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Discussions sur le matériel Haute-Fidélité

Sys.Igor Kirkwood:StudioBriare/NS1000x/2s.Griesinger by Ohl

Message » 27 Mai 2018 11:13

Technique bien rodée des marchands de câbles à prix exorbitant ! :mdr:
"Vous allez entendre les détails extraordinaires reproduits grâce à ce câble ! Extraordinaires ! Préparez-vous bien !..." :lol:

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Message par Google » 27 Mai 2018 11:13

Publicite

 
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Message » 27 Mai 2018 13:17

C'est clair que faire des écoutes comparatives un tant soit peu objectives nécessite une sacrée discipline mentale. Dans le cas des égalisations, une difficulté supplémentaire est que l'effet dépend de la plage musicale chosie.
Pio2001
 
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Message » 27 Mai 2018 15:28

Oui Pio, et voici par exemple une difficulté pour les écoutes comparatives d'égalisations, c'est le niveau sonore fin de ces écoutes.

Si on compare un réglage corrigeant un peu plus le médium (350/450 Hz) avec un autre 2 dB plus creux dans ces fréquences, le réglage avec le médium plus creux peut paraitre plus focalisé sur des voix que le médium plat.... Mais si l'on ajuste mieux les niveaux, en baissant un peu le médium plus plat, la préférence en qualité peut s'inverser.
Et comme le cite Syber les "représentations mentales" à priori qu'introduit notre cerveau vient rendre encore plus difficile cette comparaison.

Lors de notre séance avant hier avec Ohl SB10 et Syber je pensais que peut être le léger creux vers 400 Hz (sans égalisation) était du à une coupure trop basse du médium ( FIR 390 Hz 40 dB par octave).... Des mesures plus rapprochées n'ont pas fait apparaître ce léger "trou" dans la fréquence de réponse. Donc ce creux d'environ 2-3dB/400 Hz (sans égalisation) est du à un autre facteur, peut être des réflexions du canapé ?

25-nc1-L-stereo-essentials.png


Ci joint une courbe de réponse non corrigée des enceintes Yamaha NS-1000x à 2,65 m position d'écoute, sans les 2 subs SVS (méthode de mesure MMM)
Ce creux vers 400 Hz y est bien visible.
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Igor Kirkwood
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Message » 27 Mai 2018 16:33

il faudrait rajouter les audiogrammes des auditeurs à celles des courbes ci dessus .
Nous pouvons toujours retarder l'obsolescence programmée de nos chers appareils pas celle de nos oreilles ... :oldy:
flash41
 
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Message » 27 Mai 2018 16:49

indien29 a écrit:[

C'est une différence VITALE, en HC si on peut optimiser 3 ou 4 sièges on est déjà content
En Hifi, on peut monter plus haut si monoauditeur (1 siège).

L'écoute au casque et sur enceintes est tellement différente.
Une prise de son contrôlée au casque qu'on juge optimum ne laisse en rien présager le résultat perçu sur des enceintes.
D'accord pour un résultat optimal si monoauditeur. La très bonne focalisation des sources fictives est dans cette config
Tout décalage latéral de la position d'écoute dégrade la perception
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Message » 28 Mai 2018 16:11

syber a écrit:De l'influence de nos représentations mentales sur notre perception de notre environnement :
Et lors des écoutes, je veux absolument que ma perception corresponde à cette représentation mentale. Quitte à inventer ou à tordre la réalité dans un sens qui m’arrange.

Cet exemple de perception illustre parfaitement mes interventions, souvent incomprises, concernant la neuro-psycho-physiologie des perceptions, particulièrement sonores.

Le sens du mot "SON" est très flou, le plus souvent il se confond avec "onde sonore". Ceux qui me connaissent bien savent que je porte une grande attention au sens des mots, à la sémantique. C'est indispensable pour se comprendre. Le Larousse nous dit : " Sensation auditive engendrée par une onde acoustique".
Effectivement un SON n'est pas un phénomène physique, c'est une perception consciente, individuelle, provoquée par la capture par les tympans d'ondes physiques, sonores. Elles sont ensuite transformées (phénomènes physio-électriques) par le système auditif en influx nerveux.

