vient d'assailir une base stratégique tenue par ses propres camarades...), comme si le système qui les a vus naître et se mouvoir de façon cohérente se détraquait, tendais vers le chaos, le mélange de tous les possibles, sans relations causales entre eux. Dans Lolita, la lutte entre Sears et Mason est digne du burlesque, avant que ce dernier ne s'appitoie sur la perte de sa Dolorès, muée en une espèce de femme d'intérieure sans relief, la ruine du temple qu'il avait cherché à édifier pour son propre plaisir. Et James Mason de s'écrouler, en larmes, perdant toute contenance et toute dignité, dans un scène extraordinairement dérangeante pour le spectateur. L'ordre bien régler de l'élégant professeur de litérature a évolué vers le désordre. Dans Shining, la même évolution est toute entière contenue dans la folie qui gagne Jack Torrence -folie qui se ressource à un bar d'ailleurs, encore un lieu où l'on ingurgite. Même le labyrinthe, espace immuable et stable dans son ordonnancement, éclate: il ne peut suffir à contenir le jeune enfant.
Certes, le dernier plan de Shining, c'est ce travelling avant sur la photographie historique, où l'on fini par reconnaître Jack. Propos cyclique, ou volonté délibérée d'inscrire les faits dans le marbre du passé? Dans 2001 aussi, nous sommes face à une répétition de cycles. Comme Bobor l'a bien démontré, les événements se reproduisent égaux à eux-mêmes, malgré le changement de degré dans la qualité de l'ordre où ils se déroulent. Bowman atteint la décrépitude avant de régresser/renaître au stade foetale. Qu'a-t-il gagné de sa vie? A-t-il atteint un but? Son existence fait-elle sens? La vacuité complète de ses deniers jours -dormir-manger-mourrir-, le néant qui s'est emparé de son existence, tous ces plans sont pour moi les images les plus fortes d'une profonde angoisse: l'inutilité absolue de toute l'agitation humaine. La vanité de la poursuite de toute fin. Tout se résoud en définitive en des actes organiques, qui se répètent inlassablement car il n'est d'autre fil tangible qui guide l'humanité.
Voilà un peu ce que je ressens de ce film. Ce faisant, je livre ma crainte la plus dévorante, qui est en même tant ma certitude la plus désespérante: l'homme est la plus imparfaite des créatures doté de la plus parfaite des aptitudes, et il ne sera jamais plus que ce qui le limite.
L'homme a été cruel envers lui-même en créant Dieu: il s'est avoué son infirmité.
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