Test HCFR du Pioneer UDP-LX800, lecteur BRD UHD

Test HCFR du Pioneer UDP-LX800, lecteur BRD UHD

Compte-rendu de Nicolas_DTSman

 

Environnement de TEST

J’ai eu l’opportunité de participer au test de ce nouveau lecteur UHD Pioneer LX800 que Karim est venu me déposer.

Pour ce test il est installé dans une salle équipée d’un pré-ampli AV Marantz AV8805 13.2ch couplé à plusieurs bloc de puissance Rotel. La restitution audio est confiée à un ensemble d’enceintes JBL Pro tandis que la partie vidéo est confiée à un vidéoprojecteur JVC X7500 dont l’image est diffusée sur un écran Screenline microperforé de 3m60 de base au format cinemascope.

Pour ce test j’ai privilégié la configuration HDMI sépararée du LX800. La sortie HDMI principale est reliée directement au vidéoprojecteur via un câble de 10m capable de véhiculer les signaux en 4K@24Hz 12bits 4:2:2. La sortie HDMI audio et stéréo XLR seront quant à elles reliées au pré-ampli Marantz.

La seconde entrée HDMI du vidéoprojecteur sera utilisée pour les comparaisons A/B entre le LX800 et l’Oppo 203 avec ou sans cable actif Sagemcom UP200 intégrant une puce Marseille qui permet d’upscaler la vidéo en 4K tout en renforçant la netteté.

Ce lecteur UHD Pioneer respire la robustesse à l’image du tiroir qui s’ouvre et se ferme en silence. Un lecteur imposant de part son poids (13kg) et à la finition tout aussi sobre que les Oppo 203/205. La télécommande demande un peu de temps pour se familiariser avec. A l’instar des Oppo j’apprécie la touche qui permet de basculer à la volée entre les diverses résolutions de sorties vidéo (1080p, 4K …)

Seul points négatif visuel, la led bleu en façade qui vient perturber la séance quand la pièce est plongée dans le noir. Dommage que l’option Dimmer ne coupe pas également l’alimentation de cet led.

Tests Audio

Même si mon test sera plus axé sur les supports vidéo j’ai pris le temps tester ce lecteur à vocation audiophile sur des sources stéréo, à la fois en HDMI et en liaison analogique et cela avant le blind-test sur la chaîne analogique Accuphase de Karim.

Après avoir passé plusieurs CD, très honnêtement je n’ai aucune critique à formuler sur ce point. La restitution est pleine de détails et surtout sans agressivité. Sur un disque de démonstration du Studio Passavant enregistré par Philippe Muller qui joue énormément sur les effets stéréo le rendu est superbe. On peut se permettre de pousser le volume et apprécier toute la dynamique de l’enregistrement. Chaque canal est reproduit très distinctement. Contre toute attente j’observe une très légère différence de rendu entre la liaison HDMI et XLR. Le rendu en XLR parait plus aéré. Curieux puisque que mon pre-ampli re-numérise le signal. Le mode pure direct ne doit sans doute pas re-numériser (à confirmer ceci étant) mais on perd l’égalisation est c’est moins équilibré et homogène à l’écoute. Question de gout.

Quoi qu’il en soit nul doute que ce lecteur s’accommodera d’une installation home cinema qui ne néglige pas le rendu hifi stéréo. Etant donné la conception de ce lecteur (alimentation distincte, DAC Sabre ES9026Pro), il ne pouvait en être autrement.

Comparativement à sa concurrente directe l’Oppo 205 on peut regretter l’affichage très sommaire des informations en façade. Par exemple j’aurais souhaité voir le type de flux décodé DSD ou PCM lorsqu’on lit un SACD.

La suite des tests audio du LX800 ont eu lieu chez Karim. Pour l’occasion nous avons réalisé des tests en aveugle:

  • d’une part entre la LX800 et l’Oppo 205
  • d’autre part entre la LX800 et sa petite sœur la LX500

Pour ces tests nous avons relié les sorties analogiques stéréo des platines sur les entrées d’un intégré Accuphase E260 alimentant des B&W HTM4D2.