Ces supports physiques, ondes et influx nerveux, ont une caractéristique commune, ils transmettent une énergie modulée permettant le transfert d'informations codées (messages "immatériels"). L'influx nerveux porteur d'un signal physio-électrique codé peut être pris en charge par les centres nerveux cérébraux capables de le rendre compréhensible, c'est à dire conscient.

Des ondes sonores captées peuvent faire émerger deux types de sensations conscientes, compréhensibles, des sons et des émotions.
En fait, le message supporté par les phénomènes physiques et physiologiques porteurs subissent deux sortes de traitement par les neurones des structures cérébrale supportées :

- Le premier correspond aux réactions immédiates, intuitives, traitées au niveau de notre cerveau primitif, "reptilien", appelé système lymbique. Son rôle, notre protection immédiate et continue, indispensable à notre survie. En fait, ses mémoires "enregistrent" nos expériences à chaque instant de notre vie.

L'ensemble mémorisé constitue le vécu individuel, familial, social, culturel, une expérience globale de référence. Peut-être l'inconscient des analystes...
Toute nouvelle perception est confronté, sans que nous en ayons conscience, à notre expérience mémorisé. C'est domaine de l'intuition, de l'affect, domaines où la raison n'a pas forcément sa place, le délai de réaction serait trop long.

- Le second fait appel à différentes structures cérébrales supérieures qui croisent les données (par exemple sonores et visuelles, tactiles, olfactives...etc.) pour nous constituer une image virtuelle (je dis bien virtuelle) des phénomènes physiques qui nous environnent. Sans elles, nous serions incapables de les comprendre, d'y trouver notre place ! C'est le domaine des sons et des images.

Ces structures, pour une parfaite compréhension de notre environnement, doivent permettre" l'analyse de données complexes. Support fonctionnel de la raison et, donc de la conscience, elles assurent notre prise de conscience et leur communication, en tenant compte de l'expérience emmagasinée par le système limbique...

En fait, un message, par exemple musical, sera traité de deux manières, objective, reconnaissance en tant que son musical, et émotionnelle, faisant référence au vécu antérieur, à la culture et l'éducation. Cette approche est parfois difficile à appréhender, j'espère que ces quelques voies de compréhension sur vos perceptions, sonores ou autres, apportera un nouvel "éclairage".

Ce n'est pas un hasard, je conseille toujours, pour évaluer une restitution sonore électro-acoustique, d'utiliser de très cours échantillons sonores, pas forcément musicaux. J'exclus ainsi toute référence au "traitement" émotionnel dans l'évaluation de la restitution d'un échantillon d'ondes sonores (je ne parle pas, volontairement, de sons...).

Excusez mon délai d'intervention sur cette intéressante question.
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Message » 28 Mai 2018 16:26

flash41 a écrit:
indien29 a écrit:[

C'est une différence VITALE, en HC si on peut optimiser 3 ou 4 sièges on est déjà content
En Hifi, on peut monter plus haut si monoauditeur (1 siège).

L'écoute au casque et sur enceintes est tellement différente.
Une prise de son contrôlée au casque qu'on juge optimum ne laisse en rien présager le résultat perçu sur des enceintes.
D'accord pour un résultat optimal si monoauditeur. La très bonne focalisation des sources fictives est dans cette config
Tout décalage latéral de la position d'écoute dégrade la perception

Bien sûr les conditions acoustiques sont très différentes. C'est aussi le cas de l'écoute du même extrait, avec la même chaîne, dans des locaux différents.

L'écoute au casque est plutôt analytique sur la qualité de prise du son, en évitant de l'association des l'influences de deux acoustiques architecturales, des lieux de capture et d'écoute.

