Bandes-son Dolby Atmos : HCFR a assisté à la conversion 24 i/s à 25i/s de Lucy

Comptes-Rendus, News — publié le 24 décembre 2014

C’est dans le cadre de l’invitation à l’inauguration du concept Laser Ultra dans la salle 14 du Kinepolis de Lomme, où une équipe HCFR s’est rendue (voir article – lien -), que nous avons eu le privilège de pouvoir (entre autres) échanger avec Francis P. de Dolby.

Hugo S.

 

 

Par Hugo S


Mise à jour du 06/03/2016, afin qu’il n’y ait aucune ambiguïté quant à la compréhension de certains éléments de cet article.

Ainsi au cours de la lecture, merci de bien vouloir garder à l’esprit les éléments suivants, communiqués par Didier L. qui a réalisé le mixage Atmos de Lucy :

  • Mail à Didier L.

Bonjour M Lxxxx,
Suite à l’article HCFR xxxx le mixage Dolby Atmos du titre Lucy que vous avez réalisé,
1- était-il ou est-il spécifiquement destiné au média Bluray ou équivalent et a donc vocation à être reproduit en contexte Home Cinema ou
2- ce mixage Dolby Atmos est-il générique, et peut donc être ainsi indifféremment reproduit tant en contexte Cinéma, que Home Cinema?
Merci pour cette précision et ainsi votre aide précieuse.
Bon WE et bien cordialement,
Hugo Sxxxx
HCFR – Administration Relations PROs

  • La réponse de Didier L.

Bonjour, Le mixage utilisé pour la fabrication du Blu Ray (Lucy, ndlr) est un mixage générique, aucun paramètre technique ou artistique n’a été modifié pour la fabrication du Blu Ray.
xxxx
J’espère avoir répondu à votre question.
Cordialement
“xxxx” Didier Lxxxx.


En effet avec, d’un côté un professionnel exerçant depuis les tous débuts, à savoir Août 2012, une activité Cinema dans le domaine du tout nouveau concept Atmos développé par la société Dolby, et de l’autre côté une équipe HCFR (Ludovic/djdactylo, Clément/SnipizZ et moi-même Hugo S) passionnée de belles reproductions tant Audio, que Video, le courant est rapidement passé. Puisque par-delà le back-ground de chacun, ou une expérience technique par définition différente, nous parlions tous le même langage : celui de la Passion.Et cet échange entre Passionnés aura été des plus intéressants.

Et c’est ainsi que Francis P. nous a invités à venir assister à Paris au mastering (à l’origine c’était le mot “remixage” qui avait été utilisé ici) de 24i/s en 25i/s de la bande son Atmos du film Lucy de Luc Besson. Un événement qui devait avoir lieu quelques jours après notre visite à Lomme et qui, dans le nouveau contexte de reproduction Audio que représente Atmos, tant au niveau Cinema, que Home-Cinema, représentait une opportunité d’expérience que HCFR pouvait difficilement ne pas saisir.

Alors Ludovic et Clément n’étant pas disponibles, c’est donc moi-même Hugo S, qui le Vendredi 12 Décembre ai eu le privilège et réel plaisir de me rendre dans les magnifiques locaux des Studios Creative Sound, rue Frémicourt à Paris.

Ce sont Francis P. de Dolby rencontré à Lomme, ainsi qu’ Alexis M. , Ingénieur du Son des Studio Creative Sound, qui m’y ont accueilli. Sachant qu’initialement devait aussi être présent, Didier L. l’Ingénieur du Son ayant réalisé la bande-son Atmos de Lucy. Malheureusement suite à un contretemps de dernière minute, celui-ci n’a finalement pas pu se joindre à nous.

Lucy

Alors avec les cafés d’usage et à l’image des divers échanges au Kinepolisde Lomme, il s’est rapidement avéré que chez Creative Sound à Paris, on était également dans un univers de vrais passionnés, qui ici, œuvrent dans la réalisation du BEAU son.