<
/a>

En préambule Dominique à l’aide de son micro s’est chargé de mettre à niveau les sorties analogiques des platines entre elles. Un écart de quelques dB pourrait insidieusement tromper le testeur en laissant penser qu’il y aurait plus de dynamique sur l’une ou l’autre des platines.

Plusieurs avantages dans cette configuration:

  • Nous sommes certains que le signal ne sera pas numérisé en sortie des lecteurs
  • Le switch d’une entrée à l’autre sur l’Accuphase est extrêmement rapide laissant encore moins de place à l’effet placébo

Les mêmes CD audio insérés dans chaque lecteur calés sur les mêmes morceaux avec ou sans décalage de quelques secondes. Des extraits variés se sont enchainés. Divers instruments d’orchestre, de la batterie, des voix etc…

Toujours est il qu’à l’issu du premier test, à l’instar des personnes présentent, je n’ai pas pu noter de différence notable à l’écoute entre la Pioneer LX800 et l’Oppo 205. Le son est à mes oreilles rigoureusement identique! Je suis moyennement surpris dans la mesure dans les mêmes conditions quelques semaines auparavant le même blind test entre la l’Oppo 205 et la Panasonic UB9000 n’avaient pas fait ressortir de différences audibles pour les auditeurs en présence.

Contre toute attente même le comparaison A/B entre la Pioneer LX500 (équipée de DAC AKM4490 contre Sabre ES9026Pro pour la LX800) ne faisait pas ressortir de différences réellement flagrante. Pour préciser les deux platines sont réglées sur le filtre “Sharp” qui n’est pas censé lisser les aigus.

A certains moments on pourrait penser que le grave est plus tenu ou bien que l’ampleur de la scène diffère sur une platine et l’instant d’après à l’écoute du même passage on ne ressort aucune différence. Toutefois à l’issu de ces nombreux tests à tenter de glaner des différences audibles notables il m’est apparu que l’une des platines offrait un aigu un peu plus doux et moins “fatiguant” à la longue. Il s’agissait de la LX800. C’est bien la seule différence qui m’est apparu dans ces conditions de test avec du matériel déjà haut de gamme et résolument audiophile.

Si je peux tirer une conclusion de ce test en aveugle c’est que les DAC actuels que cela soit les Sabre ou les AKM sont arrivés à un tel niveau que des oreilles même averties auront bien du mal à discerner le rendu et ce quelque soit leur mise en œuvre (alimentation séparées blindées ou pas, tweakées ou pas etc..)

Tests Vidéo

Place désormais aux tests Bluray. Ce qui m’intéresse particulièrement c’est la qualité d’image et la capacité du lecteur à upscaler le flux en 4K. En effet ma base d’image et la luminosité du vidéoprojecteur ne permet pas d’exploiter sainement les source UHD en HDR.

Je commence sur le film “The Revenant” qui propose des plans variés de toute beauté de jour comme de nuit. Ce qui saute aux yeux c’est la propreté de l’image et le découpage des plans qui donne un relief bienvenu à l’image. C’est bien simple, ce qui devait être un test de quelques extraits pour ce bluray s’est soldé par le visionnage complet du film tellement j’ai été enthousiasmé par le rendu tant visuel que sonore! Bien évidemment sur ce film la piste audio n’est pas en reste avec des effets subtiles sur tous les canaux. Tout cela est parfaitement véhiculé en bitstream puis décodé par le pre-ampli AV.

Exemple de capture ci dessous sur 3m60 de base. La signature visuel de ce LX800 se caractérise par des premiers bien détachés des seconds plans qu’un film comme “The Revenant” met parfaitement en valeur.