L'écoute en auditorium me semble plus synthétique, elle ajoute une "mise en scène", une idée de mise en place des objets sonores dans l'espace stéréophonique.
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Message » 28 Mai 2018 19:25

Bonjour Jacbru,

JACBRU a écrit:Ce n'est pas un hasard, je conseille toujours, pour évaluer une restitution sonore électro-acoustique, d'utiliser de très cours échantillons sonores, pas forcément musicaux. J'exclus ainsi toute référence au "traitement" émotionnel dans l'évaluation de la restitution d'un échantillon d'ondes sonores (je ne parle pas, volontairement, de sons...).


Pour ma part, je préfère ne pas fixer de contraintes. Selon ce que l'on souhaite écouter (un diamant de platine vinyle, l'emplacement d'une enceinte, un mixage multicanal etc) il faudra choisir un extrait (ou une oeuvre complète) adapté. En particulier si l'on souhaite avoir assez d'infos pour prendre une décision importante, comme un achat, ou bien le choix d'un format de piste audio pour diffuser nos propres vidéos musicales.
Plus on écoute des choses différentes, plus on a de chances de tomber sur des exemples intéressant pour ce qu'on souhaite écouter.

Et c'est à moi de me concentrer sur le son et laisser de côté l'émotion. On a une certaine latitude, qu'on peut entraîner au fur et à mesure que l'on acquiert de l'expérience en écoute critique, pour choisir de ne retenir que les données sur la qualité sonore et laisser de côté, autant que possible, l'émotion associée.
Je parle ici, de la distinction basique "le son" / "l'émotion" posée par Jacbru. Je suis bien d'accord qu'un son techniquement meilleur peut, en soi, déclencher aussi une émotion, indépendemment de l'émotion provoquée, par exemple, par les paroles d'une chanson, ou par un jeu exceptionnel au violon.

En somme, je ne suis pas trop d'accord pour poser des contraintes sur les tests audio qui nous intéressent en fonction de la notion d'émotion et de son. Je pense qu'il vaut mieux faire passer en priorité les contraintes sur ce que l'on a besoin d'entendre pour bien juger, que ce soit émotionnel ou pas. Tant pis si c'est du Lagaf' et tant mieux si c'est du Arvo Part, tant que cela nous permet de mieux avancer dans notre travail.
Pio2001
 
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Message » 28 Mai 2018 20:57

Pio2001 a écrit:Bonjour Jacbru,

JACBRU a écrit:Ce n'est pas un hasard, je conseille toujours, pour évaluer une restitution sonore électro-acoustique, d'utiliser de très cours échantillons sonores, pas forcément musicaux. J'exclus ainsi toute référence au "traitement" émotionnel dans l'évaluation de la restitution d'un échantillon d'ondes sonores (je ne parle pas, volontairement, de sons...).


Pour ma part, je préfère ne pas fixer de contraintes. Selon ce que l'on souhaite écouter (un diamant de platine vinyle, l'emplacement d'une enceinte, un mixage multicanal etc) il faudra choisir un extrait (ou une oeuvre complète) adapté. En particulier si l'on souhaite avoir assez d'infos pour prendre une décision importante, comme un achat, ou bien le choix d'un format de piste audio pour diffuser nos propres vidéos musicales.
Plus on écoute des choses différentes, plus on a de chances de tomber sur des exemples intéressant pour ce qu'on souhaite écouter.

Et c'est à moi de me concentrer sur le son et laisser de côté l'émotion. On a une certaine latitude, qu'on peut entraîner au fur et à mesure que l'on acquiert de l'expérience en écoute critique, pour choisir de ne retenir que les données sur la qualité sonore et laisser de côté, autant que possible, l'émotion associée.
Je parle ici, de la distinction basique "le son" / "l'émotion" posée par Jacbru. Je suis bien d'accord qu'un son techniquement meilleur peut, en soi, déclencher aussi une émotion, indépendemment de l'émotion provoquée, par exemple, par les paroles d'une chanson, ou par un jeu exceptionnel au violon.