Ce qui nous a tout naturellement amené à rentrer dans le vif du sujet, à savoir le transfert – sous la responsabilité technique d’Alexis – de la bande son Atmos du film Lucy de 24i/s (standard Cinema) vers 25i/s (standard de diffusion VOD).

Car il est en effet possible qu’à terme, le film Lucy soit aussi disponible en VOD et en version Atmos… une excellente nouvelle, qui ne fait que démontrer toute la polyvalence du concept Dolby Atmos.

1- Le studio de travail

Nous nous sommes ensuite rendus dans un petit studio Atmos situé au 1er étage, spécifiquement aménagé pour pouvoir représenter un environnement Home Cinema Atmos 7.2.4 tel que le recommande Dolby.

Cette superbe salle @ 25m² possède un traitement acoustique des plus élaboré, permettant une écoute neutre, sans aucun effet salle perceptible à mes oreilles, et avec une isolation totale. Tant par rapport à l’extérieur (fenêtres à l’arrière), que le reste des installations Creative Sound, les autres studios, bureaux et locaux, qui se trouvent à proximité.

Dans le contexte de ce studio, l’image est diffusée sur un moniteur Samsung MD65C.

Quant à la configuration 7.2.4 audio, elle est constitué de :

  • 5 moniteurs actifs Focal Pro Solo 6BE (série SM6) en L/C/R + BL/BR (Lsr/Rsr),
  • 2 moniteurs actifs Focal Pro CMS 50 (série CMS) en SL/SR (Lss/Rss)+ 2 CMS 40 en (Top Front) TFL/TFR (Ltf/Rtf) + 2 CMS 40 (Top Rear) TRR/TRL (Ltr/Rtr),
  • 2 subs Focal Pro SUB 6 (série SM6) (et merci à Alexis pour la confirmation).
La partie AV avec les LCR et remarquer au plafond (incurvé) les TFL/TFR (à l’avant des 2 spots blancs) avec sur la console 3 écrans, dont le dernier à droite est le moniteur Atmos (voir plus bas)

La partie AV avec les LCR et remarquer au plafond (incurvé) les TFL/TFR (à l’avant des 2 spots blancs) avec sur la console 3 écrans, dont le dernier à droite est le moniteur Atmos (voir plus bas)

La partie ARR gauche avec une des fenêtres, les SL/BL à hauteur d’oreilles et TRL (Top rear L) au plafond légèrement en arrière de la position d’écoute (et sorry pour le flou iPhone…)

La partie ARR gauche avec une des fenêtres, les SL/BL à hauteur d’oreilles et TRL (Top rear L) au plafond légèrement en arrière de la position d’écoute (et sorry pour le flou iPhone…)

Le sub gauche symétrique du droit par rapport à l’axe du pied central

Le sub gauche symétrique du droit par rapport à l’axe du pied central

A gauche le moniteur (central )qui affiche la barre de temps et le contenu individuel spécifique (plus ou moins zoomé) de chaque piste/canal/objet sonore

A gauche le moniteur (central )qui affiche la barre de temps et le contenu individuel spécifique (plus ou moins zoomé) de chaque piste/canal/objet sonore

Une image reconstituée du moniteur Atmos (le dernier à droite sur la 1ère image). En haut à gauche, on voit les 118 objets/pistes possibles pouvant être gérés. En haut à droite les 9 canaux « Beds ». En bas à gauche la configuration canaux = enceintes dans notre cas 7.1(2).4. En bas à droite l’emplacement 3D des objets

Une image reconstituée du moniteur Atmos (le dernier à droite sur la 1ère image). En haut à gauche, on voit les 118 objets/pistes possibles pouvant être gérés. En haut à droite les 9 canaux « Beds ». En bas à gauche la configuration canaux = enceintes dans notre cas 7.1(2).4. En bas à droite l’emplacement 3D des objets

Et un exemple d’affichage en temps réel : les pistes / objets utilisés, le niveau individuel de chaque canal Bed, la répartition de chaque objet dans l’espace

Et un exemple d’affichage en temps réel : les pistes / objets utilisés, le niveau individuel de chaque canal Bed, la répartition de chaque objet dans l’espace

Voilà, le décor est ainsi planté afin que nous puissions découvrir tous ces ingrédients spécifiques qui composent la superbe bande-son Atmos du tout récent film Lucy de Luc Besson.