Quand je switch à la volée entre l’Oppo 203 et la LX800, malgré les 15sec de temps de synchro du vidéoprojecteur JVC le rendu vidéo semble plus fin et dynamique sur la Pioneer. A noter que le réglage vidéo sur la Pioneer propose un pré-réglage adapté au diffuseur. En l’occurrence j’ai opté pour le mode “Projecteur” qui boost légèrement la luminosité.

Je note surtout un très bon travail de mise à l’échelle de la Pioneer conjugué à son filtre de sharpness qui va de 0 à 20. Sur l’Oppo le filtre de sharpness est plus brutal et durci très rapidement l’image là où celui de la Pioneer permet de conserver une image ciselée sans ajout de bruit ou double contour trop forcé. Il m’apparaît qu’avec le LX800 je peux me passer de l’excellent câble actif Sagemcom qui fait office de scaler+ajout de sharpness. Ce qui est une excellente nouvelle!

Ci dessous une illustration du filtre de netteté du LX800 extrait du film “X-men Apocalypse” en Blu-ray. A noter que le fait de laisser le travail d’upscale en 4K au LX800 a une influence considérable sur le filtre de sharpness. Si on sort en 1080p il ne faudra pas trop pousser le réglage (3-4 maxi) sous peine d’obtenir une image trop dure avec du moiré sur les scènes fines. En revanche en upscale 4K on peut se permettre de monter le sharpness davantage sans trop dénaturer le rendu.

Rendu du LX800 sharpness désactivé avec upscale 4K@24Hz format 2.35 sur 3m60 de base:

Rendu du LX800 sharpness activé +11 avec upscale 4K@24Hz format 2.35 sur 3m60 de base:

Rendu du LX800 sharpness désactivé avec upscale 4K@24Hz:

Rendu du LX800 sharpness activé +11 avec upscale 4K@24Hz:

Ci dessous une autre capture

Zoom sur l’Oppo 203 avec Sharpness 1:
Zoom sur l’Oppo 203 avec Sharpness 1 + cable actif Sagemcom UP200:

Zoom sur la Pioneer LX800 avec Sharpness +11:

Il s’avère complexe de faire ressortir les différences entre les deux platines sur des photos. Toutefois dans les faits l’upscale 4K du LX800 combiné à son filtre de sharpness m’a fait une excellente impression. Il en résulte une image fine sans défaut accentué, compagnon idéal pour les vidéoprojecteur JVC tel que ce X7500 dont le traitement vidéo interne n’est pas le point fort.

Ce qui caractérise également l’image du Pioneer LX800 (et également de sa petite soeur la LX500) c’est la profondeur de champ. Les premier plans se détachent parfaitement des seconds plans donnant ainsi un simili effet “3D” bienvenu.

Par ailleurs je n’ai pas noté de remonté de bruit vidéo comme ce fut le cas lors du test de la Panasonic UB9000. L’image restituée est propre.

J’ai pris aussi un peu de temps pour tester la lecture des DVD PAL 576p. La aussi la mise à l’échelle 1080p ou 4K fait bien son travail. Mais il ne faut pas s’attendre à des miracles sur une source aussi pauvre en définition. Ci dessous une mire 576p upscalée sur 3m de base en 16/9.

La fluidité est bonne également (test du pendule ci-dessous) mais je n’ai pas noté de différence notable entre les platines sur ce point. Ce qui importe c’est de conserver le taux de rafraîchissement d’origine et ne pas demander au LX800 de reconversion. Typiquement upscaler un DVD PAL (donc 50Hz) en 4K 24Hz va inéluctablement générer de grosses saccades. Il faudra donc choisir le mode d’upscale adapté au support.

Concrètement sur des sources 24p (BRD et UHD) l’usage de l’interpolation d’image au niveau du diffuseur est à mes yeux toujours nécessaire surtout en vidéoprojection sur de grandes bases d’image.

