Test HCFR des Erdre Audio H202, écouteurs intra-auriculaires

Test HCFR des Erdre Audio H202, écouteurs intra-auriculaires

Compte-rendu de test HCFR par André_ajr :

Ce nouveau modèle ne ressemble en rien aux précédents Erdre Audio D201G que nous avions eu à tester en fin d’année dernière (pour voir ce test HCFR – cliquer ici -),  puisque nous avons immédiatement l’assurance d’être en présence d’IEM plus haut de gamme et beaucoup plus techniques lorsqu’on les retire de leur emballage.

Deux points laissent augurer de bonnes écoutes, puisque Erdre Audio a manifestement eu le souci du détail lorsque les H202 ont été conçus.

La première agréable surprise est provoquée dès l’ouverture de l’étui, par les deux embouts en mousse de couleurs différentes (bleu et rouge) qui ont le grand avantage de permettre de différencier instantanément les écouteurs de droite et de gauche. Avec d’autres embouts, leur identification sera possible à partir de la mention hifi qui se trouve sur une des deux prises MMCX.

Tout aussi agréable, la deuxième très belle surprise vient ensuite des embouts L en silicone qui se positionnent très facilement et qui assurent immédiatement une très bonne étanchéité, sans dénaturer et appauvrir le son comme peuvent le faire certains tips de moins bonne qualité dont le conduit par lequel transite le son est souvent plus étroit que ceux de série de ces superbes Erdre-Audio H202.

Autre détail important, puisqu’il permet d’assurer une très bonne protection à ces IEM: Les Erdre-Audio H202B sont livrés avec un petit coffret noir rectangulaire en plastique dur dans lequel ils seront parfaitement à l’abri des scénarios catastrophiques qu’il est préférable de ne pas imaginer.

L’exemplaire reçu étant rodé, j’ai pu commencer les écoutes sans passer par cette étape très utile, bien que controversée, lorsque nous sommes en présence d’un ou de plusieurs transducteurs électrodynamiques.

Écoutes :

La première écoute ne me surprend pas tellement puisque la signature sonore semble répondre au même esprit qui avait présidé au choix de celle des D201G testés fin 2017. Cependant, avec des différences très audibles au niveau de l’équilibre général et de l’extension de la reproduction de la gamme des fréquences, car les H202B se démarquent en allant plus loin dans celles situées tout en haut.

D’ailleurs, comme j’avais demandé de conserver les D201G pour pouvoir les comparer aux H202, les différences ont été très simples à percevoir en passant très rapidement de l’un à l’autre. Les D201G que je considère comme faisant partie des tout meilleurs écouteurs que j’ai pu entendre dans leur gamme de prix, offrent un son plus rond et chaud que celui des H202, qui apportent plus de luminosité à la musique, la détaille beaucoup plus nettement et en montrent au final bien davantage.

Néanmoins, comme il m’en vient la pensée, ne pourrait-on pas estimer que les D201G et les H202 pourraient parfaitement se compléter si l’on privilégie quelques fois une écoute plus relax et confortable et de nature plus audiophile, analytique, de type monitoring, lors d’autres sessions musicales ?

Pourquoi cette idée ? Parce que les transducteurs à armature équilibrée ont la réputation d’être plus précis, vifs, dynamiques que leurs homologues électrodynamiques dans le haut du spectre sonore, mais, que cela peut engendrer des effets sibilants, désagréables, avec certains instruments ou sur des enregistrements qui ne sont pas de haute qualité technique.

Quant à la réponse en fréquence des H202, elle est équilibrée et le choix des drivers (très probablement pas les moins chers en raison du souci du détail constaté) semble avoir été judicieux pour permettre d’atteindre la cible sonore qu’avait dû se fixer leur concepteur.

Ainsi, j’ai réutilisé l’ensemble des extraits musicaux de musique classique, de jazz, de blues, rock, variétés et autres musiques du monde dont je me sers habituellement lorsque j’ai un casque ou des IEM à tester. C’est au cours de deux de mes balades quotidiennes et en passant au mode des écoutes “plaisir” que les fichiers Flac 16bit/44.1khz de deux CD ont permis aux Erdre Audio H202 de me convaincre définitivement, puisque je les ai entendus en entier, ce qui est généralement un très bon signe. Aussi, les voici: Gerry Mulligan quartet – dragon fly – (Telarc 20bit) et Ethics de Michel Bénita, Mieko Miyazaki etc.