2- La bande son Atmos de Lucy

Alors pour ce qui me concerne, j’avais eu l’occasion de voir le film Lucy en VO Atmos, lors de sa sortie.

Maintenant et toute transparence, nous allons très rarement au cinéma. Notre installation Home Cinema (11.2 jusqu’à peu et 9.2.4 Atmos/DTS Neo X 11 aujourd’hui) nous rendant des plus exigeants, non seulement quant au fond d’un film, mais également quant à sa forme (de reproduction).

D’où le fait que lorsque – de notre point de vue -, un film en vaut la peine, depuis son ouverture – et parce que c’est près de chez nous – nous allons au complexe cinéma d’Aéroville (95 Roissy – Charles de Gaulle), qui possède une belle salle (8) Atmos… où nous avons assité à la projection du film Lucy en Atmos VO.

Un film dont le fond m’a particulièrement intéressé. Car arriver à pouvoir faire découvrir la complexe notion des « univers-bulles » dans le contexte « multivers », issu de la mécanique quantique, n’est pas forcément des plus « simple » à faire. Or c’est superbement bien fait dans Lucy… et/mais chacun son truc…

Toutefois et pour revenir sur Terre… je n’ai pas pris la peine d’acquérir ce titre lors de sa sortie en Bluray. Tout simplement parce que l’encodage audio y a été restreint à du 5.1 DTS-HD, alors même que nous possédons désormais à la maison une installation 7.2.4 pilotée par un Marantz AV7702 Atmos et ceci d’autant plus que la version Atmos de ce film Lucy, vu à Aéroville, y « sonnait » très bien.

Ainsi lorsqu’au cours de la présentation à la presse du concept Laser Ultra du Kinepolis de Lomme, Francis P. de Dolby, a proposé à l’équipe HCFR sur place, de venir assister à une reproduction Atmos de Lucy lors d’un remixage 24i/s -> 25i/s en studio… pour moi il n’y avait aucun doute possible, il fallait y être présent.

Et tout ce qui fait que lorsque les premières images de Lucy sont apparues sur le moniteur Samsung du studio Creative Sound à Paris, où nous étions, je connaissais la suite… de l’histoire du film… mais pas vraiment tout l’intérêt que cette expérience allait pouvoir avoir.

En effet, le mixage et reproduction Atmos existent depuis Août 2012. Toutefois pouvoir vraiment apprécier un mixage Atmos de qualité, c’est-à-dire ayant une crédibilité subjective supérieure à ce qui se faisait précédemment en 5.1/7.1, tel que le présente Dolby, ce n’est pas forcément donné à chaque titre estampillé Atmos. Que ceci soit en reproduction Cinéma… ou/et encore moins en Home Cinéma, où seulement 2 ou 3 titres existent à ce jour. Et pour moi, leur mixage Atmos, n’est pas vraiment à la hauteur… de ce que personnellement j’en attend(ai)s.

Tout ce qui change dans ce que j’ai pu découvrir chez Creative Sound à Paris, lors du remixage Atmos de Lucy auquel j’ai assisté. Où la bande-son Atmos était reproduite sur un système 7.2.4, donc directement à l’image de ce qu’il est possible d’avoir chez soi aujourd’hui, dans notre contexte Home Cinema.

Alors ce changement de perception de qualité est-il dû au fait que durant tout le process il m’a été possible de visualiser les divers effets Atmos à l’image de ce que l’on peut découvrir dans cette petite vidéo exclusive à HCFR :

Une vidéo réalisée sur place par moi-même (et merci Clément pour l’adaptation), avec une séquence que j’ai choisie pour son côté démonstratif – regardez toute cette activité des objets et les niveaux des 9 canaux « beds »… – , ceci afin de montrer tous les effets sonores qu’il est possible de créer afin de soutenir et compléter l’image vue à l’écran.