Le test s’est poursuivi sur quelques films UHD en HDR. Toutefois mon vidéoprojecteur n’a pas la capacité lumineuse pour en tirer tout le bénéfice si bien que je préfère dans mon context le rendu SDR. Malgré tout j’ai constaté comme pour la lecture des Bluray 1080p que l’image est parfaitement définie. La aussi le filtre de sharpness est bienvenu pour apporter un zest de piqué au gré des préférences de chaque utilisateurs. Les mémoires utilisateurs a disposition sur la LX800 sont bienvenues pour comparer les différents modes de réglages vidéo.

J’ai ensuite relié un disque dur sur le port USB en façade du LX800 dans le but de tester tout type de fichier audio vidéo dématérialisés. Malheureusement le test a tourné court car ce n’est pas (encore) le point fort de ce lecteur. C’est très regrettable au regard des prestations audio et video.

En effet de nombreux fichiers de démo UHD 4K avec et sans HDR ou même MKV en HD n’ont pas été reconnu par le LX800. Par ailleurs si la vidéo contient une piste DTS-HD ou Auro3D un message apparait à l’écran pour dire que le format audio n’est pas reconnu et la lecture s’interrompt. Par ailleurs le parcours dans l’arborescence des dossiers aurait pu être plus conviviale et rapide. Nous sommes donc très loin de l’ergonomie des Box 4K qui pullulent sur le marché.

En l’état la fonction dématérialisé est donc clairement incomplète! Il faut espérer que Pioneer corrige cela par mise à jour du firmware.

Lors du test chez Karim nous avons également pris le temps de comparer la qualité d’image en lecture Bluray entre la Pioneer LX800 et l’Oppo 205 d’une part et les Pioneer LX800 et LX500 d’autre part sur une base d’image de 2m40 avec le même vidéoprojecteur. Le constat fut similaire au test réalisé chez moi entre l’Oppo 203 et LX800, à savoir un découpage des premiers plans plus fin sur la LX800 conférant une profondeur de champ accrue. En revanche à réglage vidéo équivalent je n’ai pas noté de différence visible entre la LX800 et LX500 tout du moins sur des contenus SDR testés pour l’occasion.

Conclusion

Le LX800 est incontestablement le meilleur lecteur de salon universel qu’il m’a été donné de tester. La restitution audio ne souffre à mes oreilles d’aucun défaut tandis que la section vidéo permet dans ma configuration de se passer de traitement externe. Seule véritable ombre au tableau, la gestion des supports dématérialisés qui en l’état du firmware au moment du test ne rend pas son utilisation suffisante. Une simple Box fera mieux en attendant je l’espère de nouvelles mise à jour du firmware de la part de Pioneer pour palier à ces défauts.

Les platines concurrentes de la Pioneer LX800 sont les Oppo 205 et Panasonic UB9000. Cette dernière propose un rapport qualité prix mieux placé mais ne sait pas lire les supports SACD et sur le plan purement vidéo malgré ses nombreux atouts je lui préfère le rendu du LX800. Pour l’Oppo 205 elle prend l’avantage pour qui recherche un décodage audio multicanaux sur sortie analogique. De plus l’Oppo gère bien mieux les fichiers vidéos dématérialisés. Sur le plan audio stéréo elles font jeu égale à mes oreilles en revanche sur le plan vidéo là aussi je positionnerai la LX800 devant.

Les plus :

  • La qualité de fabrication et silence de fonctionnement
  • Excellente qualité d’image vidéo
  • Un son analogique & numérique de qualité.

Les moins :

  • Gestion des fichiers dématérialisés buguée, insuffisante et peu convivial
  • Led bleu en façade trop voyante
  • OSD un peu rustique et afficheur en façade manquant d’information

Merci aux Artisans du Son pour le prêt du matériel ainsi qu’à Karim pour être venu déposer puis récupérer la platine ainsi qu’au prêt de l’Oppo 203 pour le test comparatif.

Nicolas_DTSman
HCFR – Février 2019

 

 

– lien vers le sujet HCFR dédié au lecteur Pioneer UDP-LX800 : http://www.homecinema-fr.com/forum/lecteurs-uhd-blu-ray/pioneer-udp-lx800-t30089912.html

 

 

 

Partager :