Les instruments sont bien étagés dans l’espace d’une scène sonore de belle largeur. Bien que profond pour des IEM, le grave est net et ce soutien ne vient jamais entamer un médium qui pourra, néanmoins, parfois paraître très légèrement récessif par rapport aux deux extrémités de la RF. Bien que la reproduction des voix prouve très souvent le contraire.

J’ai écouté une nouvelle fois les H202 avec les extraits musicaux qui me servent régulièrement pour les tests et que j’ai particulièrement bien ” en oreille” en ce moment, puisque les tests de casques se sont enchaînés durant ces dernières semaines.

Ils ont conforté ce que j’avais déjà noté, c’est-à-dire que ces écouteurs Erdre-Audio offrent de belles performances et qu’ils ne décevront pas ceux qui font l’effort de monter en gamme pour leurs permettre d’écouter leur musique dans de meilleures conditions.

Leur aspect esthétique n’a jamais soulevé la moindre critique et les ados les trouvent super beaux.

Cependant, en prévenant que tout cela ne surviendra que si les embouts sont mal mis ou si ceux qui ont été choisis ne permettent pas d’assurer une très bonne étanchéité. La signature sonore des H202 pourrait ne pas plaire à ceux dont le système auditif est sensible aux hautes fréquences puisque ces Erdre Audio produisent un aigu bien présent. Ils pourraient également ne pas totalement satisfaire les amateurs de violon, puisque ceux que nous entendrions, qu’ils jouent du classique (concerto pour violon de J-S Bach par G.Carmignola/Thaïs de Massenet par Renaud Capuçon) ou du jazz (Stéphane Grappelli), seraient  monochromes. Si les piccolos du concerto de Vivaldi (La Folia/Caliopé) sont plus petits que de coutume ou paraissent en plastique, on n’en incriminera cependant pas les H202 puisqu’il arrive d’entendre la même chose avec certains IEM universels plus chers placés dans les mêmes mauvaises conditions d’utilisation. Néanmoins, il faut savoir que ce choix de l’équilibre et de la clarté conduira quelques fois à ce que les voix  paraissent moins charnues que ce qui aurait été espéré; en voyant la courbe de réponse des H202 visible sur le site Erdre-Audio.

En revanche, sans avoir à débourser des sommes souvent perçues comme assez folles par un grand nombre de ceux qui écoutent de la musique lors de leurs déplacements ou chez eux, ces Erdre Audio H202 seront pour ceux qui aiment la transparence, entendre un maximum de détails et avoir cette sensation de proximité avec les instruments et les interprètes.

Après, il me fallut rechercher lesquels permettent d’obtenir les meilleures performances parmi les tips de série et ceux que j’ai en réserve. A savoir, les embouts L en silicone noir pour ceux arrivés avec les H202 et les Comply Listen longer de mon stock. J’ai lancé une avant-dernière séance d’écoute à l’aide de quelques disques de test et d’une petite chaîne Hifi Rega (Mira2/CD Planet) avec amplificateur de casque Creek. Il en ressort que le nombre de nuances et de détails offerts par les H202 est assez incroyable, puisque l’on aurait pu quelquefois carrément ne plus parler de proximité, mais bien d’intimité.

Pourtant, si j’ai écouté quelques pistes d’un CD Buddah Bar (le III) qui traînait par là qui n’ont pas manqué de confirmer qu’il ne doit pas y avoir beaucoup de détails qui échappent à ces H202, le reste des extraits de musique n’étaient probablement pas ceux auxquels doivent être véritablement destinés ces nouveaux écouteurs de chez Erdre Audio, puisqu’il s’agissait tout simplement de ceux qui se trouvent sur un ancien CD Diapason (15 prises de son de rêve pour tester votre chaîne) et du superbe enregistrement de la guitare Arckaïtz Chambonnet réalisé pour le label Ad Vitam par Julien Reynaud, plus connu sous le pseudo HCFR cleriensis, pour lequel il convient de féliciter chaleureusement l’artiste et l’auteur de la prise de son.