Et c’est dans ces notions de possibilité et soutenir et compléter, que – de mon point de vue de néophyte -, se situe toute la différence qui va rendre un mixage crédible ou pas. Ceci d’autant plus dans le contexte Atmos, qui par ses capacités complémentaires d’audio 3D, permet d’encore mieux “simuler” le réel.

Maintenant même s’il est possible de créer des effets sonores dans tous les sens, le faire en dehors de tout contexte attendu ou exigé à l’image, voire abuser des effets juste pour le fun… peut produire au final un résultat qui est juste à l’inverse de ce que le cerveau cherche à faire. A savoir pouvoir parfaitement synchroniser sa « reconstruction » de l’ensemble élaboré à partir de ses récepteurs visuels et sonores, que sont les yeux et les oreilles… voire un feed-back via l’interprétation « tactile ».

Or dans ce contexte, le mixage Atmos de Lucy est superbe.

Car il alterne de façon particulièrement subtile des périodes d’exubérances sonores qui côtoient des moments d’un calme profond. Une rare harmonie entre une image et des sons qui non seulement se complètent, mais fusionnent dans un seul et unique ensemble… lequel détermine toute cette crédibilité subjective que j’évoquais précédemment.

Alors ceci est-il dû au hasard, à une inspiration ponctuelle ou bien est-ce l’expression d’un talent ? A cette question chacun – et surtout chaque professionnel du domaine -, donnera sa propre réponse…

Toutefois et en tant que « brouillon » de proposition de réponse, permettez-moi d’indiquer que le processus de remixage 24i/s -> 25i/s de Lucy a été effectué en 2 temps. Il a d’abord été procédé au remixage Atmos VO (Anglaise) de Lucy, puis immédiatement ensuite, a été effectuée le remixage Atmos de la VF…

Eh oui… il existe bien une VF Atmos du film Lucy, tant 24i/s que 25i/s.

Ainsi Lucy sera-t-il le tout premier titre de film à disposer d’une (excellente) version Française mixée et pouvant être nativement reproduite en Atmos VF… et ceci en complément à l’excellente VO Atmos? L’avenir nous le dira…

Toujours est-il que la possibilité de pouvoir comparer les 2 versions Atmos VO et VF aura été des plus intéressants de mon point de vue… En effet le doublage en Français a été effectué avec des acteurs qui tous, parlent tout près du micro. Ceci par opposition aux acteurs de la VO, dont la voix est captée in situ et avec un micro positionné plus loin. Du coup la perception de la perspective des voix n’est pas la même entre la VO et la VF. Alors et pour être parfaitement clair, ceci n’est pas forcément évident à percevoir, mais c’est effectivement présent (pour moi).

Or – et à nouveau de mon point de vue -, c’est à ce niveau que se situe tout le talent de savoir-faire dont je parlais tout à l’heure. Car si le différentiel de perspective des voix est (pour moi) perceptible par comparaison entre les 2 versions, ceci fait que chaque version possède (toujours pour moi), sa propre esthétique et personnalité sonore.

Toutefois dans les 2 cas Atmos VO et VF, le ressenti subjectif global demeure constant, et de vraiment haut niveau.

Maintenant comment arrive-t-on à rendre homogène 2 approches sonores (prises de son) différentes ? Est-ce là l’expression d’un talent ou savoir-faire, tel qu’évoqué plus haut ? Ou est-ce une forme différente d’expression d’un sound-design d’une nouvelle génération que permet ou va permettre le mixage dans un contexte Atmos ? Est-ce pour cette raison que certains titres mixés en Atmos et reproduits en “simples” 5.1/7.1 semblent “mieux sonner”, tout du moins à certaines oreilles, dont les miennes? En toute objectivité, je ne sais pas.