En somme, je ne suis pas trop d'accord pour poser des contraintes sur les tests audio qui nous intéressent en fonction de la notion d'émotion et de son. Je pense qu'il vaut mieux faire passer en priorité les contraintes sur ce que l'on a besoin d'entendre pour bien juger, que ce soit émotionnel ou pas. Tant pis si c'est du Lagaf' et tant mieux si c'est du Arvo Part, tant que cela nous permet de mieux avancer dans notre travail.

Tout dépend de l'objectif de l'écoute :

- S'il s'agit de juger d'une interprétation ou de la qualité d'une prise de son, il faut tenir compte des émotions associées au son perçu ;

- S'il s'agit d'optimiser une chaîne de restitution dans le sens d'une neutralité naturelle, pas d'hésitation, il faut éviter l'interférence des émotions pour les évaluations subjectives.

Seule solution, préparer une série d'échantillons audio, très courts, standardisés, pour éviter l'incidence des émotions. Il vaut mieux aussi disposer de grilles d'évaluations que chaque auditeur est convié de compléter.

Dans mon expérience, non seulement il est possible de rendre le système de restitution crédible, respectueux du message sonore proposé, mais aussi de produire de superbes émotions, proches de l'écoute "live"....
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Message » 01 Juin 2018 11:02

Seule solution, préparer une série d'échantillons audio, très courts, standardisés, pour éviter l'incidence des émotions. Il vaut mieux aussi disposer de grilles d'évaluations que chaque auditeur est convié de compléter.

bonjour,

oui sur le papier ça semble bien, le problème c'est que le cerveau a une mémoire et doit avoir un conditionnement pour que les comparaisons AB soient efficaces et elles seront toujours subjectives, sinon il ne saura pas déterminer précisément les différences ni émettre un jugement qualitatif sur celles ci. La comparaison en audio est très difficile car elle ne peut pas comme pour des images, embrasser simultanément les deux échantillons, la mémoire est obligatoirement sollicitée.. or celle-ci nécessite un conditionnement plus ou moins long selon les individus, mais de plusieurs minutes si l'on souhaite être précis. Il faut donc pour une comparaison fiable, s'imprégner des extraits et switcher sur des plages longues, en laissant l'oreille reposer entre chaque. Enfin c'est mon point de vue. J'ai fait beaucoup de comparaison directe AB à l'aveugle, avec pour chaque fois l'impossibilité de determiner avec precision le A du B.. par contre par conditionnement les résultats sont beaucoup plus probants.

Nous sommes des êtres émotifs et en fin de compte, ce qui compte c'est l'interprétation émotive de ce que l'on reçoit. Souvent la lassitude d'un système vient d'avantage d'un choix fait sur une sélection trop rapide qui fait qu'une fois conditionné notre cerveau n'adhère pas à ce qu'il avait selectionné dans la rapidité en tentant d'être objectif, ce qu'il ne peut pas.

pour le reste si on veut un rendu parfaitement neutre, il reste la mesure, notre meilleur (seul) allié.. qui fait intervenir tous les paramètres du système, la pièce, les enceintes, la manière dont elles sont mises en oeuvre. Un enregistrement est toujours une distortion de la réalité, même si il est le plus beau possible, déjà parce que la stéréophonie n'existe pas dans la réalité... il ne peut en aucun cas servir de référence dans l'absolu.. Le concert c'est mieux, encore faut-il pouvoir le comparer dans un laps de temps court avec un enregistrement d'une pureté exemplaire.. non pour un rendu neutre, c'est à dire que le système reproduise le signal source sans altération (si cela est possible.. bien sûr non, on va dire qui reproduit avec un minimum de distortion), il ne reste que la mesure, que l'on peut valider en prenant le temps d'écouter le système sur une longue période.