Sur le CD Diapason, se trouvent des extraits tels Jacaras (Santa Cruz/Astrée-Auvidis), qui permettent d’entendre des castagnettes (entre autres) et un orgue avec Tiento IX (Cabezón/Georges Lartigau/Virgin). Puis, La Flûte enchantée de Mozart (John Eliot Gardiner/The English baroque soloists/Archiv) et un extrait des Contes d’Hoffmann d’Offenbach, avec de très belles voix bien espacées les unes des autres, la sonate pour piano n°30 de Beethoven (Alfred Brendel/Philips) qui offre un clavier équilibré même si la main gauche pourra paraître un peu discrète, une pièce romantique de Dvorak avec violons (Gil & Orli Shaham/DG) confirmant ce que j’avais déjà dit à propos du violon si l’on ne fait pas l’effort de positionner correctement les embouts, le Lieder eines fahrenden Gesellen de G.Mahler (Anne Sofie von Otter & John Eliot Gardiner/DG) pour voix et orchestre, enfin, le 4ème mouvement de la symphonie n°5 d’Anton Bruckner (orchestre philharmonique de Berlin/Günter Wand/RCA) enregistrée en direct.

Écoutes à l’issue desquelles sont nettement ressorties les qualités déjà perçues de ces nouveaux écouteurs Erdre Audio.

Enfin, ayant préféré les Erdre-Audio D201G aux Focal Sphear, Sony MDR-EX650 et Soundmagic E10 au cours du test réalisé il y a quelques mois, ce sont donc ceux que j’ai retenus pour cette comparaison qui clôturera celui-là. Ils seront accompagnés par les AKG N40 également à deux voies qui fonctionnent sur le même principe hybride et avec le même nombre de transducteurs, ainsi que des K3003i, également hybrides, mais trois voies et avec trois drivers cette fois (1 électrodynamique pour le grave, 1 armature équilibrée pour médium, 1 armature équilibrée pour l’aigu).

A ce niveau de performance et en comparaison de leurs concurrents du jour, les D201G qui sont très loin de démériter se font remarquer par un manque de détails et d’extension de la RF. Les H202 offrent un grave de meilleure qualité, dont les détails sont mieux mis en lumière tout comme ceux des médiums et aigus. Même s’ils conservent encore une légère avance, les AKG N40 sont presque à portée des H202. Quant aux K3003i, ils remportent ce nouveau comparatif parce que si je retrouve les adjectifs neutres, détaillés, vifs et équilibrés sur les notes relatives aux H202 prises au cours des écoutes, les mêmes adjectifs sont retrouvés sur les notes consacrées à ces AKG, mais toujours assortis de l’adverbe comparatif plus. Adverbe que l’on retrouvera également au moment d’ouvrir la bourse, puisque les N40 sont près de deux fois plus chers que les H202 et que le prix des K3003i doit pratiquement être multiplié par quatre ou par cinq si l’on se réfère aux prix actuels.

Conclusion :

Après les D201G l’année dernière, les nouveaux Erdre-Audio H202 m’ont à nouveau beaucoup plu. Ils allient équilibre général, détails, intéressante scène sonore en largeur et profondeur, beau grave, médium et aigu, très belle finition, souci du détail pour les accessoires fournis.

Ils se maintiennent tout à fait bien dans les oreilles puisque je leur ai fait régulièrement passer le test de mes parcours sur les blocs de rochers des jetées de port. Leur câble est remplaçable, il n’a jamais généré aucun bruit de frottement.

Leur aspect physique n’est pas ordinaire, mais, les H202 sont relativement discrets dans leur habit noir agrémenté de deux majuscules EA ou de roues crantées en ce qui concerne la série limitée Philéas.

Leur positionnement tarifaire paraît judicieux, puisqu’ils coûtent quasiment la moitié des écouteurs AKG N40 qui ont reçu l’Award 2016 de meilleurs écouteurs de leur catégorie de la part de la revue What Hifi, puis un autre identique en 2017. Ce qui permet d’estimer que le rapport qualité- prix pourrait bien pencher du côté de ces très bons IEM Erdre Audio H202 conçus par cette jeune marque Française qui commence à faire parler d’elle.

André_ajr
HCFR – Mars 2018.

 

 

– lien vers le sujet HCFR dédié aux écouteurs Erdre Audio H202 : http://www.homecinema-fr.com/forum/casques-haute-fidelite/erdre-audio-iem-de-france-t30082272.html

 

 

 

Partager :