Mais toujours est-il qu’on ne peut dire que : BRAVO à celui ou tous ceux qui ont mixé ces 2 versions VO et VF Atmos de Lucy, car toutes les 2 sont vraiment magnifiques.

Sachant qu’à mon très humble avis, le film Lucy possède ainsi la réelle capacité de devenir cette référence de test qu’a longtemps été – et parfois est encore -, ce superbe, pour ne pas dire cultissime film que nous connaissons tous : Le 5ème Element.

3- Comparaison personnelle de mixages et contextes de reproduction Atmos

Pour ce qui me concerne, j’ai eu le privilège de pouvoir assister à Paris en 2004 (pfff 10 ans déjà…) à une démo du mythique système 10.2 de Tom Holman (le Papa de THX). Ce qui aura directement généré 5 ans plus tard le passage de la configuration de notre installation à la maison de 7.2 à 11.2 . Une installation pilotée à cette époque par le tout nouveau processing Audyssey DSX (+ DPL IIx pour les BS) .

Alors c’est tout cet intérêt pour une reproduction supérieure aux 5.1 ou 7.1 standard, qui aura fait qu’au cours de cette année 2014 j’ai fait en sorte de me libérer afin de pouvoir assister à plusieurs mises en œuvre Atmos dans des contextes vraiment très différents :

  • cet Eté à Paris, une présentation en avant-première de l’approche Onkyo Atmos avec une pré-version du nouveau processeur Onkyo PR SC5530 Atmos pilotant les modules/enceintes up-firing Atmos (voir ici le compte-rendu HCFR – lien -),
  • un peu plus tard cet Eté, une démo privée Onkyo chez Dolby à Soho, Londres, avec démo tant dans la salle de Cinema @ 100aine de place, qu’une démo 5530 dans le contexte HC recréé sur place par Dolby avec enceintes au plafond et des enceintes up-firing KEF (voir ici le compte-rendu HCFR  -lien -),
  • récemment, le test HCFR sur 2 jours du processeur de série Onkyo PR SC5530 (voir ici l’article HCFR – lien -),
  • ce qui nous a conduit il y a un peu plus d’1 mois maintenant, à l’acquisition d’un processeur Marantz AV7702 Atmos et passage de notre installation 11.2 en 15.2 pour la rendre parfaitement compatible tant avec du 7.2.4 Atmos, que du 9.2.2 DTS Neo X 11, voire à terme et si nécessaire, du 5.2.4 Auro 3D,
  • il y a 2 semaines la présentation à la presse du concept Laser Ultra au Kinepolis de Lomme, qui incorpore une réalisation référentielle (à mes oreilles) de salle Atmos (voir ici l’article HCFR – lien- ),
  • et il y a quelques jours au remixage 24i/s -> 25i/s de Lucy dont vous êtes en train de lire le Compte-Rendu,

Tout ce qui représente des contextes de mise en œuvre Atmos qui sont très, TRES différents. Mais aussi des contextes différenciés qui permettent de tirer quelques enseignements, tout du moins pour ce qui me concerne.

3.1- Contexte Cinema

Alors et tout d’abord, il n’y a pas seulement UN contexte Cinéma, mais il peut en exister plusieurs. En effet l’impression subjective Atmos ressentie à Soho, Londres chez Dolby, n’est pas exactement la même que celle de la salle 14 du Kinepolis de Lomme.

Bien sûr les extraits ou films visionnés, donc des bandes sons ne sont les mêmes, voire identiques. Toujours est-il que pour moi, il s’avère que la taille d’une salle de Cinéma joue une rôle dans l’immersion ressentie. Cette perception serait-elle « simplement » due à un nombre plus important d’enceintes et canaux potentiellement disponibles dans une grande salle ? Ce qui du coup augmente l’effet de discrimination de l’origine d’un son objet Atmos ? Et crée ainsi une meilleure précision de perception ? C’est objectivement difficile à dire.