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Message » 01 Juin 2018 19:09

cleriensis a écrit:
Seule solution, préparer une série d'échantillons audio, très courts, standardisés, pour éviter l'incidence des émotions. Il vaut mieux aussi disposer de grilles d'évaluations que chaque auditeur est convié de compléter.

bonjour,

oui sur le papier ça semble bien, le problème c'est que le cerveau a une mémoire et doit avoir un conditionnement pour que les comparaisons AB soient efficaces et elles seront toujours subjectives, sinon il ne saura pas déterminer précisément les différences ni émettre un jugement qualitatif sur celles ci. La comparaison en audio est très difficile car elle ne peut pas comme pour des images, embrasser simultanément les deux échantillons, la mémoire est obligatoirement sollicitée.. or celle-ci nécessite un conditionnement plus ou moins long selon les individus, mais de plusieurs minutes si l'on souhaite être précis. Il faut donc pour une comparaison fiable, s'imprégner des extraits et switcher sur des plages longues, en laissant l'oreille reposer entre chaque. Enfin c'est mon point de vue. J'ai fait beaucoup de comparaison directe AB à l'aveugle, avec pour chaque fois l'impossibilité de determiner avec precision le A du B.. par contre par conditionnement les résultats sont beaucoup plus probants.

Nous sommes des êtres émotifs et en fin de compte, ce qui compte c'est l'interprétation émotive de ce que l'on reçoit. Souvent la lassitude d'un système vient d'avantage d'un choix fait sur une sélection trop rapide qui fait qu'une fois conditionné notre cerveau n'adhère pas à ce qu'il avait selectionné dans la rapidité en tentant d'être objectif, ce qu'il ne peut pas.

pour le reste si on veut un rendu parfaitement neutre, il reste la mesure, notre meilleur (seul) allié.. qui fait intervenir tous les paramètres du système, la pièce, les enceintes, la manière dont elles sont mises en oeuvre. Un enregistrement est toujours une distortion de la réalité, même si il est le plus beau possible, déjà parce que la stéréophonie n'existe pas dans la réalité... il ne peut en aucun cas servir de référence dans l'absolu.. Le concert c'est mieux, encore faut-il pouvoir le comparer dans un laps de temps court avec un enregistrement d'une pureté exemplaire.. non pour un rendu neutre, c'est à dire que le système reproduise le signal source sans altération (si cela est possible.. bien sûr non, on va dire qui reproduit avec un minimum de distortion), il ne reste que la mesure, que l'on peut valider en prenant le temps d'écouter le système sur une longue période.

Je ne pense pas avoir été totalement compris. Les mesures de physique acoustique, dites architecturales, parfaitement illustrées par les travaux de Jean Luc Ohl/Igor Kirkwood, sont absolument indispensables pour optimiser l'adaptation de l'ensemble de la chaîne électro-acoustique au local auditorium. C'est un fait qui fait uniquement appel au microphone et aux logiciels de visualisation. L'erreur ne dépend que des limites du matériel et de la qualité de la capture.

Le problème est qu'un élément n'est pas pris en compte, l'auditeur qui prend conscience de deux perceptions :

- la première, correspond à une compréhension logique, raisonnable, du message, le "Son".

- La seconde fait appel aux souvenirs individuels, propres à chaque auditeur, à sa culture, l'imprégnation familiale, sociale "subies", à son vécu individuel. C'est plus le domaine de l'intuition, liée aux souvenirs mémorisés. C'est le domaine de la diversité, de la personnalité et du vécu émotionnel, personnel.

Les mesures ne sont jamais suffisantes pour relater des phénomènes vitaux, surtout physio-psychologiques.
Je le répète souvent, si les mesures physiques ne dépendent que de la qualité des capteurs et de leur manipulation. Pour la compréhension, elles font appel à l'arithmétique et à la géométrie, souvent à travers des modélisations complexes.

Par contre, pour les phénomènes vitaux, forcément très complexes, les différences inter-individuelles sont importantes. Les mesures individuelles imposent une nouvelle notion, la variabilité. Les mesures ne sont plus analysables individuellement, pour l'évaluation il faut faire appel à des populations d'individus et tenir compte de cette variabilité. Les mathématiques proposent des méthodologies d'évaluations développées à partir des notions de probabilités (prévisionnelles) et de statistiques (descriptives). Il n'est pas possible ici de décrire les méthodologies. Mais elles existent et sont fiables à partir du moment où les conditions des tests répondent à des critères précis de réalisation et de crédibilité (p, probabilité de réponse erronée à la question, est inférieure à 5%). Il se trouve que j'ai passé une grande partie de ma carrière professionnelle à organiser, suivre et analyser de tels tests.