Mais du point de vue de la reproduction Atmos, la salle 14 du Kinepolis de Lomme est vraiment superbe et référentielle… bien que pour notre propre usage Cinéma en Région Parisienne, la salle 8 du complexe cinéma d’Aéroville réponde à notre demande.

3.2- Contexte Home-Cinéma

Tous les processeurs Home Cinema Atmos ne sont pas forcément nés égaux. Bien sûr la notion d’inégalité entre processeurs HC est connue depuis un petit moment déjà. Toutefois et dans le contexte Atmos, ceci est probablement un peu plus subtil et de mon point de vue, moins marqué dans cette actuelle génération de processeurs Atmos.

Ceci bien évidemment en dehors de tout contexte de calibration acoustique spécifique du type Audyssey ou AccuEQ, que j’ai eu la possibilité d’expérimenter et qui, dans certains cas, vont être totalement déterminants dans la perception du résultat final.

Ainsi et par exemple, l’Atmos/DSU d’un processeur comme le Onkyo PR SC5530 va pouvoir parfaitement s’exprimer dans un environnement acoustiquement bien traité (voir test HCFR). Ceci alors qu’à la maison, notre environnement faiblement traité, impose l’utilisation du Audyssey MultEQ XT32 (Pro) du Marantz AV7702 que nous possèdons.

D’où des comparaisons Audyssey/AccuEQ – effectuées dans des contextes non strictement homogènes -, qui par définition, ne peuvent pas vraiment avoir de sens… ou correspondre à une unique valeur absolue d’utilisation.

De la même façon la configuration enceintes d’une installation Atmos est directement fonction de l’environnement dans lequel elle se trouve. Ainsi dans le contexte Atmos et dans mon expérience, il n’y a pas de recettes de cuisine toutes faites ou miraculeuses, avec telle configuration TF/TR qui serait « largement » meilleure que telle autre config HF/TR ou HF/TM.

Il fau(drai)t donc voir ce qui chez soi, procure le meilleur résultat… compatible WAF…

Et des yeux WAF pour qui les modules up-firing Atmos offrent la particularité de pouvoir être « furtifs ». Ces modules peuvent ainsi – dans les cas adéquats pour leur utilisation -, offrir in-fine des solutions des plus impressionnantes quant à une reproduction Atmos… pouvant être pleinement perçue par les auditeurs, y compris WAF, mais ceci sans qu’aucune contrainte visuellement “trop intrusive” ne vienne gâcher cette expérience Atmos… singulièrement à des yeux WAF.

Sachant qu’en fonction de la notion de taille de salle évoquée plus haut et qui joue un rôle dans l’immersion subjective perçue au Cinéma, je pensais au départ qu’il serait impossible d’obtenir quelque chose de suffisamment similaire en Home Cinema. Or ceci n’est pas le cas.

En effet si dans une salle de cinéma, la taille dicte le nombre d’enceintes et/ou canaux différenciés ceci en fonction de la distance enceinte(s) / oreilles des spectateurs, ce qui va directement générer une discrimination spatiale plus ou moins précise. Maintenant dans le contexte HC, la distance enceintes/canaux et oreilles est largement plus faible dans le plan vertical, il est de ce fait possible de créer entre 2 points émissifs, des pannings sonores qui peuvent être cohérents… ceci à l’image de ce qui se passe en écoute Stéréo (enceintes L/R) et dans le plan horizontal.

Toutefois et aussi à l’image de ce qui se passe en Home Cinema où la partie avant est composée de 3 canaux/enceintes L/C/R, ceci afin de refocaliser le dialogue au centre, pour d’éventuels spectateurs qui seraient positionnés hors axe dans le plan horizontal, il me semble donc logique qu’au niveau vertical (couche Top/Height) il y ait la même chose.

Ainsi et pour moi, dans le contexte Top/Height, la configuration optimale Atmos type devrait évoluer vers le x.x.6 au lieu du x.x.4 actuel que nous connaissons. Le x.x.4 pouvant effectivement être théoriquement adéquat, mais je pense que le x.x.6 pourrait s’avérer bien meilleur en termes discrimination précise dans la hauteur.