J'ai tenté plusieurs fois de me faire comprendre à ce sujet, mais ce domaine est incompris de beaucoup d'audiophiles. Par contre, 55 années de passion pour le son et une bonne vingtaines de configurations originales réalisées sur cahier de charges, m'ont permis de sérieusement réfléchir sur la crédibilité des évaluations audio subjectives.

Mes conclusions, on diminue la variabilité, entre autres, par l'évacuation du contenu émotionnel des tests proposés aux auditeurs. Il faut constituer une série logique d'échantillons sonores, très courts, pas forcément tous instrumentaux, sans aucune référence artistiques. Chaque auditeur doit utiliser les mêmes items et échelles d'évaluation, cités dans le protocole et analysés selon les critères prévus. C'est compliqué, mais pas du tout impossible à organiser.

Mon expérience m'a démontré qu'un système finalisé avec un tel échantillonnage, sans faire appel aux perceptions émotionnelles, permet des restitutions, vocales et instrumentales, non seulement très satisfaisantes à l'écoute, mais aussi capables de susciter des émotions très intenses, proches de perceptions "live"... Ceci justifie cela.
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Message » 02 Juin 2018 9:45

JACBRU a écrit:
Mes conclusions, on diminue la variabilité, entre autres, par l'évacuation du contenu émotionnel des tests proposés aux auditeurs.


Bonjour,

Je ne sais pas si je trahi ta pensée, mais je constate que, pour moi, il m'est difficile de porter un jugement sur un réglage particulier si j'aime particulièrement ce que j'écoute, car la part émotionnelle prend le pas sur l'analyse purement "scientifique", et j'ai beaucoup de mal à m'en défaire. Ce qui fait que si je veux réellement comparer un rendu final, je préfère plutôt faire appel à des musiques qui me laissent plus ou moins indifférentes, ou mieux à des sons de la nature ou de la vie de tout les jours (bruits de la campagne, bord de mer, bruits de la rue etc … j'ai quelques enregistrements de ce type).


Par contre ta notion d'enchainer rapidement des extraits très courts, me laisse plus perplexe. J'ai également pratiqué ce type de tests à une époque en entrainant, pour moi, une hiérarchie de valeurs qui était par la suite invalidée par des écoutes plus approfondies. J'ai un peu le sentiment qu'avec des extraits courts il ne ressort que la superficialité des impressions (j'espère que je suis clair !) et que l'écoute plus longue et approfondie permet de mieux entrer, en profondeur, dans l'ensemble des phénomènes en jeu. C'est parfois au fil des écoutes que les choses se décantent, en faisant apparaitre des choses que l'on entendait pas lors d'une écoute rapide et qui reste,peut être, plus superficielle.

Jean
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Message » 02 Juin 2018 11:18

Par contre, pour les phénomènes vitaux, forcément très complexes, les différences inter-individuelles sont importantes. Les mesures individuelles imposent une nouvelle notion, la variabilité. Les mesures ne sont plus analysables individuellement, pour l'évaluation il faut faire appel à des populations d'individus et tenir compte de cette variabilité. Les mathématiques proposent des méthodologies d'évaluations développées à partir des notions de probabilités (prévisionnelles) et de statistiques (descriptives). Il n'est pas possible ici de décrire les méthodologies. Mais elles existent et sont fiables à partir du moment où les conditions des tests répondent à des critères précis de réalisation et de crédibilité (p, probabilité de réponse erronée à la question, est inférieure à 5%). Il se trouve que j'ai passé une grande partie de ma carrière professionnelle à organiser, suivre et analyser de tels tests.

J'ai tenté plusieurs fois de me faire comprendre à ce sujet, mais ce domaine est incompris de beaucoup d'audiophiles. Par contre, 55 années de passion pour le son et une bonne vingtaines de configurations originales réalisées sur cahier de charges, m'ont permis de sérieusement réfléchir sur la crédibilité des évaluations audio subjectives.

Mes conclusions, on diminue la variabilité, entre autres, par l'évacuation du contenu émotionnel des tests proposés aux auditeurs. Il faut constituer une série logique d'échantillons sonores, très courts, pas forcément tous instrumentaux, sans aucune référence artistiques. Chaque auditeur doit utiliser les mêmes items et échelles d'évaluation, cités dans le protocole et analysés selon les critères prévus. C'est compliqué, mais pas du tout impossible à organiser.

Mon expérience m'a démontré qu'un système finalisé avec un tel échantillonnage, sans faire appel aux perceptions émotionnelles, permet des restitutions, vocales et instrumentales, non seulement très satisfaisantes à l'écoute, mais aussi capables de susciter des émotions très intenses, proches de perceptions "live"... Ceci justifie cela.



Démarche très interessante, et j'avais bien compris ce que tu disais. Ce que je remets en cause c'est l'analyse objective concernant la perception audio, car comme tu le dis bien et j'adhère totalement, elle fait obligatoirement appel à la mémoire emprunt de notre individualité profonde, façonnée par notre culture nos référents.. etc.. il me semble impossible de s'en débarrasser, et les courts extraits, qui ne favoriseront pas le conditionnement, ne donneront que des résultats aléatoires si ils sont réalisés en aveugle. Quels sont les critères objectifs à analyser dans ta méthodologie qui permettraient de dissocier goût et analyse objective sur une perception sensorielle (purement subjective donc) ? L'analyse mathématique de données mesurées (dans la limite de sa précision propre) ne fait en aucun cas intervenir notre perception auditive et demeure le meilleur moyen objectif pour atteindre un but objectif.. la neutralité d'un système (si c'est le but choisi). Pour le reste, seul le vecteur sensoriel est valable, car après tout chacun peut avoir une vision différente de ce qu'il attend de son système de reproduction sonore, le plaisir final est seul juge, mais pour ne pas se tromper sur cette attente alors la comparaison par conditionnement me semble toute indiquée. Il va de soi que je me fais l'avocat du diable, car j'aime particulièrement les systèmes qui en font un minimum soit les plus neutres possibles et je suis très loin d'un approche audiophile, moi j'aime la musique, pas le son en tant que tel, et seul un système qui s'oublie me permet d'approcher la musique au plus près, déformation professionnelle sans doute. Mais en tous cas je suis très intéressé par ton approche, si par aventure tu organises un évènement du genre, j'en suis. Il n'y a que les idiots qui ne se remettent pas en question ;) !

Par contre ta notion d'enchainer rapidement des extraits très courts, me laisse plus perplexe. J'ai également pratiqué ce type de tests à une époque en entrainant, pour moi, une hiérarchie de valeurs qui était par la suite invalidée par des écoutes plus approfondies. J'ai un peu le sentiment qu'avec des extraits courts il ne ressort que la superficialité des impressions (j'espère que je suis clair !) et que l'écoute plus longue et approfondie permet de mieux entrer, en profondeur, dans l'ensemble des phénomènes en jeu. C'est parfois au fil des écoutes que les choses se décantent, en faisant apparaitre des choses que l'on entendait pas lors d'une écoute rapide et qui reste,peut être, plus superficielle.


C'est ce que ma propre expérience m'a toujours montré.. je suis en phase avec ça.. c'est ce que j'appelle le conditionnement.
En gros les courts extraits (à l'aveugle) permettent de bien différencier les choses, mais pas de poser un jugement fiable dessus.. enfin je crois.

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Message » 02 Juin 2018 11:48

syber a écrit:De l'influence de nos représentations mentales sur notre perception de notre environnement :

Expérience édifiante, ce vendredi chez Igor. Jean Luc souhaite nous faire tester deux égalisations différentes. Comme à l'accoutumée de nos séances précédentes.