De même que pour tout un chacun qui a pris la peine de vraiment expérimenter l’effet complémentaire bénéfique que procurent des enceintes Wides dans une installation 5.1 ou 7.1, la limitation Atmos actuelle à du 7.x.4 est une réelle frustration.

D’où pour moi, une configuration Atmos idéale qui devrait pouvoir se décliner en 9.x.6… au minimum…

3.3- Contexte mixage Atmos

Tous les mixages Atmos ne sont pas forcément nés égaux. A ce sujet il suffit de faire l’expérience de Gravity en Atmos et de la comparer à n’importe quel autre titre Atmos, pour comprendre que l’esthétique sonore que permet Atmos introduit une nouvelle façon de mixer les bandes-son.

Alors comme toute forme d’Art – puisque pour moi le mixage du/des sons est un Art en soi -, il y a des exécutions de mixages dont l’esthétique peut plus ou moins plaire. Ainsi et dans le contexte Atmos, on peut ainsi atteindre une forme d’hyper réalisme comme dans Gravity, voire Expendables 3.

Mais à côté peut aussi exister un mixage qui va coller et magnifier l’image – et qui au contraire de l’hyper-réalisme mentionné ci-dessus -, va créer cette crédibilité accrue dans la perception subjective, tel qu’évoqué plus haut dans le(s) contexte(s) Atmos VO et VF du film Lucy. Un mixage Atmos de Lucy qui présente un côté “naturel”, à l’image du réel, et qui crédibilise d’autant plus ce qui est perçu.

Bien sûr tout ceci n’est que ma propre perception et compréhension de profane, passionné de la Belle reproduction Audio et Video.

Mais une parfaite harmonie entre Image et Son, n’est-ce pas ce que nous recherchons tous, dans le contexte de cette Passion du Home Cinema qui nous anime sur HCFR ?

4- Conclusion

Vous l’aurez remarqué, pour moi l’expérience de remixage Atmos VO et VF 24i/s -> 25i/s du dernier film Lucy de Luc Besson, aura créé ce terreau favorable à la germination d’une synthèse de plusieurs expériences Atmos auxquelles j’ai eu récemment l’occasion de participer.

Un ensemble qui aura fait qu’à la maison notre précédente installation 11.2 processée en DTS Neo X 11 par un Marantz AV8801 est désormais pilotée par un Marantz AV7702 en 7.2.4 (FH/RH) Atmos/Dolby Surround et DTS Neo X 11 Music 9.2.2, avec à chaque fois une calibration Audyssey MultEQ XT32 Pro (désormais en version Pro 4.0).

Et dans ce contexte le résultat audio qu’il est aujourd’hui possible d’obtenir dans une configuration Home Cinema est vraiment de très haut niveau. Avec une immersion qui induit la perception d’une réalité (re-)créée, avec d’autant plus de crédibilité… ceci alors même qu’il reste toujours des pistes pour de futures configurations Atmos encore meilleures…

… et avec un futur où le film Lucy – dans ses déclinaisons Atmos VO et/ou VF -, sera plus que bienvenu pour venir compléter de façon réellement emblématique, une offre Bluray Atmos aujourd’hui des plus réduite.

Alors maintenant il me reste à remercier Mme Anaïs L. de Dolby, de même que Francis P. également de Dolby, ainsi qu’Alexis M. de Creative Sound, pour leur coopération, disponibilité et chaleureux accueil.

Tout un ensemble qui aura permis cet écrit et la création de la vidéo HCFR qui y est contenue.

MERCI.… et comme nous sommes à la veille de Noël, permettez-moi de vous souhaiter de Joyeuses Fêtes de fin d’Année et que la Nouvelle Année 2015 puisse vous apporter beaucoup de Belles et Bonnes choses… d’autant plus en Atmos… et/ou également en DTS:X…

Hugo S