Toutefois, il y a une différence dont je vais comprendre l'importance au fur et à mesure que la séance se déroule. Cette fois-ci, Jean Luc m'explique lors du trajet dans la voiture, l'hypothèse qu'il désire nous faire tester et il me détaille les différences théoriques et pratiques entre les deux égalisations. Une fois arrivé chez Igor, il reprend ses explications à destination d'Igor et de Didier.

La séance débute. Nous basculons entre les deux égalisations en tentant d'identifier les différences entre elles.

Je passe sur les détails et la conclusion de cette écoute car nous pourrons y revenir plus tard. Ce qui est intéressant de raconter à ce stade, c’est que je fini par m’apercevoir qu’un biais considérable et involontaire a été introduit en début d’expérience. Les explications sur le fonctionnement des deux égalisations ont créé dans mon esprit une représentation mentale du son que je devrais entendre pour chaque égalisation. Et lors des écoutes, je veux absolument que ma perception corresponde à cette représentation mentale. Quitte à inventer ou à tordre la réalité dans un sens qui m’arrange.

Cette expérience ressemble exactement à celle que nous racontent souvent les ingénieurs du son qui réalisent des mixes sur de la pop ou du rock et qui travaillent sur une tranche d’effet. Ils entendent dans leurs enceintes de contrôle le résultat de l’effet sur lequel ils travaillent puis soudain ils réalisent qu’ils n’ont pas activé la tranche d’effet. Ils l’activent et le résultat s’entend alors « réellement » dans les enceintes et les personnes qui sont dans le studio à ce moment disent « tu as fait quoi ? »

Comme tu as réalisé que ce tu voulais absolument entendre correspondait à tes attentes mais pas forcément à la réalité, les ingénieurs du son ont réalisé qu'ils n'ont pas activé la tranche d'effet. Cela montre bien que l'auto-suggestion est temporaire. Le temps (la répétition du geste auditif) fait son œuvre. Il objective l'écoute. Cela n'a rien d'extraordinaire, et se produit sans cesse dans la vie courante...
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Message » 02 Juin 2018 12:04

jyval a écrit:
JACBRU a écrit:
Mes conclusions, on diminue la variabilité, entre autres, par l'évacuation du contenu émotionnel des tests proposés aux auditeurs.


Bonjour,

Je ne sais pas si je trahi ta pensée, mais je constate que, pour moi, il m'est difficile de porter un jugement sur un réglage particulier si j'aime particulièrement ce que j'écoute, car la part émotionnelle prend le pas sur l'analyse purement "scientifique", et j'ai beaucoup de mal à m'en défaire. Ce qui fait que si je veux réellement comparer un rendu final, je préfère plutôt faire appel à des musiques qui me laissent plus ou moins indifférentes, ou mieux à des sons de la nature ou de la vie de tout les jours (bruits de la campagne, bord de mer, bruits de la rue etc … j'ai quelques enregistrements de ce type).
« L'analyse purement "scientifique" » ne peut s'effectuer qu'à partir d'un protocole scientifique strict. Et donc lors d'une écoute banale, tu fais quoique tu en penses avec les moyens du bord, l'émotion, l'auto-suggestion et tous les biais possibles et ceux que tu pourrais imaginés encore et encore...

Par contre ta notion d'enchainer rapidement des extraits très courts, me laisse plus perplexe. J'ai également pratiqué ce type de tests à une époque en entrainant, pour moi, une hiérarchie de valeurs qui était par la suite invalidée par des écoutes plus approfondies. J'ai un peu le sentiment qu'avec des extraits courts il ne ressort que la superficialité des impressions (j'espère que je suis clair !) et que l'écoute plus longue et approfondie permet de mieux entrer, en profondeur, dans l'ensemble des phénomènes en jeu. C'est parfois au fil des écoutes que les choses se décantent, en faisant apparaitre des choses que l'on entendait pas lors d'une écoute rapide et qui reste,peut être, plus superficielle.
C'est la répétition du geste auditif qui permet de mieux mémoriser ce que l'on entend, que ce geste soit effectué en toute conscience (écoute « longue et approfondie ») ou sans y prêter une attention particulière...
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